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suivant le plus grand axe longitudinal, les segments qui prennent la tête deviennent conducteurs (leading segments), qu’ils rencontrent les premiers les agents nocifs ou avantageux, qu'ils reçoivent davantage de stimuli et que, de ce fait, des récepteurs s’y multiplient et y fonctionnent, les segments conducteurs devenant ainsi le lieu de concentration des
:recepteurs à distance.
D'autre part, ces récepteurs à distance précèdent et dirigent les autres (l’odorat précède Le goût, la vue précède le toucher) et, alors que les récepteurs qui ne sont pas à distance engen- -dreront des perceptions présentant plutôt un ton affectif, les récepteurs à distance engendreront des réactions anticipées, « précurrentes » ; ils auront enfin tendance à contrôler et à <ommander la musculature comme un tout. Secondairement et médiatement aussi, ils pourront s'enrichir d’un ton affectif et, même, contracter chez les animaux supérieurs certaines associations psychiques qui donneront à leurs réactions une « force entraînante » de volonté.
Ici résiderait la genèse du germe de mémoire et du germe d'anticipation de l'instinct ; sans méconnaître le rôle des autres récepteurs, on peut dire que c’est le jeu des récepteurs à distance qui conditionne le plus la sélection au point de vue des éléments de l'esprit et qu’en définitive « les récepteurs
à distance contribuent le plus au progrès ascensionnel du
cerveau » (SHERRINGTON, À, 333). Lies Ainsi se développe une superstructure nerveuse considérable qui, en s'appuyant sur les récepteurs de sensibilité, constitue l’organe de contrôle et de perfectionnement par excellence de l’individu intégré par le système nerveux. 6. LES PREMIÈRES COORDINATIONS. — Depuis les réactions
réflexes élémentaires qui se jouent dans une région localisée,
et si l’on veut dans le cadre d’un segment, jusqu’à la com-
plexité des réactions volontaires, qui s’étendent à tout l’indi-
vidu, il existe une hiérarchie de systèmes coordinateurs de plus en plus étendus et de plus en plus influents.
Dans la série de segments qui répond à la région infrainfundibulaire du névraxe se superposent aux centres réflexes primaires segmentaires, où s’élaborent les premières réactions
du type involontaire et du type volontaire, de petits systèmes secondaires qui assurent l’enchaînement des segments. Ce dispositif acquiert un développement tout spécial (sur lequel
nous reviendrons ultérieurement) pour la connexion avec le
reste du corps des segments conducteurs constituant la tête. 7. LES CENTRES SECONDAIRES DE COORDINATION. —
D'autre part se sont établis de véritables centres secondaires
de coordination, qui régissent le mécanisme nerveux de certaines grandes fonctions de la vie organique. L'étude des centres médullaires et bulbaires, à la suite des recherches de Flourens et de Legallois, a longtemps constitué l’essentiel des données expérimentales relatives au système nerveux central. Ces centres, dont les traités de Physiologie (consulter ARTHUS, GLEY, Morart) et de Pathologie exposent en détail le fonctionnement, ont été localisés au voisinage des lieux d’origine des éléments nerveux effecteurs agissant sur les organes impliqués dans les fonctions et actes suivants : miction, défécation, fonctions sexuelles, parturition, succion, mastication, déglutition, vomissement, respiration, toux, éternuement, phonation, accélération et modération cardiaque, régulation vaso-motrice, régulation thermique, certaines régulations glandulaires. Ces centres coordonnent donc les asso-
œations, concomitantes ou en séries successives, de réflexes
qui se jouent pour une part sur le système involontaire et: pour une autre part sur le système volontaire.
À la différence des autres appareils réflexes, dont le déclenchement dépend toujours d’une stimulation externe, certains de ces centres pourraient fonctionner de manière:
dite automatique. Ainsi le centre respiratoire, privé des excis
tations venant de ses récepteurs habituels, peut fonctionner:
sous la seule influence du sang circulant (influence alors non.
assimilée à un stimulus extérieur)‘. Un tel automatisme,
comme d’ailleurs celui de tous ces organes pouvant fonc-. tionner de façon prolongée à l’abri de l’influence apparente de stimuli externes, suppose évidemment la libération.
d'énergie préalablement emmagasinée.