ROUEN
TATION PSYOHIQUE Et SÉCRÉTIONS
: les sensations gnées d’aucun
lfate de soude està peu près | ne simple sensation que la
sécrétion peut se trouver liée.
Pawlow et ses élèves ont étudié en détail les conditions dans lesquelles les perceptions déterminent ainsi des sécré-
On$ salivaires, IL semble résulter de leur conditions, au moins, sont primordiales :
&) La réaction dépend de la répétition des perceptions. lle n’est pas innée : elle s'établit Progressivement, s’exagère avec l'habitude. Ainsi Zrrowrron nourrit de jeunes chiens Iporteurs de fistules salivaires Permanentes. Pendant les six premiers mois, il leur donne exclusivement du lait : Podeur et
vue du hit suffisent à provoquer une sécrétion abondante
eZ Ces animaux, Or l’odeur d’aucun autre aliment ne déter-. ine de salivation. Les seuls qui font exception sont le fromage b le lait caillé, dérivés du lait. & lon met dans la gueule de ces etits chiens des aBments qu’ils ne connaissent pas (viande,
cuit, ete.), on n'obtient la première fois aucune sécrétion. i l’on répète Pexpérience, la salivation sét b) Une fois établie, la réaction dépend de l’état dans lequel
trouve l'animal, et « du fait qu'il est ou non préparé à périence par la faim. Si l'animal est très affamé, le résultat toujours positif ; par contre, l’animal le plus vivant, le S avide, cesse de réagir devant la nourriture s’il à ji
ngé à satiété, » (PAWLOW, E, 105.) . | 6) La réaction est d’autant plus forte que les perceptions à l’excitant Sont plus nombreuses. « I] suffit de faire fler à un chien une main qui sent la viande ou de la de hachée, pour que la réaction salivaire soit provoelle le sera également par l'impression optique d’un
étude que quatre
ablit et augmente
| objet très éloigné. On arrive ainsi par l'influence simultanée de toutes ces propriétés de l’obje ou constamment provoquées par l’objet à une réaction plus sûre et plus forte, c’està-dire que la somme de toutes les excitations réunies agit beaucoup plus fortement que chacune des actions isolées. » (PAwLOW, E, 106.)
d) La réaction est d'autant plus forte qu’il y 2 moins d’excitations contraires concomitantes. La nourriture sèche provoque une sécrétion salivaire contenant beaucoup d’eau mais ayant peu de qualités digestives. La viande, au contraire, provoque l'apparition d’une salive concentrée mais très riche en ferment. « Or, si Pon place un animal en face de deux objets opposés Pun à l’autre, par exemple, du pain sec d’une part et de la viande humide d’autre part, le résultat de l’expérience à distance dépendra de ce qui excitele plus vivement le chien, Si, comme c’est généralement le Cas, un chien à une préférence pour la viande, on constate que la réaction est celle qui caractérise la viande, c’est-à-dire que le flot salivaire cesse ; le pain que le chien peut avoir devant les yeux reste ainsi sans effet. Mais, si l’on donne à du pain sec la saveut de la viande de telle façon que lon ne sente que ce goût tandis que l’aspect visuel reste celui du pain, malgré cela on n’obtient que la réaction caractéristique de la viande. : (PAwWLOW, E, 107).
4. Sécrétions réflexes provoquées par les sensations normale ment associées à l’excitant. — Un objet qui excite la sécrétion glandulaire, un aliment par exemple, n’a pas seulement propriété d’être sapide. Il a une certaine forme, une certain couleur, un certain poids. À la sensation gustative qu’éprou vera l'animal en mastiquant l'aliment se lieront donc forcé ment d’autres sensations. Ces sensations forment un faiscea indissoluble ; elles sont normalement unies dans la conscienc à la perception d’une Saveur.
