LE SCHÉMATISME
Misère et grandeur des schèmes.
Si les schèmes ont vraiment l’importance psychologique que nous prétendons leur assigner, s'ils interviennent dans l’attention et, par elle, dans toutes les opérations de l’esprit, s'ils en sont les principes agissants, comment se-fait-il alors que les auteurs en aient si peu parlé ? Comment tant delogiciens et de psychologues ont-ils pu manier ces trésors sans les découvrir, pourquoi n’ont-ils accordé aux schèmes que de si rares et peu fructueuses allusions ? Bien plus, quelquesuns, comme KANT (I, 198), se sont davantage étendus sur les schèmes, ils ont reconnu l’existence de certaines de leurs
espèces, ils ont fait une large place à quelques-uns dés plus fondamentaux. Comment admettre alors que ces penseurs aient pu laisser échapper l'ensemble, et qu’ils n'aient pas exploré une question, dont ils détenaient les entrées. et les clefs ? | | w
C’est, en effet, assez surprenant. Mais c’est un fait. Il doit
pouvoir s'expliquer. Dans la nature des schèmes, il y a quel-
que chose qui les à rendus imprenables, qui les à fait échapper
à tant de chasseurs à l’affût, et qui, lorsque d'aventure quel- .
ques spécimens des plus instructifs ont été capturés et examinés, à fait obstacle à ce que la fonction et l’extension de toute la tribu fût révélée. Les schèmes ont été protégés par trois prestiges. Le premier, c’est qu’ils sont des déchets, ce qui
les fait mépriser ; le second, c’est qu’ils sont des outils, ce qui
les à fait omettre ; le troisième, c’est qu’ils sont insociables, du moins originairement. Ces considérations ont besoin d’être développées.
Nous prêtons peu de crédit à une ombre, quand c’est l’objet
même qui nous importe. Par rapport à une estampe d’un
beau tirage, bien détaillée, haute et fine en couleurs, un duplicatum délavé n’attire point d’égards. S’il possède une pièce d’un relief impeccable, le numismate rejette un autre exemplaire de même frappe, mais usé ; et le photographe met au rebut ses épreuves manquées. Bien plus, ombre, par exemple
lombre d’un arbre, ombre d’une. personne, est un schème ;
mais elle n’est encore pas l’un des plus déshonorés. Chan-
geante en ses contours, en sa grandeur, en son opacité, elle
conserve cependant encore une sorte d’individualité, de - Constance et de stabilité, grâce auxquelles elle règne dans le monde des schèmes, comme, dans celui des aveugles, les borgnes. Incomparablement plus décrié est le vulgaire des schèmes. Chacun d’eux est situé entre deux séries de répliques, qui mille et mille fois répercutent sa propre et pitoyableeffigie, d’une part en des exemplaires de plus en plus avortés, d'autre
part en des exemplaires qui le sont de moins en moins, MAIS
dont le moins mauvais est déjà une ruine ; comment, perdu dans cette lamentable farandole de fantômes, conserverait-il quelque attrait ? | |
Et puis, quand on est en train de se servir d’un outil fami. lier, si par exemple on écrit avec sa bonne plume, ce qu’on remarque, c’est le tracé, ou le papier, ou l’idée, et non la plume. Le schème reste secret parce qu’il est un instrument bon et familier. Mais comme il est en outre masqué, ainsi qu’il vient d’être dit, par son particulier opprobre, il faut chercher une autre Comparaison : la plume est encore trop exposée à l'attention ; il faut citer l'œil, qui ne se voit pas lui-même ; ou mieux, Car l’œil s’est vu dans une glace, et a vu les yeux d’autrui, il faut citer des organes internes, le limaçon auditif, la rétine. Encore ces tissus sont-ils des objets, une fois rendus accessibles par la dissection : au lieu que le Schème, une fois rendu accessible par l'analyse, n’est toujours qu’une contrefaçon d'objet.
Enfin, un grand nombre de schèmes sont entachés d’une persistante insociabilité originelle, qui les fait tenir à l'écart, même par la conscience individuelle, aussi longtemps qu’ils. n’ont pas acquis une consécration sociale. Excepté certains schèmes à exhibition précoce (schèmes ordinateurs cardinaux, schèmes vocaux émotifs), le commun des schèmes, c’est-àdire les images pauvres ou appauvries, n’étant pas communicables, restent comme en quarantaine et hors la loi. Ce sont elles qui élaborent les percepts, les objets, les aspects, c’est grâce à elles que sont usinés les produits ayant valeur d'échange et circulation fiduciaire ; mais ces esclaves travailleuses demeurent, quant à elles, inavouables, et la conscience individuelle connaît la valeur des produits, et méconnaît celle des producteurs. Nous ne remarquons, nous n’apprécions nos propres états d’âme et nos secrets ressorts que dans la mesure où ils sont connus et appréciés par autrui.
