‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 112 sur 237 · AA HR · texte numérisé non relu

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Les centres d'images.

Aussi, renonçant à connaître de quelle façon les cellules nerveuses étaient altérées lors de la sensation, s’est-on attaché à préciser quelles étaient les cellules modifiées et comment elles étaient réparties dans l'écorce. Il faut avouer d’ailleurs qu’au point de vue physiologique, l’existence et la topographie des centres d'images a plus d'intérêt que la nature même des altérations cellulaires. |

Nous appellerons « centre d'images » une région limitée et déterminée du cerveau, telle que sa destruction entrave ou supprime la production des images mentales. L’analogie avec les centres psycho-moteurs devrait nous faire ajouter : «et telle que son excitation suscite l’apparition d'images dans la conscience. » — En fait, et bien que Tamburiniaït prétendu ramener lhallucination à l’excitation de centres d'images, aucune observation anatomo-clinique, aucune preuve expérimentale n’a établi même la possibilité du fait. Les partisans des centres d'images se sont donc appuyés uniquement sur des troubles par défaut dans la fonction des images, survenus à la suite de lésions corticales en foyer. Nous accepterons cependant la discussion sur ce terrain, négligeant d’ailleurs les questions de topographie encéphalique traitées en un autre chapitre (v. Traité, I, 178). Ce qui nous importe, c’est de savoir s’il existe des centres d'images, et comment interpréter les troubles qui succèdent à la lésion de ces centres.

« L'idée, avait dit BAIN, occupe les mêmes parties nerveuses et de la même facon que l'impression des sens. » Dans sa Psychologie du raisonnement, BINET développe cette même hypothèse’, que nous retrouvons dans le traité beaucoup plus récent de JAMES *.

4. « I existe des faits précis, avérés, incontestables, qui démontrent que l'image, ou plutôt le processus nerveux correspondant, à un siège fixe dans le cerveau ; que ce siège est le même pour l'image et la sensation ; et qu'enfin, pour tout résumer dans une formule unique, l'image est un phénomène qui résulte d'une excitation des centres sensoriels corticaux.» (BINET, À, 33.)

2. « La plupart des traités de médecine distinguent les centres nerveux

Lie mêrite et la faiblesse de telles hypothèses, c’est qu’elles sont aisément vérifiables. En effet, les centres sensoriels sont bien connus, au moins ceux de l’ouie, de l’odorat et de la vue. Supposons leur destruction bilatérale par des lésions en foyer, eb, non seulement la sensation, mais l’image correspondante, devraient être supprimées. Ainsi la destruction bilatérale des centres sensoriels visuels devrait entraîner, comme Païtirme d’ailleurs James, non seulement une cécité complète par double hémianopsie, maïs la disparition des images visuelles. En fait il n’en est rien !.

- Si donc il existe des centres corticaux d'images, ce ne sont certainement pas les centres sensoriels qui jouent ce rôle. C’est ce dont conviennent d’ailleurs la plupart des neurologistes, qui localisent les centres d'images en des points de l'écorce plus ou moins éloignés des centres sensoriels. | A vrai dire, l’existence de ces nouveaux centres d'images ne nous paraît pas mieux établie que celle des premiers. Le . seul criterium de leur authenticité serait la suppression des

. images correspondantes lors de leur destruction. Or, dansles cas où {a lésion en foyer a pu être vérifiée par l’autopsie,

la disparition des images n'avait pas été directement cons-

. tatée. Elle avait été inférée d’après une conception erronée

des opérations intellectuelles et de leurs troubles. Nous verrons plus loin ?, par exemple, que la surdité verbale coïncidant avec une lésion de la zone de Wernicke, n’implique nullement la destruction d'images verbales. L’argument tiré | dela cécité psychique * n’a pas plus de valeur.

ï de l'imagination de ceux de la sensation ; cependant les faits s'expliquent { plus simplement avec l'hypothèse des mêmes éléments nerveux servant aux deux sortes de processus. » (JAMES, B, ch. XIX, 406.)

4 1. Raymond estimait à 40 environ le nombre des cas d’hémianopsie double corticale publiés jusqu’en juillet 1906. (Séance du 5 juillet 4906 de

observés tous les ans, jamais la disparition des images visuelles n’a été signalée chez ces malades. Dans un cas, suivi d'autopsie, observé par nous dans le service du Dr Deny, l'imagination était restée si vive qu’elle suppléait au défaut de la sensation et que la malade ignorait sa cécité. 2 de Psychologie, mars-avril 4912.)

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