Eh bien ! ces sensations associées deviennent à leur tou comme la perception primitive, génératrices de là sécrétio salivaire. |
Victor Henri et MALLOIZEL étudient Sur un dogue, Médo porteur d’une fistule sous-maxillaire, l'influence de dive
be
EXCITATION PSYCHIQUE ET SÉCRÉTIONS 54b
excitants : chaque substance mise dans la bouche amène, nOUS l’avons vu, l'apparition d’une salive particulière, déterminée. Mais Médor connaît bientôt l’odeur et le goût de la viande et du vinaigre. Or, un jour, on lui fait simplement sentir là viande ou le vinaigre : immédiatement: apparaît
© Ja salive spécifique. Il n’est plus besoin du contact et de l’ali-
ment pour déterminer la sécrétion. La perception de son odeur y suffit. Mais le phénomène ne s'arrête paslà. Pendant qu’on expérimentait sur lui, Médor n’a pas seulement goûté cet agréable morceau de viande ou croqué ce morceau de sucre si doux ou mâché cette poudre blanche si amère, le
sulfate de quinine ; pendant qu'il les Îlairait, il les à aussi
regardés. Les expérimentateurs reviennent le jour suivant ;
| cette fois, ils se contentent de montrer à Médor le morceau
de viande ou le tube à essai contenant le sulfate de quinine :
immédiatement, dans le second Cas, apparaît à l’orifice de la
fistule, la salive abondante, aqueuse, pauvre en ferment, caractéristique. Lentement, dans le premier, apparaît la salive visqueuse, propre à la viande. Ainsi, une perception
visuelle s'était la première fois associée à la sensation gustagu
tive ; en apparaissant de nouveau, elle détermine la saliva-
tion comme la sensation gustative elle-même.
On peut donner à cette expérience une forme encore plus
| frappante : deux chiens porteurs de fistule sous-maxillaire
et habitués aux expériences d’excitation sont placés en face
Pun de Pautre, se regardant. Entre l’expérimentateur : il s'approche de l’un et lui donne un morceau de viande ; le
chien la mâche et par Sa fistule s’écoule une salive visqueuse ; Mais Son camarade a suivi tout ce manège avec un vif intérêt
et pendant que le premier mastique son morceau, la même | salive visqueuse s’écoule par la fistule du second chien. Pré-
. Sente-t-on au premier le sulfate de quinine, les deux chiens . se mettent à sécréter en même temps la même salive diluée, inactive.
Ainsi les sensations normalement associées à la sensation
“excitante acquièrent rapidement le pouvoir de déterminer,
elles aussi, la salivation. Ii ÿ à plus. Les sensations analogues à celles-1à agissent bientôt comme ces sensations elles-mêmes,
Le chien qui à servi de sujeb à V. Henri et Malloizel les à souvent vus s'approcher tenant un volumineux morceau de viande ou faisant sauter dans leurs mains des morceaux de sucre. Que l’un d’eux vienne près de lui, portant dans là poche de son tablier blane un paquet assez gros et fasse mine d’y porter la main, par la fistule sous-maxillaire du chien s'écoule la salive spécifique de la viande ; qu’on fasse sans les Jui montrer se choquer deux morceaux de sucre, voici que perlent à l’orifice de la fistule des gouttes de salive aqueuse.
5. Sécrétions réflexes provoquées par les sensations oceasionnellement associées à l’excitant : le réflexe conditionné.
Les sensations normalement associées à la sensation excitante ne sont pas les seules qui puissent se trouver douées du pouvoir de déclencher la sécrétion. Au moment où nous donnons à l'animal un morceau de viande ou un morceau de sucre, provoquons chez lui une perception qui ne soit pas du tout liée indissolublement dans la nature à la viande et au Sucre, mais que nous allons leur associer oecasionnellement. Par exemple, en même temps que nous donnons de là viande à l'animal, faisons entendre un Son déterminé : x salivation se produit. Puis, rien n’étant changé à la disposition de l'expérience, faisons entendre le même son, Inais sans présenter de viande : la salivation se produit de nouveau. Voilà le phénomène auquel PAWLOW a donné le nom de «réflexe conditionné ». On le voit : une perception qui n’est pas liée d’une façon permanente au goût de la viandé mais qui s’y est attachée fortuitement suffit désormais à déclencher le réflexe glandulaire.
Pawlow et son école ont fait une étude approfondie de ces associations passagères ; ils ont étudié de très près les modalités du réflexe conditionné. Le sujet a été longuement traité plus haut (265) et nous n’y reviendrons qu’à grands traits. Rappelons tout d’abord, que n’importe quelle perception peut
4. On a employé dans d'autres chapitres du Traïté, conformément à l'usage, l'expression de réflexe conditionnel ; le terme de conditionné correspond plus exactement au texte et à la vensée de Pawlow qui oppose le réflexe conditionné au réflexe absolu.