Négligé comme déchet, omis comme outil, exclu comme insociable, quoique sans cesse, et partout, et puissamment agissant, le pullulement industrieux &es schèmes a pu ainsi trop longtemps nous rendre ses services inappréciés sans . trahir son incognito. Ce n’est pas qu’ils soient, par nature, inconscients *. Loin de là, ils sont, au contraire, en bien des
| 1. V. à la conclusion qui précède la Mesure de l'attention, une remarqué ! sur la notion d’inconscience (904). sa
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<as, conscients. Mais, même alors, ils sont pis qu’inconscients : ils sont à la fois méprisés et employés à toutes besognes, à la fois bons à tout faire, et vus sans être regardés. Aussi n'est-il pas trop surprenant de ne rencontrer nulle part ces simples réflexions, dont la vérité frappe, aussitôt qu’elles sont émises: da silhouette fournie par l’ombre aide à mieux comprendre d'objet ; le cheval rudimentaire en bois découpé, ou dessiné au trait sur un papier, aide l’enfant à mieux comprendre le cheval qui tire la voiture ; une chose n’est pas déchiffrée, tant que nous :. ne possédons pas un schème ou des schèmes à lui imposer ; c’est par nos schèmes familiers, que nous reconnaissons un être singulier, ou que nous confondons des êtres singuliers, ou que nous des assimilons, ou que nous les disiinguons ; c’est par de véritables schèmes moteurs, résidus dépouillés d'essais antérieurs, que nous devenons adroïts, que nous avons à notre disposition diverses actions à exercer sur les choses. Or ces constatations faciles, et, croyons-nous, peu discutables, ne tendent à rien de moins qu’à introduire une explication à la fois claire et neuve de l'attention, et par suite de la perception, de la mémoire, de l’abstraction, de la généralisation, du jugement, du raisonnement, de l’action.
La condamnation des schèmes prend chez TAINE les proportions d’une erreur judiciaire. (Cf. REVAULT D’ALLONNES, E, IL.)
« L'esprit, dit-il (I, 139), est un polypier d'images »; <t l’on sait si sa théorie est poussée, fouillée. Or, plus il prête, <t combien justement, d'importance aux images, et plus celles auxquelles il songe avec prédilection sont les parfaites, les « complètes, c’est-à-dire intenses et précises » (415). Avec quelle complaisance ne les détaille-t-il pas ? « Représentezvous tel objet que vous connaissez bien, par exemple telle petite rivière entre des peupliers et des saules. Si vous avez Timagination nette et si, tranquille au coin de votre feu, vous vous laissez absorber par cette rêverie, vous verrez bientôt les moires luisantes de la surface, les feuilles jaunâtres ou cendrées “qui descendent le courant, les faibles remous qui font trembler es cressons, la grande ombre froide des deux files d’arbres ; “vous entendrez presque le chuchotement éternel des hautes
<cimes et le vague bruissement de l’eau froissée contre ses bords. » Par contre, il n’accorde aux schèmes, et combien injustement, aucun mérite propre ; sur eux, il glisse avec des paroles de dédain. « Tous sont des fantômes d’objets extérieurs, des simulacres d’action, des semblants de sensation, reconnus à l’instant comme simples apparences, et, de plus, fugitifs, effacés, incomplets... » (427). Et non content d’en agir de la sorte, de se détourner des schèmes pour s’attacher aux images riches, il le fait, comme tout ce qu’il fait, avec parti-pris, méthodiquement et systématiquement : « C’est pourquoi, si l’on veut comprendre le travail mental que provoque l’image en son état de réduction et d’avortement, il faut examiner le travail mental qu’elle provoque en son état de plénitude et de liberté, imiterleszoologistes qui, pour expliquer la structure d’un bourrelet osseux inutile, montrent, par la comparaison des espèces voisines, que c’est là un membre rudimentaire ; imiter les botanistes qui, augmentant la nourriture d’une plante, changent ses étamines en pétales et prou- “vent ainsi que l’étamine est un pétale dévié et avorté. » (435). Taine a surtout en vue de faire accepter « que l’image, comme la sensation qu’elle répète, est, de sa nature, hallucinatoire », et que « nos diverses opérations mentales ne sont que les divers stades de cette hallucination » (491). Sans entrer dans 12 discussion de cette doctrine subjectiviste, nous estimons que l’étude de nos diverses fonctions mentales est toute entière à reprendre en vue d’y démêler le rôle des schèmes ; nous espérons que cette étude peut ainsi être régénérée ; et en concédant volontiers que le schème est bien à l’image ce qu’au pétale est l’étamine, à savoir une forme atrophiée, et, si l’on veut, déviée et avortée, nous prétendons toutefois que, dans les deux cas, il s’agit d’un avortement très fécond, et que le gchème recèle lui aussi le pollen générateur qui contribuera à créer et le pétale et la feuille, et la plante entière; c’est-à-dire et l’image, et le concept, et la pensée.
