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La psychologie des animaux

La psychologie zoologique à reçu un grand développement dans les dernières années du xix® siècle. D’une part les idées évolutionnistes, de l’autre le succès de la psychologie de réaction ont contribué à provoquer des recherches dans cette direction. Enfin il faut y ajouter, du point de vue de Ia psychologie Ge sympathie, les sentiments zoophiles, qui ont joué un rôle secondaire sans doute, mais non pas négligeable. Voir les Annales de l’Institut international de psychologie (plus récemment, Institut général de psychologie), Liu de psychologie zoologique, depuis 1900.

Ces recherches, dans leur ensemble, n’ont rien de systéma-

tique. On ne peut que classer les différentes méthodes

employées. Cette classification à été donnée avec beaucoup de netteté dans un article de CLAPARÈDE (B).

1° Méthode d'observation, telle qu’elle a été pratiquée par exemple par Fabre (peut-être avec un peu trop d’imagina-

4. Par exemple dans le célèbre sonnet de Sully-Prudhomme : « Le laboureur m'a dit en songe : fais ton pain... »

2. Voir l'étude critique sur la Logique de Goblot dans la Revue philosophique de janvier 1919.

ce

En

LA PSYCHOLOGIE. SES OBJETS ET SES MÉTHODES dif

‘tion sympathique et avec une idée trop classique de l’ins- tinct). On en trouve l’exposé dans la vaste collection de ses Souvenirs entomologiques, et dans les volumes d’extraits qui “en ont été tirés. Elle a le grand avantage d'étudier animal à état libre, dans son milieu, en un mot dans des conditions “normales.

à 20 Méthode expérimentale, qui se subdivise elle-même : la Je méthode des réactions naturelles » consiste à produire arti- * ficiellement un stimulus et à voir comment les animaux y | répondent. (Expériences de Lubbock sur la perception &es couleurs par les fourmis.) L’absence de réaction ne prouve pas . l’absence de perception : tel stimulus qui, seul, ne semble pas . perçu, peut cependant accroître ou modifier les réactions à un autre stimulus.

| « Méthode des réactions acquises » : nous en avons un exemple dans les expériences de Pawlow citées plus haut. Kalisher à pu montrer, par cette même création de réflexes ‘occasionnels, que les chiens distinguent facilement deux notes distantes d’un demi-ton, et peut-être moins. La « méthode du choix » est à certains égards une variante de celle-ci : par “exemple, les expériences de Yerkes, offrant à des souris dos couloirs pour aller chercher leur nourriture : tantôt l’un, tantôt F. ! l'autre de ces couloirs est fermé à son extrémité opposée, ou conduit l’animal à recevoir un choc électrique au heu de . ! trouver ce qu’il cherche. Différents signaux, correspondant à ces variations, sont placés à l’entrée des couloirs ; les souris - apprennent à les reconnaître et à se diriger en conséquence.

« Méthode du dressage », à laquelle se rattachent les épreuves d'intelligence dans ci un animal enfermé apprend à tirer le verrou d’une porte, à faire jouer un ee etc. La rapidité plus ou moins grande avec laquelle 1les animaux acquièrent le maniement des appareils est ici le

heurté à une cloison transparente, ne cherche plus à saisir es petits poissons placés dans le même aquarium que lui,

méthodes, ces expériences demandent à être interprétées. Et l’on retrouve iei les deux grandes tendances que nous distinguions au début de cette étude. Les uns, qui se rattachent à la tradition cartésienne des bêtes-machines, se placent uniquement au point de vue des mouvements observés, et réduisent autant que possible les phénomènes élémentaires à des tropismes amalogues aux réactions chimiques (Loeb). Plusieurs d’entre eux se sont même appliqués à eréer un langage entièrement « objectif », sans rapport aveccelui de la psychologie humaine : photo-réception au lieu de sensation lumineuse, antikinèse au lieu de réaction au contact, icono-réaction au lieu de perception de la forme, amticlise au lieu de choix‘, etc. — L'école analogiste, au contraire, s'efforce de comprendre les réactions animales par leur ressemblance avec celles de l’homme et de les traduire en termes de conscience. Elle a le grand intérêt de faire de l'observation zoologique un instrument de psychologie comparative, et de toucher par suite aux problèmes concernant la place de l’homme dans la nature, et la genèse de ses facultés mentales. Maïs c’est une méthode très glissante, où l’on est faeilement tenté de prendre pour une explication la simple analogie avec les faits auxquels nous sommes accoutumés, oude prêter aux animaux des phénomènes de conscience qui en font « de petits hommes ». — Il y à donc lieu, quand on la pra-

tique, de garder présente à l’esprit, au moins comme règle de

critique, le principe de Morgan : «Ne jamais interpréter une action comme l'effet d’une faculté mentale supérieure, quand elle peut être considérée comme produite par une faculté occupant un degré inférieur de l'échelle psychologique ». (MORGAN, 53.)

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