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be EV- L. ne LES CONDITIONS MÉCANIQUES DES DIFFÉRENTES EXPRESSIONS
Si l’on veut bien accepter notre conception de l'excitation et de la dépression, même en faisant des réserves sur ce que notre schématisation peut avoir de trop absolu, on pourra De revenir, avec fruit, sur un grand nombre d'expressions mimiques que Spencer, Darwin et Wundt ont expliquées parleurs . principes psychologiques et qui sont, en réalité, le résultat es pur et simple des variations de l'excitation et de la dépression, |
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Nous avons dé ee Fe de variations du tonus musculaire dans notre tonalité, affective ; ces mêmes variations ne sont pas sans jouer un rôle dans la plupart des expressions émotionnelles, d’abord par elles-mêmes et. ensuite parce qu’elles favorisent où gênent des contractions plus ou moins compliquées, réflexes, automatiques, à demi OM: tout à fait volontaires, qui font partie de l'expression de h colère, de la joie, de la tristesse et de la peur. ï __ Dans la joie, par exemple, le simple tonus peut suffire pour relever la tête, arrondir les joues, donner à la physionomie tout entière l’expression bien connue de la satisfaction, etfavo-, riser, par là même, toutes les contractions de la musculature volontaire par lesquelles se décharge l'excitation légère de la s joie. IL y à ainsi à la base de l’expression joyeuse, si compliquée, si mêlée de représentations mentales qu’elle puisse être, un simple phénomène de mécanique dont ni Darwin, ni Wundt, ni Spencer lui-même n’ont NINPEORRS la- nature et le : rôle. :
Nous avons écrit, il y à quelques années, un ne. livre sur le Sourire pour montrer, sur un point précis, la supériorité des explications physiologiques en même temps que la complication et l’inanité de certaines explications psychologiques. Pour expliquer cette expression, DARWIN suppose que les coins -dela bouche se rétractent et que la lèvre supérieure $e relève, parce que, dans la joie, on pousse naturellement des cris, que le cri exige la bouche ouverte et que la bouche ouverte exige, à 04 son tour, les contractions en question qui se reproduisent à ee l’état faible dans le sourire. TI fait jouer, comme on voit, son principe des associations utiles. WUNDT écrit de son côté (B, TTL, 289) : « La pression des muscles se règle évidemment d’après la qualité du sentiment qui se manifeste. Ainsi nous voyons le mouvement mimique varier de bien des façons entre le tiraillement douloureux de ces parties, dans les émotions péni- À bles, la pression bienfaisante du sentiment de soi-même satisfait et la tension fixe des dispositions énergiques de l’âme. » : I fait jouer son principe des associations analogues. Plus Join il ajoute (B, LIL, 289) que la bouche s’entr’ouvre dans le : rire « comme si tous les sens voulaient avaler l’impression
: L'EX PRESSION DES ÉMIOTIONS | Co
| j joyeuse. » ne cette fois, il fait jouer son principe du rapport des -
mouvements avec les représentations sensorielles Ces expli:
+ cations, aussi compliquées qu’ingénieuses, n'auraient jamais ; été formulées si les auteurs avaient pris la peine d'étudier de
Fe. près l’anatomie et la physiologie des muscles qui entrent en
thèses naturelles où leurs
D LR POS SE ES ES Fe ?
jeu dans le sourire. Tous ces museles innervés par le ae sont synergiques, c’est-à- :
dire qu’ils forment des syn-
A contractions se favorisen.
Ne réciproquement, tandis que lesautres muscles dela face, également innervés par le facial, ne forment aucune synthèse et s'opposent même entre eux ou aux muscles précédents. Il résulte de cette disposition | enstomique des museles du visage qu’une excitation légère, centrale ou péri- phérique (et les excitations . agréables sont légères), qui atteint le facial,.ne pro- fig. 6.
voque de réaction apparente que dans les muscles qui forment naturellement synthèse et qui sont ceux du sourire.
