‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 203 sur 237 · TA LAS · texte numérisé non relu

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grande mesure possible, la sensibilité au mouvement. Nous. pensons que la tentative inverse ne serait pas plus légitime, cette contre-partie de la « théorie motrice » consisterait à. rechercher, derrière chaque phénomène moteur, la sensation,

ou Pémotion, ou encore la représentation ; et à expliquer la.

direction et la puissance de chaque action par la qualité, par la tonalité, par la signification du phénomène sensitif, sentimental ou conceptuel.

Expliquer, avec CoNDILLAC, l'attention par une prédominance de vivacité ou d'intensité, voilà la théorie sensitive ; expliquer l'attention par les tendances motrices, dont les. émotions et passions sont les effets, voilà la théorie motrice, Il nous semble difficile de maintenir cette schématisation. La sensibilité et la motricité concourent, à notre avis, à Constituer l’attention sous toutes ses formes. Si l’on objecte que l'attention suppose l’existence d’une prédisposition, nous. l’accordons. Mais si l’on ajoute qu’une prédisposition est un phénomène dont l'essence est motrice, si l’on identifie prédisposition avec tendance motrice, nous repoussons cette conséquence et cette assimilation. Nous pensons en effet que les tendances motrices ne sont que l’une des deux espèces d’un genre plus haut : les dispositions. Il y à des dispositions sensi-

tives, les unes structurales et permanentes (dispositifs), les

autres fonctionnelles et momentanées (excitabilité), d’où résultent les différences d’intensité dans les sensations. Les. dispositions sensitives sont, à notre avis, l’une des deux bases physio-psychiques de l’attention. Il y a d’autre part des dispositions motrices, subdivisibles également en dispositifs permanents et capacités fonctionnelles. Elles constituent, selon nous, la seconde base psycho-physiologique de l’attention. |

L’attention, ainsi d’ailleurs que tous les faits psychiques, est sous la double dépendance des deux espèces de dispositions ; l’intensité, aussi bien que le mouvement, la conditionne. Par la prédominance d'intensité, la sensibilité seule et nue: produit l’attention sensitive, bientôt répercutée en réactions. motrices réflexes et automatiques ; la sensibilité unie au mouvement, accrue, dirigée, nuancée, systématisée par le:

mouvement, engendre des phénomènes affectifs, l’intérêt, Yémotion, la passion, et, par eux, diverses modalités de l’attention, plus complexes que l’attention sensitive, et que nous. “avons dénommées attentions perceptive, aperceptive, conceptuelle, attributive, rationnelle, multiple, négligente. Ainsi il n’y a pas opposition et conflit, mais accord et collaboration entrele principe sensitif et le principe moteur, quisont les deux bases, irréductibles et conjointes, de l’attention. Et telle est ia théorie conciliatrice que nous avançons,pour répondre au vœu formulé par RIBOT lui-même en 1906 (B). On peut la “énommer : fhéorie sensitivo-motrice de l'attention. Nous la Æ<omplétons d’ailleurs par une théorie du schématisme. Pour achever cette étude de la psychologie de l'attention, il est indispensable de fournir maintenant quelques explications complémentaires sur les schèmes, puisque le schématisme nous est apparu comme effectuant le passage décisif “ntre les formes inférieures et simples de l'attention et les ‘formes supérieures, rationnelles et volontaires, de cette fonction. Nous rechercherons d’abord pourquoi le rôle si essentiel des schèmes fut si longtemps méconnu ; nous présenterons <nsuite un essai de classification des schèmes attentionnels.

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