Voir aussi Trailé, I
tingué les mouvements d'ensemble et plus Spécialement héreditaires (marche, course, etc.), accomplis Syncinétiquement par les deux moitiés du COrps, d'avec les mouvements unilatéraux: isolés, intentionnels, plus spécialement acquis et soumis au perfectionnement. Ce sont ces derniers mouvements que frappe plus particulièrement le déficit moteur chez les animaux et aussi chez l’homme. Certes, au début, l’extension des troubles peut être plus grande en raison du « shock », de l’inhibition (Brown-Séquard), de la .« diaschisis » (von Monakow). Mais les mouvéments associés, les syncinésies (Vulpian) ont tendance à se restaurer, tandis que les troubles continuent à Porter sur la catégorie de mouvements qui, quelle que soit l'hypothèse admise, sont liés au jeu normal d'organes corti- Caux spéciaux.
Hnñn, les faits ont mis en évidence l'importance essentielle de l'intégrité des voies sensibles pour la régulation des. mouvements volontaires.
14 RÉGULATION DES MOUVEMENTS. — De multiples expériences et observations cliniques ont permis de concevoir, de par les divers désordres de la motilité, la notion d’une fonction régulatrice assurant aux mouvements de l’homme et de l’anirhal intacts la graduation exacte en force, en vitesse, en régularité, en Succession, qui caractérise le mouvement volontaire exactement adapté à son but (consulter BICKEL).
Par section des racines rachidiennes postérieures à été reproduite l’ataxie dont Duchenne avait pénétré le mécanisme ; et les expériences en ont montré la gravité et leg modalités différentes suivant les animaux et en particulier chez le chien, chez le singe (Mott et Sherrington).
Les expériences de destruction du labyrinthe ou de section du nerf labyrinthique (Flourens, Ewald, Thomas), les expériences portant sur le cervelet (Flourens, Luciani, Thomas, . Lewandowsky) ou sur les voies Spino-cérébelleuses (Bing) et surtout les observations faites sur l’homme (Babinski) ont précisé l'intervention de ces appareils dans la graduation de Pintensité, de la vitesse et de la mesure avec lesquels sont exécutés les divers mouvements actifs (BABINSKI et TOUR- NAY, 16 et suiv.).
Les récentes recherches sur le corps strié ont montré -le -rôle coordinateur spécial du neostriatum, le rôle du paleo- -striatum dans l'incitation et le contrôle des mn es automatiques et associés.
L'étude attentive des effets de lésions et de dkstrubtions cérébrales a conduit à penser que le cerveau ne borne pas son rôle à déclencher purement l'incitation motrice, mais coopère déjà directement à sa régulation. En particulier Sherrington à -établi sur des bases expérimentales l'intervention essentielle de l’inhibition antagoniste d’origine corticale comme facteur
de coordination des mouvements (cf. SHERRINTON, B).
Les troubles de la régulation des mouvements qui peuvent être la conséquence des lésions des racines postérieures sensibles, du labyrinthe, du cervelet, du cerveau et des connexions interposées (en particulier des systèmes de la calotte pédoneulo-protubérantielle) offrent, quand ils ont été produits par la lésion isolée de l’un de ces appareils, la propriété de s’effacer jusqu’à un degré surprenant, en vertu semble-t-il du rôle réciproquement compensateur des autres appareils. Les troubles consécutifs à une telle lésion initiale peuvent, “une fois. compensés, être reproduits avec leurs caractères
par lésion en un second temps de l’un des appareils compensateurs. Les associations de lésions s'opposent au jeu des suppléances et entretiennent des perturbations durables. |
15. CONCEPTION SYNTHÉTIQUE DES SYSTÈMES MOTEURS. — Une série de recherches, dont les dernières sont toutes récentes, partant de la connaissance de la dualité de structure du muscle strié, de la dualité de son innervation et de
ses réactions bio-énergétiques, en concordance avec la dualité
de son mode de contraction, a conduit, par l'étude neurolo-
gique des mécanismes centraux, à une conception d'ensemble dualiste des systèmes statique et cinétique de motilité, dont Ramsay HuNT vient de tracer l’esquisse.