Nous avons établi cliniquement cette loi, en montrant que . le sourire, qui se produit assez souvent, sous forme de contrac ture, dans la seconde période de lhémiplégie, tient à Pirrita. tion des fibres motrices de la capsule par la lésion. Nous avons établiexpérimentalement la même lp en excitant légèrement le facial par un courant faradique à sa sortie du trou stylo- mastoïdien, et nous donnons ci-joint (fig. 48) un exemple ee des sourires ainsi provoqués. Il va de soi que, si les exci- ” tations croissent en intensité, elles provoquent des réac- - tions de tous les muscles du visage et, c’est la raison pourquoi Duchenne de Boulogne, qui n’avait pas les mêmes Dosses “
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LES ASSOCIATIONS SE sr
que nous pour doser l'excitation m a jamai grimaces par notre procédé. A 1 On comprend maintenant, sans avoir M de aire à à la psychologie, pourquoi des excitations motrices par 1 l'écorce, ou même de simples excitations toniques, suffisent pour orienter vers le sourire l’expression du visage. 2) I1 est à peine besoin d’ajouter, par ailleurs, que: cet \ explication mécanique peut s'étendre à un grand nombre des expressions de la joie active. Ce quifrappe en effet, chez l’homme joyeux, c’est l'excitation motrice légère, le tonus général de la musculature, qui favorise toutes les for- | mes de mouvement et d'ac- “4 tion. [ee On peut faire 1e mêmes remarques au sujet des ae explications proposées par Darwin pour l'expression faciale de l'abattement. É C’est un fait bien connu que, dans la tristesse, la queue du sourcil se rapproche de lorbite, tandis que la commissure labiale s’abaisse plus ou moins (v. fig. 49), et rien. ji n’est plus facile que d'expliquer ces deux faits, en général 2 associés, par l’hypotonus du frontal et par l’hypotonus des museles malaires qui retombent quelquefois en bourrelet sur la commissure des lèvres. L’explication est d’ailleurs confir- É mée par l'expérience puisque nous voyons la même expression & se produire dans la paralysie faciale, à la suite de l’altération fonctionnelle ou anatomique du nerf facial. Maïs ce sont à des explications trop peu PÉTCROMEARS à et surtout trop peu finalistes pour que Darwin s’y arrête ; il constate les faits comme tout le monde, puis il onrond cette expression si simple de l'abattement avec l'expression infiniment plus ‘3
ATThEL AEUNEES à AUSTCS
liquée du chagrin, où les commissures s’abaissent par
montrer, suivant son habitude, que ces contractions, inutiles Chez les adultes, ont été très utiles che% l'enfant et ont été
crie, écrit-il, contracte énergiquement ses muscles périocu- Re
A E . ° * même temps maintenir sa bouche largement ouverte, les muscles abaisseurs qui aboutissent aux COMMIsSUres entrent
aussi vigoureusement en action; la contraction du muscle
triangulaire s'aperçoit très bien chez lenfant, lorsqu'il crie | Sans trop de violence, et, mieux encore, au moment où il va Commencer eb où il finit de crier. » (209). Or, nous n’avons besoin d'aucune explication psychologique ou historique pour expliquer les traits abattus de la tristesse passive : avec la masse des joues qui retombe et donne au visage une forme
allongée, avec les yeux qui se ferment par suite de la para:
lysie des releveurs des paupières où qui sont agrandis par là paralysie des Sphincters, avec la tête qui pend sur la poitrine, la nuque qui s'incline en avant, les bras qui ballent le long des hanches, les jambes qui vacillent où qui se trai-
nent, ebc., ete., nous avons affaire à une série d'expressions ‘
partielles qui ne traduisent que la diminution du tonus e6 de l’innervation motrice. du La colère, plus encore que la tristesse et la joie, a prête matière aux interprétations de ce genre, et nous n'avons guère ici que Pembarras du choix.
