L'INTROSPECTION EXPÉRIMENTALE
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L'observation interne a été longtemps opposée, en psycho |
logie, à la méthode expérimentale, parce qu’on entendait seulement, sous le premier de ces noms, les remarques psycholo-
giques de la vie courante, ou celles des littérateurs ; et sous le
second, les expériences de réaction et les expériences quant:tatives. Mais comme il arrive souvent, ces deux termes, jugés d’abord contradictoires, ont fini par trouver leur conciliation. La méthode d’introspection expérimentale: est souvent appelée en Allemagne « Méthode de Wurzbourg» du nor
de l’Université où elle a été le plus largement mise en œuvre
{par Külpe, Marbe, Dürr, Messer, Bühler, etc.)?. Mais cette désignation ne rend pas justice aux travaux des psychologues qui Pont pratiquée les premiers ; particulièrement à ceux d'Alfred BINET, qui en à été le véritable initiateur, et qui à proposé de l’appeler méthode de Paris (D, 8. Voir aussi HANNEQUIN, ch. xt; $ 3). — Elle consiste, a-t-il dit, à faire porter l'intérêt de l’expérience sur la description que le sujet donne de son état d’esprit pendant une épreuve déterminée, au lieu de s’attacher exclusivement à la réponse brute qu’il denne ou à la réaction qu’il mamifeste. « Ainsi,
!.} s'agit-il de comparer deux poids, on ne veut pas tant savoir
la sûreté, l’exactitude de la comparaïson, que la manière dont elle a été exécutée dans le for intérieur de la personne. S'agit-il C’association d’idées, on recueille bien Les mots asso- ciés que le sujet produit, maïs on cherche surtout comment il les produit... Ou encore, à propos d’une question posée, on veut savoir de quelles images le sujet s’est servi pour obtenir la réponse. Ces coups de sonde dans l’intérieur d’un esprit, qui travaille nous ont déjà appris beaucoup. Il est surtout apparu que le classique inventaire des états de conscience est bien incomplet. Les sensations et surtout les images ont di-
4. On l'appelle aussi Aus/ragemethode (méthode d'interrogation).
2. Voir, pour les applications et les résultats de cette méthode, Traité, 1, 503, et 11, 418.
minué d'importance ; et d’autre part, on a eu la révélation " d’une foule d’états de conscience, presque indéfinissables : conscience de rapports, sentiments intellectuels, attitudes mentales, tendances, etc. » (BINET, D, 9).
Cette méthode élargit beaucoup le champ des recherches æxpérimentales possibles ; ellé rapproche notablement l’expérience des conditions de la vie normale ; elle permet d’attendre des faits plus importants et d’un caractère plus cen- *tral, plus proprement psychique que ceux auxquels là psychologie de laboratoïre s’attachaït primitivement. D'autre part, ellé restreint le choix des sujets en ne per- mettant d’opérer qu'avec des esprits capables d’un minimum d'observation, et nécessite un contrôle assez étendu pour éliminer les erreurs qui peuvent se produire dans un groupe restreint d'expériences. Wundt à relevé contre cette méthode les critiques ordinaires qu’on adresse à l’introspection (existence d'éléments conscients et semi-conscients ; déformation dé la mémoire, déformation d’après les idées préconcues, concurrence de l’observation et de l’acte sur lequel porte Pexpérience, etc). Mais les réponses faites depuis longtemps à ces Gbjections, et dont nous avons parlé plus haut sont également valables, et sous les mêmes réserves, en ce qui concerne l’introspection expérimentale (Bübler ; TITOHENER, jt eh. aie