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LES DIVERSES CLASSES D'IMAGES

L'existence des images en général à pu paraître assez évidente pour être à peine discutée. Toute sensation laisse après elle une modification cérébrale susceptible d’influer sur le

| cours des processus nerveux ultérieurs. Mais ceci n’établit . que la possibilité d'images analogues aux sensations. Rien ne

prouve en effet que le cireuit tracé par la sensation puisse être de nouveau parcouru par une excitation d’origine cen-

L trale. De même, au point de vue psychologique, le fait qu’une

sensation est reconnue, identifiée, qu’elle fait, en un mot, partie d’une perception, d’une expérience, ne prouve nullement l’existence d’images à l’état libre. Ni la reconnaissance,

. nila perception ne s’expliquent par l’addition d'images libres

à la sensation actuelle. En somme l'existence des images ne

peut être prouvée que par leur constatation directe. Ce re-

. cours nécessaire à l’introspection, dangereux en lui-même … à cause des très grandes variations individuelles de l° « ima- … gerie mentale », est heureusement facile à contrôler par les

méthodes de questionnement qui permettent des statis-

… tiques étendues.

» 4. Un fort excitant sensoriel peut causer une déviation galvanométrique.

… L'évocation d’une image ne se traduit para ucune déviation. {G£. Boris Sinrs … et Kacmus. À study of galvanometric deftections due to psychophysiological

processes. Psychol. Review, XV; pp. 391-396, 1908, et XVI, pp. 1-35, 1909)

A. Images visuelles. — Les images visuelles sont peutêtre celles dont l’existence a été le moins contestée. Elles semblent exister chez un très grand nombre de sujets sinon chez tous t,

Elles sont évoquées fréquemment et facilement, soit volontairement, soit dans le jeu normal de l’imagination libre. Max OFFNER fait remarquer que, grâce à la richesse relative de leur contenu représentatif, les images visuelles sont évoquées par les images plus pauvres en éléments discernables, bien plus souvent qu’elles n’évoquent ces dernières.

Les éléments représentatifs de l’image visuelle sont de deux sortes : colorés et spatiaux. Certains sujets imaginent mieux la forme, la ligne ; d’autres, la couleur ; mais jamais d’une façon exclusive. Dans les cas où l’image mentale esf très vivement colorée et fixée avec attention, elle pourrait donner lieu à une image consécutive. Les observations publiées à ce sujet ? sont peu probantes et, en tous cas, susceptibles de très diverses interprétations.

Les qualités spatiales de l’image sont plus intéressantes. Les objets sont imaginés non seulement avec leur forme et

leur contour, mais même avec un certain relief. En général

les objets seuls qui fixent particulièrement l’attention se détachent plus colorés et un peu en saillie sur un fond grisaille assez plat. Ainsi se constitue une sorte de champ visuel imaginaire très variable suivant les sujets, et ne correspondant nullement au champ visuel réel, car les images peuvent être projetées dans une direction quelconque par rap: port à l’axe de notre corps.

4. Jaues affirme cependant : « Sans aucun doute il est des gens qui n'ont pas de véritables images visuelles, au sens plein du mot. » (B, ch. x1x, 399.).

2. Feré, ayant évoqué quelques secondes l’image mentale d’une croix rouge, apercevait, en ouvrant les yeux et en les fixant sur une surface blanche, une croix verte qui bientôt s'effaçait. (BINET, À, 46. — Voir aussi James, B, 409; PeiLLAUBE, 49.)

3. Certains sujets se reprégemtent les choses de la même façon quils les verraient s'ils étaient en réalité transportés près d'elles. D’autres les ima-

ginent dans la direction et à la distance où ils les croient situées en réa- M

lité. Ou plutôt, suivant les circonstances, chacun emploie l’un ou l'autre

procédé de localisation. Un psychologue américain se fonde sur cette »

rémarque pour distinguer objectivement les images-souvenirs qui auraient

Le contenu de ce champ visuel imaginaire est très variable. Les images-souvenirs sont en général! plus riches en détails discernables que les représentations de l’imagination libre. Dans quelques cas l’espace imaginaire est presque vide de tout élément représentatif. La plupart des grands calculateurs opérant « de tête » évoquent la forme même des chiffres; mais pour beaucoup de sujets, la position seule de ceux-ci est imaginée. Pour les joueurs d’échees « à l’aveugle », les pions ne sont pas représentés avec leurs formes, mais à chaque instant l’échiquier n’est qu’un système de positions. les unes occupées, les autres libres, — et à vrai dire les images évoquées sont plutôt celles des mouvements, passés et possibles, des pièces, que celles de leurs positions actuelles. Les cas où l’imagination visuelle concourt efficacement à la pensée réfléchie sont peut-être ainsi ceux où elle se borne à nous offrir un schéma spatial de formes géométriques et de mouvements.

B. Images auditives. — L'existence des images auditives semble généralement admise. Il est peu de sujets qui en goient dépourvus.

Les éléments représentatifs de la sensation auditive peuvent être retrouvés, transformés, dans l’image correspon- dante. Une mélodie peut être évoquée mentalement d’une facon presque intégrale, les sons conservant non seulement leur rythme, leurs hauteurs et leur intensité relative, mais aussi leur timbre spécial. Pour les musiciens exercés, la lecture d’une partition peut permettre d’évoquer tout un ensemble orchestral. |

Les images auditives verbales rappellent le timbre des voix et les particularités de l’articulation des personnes auxquelles le sujet les attribue. Quant aux images verbales qui entrent en jeu dans le langage intérieur, elles évoquent la voix du sujet lui-même. Souvent, lorsqu'il s’agit non plus

- du langage intérieur, mais d’une mélodie, le registre dans

une position indépendante de celle du sujet, et par suite susciteraïent des mouvements de l'œil, etles images d'imagination pure, quise placeraient devant le sujet sans que les yeux aient à se mouvoir. (Cheves West PEsxy. American Journal of Psychology, juillet 1910, pp. 422-452. — Cf. Traité, Y, 802.)

di laquelle celle-ci peut être imaginée est précisém ES PEN " s ! , w vus 10 ENT ANT SRU a la voix du sujet. « Ma pensée en sons musicaux, dit S:

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