être artificiellement accrochée à une sensation gustative et devenir la condition du réflexe glandulaire. Tout ce qui provient du monde extérieur, les sons, les impressions visuelles, les odeurs, ete., « tout peut devenir un agent déterminant la sécrétion salivaire, pourvu qu’il ait coïncidé avee le réflexe absolu, qw’il soit apparu dans le même instant que là sécrétion salivaire provoquée par lintroduction d’aliments dans la bouche... Bref, nous pouvons établir à volonté des réflexes conditionnés pour la glande salivaire. »
Le réflexe conditionné s'établit peu à peu par la répétition. Au cours des expériences de ZITOWITCH que nous avons citées plus haut, les jeunes chiens exclusivement nourris au lait ne présentaient d’abord aucune salivation ; puis ils salivaient quand on leur faisait boire du lait. Alors, à chaque repas, on versait le lait qu'ils devaient boire dans un récipient ; et on produisait ainsi un certain bruit. Et enfin on versait dans le même récipient n’importe quel liquide. Quand on avait fait un certain nombre de fois l’expérience avec du lait, un liquide quelconque, en coulant dans le récipient, faisait sécréter la salive.
Le réflexe conditionné met en jeu les centres cérébraux.
À un chien qui présentait une série de réflexes conditionnés, ZæLion ? à enlevé l’écorce cérébrale. L'animal complètement rétabli ne présentait plus aucun de ces réflexes.
Toutes les perceptions, nous l’avons vu, sont susceptibles de devenir l’origine de réflexes conditionnés. Mais ceux-ci ne g'établissent pas toujours avec une égale facilité. PAWLOW a fait voir que l’association d’un état de conscience avec l’image excitatrice se produit d'autant mieux qu'aucune autre excitation n'intervient au moment où se forme lassociation. 1 à beaucoup insisté sur ce fait : un son si faible qu’il soit, une modification dans ce son constant ; une variation de la lumière de la pièce, une odeur, une bouffée d’air chaud ou froid, un frôlement de la peau, suffisent à empêcher Passociation de se faire. Une fois qu’on a réussi à créer le réflexe | conditionné, il se reproduit régulièrement, mais seulement . pendant un certain temps. Il tend, en effet, à s’affaiblir progressivement. « Par exemple, si un réflexe conditionné,
/ même très ancien se reproduit plusieurs fois sans être accompagné du réflexe absolu à l’aide duquel il a été établi, il perd peu à peu son action excitante. »
Même lorsqu'il est encore dans toute sa force, le réflexe conditionné peut être « inhibé » de plusieurs manières.
D'abord par des excitations extérieures ; puis par des excita- ‘tions d’origine interne, par exemple par des excitations douloureuses. (PAWLOW, G et H.)
Le réflexe conditionné de Pawlow n’est pas sans analogue en psychologie. C’est évidemment un phénomène semblable à celui qui est à la base du dressage. Seulement, jusqu'ici, le dressage n'avait guère porté que sur des actions musculaires ; on voit que les glandes, elles aussi, sont susceptibles d’être « dressées ».
Mais, à un autre point de vue, le réflexe de Pawlow nous ouvre des voies toutes nouvelles. Le physiologiste russe à montré, en effet, que le réflexe conditionné, lorsqu'il est bien fixé, est un phénomène si sûr, qu’on peut, en renversant le problème, s’en servir pour étudier les perceptions associées elles-mêmes. Pawlow, par exemple, a provoqué des réflexes conditionnés au moyen de vibrations sonores. En cherchant à lier les réflexes à des sons de plus en plus aigus, il à pu montrer que le chien est sensible à des excitations de fréquence allant jusqu’à 70 à 80.000 vibrations par seconde, alors que l’homme n’en perçoit que 40.000. Le réflexe conditionné peut donc servir à mettre en évidence les petites différences que l’animal peut distinguer dans la nature, c’est-àdire la sensibilité de ce que Pawlow appelle ses organes analysateurs.
Le réflexe conditionné est donc un moyen de pénétrer objectivement dans la psychologie des animaux. [1 donne des renseignements bien plus sûrs que ceux qui peuvent être tirés d’analogie avec les faits psychologiques humains connus par introspection et transportés souvent à tort en psychologie animale. Bien plus, certains sens des animaux sont plus aiguisés que les nôtres, l’odorat par exemple. Qui sait si une
étude objective de ces sens au moyen des réflexes conditionnés . ne nous donnerait pas un accès à des régions de la nature
qui nous sont aujourd’hui fermées ? La découverte de Pawlow autorise de ce côté de grands espoirs.
