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EAU

LES ASSOCIATIONS SENS{TIVO-MOTRICES (G. Duwas)

Nous avons étudié, dans les chapitres qui précèdent, les rapports mécaniques qui lient l’excitation, consciente ou non, avec les réflexes, le tonus, les mouvements autochtones, les réflexes sus-élémentaires, les réflexes conditionnels,

la contraction volontaire; puis, nous avons étudié les élé-

ments sensitifs et affectifs de la vie mentale (sensations externes ou internes, émotions ou passions) ainsi que les représentations et les images. Enfin, dans le dernier chapitre, nous avons exposé ce que l’on sait sur le rapport des excitations psychiques et des séerétions.

Nous passons maintenant à l’étude des fonctions mentales que l’on appelle d’ordinaire sensitivo-motrices et parmi lesquelles on à l’habitude de comprendre l'orientation et l’équilibre, l’expression des émotions, le langage. En fait, on ne saurait se dissimuler que les appellations de sensitives, de motrices ét de sensitivo-motrices, appliquées à telle ou telle fonction à l’exclusion de telle autre, contiennent une part

considérable de convention, puisqu'il est impossible de con-

cevoir une fonction qui ne serait que motrice sans être conditionnée par des excitations sensibles et une fonction qui ne serait que sensible sans conditionner des phénomènes

moteurs, sécréteires ou trophiques.

Mais, dans la pratique, on admet qu’une fonction peut être

considérée comme sensitive ou motrice suivant que son résul-

tat fonctionnel, le fait par lequel elle concourt au maintien

. de la vie, est d’ordre sensitif ou d’ordre moteur ; c’est à ce

titre que la vision apparaît plus spécialement comme une fonction sensitive, malgré les nombreux réflexes qui én accompagnent l’exercice, et que la locomotion peut être considérée comme une fonction motrice, malgré les images diverses et les sensations tactiles, tendineuses et musculaires qui la conditionnent, | |

On spécialise de même, dans la pratique, le terme de sensitivo-motrices et on le réserve à toutes les associations fonctionnelles où l’on voit s'associer et concourir à un même ré-

sultat des fonctions motrices et des fonctions sensitives

physiologiquement distinctes et caractérisées comme telles, pour les raisons que nous venons d’indiquer : c’est donc, en quelque sorte, une association du second degré que l’association sensitivo-motrice ou, si l’on préfère, c’est association de fonctions classées comme sensitives avec des el classées comme motrices.

Dans léquilibre, par exemple, nous avons affaire à toute une série de fonctions sensitives (vision, audition, toucher, sensibilité kinésique générale, sensibilité vestibulaire, sensibilité des nerfs kinesthésiques des muscles. moteurs du globe oculaire), associées à des contractions musculaires coordonnées de presque tous les muscles du corps.”

La même remarque est à faire pour l’expression des émotions. Les fonctions sensitives sont exercées par les sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût, du toucher, comme par les différentes images qui s'associent à l'exercice de ces sens et peuvent apparaître sans excitations périphériques. Les fonctions motrices peuvent être exercées, sous une forme localisée ou sous une forme généralisée, par la totalité des muscles du corps, et l'association se complique ici du fait émotionnel lui-même, dont on ne peut dire avec certitude

ce qu’il contient d’antémoteur et de HOPOMOUE au mouve-

ment.

Le langage résulte, comme l'expression des éaotions et comme l'équilibre, d’une association analogue maïs infini- . ment plus compliquée ; les fonctions sensorielles qu’ilimplique sont les fonctions de la vue ou de l’ouïe avec les images cor-

respondantes, et les fonctions motrices associées sont les .

fonctions d'expression exercées par les mains pour lécriture, lappareil de phonation et d’articulation des mots pour la Es ;

Dans l'équilibre et l'expression, il y a place, non seulement | pour des réflexes mais pour des phénomènes de perception, de compréhension, de volition, transformés, pour la plupart, en phénomènes automatiques par l’habitude et qui s’insèrent ‘entre les incitations sensitives et les réactions motrices. Dans le langage, la part du réflexe est nulle, et tous les phéno-

mènes intercalaires se ramènent à des faits de perception,

de compréhension, d’évocation mnésique, de volition, où l'habitude et l’automatisme ont une part très considérable et qui font de l'association sensitivo-motrice du langage, si on tient à garder ce terme, une fonction très complexe qui se rattache à l’ensemble de Pactivité volontaire et intellectuelle et dont elle n’est, comme nous le verrons, qu’une application spéciale à un point déterminé (v. Tracé, 1, 733).

Comme on le voit par les trois exemples qui précèdent, il ne saurait y avoir de sens spéciaux mi d'appareil moteur spécial pour les fonctions sensitivo-motrices ; leur caractère de fonctions du second degré fait qu’elles empruntent des voies efférentes et des voies afférentes à des appareils sensitifs et moteurs multiples qui ont déjà par eux-mêmes des fonctions spécialisées et auxquels elles imposent des systématisations secondaires et plus générales.

Les associations sensitivo-motrices ainsi constituées supposent une phase et des organes d'élaboration dont le siège varie suivant le caractère volontaire, automatique ou réflexe de l’association. Nous aurons à parler de ces différents sièges, mais, après ce que nous venons de dire, on peut noter tout de suite que la fonction sensitivo-motrice du langage est uniquement corticale (automatique et volontaire), tandis que l'équilibre et Pexpression sont conditionnés non seulement par des centres corticaux mais par des centres mésocéphaliques et bulbaires. Il nous reste à parler de chacune de ces fonctions.

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