Seul, à notre connaissance, BERGSON rend pleine justice aux schèmes. Dans son enseignement et ses ouvrages, il ne cesse de marquer leur importance psychologique ; en toute opération intellectuelle, il retrouve leur intervention. Voici
CPR
sa définition du « schéma dynamique » (C, 199) : « IL consiste en une attente d'images, en une attitude intellectuelle. Il présente en termes de devenir, dynamiquement, ce que les images nous donnent comme du tout fait, à l'état statique. Présent et agissant dans le travail d’évocation des images, il s’efface et disparaît derrière les images une fois évoquées, ayant-accompli son œuvre. » C’est par le moyen de schémas dynamiques que l’on apprend une leçon, un sermon, que Robert Houdin développa chez son fils une mémoire intuitive et instantanée, que le joueur d'échecs mène plusieurs parties sans les voir, que nous évoquons un souvenir fugitif, que nous reconnaissons un objet, que nous Comprenons une démonstration, un livre, un discours. Et c’est par schèmes que l’attention procède (C, 184) : « … il ne semble pas qu'il y ait jamais attention volontaire sans une « préperception »… La perception brute de certaines parties suggère une représentation schématique de l’ensemble et, par là, des relations des parties entre elles. Développant ce schéma en images-souvenirs, nous cherchons à faire coïncider ces images-souvenirs avec les images perçues. Si nous n’y arrivons pas, c’est à une autre représentation schématique que nous nous transportons. Et toujours la partie positive, utile, de ce travail consiste à marcher du schéma à l’image perçue. » Notre théorie du schéma tisme est donc un développement des profondes intuitions psychologiques de Bergson. | |
Classification des schèmes atientionnels.
Entre la souveraine pensée rationnelle, qui ne connaît de lois que celles qu’elle promulgue et celles qu’elle contrôle, et la perception serve de sens, bornée aux faits accidentels, existe un vaste domaine psychologique, dont la position est aujourd’hui suffisamment reconnue, mais qui n’a guère été exploré. On lappelle l'intelligence concrète, l'intelligence pratique, le Jugement intuitif, par opposition à l'intelligence abstraite ou théorique et au jugement logique ; il s'étend à une partie de l'imagination, de l’instinct'et de l'habitude. On y peut pénétrer par l’étude de l'attention, en particulierde l'attention aperceptive.
os airs) L'APTENTION HAT | 899
Les images étant définies la prolongation ou la réapparition # ane donnée sensible en l’absence des impressions réelles qui Font d’abord.occasionnée, on doit.en distinguer, à notre avis, huit degrés, allant de la sensation à.la raison.
19 Les mages sensitives sont concrètes, indifférenciées ;
elles sont la prolongation ou la réapparition, en l’absence de
leurs causes initiales physiques, des impressions qualitatives et affectives. Ex. : la représentation directe et innominée (le la faim, de la soif, du beau temps bleu, du tonnerre, de l'odeur marine, par un animal ; ou par un homme à l’état de simple attention sensitive (v. I, 852) .et qui n’élabore ni ne discerne
ces réminiscences.
20 Les images perceptives, par exemple celles qui me font percevoir de l’eau, dont j'entends seulement le bruit. Elles sont extractives, résidus incomplets, d'expériences antérieures ; complétives, elles comblent les lacunes. de la sensation actuelle : mnémoniques, elles proviennent d’un passé con- SeTvÉ ; out elles dépeignent d’avance les phases d’un Ævénement ou les parties d’un complexe que l'exploration révélera ; grâce à elles, les données des sens son reçues avec un
certain discernement, et reconnues vaguement pour des
choses, c’est-à-dire, pour deslambeaux ou des magmas partiellement, incomplètement différenciés, insuffisamment précisés pour mériter le nom d'objets.