6. Sécrétions provoquées par une sensation très indirectement liée à l’excitant. Sécrétions provoquées par les signes et par le langage. — Est-il possible d’aller chez l'animal plus loin que le réflexe conditionné dans la complexité psychologique ? : C’est ce qu’il est bien difficile de savoir actuellement. Mais, lintrospection montre que, chez l’homme, cette complexité peut être plus grande. In effet, en même temps qu'est provoqué un réflexe glandulaire, par une substance sapide, Phomme nomme cette substance. Or, nous savons que le mot ainsi créé, lorsqu'il reparaît dans la conscience, peut devenir à son tour générateur de sécrétion. Ceci n’est pas le dernier terme de la complexité psychologique : une série de signes conventionnels, — le mot écrit, — peuvent évoquer le mot parlé ; la lecture de ce mot peut être à son tour l’origine des phénomènes qui déterminent l’excitation glandulaire. Mécanisme de l’action des phénomènes psychiques sur les réflexes sécrétoires. — Rappelons les faits que nous venons de passer en revue, en en faisant saisir la complexité croissante. Reprenons le phénomène dont nous avons parlé au début de ce chapitre et qu’il s'agissait d’analyser ; la lecture d’une recette de cuisine « nous fait venir l’eau à la bouche ». Nous avons vu par quelle complication progressive des phénomènes un tel fait peut se produire; un corps sapide excite les terminaisons nerveuses de la bouche ; l’excitation se transmet des terminaisons nerveuses au nerf centripète, au centre, au nerf centrifuge, à la glande, et la glande sécrète. C’estle réflexe glandulaire, le « réflexe absolu » de Pawlow, le réflexe provoqué. En même temps que la substance excite les terminaisons nerveuses, une sensation, un état de conscience naît. Dès lors, tout va se passer comme si cette sensation elle-même ‘ devenait excitatrice ; que l’imageliée à cette sensation renaisse dans le souvenir et cette image acquerra à son tour la pro- … priété excitatrice. Mais la sensation était indissolublement … liée dans la nature à d’autres perceptions. L'objet goûté n’était pas seulement sapide, il avait une couleur, une odeur. Qu’une de ces perceptions reparaisse et elle deviendra excita-
trice à son tour : réflexe évoqué et non plus réflexe provoqué. C’est la perception associée qui donnera désormais le branle au réflexe. Qu’une perception non pas identique mais simplement analogue se produise, elle aura la même pouvoir. Allons plus loin ; l’objet qu’on à goûté n’est pas isolé dans le monde extérieur ; en même temps que NOUS le goûtions, nous vivions au milieu d’une multitude de sons, de couleurs, de sensations diverses ; qu’une de ces sensations prédomine au moment de l'expérience et qu’elle soit occasionnellement associée à l'excitation, elle deviendra désormais capable, quand elle reparaîtra, de déclencher le réflexe : c’est le « réflexe conditionné » de Pawlow. Enfin, qu’à la substance excitatrice nous attachions un mot qui en devient le signe ou, dernier terme de la complexité, que le mot soit écrit et que le mot écrit devienne le signe d’un signe, ces signes à leur tour, quand ils reparaîtront dans la conscience, seront suivis d’une sécrétion. Tout se passe donc comme si, par une sorte de phénomène de transfert, le pouvoir excitateur passait successivement aux sensations de plus en plus éloignées dont nous venons, maille à maille, de reconstituer la chaîne. |
Comment, par quel mécanisme, s'exerce ce pouvoir excitateur ? Ici, deux hypothèses se présentent. Examinons-les successivement.
Voici la première. On sait que toute sensation peut en quelque sorte reparaître dans la conscience en l’absence des phénomènes qui lui ont donné naissance: c’est le souvenir, l’image (v. plus haut, 502). Une sensation qui est apparue en même temps qu’un réflexe glandulaire — une Saveur, par exemple, qu’on à perçue en même temps que se produisait une salivation — peut être évoquée sous forme d'image comme toute autre : et cette image peut être assez vive pour faire à son tour sécréter les glandes qui avaient été primitivement mises en jeu. Quand Flaubert avait « encore dans la bou- che » « l'affreux goût d’encre » de l’arsenie, pendant qu’il décrivait l’'empoisonnement d'Emma Bovary, il sécrétait certainement la salive aqueuse, pauvre en ferment, qu'amène la dégustation des substances amères.
