LOS LION RER RE PA SERRES 826 LES FORMES GÉNÉRALES D° ORGANISATION
des associations libres. On présente à un sujet ou on prononce devant lui un mot et on lui demande de répondre par un autre mot. La méthode des associations dirigées, où l’on demande au sujet de donner comme réponse un mot induit présentant avec le mot inducteur un rapport donné, n’est qu’une variante de la précédente (cf. Traité, I, 505).
11 ne faut pas perdre de vue que ces méthodes d’examen
ont un caractère assez artificiel. Par exemple, la réaction
à un mot qu’on entend n’est pas toujours une réaction verbale ; il peut surgir une image visuelle, un souvenir vague, un état affectif. S'il faut que le sujet réponde par un mot, ce mot exprimera sa réaction convenue à l’exeitant, et non point sa réaction naturelle. BINET à fait remarquer avec justesse que penser naturellement ce n’est pas du tout enchaîner des mots. La succession des inducteurs et des induits ne donne nullement l’idée exacte du cours de nos idées. Enfin, comme la bien montré WRESCHNER, ce qui joue le premier rôle au cours de telles expériences, c’est un phénomène mental d’un ordre assez élevé : attitude du sujet en présence de l’indueteur, les opérations de dissociation, de concentration, de réduction, de choix, la direction de l'attention, le niveau d'activité mentale. Nous retrouverons ces conditions générales de lassociation ; il n’y à pas lieu de supposer qu’on puisse en faire abstraction, lors des expériences sur Passociation. S
Les conditions générales et les formes de l'association. — L'existence d’associations par contiguîté n’est contestée par personne ; tout le monde saït que la mer fait songer au navire, Ou la voiture au cheval, ou le vers qu’on récite au vers suivant. Nous avons vu plus haut lessai d'explication physiologique de CLAPARÈDE ou de ZIEHEN. Il faut convenir avec eux que la simultanéité (Malebranche disait déjà l’identité dans le temps) est la condition de formation des associàtions de cette espèce. C’est parce que les deux termes ont été présents ensemble dans un même acte de conscience, dans une même appréhension synthétique, si l’on peut dire, qu’ils
tendent à s’évoquer. Nous avons, à propos du temps, étudié suffisamment cette appréhension synthétique’. Du point de
vue psychologique, l’association par contiguité n’est pas autre chose que la tendance d’un ensemble à se reconstituer à partir de l’un de ses éléments ; et la raison de ce fait, c’est
que l’élément n’est point isolé, mais qu’il participe de l’'en-
semble et qu’il ne vit que par lui.
Ceci dispense de recourir à l'hypothèse de PAULHAN, qui,
derrière la contiguité, fait intervenir ce qu’il appelle l’asso-
ciation systématique. Il faut reconnaître avec lui que souvent
‘nos représentations $ ’ordonnent en un système ; p. ex. les
mots en phrases, les couleurs en tableau; et que l’associa-
tion est d’autant plus forte que la D est mieux
établie. Il y à souvent un classement logique, une mise en ordre de nos représentations, une même orientation d'esprit qui en surveille le déroulement : les choses tiennent d’autant plus fortement entre elles qu’elles font partie d’un même système. Mais il faut aussi rappeler que ce système est bien loin d’être toujours un système pensable, un système logique. Quantité d’impressions se suivent, qui ne sauraient se STOUper sous l’unité d’une même pensée, et qui pourtant s’organisent sous l’unité d’une même expérience.
On peut remarquer aussi, avec MüNSTERBERG, que souvent les impressions qui se suivent sont comme cimentées ensemble par Punité d’une sensation organique ou motrice, constante pendant toute la durée de leur développement ; l'attitude que nous prenons pour contempler un spectacle enchâsse, pour ainsi dire, tous les moments de ce spectacle.
Il peut arriver aussi que chacune des impressions qui se succèdent provoque par voie réflexe un mouvement. On
aura ainsi une série de mouvements qui se lieront l’un à
l’autre comme ont coutume de le faire tous les mouvements coordonnés. Ce seront, par exemple, des mouvements d’articulation : lorsque je vois défiler successivement les termes À, B, C, D, chacun d’eux déelenchera d’une façon réflexe les mouvements d’articulation correspondants. Or, l'association
des mouvements successifs à ceci de particulier que la pro-