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8. LES CENTRES SECONDAIRES SUPÉRIEURS. — Ces centres . secondaires, dont certains d’ailleurs peuvent s’influencer réciproquement, paraissent subordonnés à deux ordres d’interventions plus élevées : le contrôle de la zone volontaire et l'influence de centres secondaires supérieurs de coordination, dont le siège à été cherché principalement dans les ganglions intra-corticaux.
a. Couches optiques. — De par leurs connexions synaptiques, les couches optiques représentent certainement un organe de corrélation sensible, le centre ROPAGAATUS sensitif infra-cortical.
Le syndrome thalamique, décrit par DEJERINE (B, 815) et ges élèves comprend, de fait, essentiellement (outre de l’hémiplégie légère et des mouvements choréo-athétosiques) « une hémianesthésie persistante; des douleurs lancinantes, paroxystiques, parfois intolérables; des hyperesthésies permanentes très marquées pour les excitations thermiques et douloureuses » (Dejerine et Roussy).
Le noyau interne du thalamus, d’après Head, constituerait spécialement un centre pour les sens iibés douloureuse et thermique.
Des recherches cliniques et expérimentales ont conduit à à envisager la localisation dans les coupes optiques d’un mécanisme coordinateur de l’expression mimique, des mouvements d'expression affective et des perturbations organiques accompagnant le jeu des émotions (v. Traité, I, 657).
Sans discuter, au sujet du mécanisme psycho-physiologique des émotions, si le ton affectif et les émotions associées aux représentations sont cause ou effet, ou à la fois cause et effet des changements d’innervation motrice et vaso-motrice dans l’organisme (v. Traité, I, 660), nous rapporterons seulement ici les principales conclusions anatomo-physiologiques relatives au mécanisme nerveux central de ces réactions qualifiées de psycho-réflexes.
D'une part, les observations cliniques (Nothnagel) montrent qu’une dissociation s'établit dans certains cas à la face entre les mouvements volontaires (acquis par l’éducation) qui peuvent être abolis et les mouvements d’expression (innés)
166 Ne NOTIONS PRÉLIMINAIRES
. du rire et du pleurer qui subsistent. Les examens anatomiques : pratiqués dans de tels cas ont montré l'intégrité du: thala- ,mus et de sa couronne rayonnante. j : D'autre part, sur des animaux dont les héniisphèeen cérébraux avaient été préalablement enlevés, Bechterew à pu, en excitant directement le thalamus, provoquer des cris. émotionnels (coassement de la grenouille, roucoulement du pigeon, aboïiement .du chien) et, en exerçant des stimulations extérieures, déterminer des mouvements d'expression réflexes, réactions analogues à celles que des processus psychiques peuvent engendrer chez l’animal intact. Des. observations faites sur des anencéphales et des idiots, où les réactions affectives sont moins déficientes que les fonctions intellectuelles, concorderaient avec ces résultats.
Enfin, d’autres expériences (Bechterew et Misslawsky)} tendraient à démontrer que les couches optiques exercent une influence sur le système vaso-moteur, la sécrétion lacrymale, les mouvements du cœur, de l’estomac, de l’intestin et de la vessie. ,
Chez l’adulte sain, l’écorce cérébrale exercerait par voie cortico-thalamique un contrôle inhibiteur; et c’est à l’interruption de cette voie que l’on devrait attribuer ce débordement du rire et du pleurer spasmodique observé dans des cas de paralysie pseudo-bulbaire (Oppenheim, Brissaud).
b. Corps striés. — Dans la même affection, il existe aussi des troubles d’articulation des mots, de mastication, de déglutition, etc., et l’on à constaté souvent en pareil cas, des lésions des ganglions infra-corticaux, notamment des corps striés (noyau caudé, noyau lenticulaire) auxquels on à attribué, de ce fait, un rôle dans la coordination supérieuredes mécanismes de ces fonctions. D'autre part, l’on à supposé, d’après les observations faites sur des animaux décérébrés et des idiots, que ces ganglions seraient d’une façon générale capables d’assurer la continuation des mouvements involontaires ou machinaux exécutés pendant la. marche et la course, actes à l’occasion desquels la volonté pourrait n’intervenir qu’au eommencement et à la fin.
La différenciation établie par R. Hunt conduit à penser
que le système à petites cellules du neostriatum joue un rôle coordinateur et inhibiteur, le système à grandes cel- Tules du ‘paleostriatum le rôle d’un centre ‘pour les mouvements automatiques et associés. Ces organes prendraient donc une part importante et bien déterminée aux grandes fonctions motrices ou! senso-motrices.
