Le rire de la joie
Quelle est l’origine de l’excitation qui se manifeste dans le rire ? On ne peut répondre à cette question sans faire d’abord une distinction, trop souvent négligée, entre le rire qui traduit l'excitation générale du past et le rire qui traduit e plaisir du comique.
On peut rire en effet sans éprouver le sentiment du comique à et: tout simplement parce qu’on éprouve une excitation 1
agréable ; on rit par exemple au cours d’une joie ; et, dans ce cas, le rire à la même signification que les cris, les paroles et tous les mouvements par lesquels le système nerveux se
décharge; on rit, d’autres fois, sous influence de l'excitation .
qui se produit dans le cerveau quand on perçoit un de ces rapports imprévus qui sont à l’origine du sertiment du comique, et, dans ce cas, le se prend une signification très distincte de la signification précédente. Il y a donc au moins deux espèces de rires ou plutôt un genre et une espèce que, faute de terminologie plus précise, on peut appeler le rire du plaisir et le rire du comique; physiologiquement ils sont les mêmes, mais psychologiquement ils paraissent venir de deux sources assez différentes que nous avons à distinguer
Le rire de la joie et du plaisir ne traduit pas d’ailleurs toutes les joies et tous les plaisirs mais seulement certaines joies et certains plaisirs et encore dans certaines conditions déterminées.
D'une façon générale, on peut dire, avec d. SULLY (65) et après DARWIN (214), que le rire de la joie est LCR RER sion générale et simple de la bonne humeur.
Il est indispensable, pour que cette bonne humeur engendre le rire, qu’elle soit intense et qu’elle tranche d’une facon marquée sur le ton affectif ordinaire de la vie, telle la bonne humeur qu’on éprouve après manger et après boire; c’est la bonne humeur des dieux d’Homère après leurs festins. |
Dans l’enfauce et la jeunesse, où la bonne humeur est presque chronique, le rire se manifeste sans cesse, à propos de tout et de rien.
Deux causes paraissent favoriser particulièrement, chez les adultes, et à plus forte raison chez les enfants, la production du rire de joie et de bonne humeur.
La première, c’est la suppression d’une contrainte extérieure qui à pesé sur eux pendant un temps plus ou moins long. « La joie folle et exubérante des enfants quand ils se précipitent hors de l’école, pourvu qu'ilsaient en réserve le fonds de vigueur et d’ardeur nécessaires, est, pour ainsi dire, l'exemple
typique de cette sorte de rire. » (J. SULLY, 66). — Chez les adultes, les rires de ce genre ne sont pas rares après une soirée de contrainte et d’ennui, une conférence sans intérêt, débitée Sur un ton monotone, une visite de deuil, un long repos forcé, etc., etc., et, dans tous les cas de ce genre, l'excitation subite et joyeuse d’où jaillit le rire a toutes les apparences d’un phénomène réactionnel.
Mais, comme le remarque encore J. SULLY (66), « la rapide augmentation de joie peut aussi se produire d’une autre façon, par la transformation soudaine du monde autour de nous, par l’arrivée d’un bien inattendu qui est en même temps assez considérable pour nous inspirer un vif sentiment de bonheur. Chez les enfants et les sauvages, la vue d’un joli jouet, d’un colifichet nouveau, suffit quelquefois à produire cet effet. Nous autres vieilles gens nous avons, pour la plupart, perdu la faculté d'accueillir les choses délicieuses avec cettejoieingénue et franche où n’entre aucune pensée de leur signification ou de leur utilité. Pourtant, nous sommes encore capables de saluer l’arrivée inattendue de nos amis avec une joie qui tient de la simplicité et de la franchise de celle des enfants. »
Bonne humeur surélevée, suppression de contrainte, telles sont les causes les plus ordinaires du rire de joie : il est presque inutile d'ajouter que la liberté soudaine, comme Parrivée subite d’un bien, sont inefficaces et que la bonne humeur elle-même disparaît, si les circonstances exigent une émotion plus forte et plus adaptée, cette émotion fût-elle agréable. Par exemple, la joie de revoir un être cher qu’on croyait perdu ne se traduit pas par le rire.
Nous rangerons dans cette même catégorie le rire du plaisir qui peut se produire chez l’homme à la suite d’excitations très diverses. Les excitations peuvent être périphériques, comme le chatouillement par exemple, qui provoque, d'autant plus le rire qu’il est moins prévu, à tel point que la menace brusque et variée suffit souvent à elle seule pour faire rire.
Les excitations peuvent être centrales comme celles qui sont apportées au cerveau par l’opium, le protoxyde d’azote, le hachich, l'alcool à petites doses, le champagne, l’acide car-
| Due le Lio doute et. tous les toxi pu 1es € jus d’exhilarants. |
1 débuts aïgus des pyrexies, les formes PEN de la lysie générale, les phases maniaques de la payehoge) Bé que, ete., etc. | Aa Enfin “ n’est pas sans intérêt de rappeler quele rire du mer et de la joie n’est pas particulier à l'espèce humaine, en dép d’un dicton célèbre qui n’est vrai que pour le rire du comiqu. C’est ainsi que DARWIN rapporte des observations de. constaté chez des singes à la suite de chatouillement,
en dmence d’une association sensitivo- Sr RAR en à deux espèces animales et provoquée chez l’une et ch l'autre par les mêmes causes. De sa manifestation la pl si ne PA la plus complexe, côtte association sen
une origine corticale comme dans le cas pus surprise agréal à par exemple, c’est toujours par l'intermédiaire des centres mésocéphaliques de l'expression, la région oprorEi es qu'elle doit passer pour provoquer le rire. Fe UNE