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ou le mot « cloche », peuvent faire imaginer effectivement un ohjet cylindro-conique, dur, bronzé, oscillant ; ils peuvent éveiller, avec ou sans évocations d'images, un sentiment de joie, de respect religieux, etc.; ils peuvent orienter l’esprit vers une notion toute abstraite (l’heure présente, par exemple), ou provoquer un acte qui devait s'accomplir à cette heure.
Un autre point commun entre la perception sensorieïle et la compréhension d’un mot, c’est que; dans l’un et l’autre cas, l'attitude ou la direction mentale dont nous avons parlé plus haut est provoquée, non par des sensations isolées ou identiques aux sensations passées, mais par des sensations seulement analogues. Dans le tumulte de multiples sensations sonores simultanées, il faut reconnaître que certaines vibrations sont analogues à celles, d’une. cloche entendue autrefois, et que d’autres forment:le mot.« cloche », déjà prononcé devant nous ; et teut ceci, malgré les différences de timbre, d'intensité, de hauteurs des sons. IL est donc indéniable que la simple identification de la sensation actuelle à la sensation passée, ne peut se faire d’une façon. en quelque sorte mécanique, comme la superposition de ‘ jetons ou de cubes identiques. Elle exige une véritable analyse active de l'expérience présente et sa reconstitution parallèle. Cela seul suffirait à faire rejeter les hypothèses sur lesquelles Charcot et ses disciples fondaient leur théorie du langage et l'interprétation des troubles aphasiques. Sur ce point, la vigoureuse critique de BErGSON (ch. I) est pleinement justifiée ; et l’'éminent philosophe a trouvé, comme: nous l’avons vu, une aide précieuse dans le camp même des meurologistes, en la personne de Pierre Martm, doné les: recherches cliniques aboutissent à ruiner les anciens schémas. de l’aphasie sensorielle. Ath \
Plus encore peut-être que dans la perception ordinaire, ar à perception verbale, qui se déroule rapidement, paraît com-
est conau par une sensation autre que le mot, par exemple par la vue de: son attitude, de sa physionomie, par l'audition de ses cris; en un mot,
par la perception de toutes les manifestations spontanées ou volontaires 1
autres que le langage articulé, et qui ont été étudiées plus haut.
porter cette double activité analytique et synthétique, sys- tématique, qui reconstruit au fur et à mesure sur des indices : légers et rapides la phrase prononcé: par autrui. Toutes ces opérations différentes, pour lesquelles un vocabulaire ‘une grammaire et une syntaxe seraient indispensables à un étranger, nous les avons péniblement apprises dans notre enfance et nous finissons par les exécuter sans nous en douter presque, le sens de la phrase étant seul présent à la | conscience. Mais c’est quand, capables de réflexion, “nous | nous mettons à étudier une langue étrangère que nous com- | mençons à nous apercevoir de leur existence et de leur | complexité. | Cette activité complexe à pour résultat ultime la com- | préhension, qui elle-même aide à la formation de ce premier étage, la perception, puisque comprendre le sens d’un mot peut servir à deviner un autre mot. La perception est bien la condition préalable de la compréhension, car il arrive que
|certains mots, nouveaux pour nous, Sont perçus mais non compris. Au total, la compréhension des mots ou des phrases est une « gnosie » et la surdité verbale est une’ « agnosie ». been |
| Il serait cependant beaucoup trop simpliste de dire seule- [ment que la compréhension du langage ou la perception en général s'expliquent par l'application de l’activité intellec- [tuelle aux sensations auditives des mots ou à tout autre ordre de sensations. On ne comprendrait point, dans cette hypothèse, que, en dehors de tout trouble sensoriel les mots pussent cesser d’être compris, alors que les autres formes de la perception resteraient intactes et que l’activité générale de l'esprit paraîtrait conservée. Or, le fait est indéniable. Certains malades, atteints de surdité verbale à la suite de lésions corticales circonscrites, conservent l’activité de leur intelligence pour toutes les opérations autres que la compréhension des mots. Les arguments grâce auxquels P. Marie rapproche ces malades des déments, atteints d’un affaiblissement intellectuel général, sont en réalité de deux ordres. Les uns prouvent que, chez les aphasiques, il y a fréquemment coïncidence d’affaiblissement démentiel, les autres rattachent.
à un trouble de l’activité intellectuelle des symptômes qui, selon nous, ont une toute autre signification. P. Marie admet que ses malades présentent un trouble intellectuel spécialisé pour les opérations du langage. Il suffit de réfléchir sur ce fait, réalité clinique indiscutable, pour voir que l’activité intellectuelle, qui est une, ne peut présenter de déficit spécialisé qu’autant qu’elle est troublée, non pas dans sa nature même, mais dans ses po d’action spé- Ciaux.
C'est qu’en effet ces procédés, jadis intellectuels lors de notre apprentissage, sont déchus de ce rang élevé : ils sont devenus purement automatiques, inconscients, grâce à l’exer- . cice constant, à l’habitude acquise. Ce qui est le fait jondamental dans la surdité verbale, c’est la destruction de ces automatismes.
Le malade atteint de surdité verbale est, à l’égard de S& … propre langue, dans la même situation qu’un sujet ne sachant | pas du tout ou imparfaitement une langue étrangère et mêlé : à des gens qui la parlent couramment. Suivant le cas, le. malade entend les mots comme un simple bruit plus ous moins vague ou comme un murmure indistinct et confus analogue aux voix perçues dans yne foule, ou encore les w mots paraissent nets et articulés mais étrangers. D’autres fois, | il peut comprendre la plupart des mots isolément, ou tout * au moins les reconnaître ; et cependant il ne les reconnaîtra pas dans le cours d’une He Il ne pourra comprendre une phrase longue, prononcée rapidement, et saisira parfaite-« ment le sens de lamêmephrase,prononcéelentementet décom-« posée en ses éléments. C’est par des preuves de ce genre que: P. Marie veut établir que ses malades, ayant conservé le pou? voir de comprendre les mots isolés et les phrases courtes, ne sont point atteints dans leur mémoire, mais dans leur activités intellectuelle. En réalité, ça a été, mais ce n’est plus de l’activité intellectuelle. ‘1
Il arrive aussi qu’il y à ce qu’on appelle amnésie verbale :! un malade, observé par BARAT, comprenait certaines phrases simples; mais tout ce qui n’était pas compris immédiates ment ne l'était plus, car les mots ne pouvaient être évoqués