‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 136 sur 237 · UNE S · texte numérisé non relu

UNE S

Est-il possible d'ajouter à ces distinctions générales entre la physiologie et l'expression des diverses émotions, des dis- , tinctions de détail plus précises ? Nous avons fait nos réserves w quand il s’est agi des états élémentaires de plaisir et de dé- . plaisir ; nous les faisons encore ici et nous pensons qu’en cette

matière, il faut se garder de toute interprétation hâtive comme

de toute systématisation prématurée. Il semble bien cepen-

dant qu’on puisse présenter quelques résultats, et nous donne-

rons d’abord, comme exemples, des types de tracés respira-

loires correspondant à la joie, à la dépression, au chagrin, à là colère et à la peur active.

Voici un tracé respiratoire normal que nous empruntons à

SIKORSKI (84).

Fig. 39. — 15 respirations par minute,

Voici maintenant un tracé respiratoire Correspondant à une excitation joyeuse : c’est encore un tracé de SIKORSKT.

Fig. 40. — 17 rospirations pæ mimute.

Le tracé suivant est un tracé respiratoire correspondant à la tristesse passive, à la dépression.

Fig. #4. — 9 respirations par minute,

… Le tracé suivant correspond à un état de chagrin et de dou- » leur morale ; il à été pris chez une mélancolique excitée,

TRAITÉ DE PSYCHOLOGIE, 1. x à 49

Fig. 42. — 90 respirations par minute:

Le tracé suivant est un tracé respiratoire de peur agitée (hallucination terrifiante de serpents dans un cas de confusion mentale.

Fig. 43. — 64 respirations par minute.

Le dernier tracé est un tracé de colère (la colère a été provoquée, chez une excitée maniaque, par une dispute avec une infirmière),

Le, LPS PART

Fig. 44. — 41) respirations par minute.

On pourrait déjà, de la hauteur, de la forme et du nombre

des inspirations, tirer des indications caractéristiques pour quelques-uns de ces pheumogrammes ; mais l'analyse que l’on + enpeutfaire, par la Simple comparaison des abecisses d’inspiration et des abscisses d'expiration, ne laisse pas d’étreintéres- Sante pour les distinctions physiologiques que nous cherchons (cf. SIKORSKT, 89, sqq). Dans la respiration normale (fig. 39), l’abscisse de linspiration a c est plus courte que l’abscisse de expiration c d, dans le rapport de 7 à9 ou à 10, d’après les: Calculs de Sikorski. Le :

À Dans le tracé de la joie, ce rapport s'élève à 8 /10 (fig. 40), | d’après les calculs de Sikorski, et dans d’autres tracés donnés par le même auteur le fapport serait de 10 /10.

Dans la tristesse dépressive, le rapport des abscisses tombe à 1/7 (fig. 41), et dans la tristesse active, il n’est que de 2 /7 V2 (fe, 49). |

… Dans le tracé dela peur agitée “{fig. 43); le rapport est de 3 [7 Si on mesure les grandes respirations, et ces respirations sont séparées par des respirations très superficielles et très rapides, Enfin, dans la colère, le rapport s'élève très au-dessus de celui de la joie, puisqu'on à jusqu’à ù /4 comme proportion des deux abscisses (fig. 44), On peut donc, semble-t-il, d’après les tracés précédents, établir le tableau suivant pour les variations de rapports des abscisses d'inspiration avec les abscisses d’expiration.

| Le

Colère 2. Joie : Normale 7. Peur agitée +. Tristesse active

ta ; É È 4 ; Tristesse passive Te

Et ce tableau montre avec évidence l'accroissement de . l’abscisse correspondante à l'inspiration (phénomène actif) . depuis la tristesse passive à la colère, en passant par la tris- | tesse active, la peur agitée, la normale et l’excitation joyeuse, accroissement qui confirme ce que nous savons du caractère » tonique de la colère et de la joie active, et nous fait voir que, Si la souffrance et la peur agitées paraissent plus toniques que la tristesse, elles n’en sont pas moins hypotoniques par … rapport à la normale,

Fig. #

Voici d'autre part un pouls de tristesse active, rapide et peu ane RE

Qu

Fig. 47.

Et, sans doute, ne faut-il pas se hâter de bâtir des interprétations sur ces tracés de pouls, pas plus que sur le nombre desrespirations ou la hauteur des ordonnées (b c, fig. 39), même ; quand les tracés correspondant aux diverses émotions peuvent être pris sur un même sujet, sans déplacement d'appareils,

ce qui n’a pas été le cas ici ; mais il suffit qu’on puisse entrevoir, dans ces données, les éléments d’une systématisation future pour qu’on n’ait pas le droit de les négliger, On … trouvera d’ailleurs chez SIKORSKI (83, sqq) toute une discussion intéressante, dans le détail de l2quels x nous ne voue entrer ici.

PE SEPT ON RAT C0 PAR, L'ASTRES RS D NEA RU re es

Nous avons montré, d'autre part, dans nos études person- nelles sur /a Tristesse et la J oîe, Que la joie active se caractérise

par une augmentation des combustions, la tristesse passive Par une diminution : €6 la tristesse active par une diminution 4 Moins considérable, de telle sorte que l’on pourrait établir, pour ces trois émotions, le tableau Suivant, en ce qui concerne

l'élimination de l’acide carbonique et de l’urée :

ï j'1At PENTRSS 350 cc. CO? par heure et par kilogramme,

ere : 7 ( 80 gr. urée par jour. Hu re 250 cc. COZ.

Nonales..:,.,. NV,

: . L (24 gr. urée.

. — Tristesse active ..., | 150 ce. Loi

Da si 10 gr. urée,

3 ae ( 110 ce. COZ

1 Tristesse passive .., | 6 gr. urée.

Nous avons montré encore que, pour les trois émotions précédentes, on constate des variations qualitatives analogues dans la température du Corps, dans la coloration de la peau, dans les réactions motrices ; et les résultats ainsi obtenus per: mettent d’espérer qu’on en obtiendrait de tout aussi précis

pour les autres émotions dont nous avons caractérisé, en termes très généraux, la forme active et la forme passive, Dans tous les cas, nous sommes loin de la banalité des réactions dont parlait Hallion,

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