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Mécanisme analomo-physiologique du rire

On peut distinguer, dans le rire, un mécanisme facial, un mécanisme respiratoire, un mécanisme phonétique et même un mécanisme global lorsque l’expression du rire se gén ‘ralise et s'étend au corps tout entier.

Le méeanisme facial n’est que l'exnpéa d’une expression que nous avons longuement analysée ailleurs (A, 14), celle du sourire. Cette expression consiste dans une/Contraction synergique d’une quinzaine de muscles du visage dont les plus importants sont : le frontal, l’orbiculaire des paupières, le transverse du nez, l’élévateur de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, le petit zygomatique, le grand zygomatique et le rieur. Tous ces muscles étant plus ou moins congénères, la contraction des uns facilite celle des autres, et leur contraction globale provoque des ” modifications très caractéristiques du visage comme l’ascension des joues, la rétraction des commissures labiales en haut et en arrière, la diminution apparente du globe

oculaire, la formation du sillon naso-labial, la formation de la patte d’oie, etc.

Il faut joindre à ces contractions l’effusion des larmes qui se produit dans les rires intenses et prolongés et qu’on rencontre, suivant Darwin, chez toutes les races humaines.

Le mécanisme respiratoire du rire n’est pas toujours décrit exactement. Comme le remarque très justement RAULIN (63), on lit dans beaucoup d’ouvrages modernes (Bell, Brissaud, Lévêque, Stanley Hall, Darwin) que la respiration saccadée du rire résulte des mouvements convulsifs du diaphragme. Or il est établi que le diaphragme ne joue, dans le rire, qu’un rôle bien secondaire et très accidentel ; Ce qui produit la respiration saccadée du rire, ce sont les convulsions des muscles expirateurs (intercostaux internes) qui s’opposent à la dilatation de la poitrine et, faisant échec au diaphragme, provoquent l’étouffement (on étouffe de rire, ou crève de rire).

Le mécanisme phonetique consiste tout entier dans ce fait que, pendant les contractions expiratoires, les bords de la glotte se rapprochent et que les lèvres glottiques donnent, par leurs

vibrations, des sons graves ou aigus proportionnels à leur

contraction et à leur longueur.

. Enfin, quand les mouvements du rire se généralisent, on observe des oscillations de la colonne vertébrale sur le bassin, des agitations désordonnées des bras et des jambes, des balancements, des trépignements, toute une activité diffuse dans les muscles qui dépendent de la volonté, et même des contractions Spasmodiques des muscles qui gouvernent les réservoirs.

SPENCER voudrait que l'excitation musculaire du rire obéit, dans ses manifestations et dans sa distribution, à la loi qu’il a formulée pour la décharge diffuse émotionnelle et qu’elle se répandiît dans le sens de la moindre résistance musculaire, . en provoquant des mouvements proportionnels à son intensité. « Une contraction légère des muscles de la face implique,

dit-il (B, IT, 367), l’existence d’une onde faible de sentiment

agréable ; que le plaisir augmente, le sourire se dessine, et. s’il continue à croître, la bouche s’entr'ouvre, les muscles du larynx et des cordes vocales se contractent et, les muscles

relativement étendus qui gouvernent la respiration étant mis en jeu, le rire apparaît. Si Pexcitation croît encore, le même ordre général est suivi : les mouvements de la tête et ceux des mains qui sont facilement exécutés viennent après ceux des jambes et du tronc qui demandent plus de force. »In’est pas sans intérêt de remarquer que BRISSAUD (452-3), quand il à & décrit la progression de l'accès de rire, a suivi dans ses grands traits la description de Spencer, en acceptant implicitement la même loi; mais on ne saurait, Sans erreur OU Sans déformation systématique des faits, vouloir vérifier cette loi dans tous les détails de l'expression du rire, et nous devons nous contenter d’une vérification très générale. Ni SU TRES Le rire se présente tantôt sous une forme atténuée où l’on ne constate que des manifestations faciales, tantôt sous une forme plus marquée, avec des manifestations vocales ou respiratoires, tantôt sous forme d’accès franc où on retrouve toutes les manifestations déjà signalées. Il y a alors une période d’aura, sorte d'avertissement sensitif, vaso-moteur où moteur qui précède le riré, une période d'état, celle-là même-que nous venons de décrire, et'une période de résolution, caractérisée par la dyspnée, l'épuisement, la fatigue ; ce sont ces périodes qui ont permis à RAULIN (27) de rapprocher, très superficiellement d’aillenrs, l'accès de rire de l’accès d’épilepsie.

Depuis les travaux de Bechterew et de Brissaud, nous LE sommes assez bien renseignés sur les centres du rire etmême NE sur le mécanisme intracérébral de cette émotion.

“n Les centres réflexes du rire sont situés, comme les centres

qe réflexes du pleurer, dans les couches optiques. C’est sur ces centres que doivent retentir les excitations parties de l'écorce (dans les cas de comique par exemple) pour produire un déclenchement moteur que les excitations volontaires directes ne peuvent imiter que de très loin, lorsqu'elles. se portent sur les muscles de la mimique par le faisceau géniculé. Plus encore que les autres centres émotionnels Ge la même région, ces centres réflexes du rire et du pleurer peuvent présenter des symptômes d’excitation par défaut d’inhibition de l'écorce. ah 2 |

On voit en effet des crises de rire (comme des crises de

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| se ATEN, sans aucune cause dub et sou- \ ent d’une façon presque continue, dès que les excitations inhibitrices de l'écorce sont affaiblies ou supprimées. | di BECHTEREW, qui à le premier attiré l'attention sur ces cri- ’ses, les à décrites et étudiées sous le nom de crises de rire et de pleurs spasmodiques. Elles se produisent dans divers | cas de lésions cérébrales d'évolution post- -hémiplégique, plus ; spécialement dans l’hémiplégie bilatérale ou paralysie pseudo- bulbaire, é 1 Il faut distinguer ces crises des crises d’émotivité, de tris- . D. tesse, d’excitation de certains malades. Elles ne sont pas pro- ‘A | voquées par des idées gaies ou tristes ; elles ne témoignent . €n aucune manière d’une exubérence émotionnelle. On peut faire et on à fait plusieurs hypothèses sur le méca- | nisme et le siège de l’inhibition par laquelle l'écorce arrête | l’action des centres réflexes de rire. et aussi des centres réflexes du pleurer.

Bechterew estime que l’action d’arrêt s'exerce par des fibres cortico-thalamiques; Oppenheim suppose des fibres corticobulbaires qui brideraient l’action motrice des noyaux de la protubérance et du bulbe. BRISSAUD admet des fibres allant soit à la couche optique, soit à la substance grise du bulbe, (4, I, 446; IT, 308-314), mais la multiplicité de ces hypo- “thèses sufit pour en dénoncer l’inconsistance. : Enfin il semblerait résulter des travaux plus récents de CONSTANTINI que les centres réflexes du rire et du pleurer 4 dussent être localisés non seulement dans la couche optique Mais dans la région opto-striée. . |

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