‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 205 sur 237 · V. ci-dessus l’Af{ention'conceptuelle · texte numérisé non relu

V. ci-dessus l’Af{ention'conceptuelle

9° etc. Toi commence le schématisme rationnel, qui eomporte, à son tour, une série de degrés: jugement, raisoñnement, et leurs modalités multiples. Nous avons indiqué ci-dessus: quelque chose de cette analyse. V. A#ention attrèbutive (juger) ; Attention rationnelle ( déduire, induire).

Par quels mécanismes d'attention, de rétention, d’omisson, d’oubh, de sommation, d’érosion la sensation Sintellectualise-t-elleprogressivement, en passant par cette série de formes successives ? C’est en ces termes que nous posons le probième de l'attention conceptuele et de la formation des idées abstraites et générales. A0

Le caractère extractif de Pimage perceptive et le double caractère simplifié et simplificateur des schèmes plus élaborés conduisent vers l’abstraction conceptuelle ; la propriété complétive de l’image perceptive et les propriétés collective et générique des schèmes plus élaborés portent vers la généralité du concept.

En peu de temps, par un grand nombre de ses connaissances, l’homme franchit les degrés qui viennent d’être définis. Toutefois, bien des données, voire chez un esprit des plus raffinés, demeurent à un stade inférieur, ne parviennent pas au concept, atteignent à peine le schème, affleurent seulement la. forme perceptive, restent même à l’état sensitif, Chez les plus intelligents des autres mammifères existe, incontestable, parfois remarquablement développée,.une idéation aperceptive que, par un abus du langage et une confusion des niveaux, Lamarck, Darwin, Romanes ont trop souvent regardée comme conceptuelle et même rationnehHe. Ce n’est qu’exceptionnellement et fugitivement que les mieux doués des animaux atteignent le traitement symbolique ou conceptuel del’image ou du schème. L’homme possède des instincts sensitifs, perceptifs, aperceptifs, accompagnés d’une activité conceptuelle, attribwtive et raisonnante, qui les modifie dans une certaine mesure ; dépourvus au contraire plus ou moins complètement du concept, du jugement et du raisonnement, les animaux supérieurs possèdent, d’une part des instincts héréditaires spécifiques, de nature percéptive-motrice ét apercep- | tive-motrice ; et d’autre part, une intelligence individuelle

qui est, également, perceptive et aperceptive. Quant aux animaux inférieurs, ils ne dépassent guère l'instinct sensitivomoteur.

Par automatisme psychologique, il convient d’entendre ce fait, que chacune de nos activités, — sensitive, perceptive, conceptuelle, attributive, rationnelle, — est susceptible, sous . certaines conditions normales et pathologiques, de se déployer isolément, indépendamment des autres, asynergiqwement par rapport aux autres. L’automatisme est dit normal, tant que FPindépendance profite aux autres activités, ou qu’elle leur est encore relativement synergique, ou au moins tant qu’elle n’entrave pas leur exercice ; c’est le cas pour l'instinct, l’habitude, la mémoire, la distraction, même l’attention seindée normale. L’automatisme est dit pathologique dans le cas contraire, c’est-à-dire si l’indépendance nuit aux autres activités, si elle leur est grossièrement asynergique ; c’est le cas, par exemple, pour lincohérence de l’imbécillité, de la démence. I1 existe dans la terminologie psychologique actuelle un véritable abus des notions négatives, telles qu'inconscience et inattention. Ces rubriques sont souvent vagues et exagérées, car les faits qu’elles couvrent présentent tous une certaine espèce où nature de conscience et d’attention. Pour pallier l'imperfection de ces termes négatifs, on à présentement recours à un terme limitatif, celui de suwbconscience ; et on admet une série d’atténuations de l'attention auxquelles conviendrait l'étiquette de subattention‘, Or la limitation n’est autre chose qu’une négation partielle et, pour ainsi dire, honteuse. Ce procédé demeure tout à fait insuffisant ; il s’efforce de masquer l’absence de définitions réelles au lieu d’y remédier : il implique la supposition de degrés, mais indéfinis ; il introduit la notion sommaire d’une moindre intensité, mais cette notion reste énigmatique et superficielle, tant que les niveaux n’ont pas reçu une description et une délimitation positives. C’est cette description positive, c’est cette définition réelle des niveaux de l’attention, et par suite de la conscience, que nous avons tenté de fournir, par l'analyse de 4. Nous n'avons point rencontré ce terme : mais # exprimerait bien le vague des conceptions régnantes.

Pattention schématique aperceptive, intermédiaire entre l’attention conceptuelle et l’attention sensorielle, et par l’analyse de l'attention conceptuelle et de l'attention attributive, intermédiaires entre l’attention aperceptive et l'attention: rationnelle,

Nous pensons avoir montré que l'attention, sous ses formes ?

supérieures et peut-être même sous toutes ses formes, est un acte perspectif ; c’est-à-dire, qu’elle suppose toujours une ou plusieurs intercalations, physiologiques, mentales, de diverses natures et de divers degrés, à travers lesquelles la donnée est envisagée ; que faire attention, c’est percevoir, apercevoir, concevoir, attribuer ou raisonner une chose indirectement, à travers un ou plusieurs mécanismes ou objets auxiliaires interposés. L’attention est la perspicion (intuitive) ou la perspection (discursive) ‘. Perspicion ou perspection à travers des schèmes imagés, elle est perception ; à travers des schèm: ; collecteurs ou génériques, elle est aperception ; à travers des symboles soit conceptuels, soit attributifs, soit syllogistiques, soit cruciaux *, elle est pensée. Ce mécanisme essentiel et constant de l’attention n’a point été jusqu'ici assez mis en lumière, bien que lon ait étudié les dispositifs physiologiques (moteurs et sensoriels) qui le conditionnent.

Il faut renoncer à la théorie grossièrement analogique de « jugements inconscients » et de craisonnements inconscients » dans les perceptions et dans les aperceptions, ainsi que dans les actes adaptatifs qui, chez l’homme et chez les animaux, résultent des perceptionset des aperceptions. Ce qui, dans tous ces phénomènes, peut être inconscient, ce n’est pas un jugement, ce n’est pas un raisonnement, C’est un dispositif d’images, de schèmes, moteurs ou imaginatifs, de symboles ; et ce dispositif peut aussi être conscient, objet d’attention subordonnée et même d’attention directe. L’analogie réelle du jugement et du raisonnement avec perception et aperception

1. Transpicion, transpection seraient des termes également acceptables, et conviendraient aux cas où les intermédiaires sont eux-mêmes

aperçus.

2. V. ci-dessus (86% l'explication de ce terme (Attention rationnelle).

st bien différente de celle que cette théorie suppose. Elle consiste selon nous en ce que les opérations rationnelles sont, elles , aussi, des perspicions. On doit doncrenoncer à expliquer la per- <eption par leraisonnement; c’est plus haut qu’ilfaut remonter, jusqu’à une opération fondamentale et générale, la perspicion ou attention, qui comprend perception, aperception, concepion, attribution et raisonnement comme cinq espèces.

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