‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 51 sur 237 · L ER · texte numérisé non relu

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, Enfin, en regard de l’aphasie de Broea et de l’aphasie

de Wernicke ainsi définies, l’on à établi des variétés d’apha-

sie dites pures, où le langage intérieur est intact et l’intelligence conservée : telle l’aphasie motrice pure ou aphémie constituée uniquement des troubles de la parele, mais avec conservation des images motrices d’articulation ; telle la cécité verbale pure avec perte seulement de la compréhension de la lecture ; telle la surdité verbale pure, assez rare, avec perte seulement de la compréhension de la parole parlée et de l’écriture sous dictée.

- Ces divers troubles du langage sont produits par la lésion

de centres compris dans la zone du langage. Cette zone est située dans les circonvolutions de la face externe de l’hémisphère gauche chez les droitiers, de l’hémisphère droit

chez les gauchers; toujours elle n’appartient qu’à un seul

hémisphère.

« Placée le long de la scissure de Sylvius, elle décrit une sorte de fer à cheval ouvert en haut et reçoit dans sa concavité la partie inférieure de-la zone sensitivo-motrice.

« Elle comprend : 1° une partie antérieure ou frontale — la région de Broca, ou centre des images motrices d’articulation, — constituée par la partie postérieure ou pied de la troisième circonvolution frontale gauche, l’opercule frontal et la corticalité immédiatement voisine (cap de F; et pied de F:), à l'exclusion de l’opercule rolandique, et s’étend peut-être encore jusqu'à la partie antérieure de l’insula ; 2° une partie inférieure ou temporale — la région de Wernicke, ou centre des images auditives des mots, — qui correspond à la partie postérieure des première et deuxième circonvolutions temporales gauches ; 3° une partie postérieure, le centre des images visuelles des mots que j ‘ai contribué à localiser dans le pli courbe gauche.

« Une série de fibres relient les régions de la zone du langage, soit entre elles, soit avec les parties plus ou moins voisines de la corticalité cérébrale homolatérale et croisée.

« La zone du langage peut être atteinte de deux façons différentes : 1° ou bien la lésion détruit une partie de cette

zone ou de ses fibres intrinsèques ; 2° ou bien, étant sous-

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certicale, elle isole une partie de cette zone de la corticalité cérébrale voisine.

« Dans le premier cas, un centre d’images sera perdu pour le malade ; le plus souvent, tout le langage intérieur sera atteint et toutes les modalités du langage seront affectées. Mais le phénomène clinique dominant variera avec le siège même de la lésion. La destruction de la région de Broca produit l’aphasie motrice type Broca; la lésion du gyrus supramarginal produit l’aphasie sensorielle ; la cécité verbale relève de-la destruction du pli courbe ; la surdité verbale est. due à une lésion de la partie postérieure de la première temporale. |

« Lorsque la lésion siège en dehors de la zone du langage, il est de règle, par contre, que le langage intérieur soit intact. Ici un centre d'images du langage — motrices, auditives, visuelles — est séparé, isolé par la lésion d’avec ses connexions physiologiques ». D’où production des aphasies pures.

b. Conception de Pierre Marie. — Voici, à peu près textuellement, d’après Pierre MARIE et son disciple MOUTIER, la conception opposée, soutenue par le premier de ces deux auteurs :

L’aphasie n’est pas due à un déficit sensoriel, mais à un déficit intellectuel et en particulier un déficit intellectuel spécialisé dans la compréhension du langage parlé.

T'’aphasie est une ; il n’y à qu’une aphasie, c’est — en excluant les conceptions d’images, de centre d'images, d’aphasie dite sensorielle — l’aphasie de Wernicke.

L’aphasie de Broca, c’est l’aphasie de Wernicke avec la parole en moins. Ce trouble de la parole dont l’addition constitue l’aphasie de Broca, c’est l’anarthrie.

L’anarthrie est un trouble non paralytique de l’articulation verbale dont le tableau clinique se confond avec celui de l’aphasie motrice pure ou sous-corticale des classiques,

où le langage intérieur n’est pas troublé. L’anarthrie doit

être soigneusement séparée de l’aphasie, dont elle est nettement distincte.

