LE MOUVEMENT VOLONTAIRE. — Depuis la découverte
de Duchenne de Boulogne concernant le mécanisme de l’ataxie, le rôle capital de la sensibilité consciente dans l’exécution. correcte des mouvements n’a cessé d’être mis en évidence. Cette notion a rendu plus précise l’étude de la régulation du. mouvement volontaire. Eile à, d’autre part, servi de base: aux longues discussions qui se sont élevées au sujet de la signification exacte des centres corticaux d’excitation motrice découverts par Fritsch et Hitzig.
Nous rapporterons ultérieurement les tint expéri-mentaux et anatomo-cliniques de ces localisations corticales dites motrices et les données topographiques. Les caractères psychologiques du mouvement volontaire seront étudiés parailleurs (v. T, 282 et 291).
Relativement à la zone dite motrice considérée dans son:
ensemble, la discussion physiologique, une fois admise la. réalité des manifestations motrices consécutives aux excita-- tions et aux ablations strictement limitées à l’écorce, a posé en substance les problèmes suivants :
Les effets d’excitation sont-ils directement et purement: moteur ? — Sont-ils le résultat d’excitations réflexes, comme pouxrait le faire penser l’analogie entre les lois de: cette excitation et celles des réflexes sommation, irradiation. temps perdu) ?
— Les effets moteurs d’ablation sont-ils dénués de tout accompagnement sensitif ?
— Ou des troubles sensitifs sont-ils toujours concomitants : AL
— Dès lors, les troubles divers de la sensibilité et notamment du sens musculaire ne sont-ils pas la cause déterminante des manifestations motrices ? Et faut-il en consé- quence aller jusqu’à nier l’existence même de centres méritant le nom de moteurs, ou simplement admettre une combinaison obligatoire de centres sensitivo-moteurs ?
— Ne peut-on d’autre part relier les troubles moteurs à la perte de centres existant dans l'écorce pour l’élaboration et l’emmagasinement de représentations motrices, pour autant que l’on admette l’existence, bien contestable, de telles représentations ?
Toutes ces hypothèses et toutes ces doctrines ont eu leurs défenseurs : Ferrier, Schiff, Bastian, Hitzig, Luciani et Tamburini, Munk, Exner, Francois-Franck, etc. (voir SOURY, 607 et suiv., et FRANÇOIS-FRANCK!).
. Ces discussions n’ont pas été stériles, car elles ont suscité “e nombreuses observations et expériences d’où résultent du moins plusieurs ordres de faits.
D'une paït, la notion d’une différence considérable des effets de lésion ou ablation chez l’homme et chez les différents animaux : importance, gravité, profondeur, durée des troubles de motilité chez l’homme, alors que les troubles sensitifs sont au second plan ou minimes, sinon inexistants ; importance des troubles de sensibilité (troubles de sensibilité tactile et surtout kinesthésique) chez les animaux, alors que les troubles moteurs ne consistent qu’en parésies et maladresses. De plus, diminution à peu près graduelle d’im portance de ces divers troubles à mesure qu’on descend dans * la série des Vertébrés et déjà parmi les Mammifères, ainsi. 3 qu’en témoignent les effets comparatifs de la. décérébration. …
D'autre part, la distinction entre les ordres de mouve-. i ments qui sont principalement affectés. De nombreux" expérimentateurs et cliniciens, en particulier Munk, ont dis-”