9. GRANDES FONCTIONS MOTRICES OU SENSO-MOTRICES. — La connaïssance de ces diverses grandes fonctions se doit tirer moins ‘peut-être de la conception téléologique que l’on peut se faire de leur nécessité que de la constatation évidente, chez l’homme et chez les animaux, des troubles produits par leur dérèglement. Lorsqu'il s’agit de fonctions déjà
‘aussi complexes, il devient préférable non pas de chercher
une localisation stricte de fonction dans un ‘organe, mais de connaître les fonctions et de chercher quels organes et quels systèmes y participent; leur étude doit viser à l’analyse de leur machinerie et à la représentation synthétique de leur mécanisme nerveux.
L'orientation comprend les mécanismes qui renseignenft l’organisme sur sa position ‘par rapport au monde extérieur.
L’équilibration comprend les mécanismes qui règlent,
“vis-à-vis du monde ‘extérieur, les attitudes :et postures.
Cette ‘équilibration s’exerce soit au repos, soit lors des mouvements : ‘elle est statique et cinétique. | Toutéfois il ya:avantage à envisager séparément la fonc- “tion de régulation du mouvement.
Ces ’fonctions et ces mécanismes sont, «en fait, intimement
liés et se prêtent mutuel appui dans le jeu normal de l’acti-
vité nerveuse intégrale. En cas de ‘lésions et perturbations, ‘il s'établit dans leur domaine d’extraordinaires suppléances.
10. MISE EN POSITION DE LA TÊTE. — À Ja base de ces mécanismes moteurs qui s'organisent :dans :les :superstructures, se constitue comme différenciation très prédominante
‘le mécanisme de mise en position de la:tête (x. fig. 6), assemblage des segments conducteurs :et siège des organes récep- ‘teurs à distance. De :ces récepteurs eux-mêmes les uns sont en position fixe et s’orientent du fait du déplacement de la
tête : les autres, les globes oculaires, ont leur motilité propre.
Mais, au total, les mouvements de la tête et des yeux sont conjugués, les mécanismes céphalogyres et ophialmogyres fonctionnent synergiquement. Nous avons vu plus haut comment cette synergie s’établit par les fibres connectrices internucléaires du faisceau longitudinal supérieur.
A la contraction des groupes musculaires qui déterminent la déviation de la tête et des yeux vers un côté est associé le relâchement des groupes antagonistes. Les belles expériences de Sherrington ont précisément démontré par ce remarquable exemple le jeu de l’inhibition antagoniste (SHERRINGTON, À, 279 et suiv., B).
Le système en question est sous la dépendance de toutes les excitations venues des récepteurs (sensibilités diverses, odorat, audition, vue) et il est soumis à l'influence de l’écorce cérébrale.
L'étude clinique et expérimentale de ces mécanismes a porté d’abord sur les observations de déviation conjuguée de la tête et des yeux d’origine pathologique et la déviation causée par excitation de l’écorce cérébrale. Plus récemment, l'étude du nystagmus! et en particulier du nystagmus provG .ué à fourni d'importants résultats, marquant surtout l'influence de l’excitation du nerf labyrinthique et de toutes les excitations qui convergent vers le système du noyau de Deiters (consulter DEJERINE, B, 427 et suiv.).
11. ORIENTATION. — L’orientation dérive de tous les renseignements donnés par les récepteurs du champ extéroceptif et surtout par les récepteurs à distance qui servent de point de départ à des sensations « projetées » en direction ; elle utilise aussi des renseignements provenant du champ proprio-ceptif, en particulier les notions kinesthésiques et perceptions de même ordre provenant des muscles oculaires extrinsèques et intrinsèques. Mais le rôle capital est joué par
4. On appelle nystagmus un va-et-vient de secousses conjuguées des deux g'obes oculaires qui, dans le cas typique du nystagmus transversal par exemple, sont d’abord déviés assez lentement dans une direction, puis ramenés brusquement en sens inverse. Le nystagmus peut être lié à des causes pathologiques ou provoqué par excitation, notamment de l'appareil labyrinthique (par irrigation de l'oreille avec de DE froide #4 exemple). (Cf. Traité, 1, 263).
des récepteurs qui semblent participer de l’un et l’autre champ et enregistrent tout spécialement les déplacements . dans l’espace, récepteurs de la gyration, émanant du laby- “ rinthe. Les lésions ou irritations des canaux semi-circulaires ou du nerf vestibulaire engendrent à la fois des troubles graves de l’orientation et de l’équilibration. (Voir l'étude plus complète de la question de l’orientation et de l’équili- … bration au chapitre correspondant des Associations sensitivomotrices, I, 572).