Le muscle strié, affecté spécialement à l’exécution des mou- .
vements volontaires, est essentiellement composé de deux parties fondamentales, les myofibrilles, formées d’un sys-
LL cle
tème de disques dont la juxtaposition donne l’image de stria- |
«tion transversale, et le sarcoplasme.
* Or, là fibre musculaire striée reçoit deux. ordres de terminaisons nerveuses : les unes, plus grosses et depuis longtemps bien connues, proviennent de fibres à myéline du système cérébro-spinal ; les autres, plus petites, proviennent de fibres non myélinisées du système Sympathique.
Successivement, se sont précisées les hypothèses que la contraction tonique lente est fonction du Sarcoplasme et la contraction clonique rapide fonction de la myofibrille, que, tandis que l’innervation cérébro-spinale commande la contraction rapide, la tonicité musculaire est sous la dépendance
de linnervation sympathique. (V. Traité, I, 272).
L'analyse physiologique a montré d'autre part que, aux
trois catégories de mouvements réalisés par les appareils . musculaires :
Mouvements réflexes,
mouvements automatiques associés,
mouvements synergiques isolés, correspondent trois catégories d’attitudes ou postures :
postures réflexes, . |
postures du type aulomatique et associé,
Dosiures du type synergique isolé.
Mouvements et postures réflexes sont gouvernés par le sys-
tème nerveux segmentaire, les excitations y étant réfléchies . dans deux ordres d'éléments effecteurs respectifs : système \ de disques innervé par la fibre myélnique émanant du neurone moteur périphérique situé dans la corne antérieure de là 1 moelle, sarcoplasme innervé par la fibre amyélinique éma- . nant du neurone situé dans le ganglion sympathique et soumis . au neurone connecteur de la corne latérale de la moelle.
. À ces mécanismes effecteurs périphériques, segmentaires, se superposent deux ordres de mécanismes de contrôle réaliés dans les superstructures : mécanismes Cinéliques et mécaiismes statiques, auxquels on peut reconnaître deux parties \phylogénétiquement distinctes, la plus ancienne construite No ans la paléencéphale, la plus récente dans la néencéphale. Ilexiste, au total, quatre systèmes de contrôle (v. fig. 7).
… Il y à deux systèmes cinétiques :
(1) Le système paléocinétique à son relai Synaptique prin-
ST
cipal dans le corps strié (système pallidal) d’où, avec relai dans la région sous-thalamique, la voie de contrôle paléocinétique descend dans les Voies extra-pyramidales ; il régit les mouvements automatiques et associés. |
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Fig. 7. — Représentation schématique des systèmes statiques et cinétiques de motilité.
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P. G., voie de contrôle paléocinétique. — N. C., Voie de contrôle néocinélique, —" P.S., voie de contrôle paléostatique. — N. S., voie de contrôle néostalique. — €. p., p. c., voie | cortico-ponto-cérébelleuse. — ce. th., th. s., voie cortico-thalamo-striée. — n. p. s., voie reliant le neo- au paleosiriatum.
(2) Le système néocinétique à son relai synaptique principal. L dans l'aire corticale motrice d’où descend la voie pyramidale, « voie de contrôle néocinétique ; il régit les mouvements syner-w giques isolés. je
RRETE Est
ANOE DE
Il y a parallèlement deux systèmes statiques dont le cer- | vaio serait l’organe essentiel.
(3) Le système paléostatique à son relai synaptique principal dans le vermis (noyau du toit) d’où, par le pédoncule cérébelleux supérieur, la voie de contrôle paléocinétique va se réfléchir au noyau rouge (magnocellulatus) dans la voie paléo-rubro-spinale ; il régit les postures du type automatique et associé.
(4) Le système néostatique à son relai synaptique prin- <ipal dans lhémisphère cérébelleux (noyau dentelé) d’où, par le pédoncule cérébelleux supérieur, la voie du contrôle néostatique va se réfléchir au noyau rouge (parvicellulatus) “ans la voie néo-rubro-spinale ; il régit les postures du type synergique isolé.
Le mécanisme paléocinétique est influencé par le néostriatum, organe de coordination et d’inhibition, et se place sous le contrôle supérieur de l’écorce cérébrale par la voie <ortico-thalamo-striée.