C’est un fait souvent constaté que les narines se dilatent dans la colère, et nous savons par l’expérimentation et la clinique que Pexcitation du facial dilate les narines, tandis que la section du même nerf provoque l’affaissement de la paroi externe ; de même, les dents se serrent parce que les muscles releveurs de la mâchoire, masséters et temporaux, se contractent fortement et triomphent sans peine de leurs faibles antasonistes (le mylo-hyoïdien et le ventre antérieur du digas-
rique) ; c’est là un signe très général d’excitation qui se ren- | contre, sous une forme plus légère, dans la joie; demême enfin +
fortifiées sans doute par ce fait qu’elles ont été mises en jeu pendant une longue suite de générations. « L’enfant qui
contraction active du triangulaire, et, finalement, il essaie de
laïres, ce qui soulève sa lèvre Supérieure : comme il doit en L | ee | 4 |
les lèvres se rétractent quelquefois dans une espèc de rictus * par suite de l'excitation qui atteint les grands et petits 2ÿg0- L matiques, muscles particulièrement mobiles et soutenus dans leurs contractions pär tout le groupe de muscles synergiques de la partie médiane de la face. Ce sont là des réactions purement mécaniques ; pourtant toutes ces réactions ont prêté matière à des explications psychologiques. Si vous en voulez ; un exemple, écoutez ce que dit SPENCER de la dilatation des narines et jugez de l’ingéniosité de son explication. ‘4 «Nous comprendrons clairement, dit-il, l’utilité d’une telle. à relation neuro-musculaire, si nous nous souvenons que, pen-. dant le combat, la bouche étant remplie par une partie du ” corps de l'adversaire qui a été saisie, les narines deviennent . le seul passage qui puisse servir à la respiration et qu alors 1 leur dilatation est particulièrement utile. » (LE, 442). k On regrette Bernardin de Saint-Pierre et son melon. On retrouverait facilement les mêmes tendances finalistes | dans les explications psychologiques des expressions: de 13% peur passive, et l’on pourrait opposer sans peine à ces ex À cations des explications mécaniques très analogues aux précé- ; dentes. On peut en effet interpréter les différentes expres-. ‘4 sions musculaires de la peur passive comme des résultats de ai diminution ou dela suppression complète du tonus et de l’in-… nervation volontaire au cours de cette émotion, et c’est ainsi, en particulier, qu’on est fondé à expliquer l'élargissement du : sphincter oculaire, la chute de la mâchoire inférieure, le trem-" blement, l’inclinaison de la tête sur la poitrine, le repliement de l'individu sur lui-même; mais il va sans dire que, pour toutes ces manifestations de l’atonie musculaire, la psycho= logie peut trouver des explications ingénieuses et que les dar winiens ontcherché, là comme ailleurs, à vérifier leurs principes. finalistes. À propos du tremblement, par exemple, Darw lui-même avait déclaré qu’il n’en voyait pas l'utilité; maïs sc disciple MANTREGAZZA ne s’en est pas moins te de f: entrer cette expression dans la finalité darwinienne. « Darwi dit-il, avoue qu’il ne voit pas l’utilité du tremblement dj accompagne la frayeur ; mais, d’après mes études expérime
0 © | L'Exreresion pes éuorronc dolibe
à produire de la chaleur et réchanéte le Sang qui, sous Pinà fluence de la frayeur, tendrait à se trop refroidir, » Il y a là une affirmation que les physiologistes auraient beaucoup de peine à accepter et que Mosso n’a pas manqué de relever dans son livre sur Za Peur (99). ; | On en pourrait relever bien d’autres semblables dans toutes les études de téléologie naturelle que nous à values Darwin. Il est donc indispensable de faire une large place aux . phénomènes d’excitation ou de dépression neuro-mtisculaire . dans l'explication des expressions émotionnelles ; beaucoup : de ces expressions ne Sont que des phénomènes de tonus, d’hypotonus, d’excitation, d'épuisement, d’inhibition, et elles constituent, de ce Chef, des variations de premier plan sur lesquelles se découperont les expressions volontaires ou réflexes que Darwin, Wundt et leurs SuCCesseurs ont décrites et plus ou moins bien expliquées. .
Nous ne voudrions pas quitter ce Sujet des conditions mécaniques de expression, sans dire quelques mots de la, tentative faite par le regretté FRAPPA pour expliquer les diverses expressions émotionnelles en faisant appel à des principes qui se rapprochent, à certains égards, de ceux que nous venons d'exposer et peuvent, dans tous les cas, s’y associer.
Nous avions fait visite à Frappa en 1899, à la suite d’un article que le Temps avait publié sur ses théories de l'expression, et nous lui avions demandé, bien avant la publication de son livre (L'expression de la physionomie humaine), une communication pour la Société de Psychologie, qui eut beaucoup de succès.