de
Examinons maintenant les sensations que nous avons vues suecessivement douées du pouvoir d’exciter les sécrétions : on peut penser que ce pouvoir provient de ce qu’elles sont capables de ramener dans la conscience une image liée à la sensation excitante, image devenue elle-même excitatrice. Celles qui sont normalement liées à l’excitant évoqueraient directement cette image ; celles qui ne lui sont liées qu’occasionnellement ou artificiellement évoqueraient d’abord l’image des premières puis, par association, celle de la sensation exeitatrice ; dans la conscience cette chaîne d'images apparaîtrait successivement et aboutirait enfin à la sécrétion. Aïnsi la vue d’un morceau de viande « rappellerait » au chien sa saveur, la vue d’un paquet évoquerait Pimage de la viande et celle-ci celle du goût aimé ; le son de flûte émis par l’expérimentateur qui crée un réflexe conditionné ramènerait la représentation totale de la viande, et notamment celle de sa saveur excitante ; enfin, chez l’homme, le mot de « viande » évoquerait le faisceau d'images de toutes ses propriétés, et parmi elles, celle « ee font venir l’eau à la bouche ». ÿ
Cette hypothèse n’a rien d’invraisemblable. L'évocation
des sensations sous forme d'images parfois fort vives est P
assez généralement admise. La formation d’associations d'images souvent fort complexes l’est également. Rien dans tout ce que nous savons ne s’oppose à ce que des images ou des sensations, même sans rapport apparent avec un objet
donné, finissent par se rattacher à lui grâce à une série d’images associées intermédiaires.
Cependant ccriains psychologues répugnent à l’idée que excitation réflexe glandulaire nécessite, pour être mise en en jeu, la réapparition dans la conscience d’une chaîne d'images dont elle serait le dernier terme.
S’observant eux-mêmes, ils déclarent ne pouvoir saisir én eux ces images qui seraient ainsi intercalées entre la sensation évocatrice et la sécrétion. Pour expliquer l'influence des sensations sur les sécrétions, ils émettent une hypothèse
différente.
{ls pensent qu'il s’agit ici d’un mécanisme en quelque sorte
simplifié, et tel que la sensation évocatrice se trouve directement liée à la sécrétion. Suivant eux un mot, par exemple, . pour être associé à une salivation n’a nullement besoin d'évoquer une saveur. Il suffit qu’il aït été prononcé une première fois en même temps que la salivation se produisait, pour agir ensuite à la façon d’un signal qui fait automatiquement et directement reparaître la sécrétion.
Cette seconde hypothèse ne heurte pas non plus les faits établis. fl n’est pas douteux que beaucoup de sensations n’évoquent pas la représentation totale des objets qui les ont provoquées. Quand on passe à une ligne de tirailleurs couchés l’ordre de se porter en avant au commandement du. capitaine, les hommes bondissent sur un geste de la manche aux trois galons sans avoir besoin de se représenter les traits, la voix ou le caractère de leur chef. dn.
Voici done deux hypothèses vraisemblables. Est-il nécessaire de rejeter l’une ou l’autre ? Nous ne le croyons pas ; et nous pensons qu’elles se peuvent très bien concilier. À notre sens, les deux mécanismes peuvent jouer dans la conscience, mais le premier apparaît d’abord dans le temps et le second en est une simplification.
Une sensation normalement, occasionnellement, ou artificiellement associée à un réflexe glandulaire est-elle évoquée dans la conscience à l’état d'image pour la première fois ? Alors elle fait surgir l’image excitatrice ou la chaîne d'images qui aboutit à celle-ci. Mais répète-t-on souvent l'évocation ? Alors l’image excitatrice, la chaîne d'images associées s’effacent peu à peu. Avec l'habitude, la sensation devient le signal de la sécrétion sans que les images intermédiaires aient besoin de se produire. Il y aurait là un processus de condensation, par suppression des images intermédiaires. Rien n'empêche que ce processus s0it poussé à l’extrême et qu'un mot finisse par faire saliver sans plus évoquer apparemment aucune image.
Des processus de condensation de cet ordre, on en connaît d’autres. On sait que l'intelligence les utilise largement. Le mathématicien qui a mis un problème en équai ion, lorsque la solution en est trouvée, efface et oublie les calculs