L’écorce cérébrale tient aussi sous son contrôle supérieur les systèmes statiques par la voie cortico-ponto-cérébelleuse.
Au cours de l’ascension phylogénique et ontogénique, les systèmes paléencéphaliques, qui commandèrent d’abord seuls
au contrôle de la station et des mouvements, ont été de plus
en plus placés sous la dépendance des systèmes néencéphaliques, et leur rôle propre s'étant réduit au contrôle statico- <inétique du type automatique et associé s’est finalement trouvé en grande partie masqué sous la prédominance et l’exubérance des manifestations statico- RUN volontaires.
Les divers systèmes, à l’état normal, fonctionnent non pas isolément, mais de façon mutuellement dépendante. Les conditions expérimentales ou pathologiques, en annihilant arti-
ficiellement le jeu d’un système, ne libèrent que partielle-
ment les autres de cette interdépendance ; le fonctionnement de ceux-ci se ressent du dérèglement de celui-là. Au total, les troubles résultent pour une part du déficit primitif d’une
action, pour une autre part de l’excès d’une autre action par déficit de contrôle modérateur. Ainsi les désordres statiques
consécutifs, par exemple, à une perturbation cérébelleuse compromettent aussi le jeu normal des mécanismes einétiques. l
Les aperçus que l’on peut acquérir par lPétude patholo-
gique ou expérimentale de systèmes nerveux à vrai dire mu-.
tilés, sans pouvoir rendre compte exactement de ce que doit être le fonctionnement normal des centres, permettent du moins de concevoir jusqu’à quel degré de perfection est poussée l'intégration nerveuse de l'individu.
16, LES FONCTIONS PSYOHIQUES. — L'étude des fonctions psychiques d'organisation et de systématisation mentale, directrices de l'individu ainsi intégré, échappe au cadre de ce chapitre et constitue la substance même du Traité auquel le présent exposé contribue à servir d’mtroduction.
Nous nous bornerons à compléter les données anatomiques et physiologiques concernant le cerveau en les rapnortant à la question des localisations cérébrales.
LES LOCALISATIONS CÉRÉBRALES A. — Aperçu historique.
1. DOCTRINES. — Contrairement à la doctrine d’Aristote qui déniait à l’encéphale toute participation aux sens et à l’intelligence, un certain nombre de facultés et de principes furent successivement, et bien plus souvent en vertu de suppositions que de constatations de fait, attribués au cerveau ou à certaines de ses parties ; ainsi, Descartes considéra la glande pinéale comme le principal siège de l’âme (SOURY, 379). Cependant il est à remarquer que, si l’on faisait peu à peu rentrer les manifestations psychiques et les facultés sensitivo-sensorielles sous divers modes dans le champ d’activité de l’écorce cérébrale, on hésitait à attribuer expressément des fonetions motrices aux circonvolutions. « Nul n’ignore, écrivait Paul Broca en 1861, que les circonvolutions cérébrales ne sont pas des organes moteurs » (cité par SOURY,
:604). Tout au plus croyait-on que des lésions pathologiques
. cantonnées à la substance grise superficielle pouvaient agir ‘| faiblement sur la motilité. Il en fut ainsi, — et cela malgré les vues pénétrantes émises par H. Jackson: vers 1866 rela-
tivement à l’origine corticale de l’épilepsie partielle engendrée par lésions irritatives ou par décharge dans l’écorce de l'hémisphère du eôté opposé, — jusqu’à la découverte de
Fritsch et Hitzig (1870).
Une première doctrine, à laquelle Flourens surtout donna son expression, considérait le cerveau, organe des perceptions, de la volonté, du souvenir, des jugements, des instincts, comme un organe essentiellement Xomogène, n’offrant pas de sièges différents pour les diverses facultés et les diverses perceptions, et dont les lésions devaient déterminer suivant
leur degré des troubles susceptibles de varier en quantité et
en qualité.
Une doctrine opposée, dont l’histoire fut dominée à l’origine par les conceptions phrénologiques de Gall (ce qui lui valut par la suite de multiples vicissitudes), contribua à faire considérer le cerveau comme un organe hétérogène, ou constitué, pour ainsi dire, par une confédération d'organes secondaires distincts pourvus de fonctions particulières.