L Frappa voulait construire Synthétiquement toutes les "expressions du visage, en partant de trois expressions fondamentales, celles de l’étonnement, de la tristesse et de la
Le ;
LR à
De ne avons d'adieu sa no
(A, 184) que le choc émotionnel,
lo TA ; est léger, se traduit naturellement pP x — d : expression de surprise. Alors, dit Fra + “a «tous les traits du visage se tendent,
} À un $ les orifices s’élargissent corame pour faci- | \ $ liter la compréhension, pour mieux ART & Vas” Sentir, entendre. » (33). PA Pig. 51. Nous ferons des réserves sur l'explica- 3 tion, trop finaliste et trop intellectualiste à à 4 notre sens, que propose Frappa, car, si les orifices S élargis- F sent, ce peut être, pour une bonne part, à CE ue
cause de l’inhibition subite exercée par-le AT | choc sur l’innervation des muscles et Han notamment sur l’innervation des masséters hf
et des orbiculaires des yeux ; mais il suffit ja di nn que l’expression de l’étonnement soit bien ee
celle qu’il décrit et dont il donne le schéma à > rs que nous reproduisons (fig. 50). \ a à 4
La joie, dont nous connaissons le con
tenu psychique et l'expression générale, se Fig 52.
traduit sur le visage par une ascension des traits; le nez se fronce et ses ailes. remontent : la tr à s’élargit et ses commissures se relèvent; Hi 100 se DRE et relèvent leurs ss
un Se HÈLE bien connu (fig. 51).
Pie. 33. La tristesse, dont nous avons analy
les éléments psychiques et l’expression globale, se. ni sur le visage par une chute des trai. qu’il serait «superflu de détailler, puisqu'elle est l'opposé
L'EXPRESSION DES ÉMOTIONS 637 lascension de la joie. Nous avons expliqué ailleurs, par une diminution de l'excitation normale du facial, les expressions diverses qui traduisent cette chute et pour lesquelles Frappa reproduit un schéma aussi connu que le © ere : précédent (fe. 52).
Ces trois expressions fondamentales une foisdonnées, nous pouvons, dit Frappa, com.
| poseravec elles toutes les autres expressions du visage humain, er
. Associons-les d’abord deux par deux nous obtiendrons :
“A0 Avec la joie et l’étonnement, ladmi-
ES
ation (qui est un mélange d’étonnement
et de plaisir) et ses dérivés (fig. 53).
29 Avec la joie et la douleur, la colère, « qui tient à la fois de la douleur ressentie et de là joie de là vengeance » ainsi que les dérivés de cette émotion (fig. 54). 30 Avec la tristesse et l’étonnement, l'horreur, qui est un mélange de douleur et de Stupeur, ainsi que les dérivés de
cette émotion (fig. 55). | | 0 Nous avons pu aisément, continue Frappa (81), créer ces expressions dé seconde ligne ; nous pourrions, par le même His HR procédé, en constituer de troisième ligne » F ee | M et ces composés ternaires seraient faits par Ace la combinaison de trois éléments où les
Le
Meta * expressions de seconde ligne compteraient i HR n f pour deux.
vor }\ C’est ainsi que nous aurions :
an | W en “Rte Avec 1 de joie et 1 d’admiration, ou, si UN ‘à lon préfère, avec 2 de joie et 1 d’étonne- FRE ment, le ravissement. Na Don Avec l B'ébonnement ot 1 de frayeur,
dre | Ou, si l’on préfère, avec 2 d’étonnement et 1 de douleur, la terreur. pis
Frappa ne schématise ni le ravissement ni la terreur, mais il donne le schéma de la haine où il prétend retrouver les expressions associées de la tristesse et de la colère, je … En continuant de la sorte, c’est-à-dire en combinant les À
expressions de Poe do. puis de . de cinquième ligne, etc., etc., avec les précédentes, on pourrait, suivant Frappa, répondre, par la variété des combinaisons, ee aux innombrables nuances des sentiments et des expressions, de et, bien qu’il n’ait pas eu personnellement la prétention de a ce vaste et difficile programme, il s’est essayé à décrire … ces expressions de plus en plus délicates et nuancees en restant 4 fidèle à son principe. TS Nous ne le Suivrons pas ; ouen plus que ses HR ; sons deviennent de plus en plus discutables à mesure qu ‘elles croissent en complexité ; maïs, dans les limites où nous avons exposé sa thèse et surtout pour ce qui concerne les expressions de première et de seconde ligne, il paraît bien avoir construit. des synthèses, qui, du point de vue psychologique et du point: 4 de vue mécanique, — parallèles en l’espèce —, sont assez faciles à défendre comme telles, encore qu’elles soient extré- 4 mement et volontairement simplifiées. | SAIS