12. ÉQUILIBRATION. — Flourens, qui fit en 1824 la découverte des troubles consécutifs à la section des canaux semicirculaires, fut frappé de la ressemblance d’une partie de ces troubles avec ceux qui suivent les lésions du cervelet, sur lequel il avait deux ans auparavant fait ses premières recherches expérimentales.
Les nombreux expérimentateurs (consulter BABINSKI et ToURNAY, p. 2 et suiv., ANDRÉ-THOMAS, À) qui, par la suite, ont cherché à définir jé troubles Lonséoutits aux irritations -Æb lésions du cervelet ont continué, aidés par la connaissance plus précise des connexions anatomiques entre les deux organes, à marquer, d’une part, la ressemblance entre certains des troubles d’origine cérébelleuse et labyrinthique et à concevoir, d'autre part, que le labyrinthe exerce en pans son action par l'intermédiaire du cervelct.
Les observations faites sur l’homme (consulter BABINSKI et TOURNAY, 8 et suiv., ANDRÉ-THOMAS, A) ont permis d’individualiser deux syndromes, l’un dit cérébelleux, l’autre dit labyrinthique (syndrome de Ménière).
Ce dernier syndrome est caractérisé par des symptômes subjectifs dont l’ensemble constitue la sensation vertigineuse, sensation d’un déplacement du corps du sujet ou des \ objets du monde extérieur, et par les signes objectifs d’un . trouble de la statique et de la locomotion, dont l’ensemble <onstitue un déplacement réel.
Dans le syndrome cérébelleux, le défaut d’équilibration a . d’abord été noté comme constituant le phénomène capital pendant la station et surtout pendant la marche (démarche “ébrieuse, avec écartement des jambes, chancellement et
170 ; :NOTIONS PRÉTIMINATRES |
entraînement en divers sens). Mais, à côté de ces symptômes communs ‘par leurs caractères essentiels aux ‘affections cérébelleuses et labyrinthiques, des observations sur l’homme ont permis de reconnaître et de définir certains symptômes quiparaissent propres aux affections de l’appareil cérébelleux (Babinski).
Les troubles portent sur la mesure et la précision des mouvements (mouvements démesurés ou :hypermétrie), da faculté d'exécuter avec rapidité des mouvements successifs,
par exemple mouvements successifs de pronation et supination de l’avant-bras (adiadococinésie), la faculté d'associer de façon synergique les ordres principaux d’un mouvement complexe, par exemple d’associer dans l’acte de la marche la translation du corps à la flexion de la cuisse (asynergie).
D'autre part, s’observe à la suite des lésions du eervelet un symptôme important, le tremblement, dont l'étude à été récemment reprise, en particulier par André-Thomas et par les auteurs qui ont analysé le mécanisme du tonus postural.
Au total, par sa physionomie.et ses caractères lesyndrome cérébelleux, que l’on a qualifié souvent du nom d’ataxie cérébelleuse, comprend des troubles de l’équilibration et des troubles de la régulation du mouvement.
Enfin, l’analyse des phénomènes a conduit, contrairement à l’opinion de Flourens et de Luciani qui considéraient le cervelet comme un ‘organe fonctionnellement homogène, à reconnaître tout au moins des prépondérances régionales.
Les lésions du vermis (paleo-cerebellum) compromettent surtout l'équilibre du corps et celles des hémisphères ,(neocerebellum, d’acquisition plus récente, dont le-développement paraît en corrélation avec l’importance prise «par la motilité des membres) la régaaiiondes attitudes.et des mouvements volontaires.
Des résultats poker plus récents ont posé de. façon plus précise la question des localisations cérébelleuses ; -de plus l'étude des modifications que des suppressions de fonctions localisées de l'écorce du eervelet apportent faux . mouvements réactionnels des membres liés an nystagmus provoqué (Baranv) a renouvelé le problème «de l’influence ÿ
du cervelet sur le tonus musculaire et la motilité passive: {cf. ANDRÉ-THOMAS, B).
Cette influence tonique du cervelet, que sous des formes. diverses les expérimentateurs ont relatée et à laquelle se rapporterait pour une grande part la rigidité de posture décrite: ‘: par SHERRINGTON (A, 298 et 347) chez des animaux décérébrés, est exercée vraisemblablement à partir de réceptions proprioceptives qui échappent pour la majeure part à la perception. consciente. Ainsi chez l’homme, à côté de troubles moteurs. graves d’origine cérébelleuse, il est difficile de déceler les perturbations sensitives qui sont inconstantes et négligeables. De là vient l'extrême difficulté d'établir de façon incontes- table le mécanisme physiologique de l’équilibration et de la. régulation des attitudes.