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ACTIVITÉ PSYCHIQUE ET SYSTÈME NERVEUK

Nul doute aujourd’hui que les éléments nerveux ne soient l’organe de la vie psychique. Mais que représentent-ils pour elle de conditions nécessaires et suffisantes ? Notre ignorance est à peu près complète.

11 paraît pourtant bien établi que la cellule nerveuse est un puissant foyer d'énergie. La méthode de Nissl y à montré la présence d’une substance aux propriétés chimiques encore indéterminées, maïs qui semble en relation étroite avec les différentes phases de l’activité nerveuse. Elle peut disparaître dans les états d’épuisement ; sa dissolution définitive signifie mort fonctionnelle de la cellule et sa disposition dans le protoplasma change non seulement avec chaque espèce cellulaire, mais suivant les périodes de désintégration et de régénération, qui perpétuellement s’y succèdent. Ce processus alternatif d'élaboration intracellulaire et de consommation fonctionnelle ressemble d’assez près à l’évolution des grains de sécrétion, pour que Prenant ait comparé la cellule nerveuse à une cellule glandulaire. Mais la cellule nerveuse ne sécrète pas, ce qui est le rôle essentiel de la cellule glandulaire ; elle absorbe au contraire. Ces corpuscules de Nissi ne se transforment pas en produits de sécrétion pour être employés ailleurs; utilisés sur place, ils représentent seulement l'appropriation par une cellule, à fonctions très spécialisées, des éléments d’énergie que le milieu organique semble, par sa structure, « destiné à lui fournir abondamment. $

” Sous quelle forme et par quels moyens ? Il faut se borner encore à des hypothèses. Depuis que NAGEOTTE à montré une abondance de granulations lipoïdes dans les filaments névrogliques qui s’enlacent autour de la cellule nerveuse en lui formant comme un nid, va-t-on continuer à n’y voir qu’un tissu de remplissage, de soutien ou d'isolement ? Apparemment ils sont l’organe d’une sécrétion incessante et nécessaire à la vie à l'activité de la cellule nerveuse, qui possède d’ailleurs des grains à réactions histochimiques très analogues. Le fait que les anesthésiques les plus puissants, chloroforme, éther, etc., sont parmi les meilleurs solvants des graisses ne témoigne-t-il pas d’une corrélation intime entre ces formations lipoïdes et l'énergie fonctionnelle de la cellule nerveuse ? Poser la question c'est montrer du moins l'importance très directe que peuvent avoir pour le problème du psychisme et de la conscience les recherches microscopiques.

D'ailleurs il n’y aurait là qu’un effet particulier d’actions dont nous pouvons présumer déjà qu'elles sont extrêmement complexes et fréquentes ; celles des produits solubles et des ferments qui modifient le milieu interne. Faute de certaines sécrétions, telles espèces de cellules peuvent être atteintes dans leurs fonctions et jusque dans leur croissance : l’idiotie myxædémateuse, qui résulte au moins en partie de l’insuffsance thyroïdienne, se traduit somatiquement par des anomalies du squelette et des téguments, psychiquement par du retard intellectuel et des troubles de caractère. Le rôle de ces agents diffusibles ou hormones apparaît chaque jour plus considérable. Le siège de leur sécrétion n’est pas seulement dans certains amas glandulaires connus comme tels, il est dans les organes les plus divers, rein, ovaire, testicule, etc. Entre les différents tissus s’établissent par leur intermédiaire des relations à distance variables et mobiles, jeu réciproque d’actions :et de réactions, qui en exprime la vie intime et profonde. Des fonctions, des besoins essentiels de l’organisme, la faim, le sommeil, etc., sont, il semble, sous leur dépendance ; l’activité psychique avec ses floraisons les plus riches ne peut échapper

elle-même à leur influence. T'elles altérations de la conscience,

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telles anomalies mentales pourraient bien avoir leur source dans des modifications du chimisme vital.

Maïs une telle diversité d'effets, des conséquences si éten- - dues seraient inexplicables sans une extrême différenciation - des éléments affectés, et un haut degré d'organisation. C’est bien ce que démontrent les progrès de la morphologie. Déjà nombre de cellules ont été ramenées à leur type spécifique ; grandes cellules motrices dela moelle, cellules de Purkinje dans le cervelet, cellules pyramidales de l’écorce cérébrale : leur ‘aspect très individuel et le système à la fois complexe et déterminé de leurs connexions les désignent entre toutes comme exactement adaptées à des processus très spécialisés. Bien plus, leur exclusive et constante localisation au siège d’une fonction plus ou moins nettement définie témoigne incontestablement de leur destination. Ainsi les pyramidales géantes de Betz appartiennent à la frontale ascendante uniquement, qui est la région motrice de l’écorce. (V. Traité, I, 192-3). Mais en quoi les mouvements volontaires ‘ dépendent-ils des cellules de Betz ? Les biologistes ne sont pas même d’accord sur les rapports de la cellule et d l’activité nerveuse en général ; tiennent-ils ou non pour la conception du neurone, leurs hypothèses vont radicalement différer (cf. Traité, I, 97 sqq.).

Un résultat néanmoins est incontestable : que les neurofibrilles forment un réseau continu et relativement indépendant de la cellule, ou qu’elles lui constituent un système de prolongements et de ramifications en simple contact avec les ramifications etle corps des autres neurones, leur rôle essentiel est toujours d’association : c’est la mise en relation des éléments, des centres nerveux entre eux, des centres nerveux avec les organes et réciproquement. Les images qu’en à . données la méthode d’imprégnation imaginée par Cajal laissent entrevoir à son avis, une variété presque infinie de combinaisons possibles ; suffisamment plastique, la cellule

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