30 Les schèmes ordinateurs, dont les deux Principaux (espace, temps) ont été étudiés par Kant sous le nom de ,t Schèmes transcendentaux », sont les procédés primordiaux pour transformer les choses en objets, et pour mettre les objets - en ordre ; les principales de ces aperceptions cardinales sont la durée, l'étendue ; et aussi, le mouvement, le nombre, la force, l’intensité. Par delà leur emploi aperceptif, c’est-à- -dire encore sensoriel et pratique, elles sont susceptibles d'acquérir aussi la fonction conceptuelle et les fonctions rationnelles, eidessous définies. Ces schèmes ordinateurs, même non conceptualisés, et non rationalisés, ajoutent aux réceptions perceptives un degré de plus d'élaboration ; par exemple, l’apercep-
tion stéréoscopique ajoute aux perceptions visuelles le relief. — Ce ne serait pas assez dire que de les appeler extractiis, | ke
comme les images perceptives ; ils sont quelque chose de plus, à savoir, simplifiés. Nous voulons faire entendre par ce mot qu’ils ne sont pas des déchets ou détritus quelconques, mais bien des résidus essentiels, d’où le fortuit, l'accessoire, est exclu. —Ce n’est pas tout; ils sont, en outre, dans l’exercice de leur fonction active, simplifiants ou simplificateurs ; C'est-à-
dire qu’ils retrouvent l'essentiel et négligent l'accessoire des | complexes perceptifs auxquels ils s’appliquent ; Par exemple,
l’aperception cubique s'applique à un carton à chapeau, comme à un dé à jouer ; l’'aperception cinq s’applique aux doigts d’une main, comme aux pétales d’une pervenche, ete. — Ce n’est pas tout encore ; ils sont collectifs et collecteurs.
Ces termes doivent être soigneusement distingués de général.
Les premiers indiquent un amoncellement tout empirique, le second une classification logique ; les premiers conviennent
aux aperceptions, le second doit être réservé AUX Concepts,
En tant que collectifs et collecteurs, les schèmes conviennent
chacun à toute une foule d'objets. Par exemple, le schème
boule convient à la fois à une citrouille, à une cerise, à une tête, à une bulle d’air dans l’eau, à la voûte céleste, etc.
49 Les schèmes aspectifs et Physionomiques sont des clefs pour le déchiffrement des objets ; leur application produit les aspects et les physionomies. Eux aussi sont simplifiés et simplificateurs, mais avec un degré d'élaboration de plus : ils sont tendancieusement simplifiés, tendancieusement simplificateurs. À qui, par exemple, ressemble un enfant ? Diverses per- Sonnes de la famille veulent qu’il soit « tout le portrait », qui d’un oncle, qui d’un grand’père, qui de tel autre de ses parents; et rien n’empêche que tous n’aient raison à la fois, ces ressemblances multiples peuvent coexister, interférer. Vraie ou fausse, chacune est une sélection orientée. Le schéma aspectif est, en outre, générique, et par ce terme, nous entendons une. . fonction de classement intermédiaire entre le caractère collectif et collecteur du schème ordinateur, et le caractère. général du concept. Citons comme exemple les types animaux que Lavater croyait retrouver dans les visages humains.
5° Les schèmes vocaux émotifs sont les émissions de voix passionnelles que les animaux et les hommes profèrent sous.
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Timpulsion des sentiments ; elles sont diversement modulées et articulées, selon la structure des organes vocaux, et aussi
, Par une imitation, une sélection, même en partie par un choix
volontaire et artificiel. Les divers cris des animaux, les chants des oiseaux, les différents aboiements des chiens ‘ sont des
schèmes moteurs sociaux, exhibitifs, ainsi que les mouvements
mimiques, de sentiments et d’attitudes, ils restent encore fort distants du mot, entendu au sens de signe idéologique.
Pour devenir un signe idéologique, il faut que le schème devienne lui-même objet direct et quasi indépendant de connaissance ; et c’est ce qui caractérise les degrés ci-dessous.
69 Les schèmes idéologiques innominés sont les idées non étiquetées par un mot. Nous avons souvent de telles conceptions, par exemple, avant d’avoir trouvé le mot adéquat qui les
xprimera. Il y a lieu d’en distinguer deux espèces, selon que
Ja fonction du schème est saisie après ou avant sa réalisation imagée. La première espèce est le schème conceptuel ou schème idéologique, c’est-à-dire le schème faisant fonction de concept : par exemple, le dessin sommaire de la maison, s’il est compris. La seconde espèce est le concept schématisé, ou l’idée schématisée, par exemple, l’idée de la maison, soutenue et illustrée par un dessin sommaire.
79 Les concepts schématisés et dénommés sont les idées véhiculées à la fois par deux schèmes, l’un réel, par exemple le <essin de la maison, l’autre artificiel ou nominal, par exemple le mot : maison. Ici le mot coexiste avec le schème réel, sans le supplanter : et c’est ce cas qu’avaient en vue les « conceptualistes ».
8° Les concepts nominaux sont ceux qui sont presque absolument réduits à l’étiquette ; par exemple, au mot : maison. Le schème imagé ne coexiste plus ici avec le mot ; le mot l’a supplanté, joue son rôle, lui sert de substitut ; iln’y a qu’une évocation extrêmement vague et lointaine, ou simplement un
sentiment d’évocabilité, sans évocation actuelle ?.
4. Les chiens sauvages n’aboient pas ; l’aboiement est une marque de culture chez le chien; le chien sauvage apprend à aboyer, s’il est mis en contact avec des chiens domestiqués.