« Puisque l’aphasie est une, sa localisation doit être également une, — et il en est réellement ainsi. Le seul territoire:

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vérébral dont la lésion produise l’aphasie, c’est le territoire dit de Wernicke (gyrus Suprämarginalis, pli courbe et pieds des deux premières temporales). » Cette zone « ne doit pas être considérée comme un centre sensoriel, mais comme un centre intellectuel. Toute lésion de ce centre détermine, proportionnellement à son étendue même, outre les troubles de la parole, un déficit de la compréhension du langage parlé et de la capacité pour la lecture, pour l’écriture, ainsi que la disparition de certaines notions d’ordre didactique. »

L’anarthrie est provoquée par des lésions siégeant dans la 2one lenticulaire, apparaissant sur la coupe horizontale <omme un quadrilatère et formant dans l’ensemble un cube irrégulier dont voici les limites : «En avant, un plan frontal passant par le sillon marginal antérieur de l’insula ; en arrière un autre plan frontal Passant par le sillon marginal Dostérieur de l’insula. En dehors, la pie-mère doublant l'insula ferme la région qui, en dedans, atteint l’épendyme ventriculaire. En hauteur, la zone lenticulaire se prolonge vers les circonvolutions Sus-jacentes ; en bas, elle $e perd dans la région Sous-thalamimique. » Cette zone est en rapport « en avant avec le pied de la troisième frontale rigoureusement exclue de la région ; en arrière, avec la zone de Wernicke dont la sépare l’isthme temporo-pariétal ».

« La troisième circonvolution frontale gauche ne joue aucun rôle spécial dans la fonction du langage. »

La surdité verbale pure n'existe pas. L’alevie pure (cécité verbale pure des classiques) est due à une lésion dans le territoire de l’artère cérébrale postérieure (et non au pli courbe eë dans le territoire de l'artère sylvienne).

Ainsi, anartbrie et alexie pures ne sont que des aphasies éxtrinsèques, dans lesquelles la Zone de Wernicke avec ses fibres n’est pas intéressée directement. Par contre, la zone de Wernicke, ou les fibres qui en proviennent, est directe- . ment et notablement affectée par la lésion dans les aphasies intrinsèques : aphasie de Wernicke et aphasie de Broca . (= aphasie + anarthrie).

©. — Les études récentes.

1. PRINCIPES. — Dans ces derniers temps, grâce aux progrès de la technique histologique, C. et O. Vogt, Brodmann, Campbell ont pu soumettre à des examens sériés presque innombrables Pécorce cérébrale de l’homme et des V ertébrés (consulter BRODMANN, NAGEOTTE, À et B). Ces études, dépassant beaucoup en étendue et en importance les tentatives fragmentaires et non systématiques auxquelles on: doit cependant certaines découvertes fondamentales, ont posé sur des bases nouvelles le problème des localisations cérébrales et ont eu pour premier résultat la délimitation sur la surface du cerveau d’un grand nombre d’ « aires » histologiquement distinctes. La détermination de telles aires est fondée sur les différences de texture relatives au mode de groupement des cellules nerveuses et des fibres à myéline. Brodmann s’est particulièrement attaché à établir la différenciation par l'étude des cellules (cyto-architectonique), C. et O. Vogt à l’établir par l’étude des fibres (myélo-architectonique). Les résultats ainsi obtenus ont été concordants : mais il est à remarquer que la myélo-architectonique aboutit à une différenciation beaucoup plus accentuée, en particulier chez l’homme. Ainsi, alors que Brodmann décrit 50 champs distincts sur toute la surface de l’écorce, Vogt en dénombre déjà 66 pour l’écorce du lobe frontal seulement (eité par NAGEOTTE, A, 17).

2. RÉSULTATS. — Les cartes cérébrales qui ont été dressées par Brodmann figurent des territoires dont beaucoup sont disposés en bandes allongées perpendiculaires à l’axe cérébral. Il n’est pas établi d’ailleurs qu’il faille y voir le rappel d’une disposition métamérique. F

L’écorce cérébrale peut être divisée d’abord en une partie dite homogène ou neo-pallium et en une partie dite hétérogène ou archi-pallium. L’archi-pallium, dont la structure est plus rudimentaire, correspond au bulbe olfactif, à la. région de l’hippocampe et de la corne d’Ammon, au rhinencéphale si développé chez les animaux inférieurs macrosma-

‘tiques et quiasubiune involution chez les animaux supérieurs où le neo-pallium à acquis son plus grand développement.

Le neo-pallium présente, sinon à l’état adulte du moins à une période embryonnaire, une stratification fondamentale.

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