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quelle mesure une £ellule est irritable et sous quelle forme elle l’est ; en fait, parmi les réactions spécifiques dont une cellule est capable, la plupart nous échappent ; les variations nutritives et chimiques ne sont pas directement accessibles à nos sens ; les manifestations d'énergie lumineuse, électrique, . thermique le sont rarement et difficilement; les seules réac-
tions que nous saisissions facilement sont les variations de la structure interne qui précèdent la division cellulaire et. surtout les réactions de la forme et du mouvement cellulaires ; c’est pour cette raison tout empirique que l’usage s’est établi de considérer surtout les réactions motrices comme caractéristiques de l’irritabilité et de les étudier comme telles ; mais il convient de n'être pas dupe de cette simplification artificielle : ici, comme dans l’étude postérieure des réactions du système nerveux, le schéma qui associe les deux termes d’excitation et de mouvement à le défaut d'isoler la réaction motrice de toutes les autres réactions possibles.
C’est seulement après ces réserves qu’on peut s'arrêter sur les manifestations de l'énergie motrice libérée par les divers excitants. ;
Tous les excitants se comportent de la même maniere à dose légère, un excitant mécanique ou un courant d’induction ne provoquent aucune réaction cellulaire ; pour provoquer des réactions visibles ils doivent atteindre un minimum qui est le seuil de l’excitation ; à partir de ce seuil, les réactions croissent avec l’excitation jusqu’au point que les physiologistes appellent optimum ; une fois ce point atteint, si l'excitation continue à croître, les réactions de la cellule baïssent progressivement jusqu’à ce qu’il s’ensuive une paralysie passagère pendant laquelle les cellules gardent la forme que leur a laïssée la dernière excitation ; pour une excitation plus forte, la cellule ne récupère plus sa réaction spécifique ; elle est tuée (cf. MoraAT, B, 67 sqq).
Les excitants peuvent être thermiques, lumineux, électriques, mécaniques ou chimiques ; en général, on établit une distinction entre eux suivant qu’ils sont généraux, c’est-àdire aptes à provoquer laréaction de toute substance vivante, « comme les décharges électriques et les ébranlements méca- «
niques, ou suivant qu’ils sont s péciaux, c’est-à-dire qu’ils agissent seulement sur certains éléments donnés ,»Ccomme les vibrations de l’éther ou de l'air.
Les mouvements par lesquels la cellule répond aux excitations sont de plusieurs sortes : tantôt ils intéressent telle ou : telle partie structurale dela cellule et sont internes, tantôt ils portent en bloc sur la totalité du &0rps cellulaire et sont - externes, tantôt ce sont des mouvements d'orientation et de direction. |
Tous ces mouvements seraient intéressants à considérer dans la question qui nous OCCupe, mais nous laissons de côté les mouvements d’orientation et de direction dont nous parlerons à propos des tropismes, et nous faisons de même pour les mouvements internes (karyokinèse, cytodiérèse) qui nous entraîneraient vers des problèmes trop spéciaux de physiologie cellulaire. Nous ne parlerons donc que des mouvements externes,
On distingue, parmi ces mouvements, des mouvements amiboïdes, qui consistent en une série de déformations superficielles provoquées par les extensions et les rétractions des pseudopodes, des mouvements vibratiles, qui sont dus à des organes différenciés, et des mouvements contractiles qui sont dus à des changements globaux de forme et sont particulière. ment marqués dans les cellules musculaires.
Tout de même qu’on explique par des analogies physicochimiques la propriété générale de l’irritabilité, on tend, en général, à expliquer les manifestations particulières de cette irritabilité, comme les mouvements amiboïdes, contractiles et vibratiles, par le jeu des forces physiques ou chimiques qui agissent sur la cellule, — Voici, à titre d'exemple, . comment MAILLARD (250) explique le phénomène bien connu et si souvent décrit de l'émission et de la rétraction des pseu- : dopodes : « Une cellule quelconque, écrit-il, qu’elle soit libre et isolée comme une amibe, ou qu’elle fasse partie d’un organisme compliqué, ne se trouve pour ainsi dire jamais en contact avec un milieu parfaitement homogène et identique en toutes ses parties ; le serait-il en un moment donné, que les irrégularités même de la cellule et les irrégularités topo-
LES ÉLÉMENTS DE LA VIE MENTALE ré
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graphiques d'échanges sur divers points de la sure en sont la conséquence, détruiraient bien vite cette symétrie momentanée : or la valeur de la tension superficielle en un point donné de la surface d’une cellule se trouve déterminée par plusieurs conditions dont les plus essentielles son les potentiels électriques et thermiques de la surface, en même temps que les compositions chimiques de lexoplasma (zone extérieure du protoplasma) et du milieu en contact. Chaque fois que ces conditions changent, la surface se modifie : la tension vient-elle à diminuer, la surface tend à augmenter, le protoplasma tend à s'épanouir etla cellule, comme on dif,
« émet un pseudopode ». La tension augmente-t- elle, aussitôt la surface tend à diminuer, à devenir une sphère aussi Ré que possible ; la cellule « rentre son pseudopode ». Ainsi s’explique le jeu des pseudopodes. Comme les expansions et les rétractions ne s’équilibrent généralement pas de tous côtés, la cellule se déplace. »
Le mouvement vibratile s’expliquerait de même par ce fait que le liquide où baigne la cellule, n'ayant pas nécessairement la même composition de chaque côté du flagellum, la tension superficielle se trouve plus forte d’un côté que de Pautre et que le flagellum s'incline du côté des moindres tensions. |
Enfin le mouvement contractile, ‘particulièrement déve- | loppé dans les cellules musculaires, relèverait d’une explica- | tion analogue. « La composition de la surface des fibrilles, écrit MAILLARD (252), vient-elle à varier par des réactions chimiques, des excitations mécaniques ou électriques où par. l’action des terminaisons nerveuses, et à varier dans un sens. tel que la tension superficielle augmente, alors les fibrilles | tendent à devenir sphériques, la fibre cellule se raceourcit et rapproche ses points d'insertion. La tension superficielle vient-elle à diminuer au contraire, la surface peut s’accroître,“ mais rien n’oblige la cellule à se déformer dans un sens plutôt que dans un autre. » Les cellules ne pourraient donc se con“ tracter activement qu'après avoir été passivement tendues’ par des mécanismes antagonistes et ce fait est tout à fait conforme à ce que l’on sait par ailleurs de la physiologi e.
musculaire. — Evidemment il y a là des hypothèses, maïs elles sont intéressantes à rapporter, ne fût-ce que pour indiquer quelle peut être la direction des explications physicochimiques des manifestations particulières de lirritabilité. (Ci. LœæB, 114, ImBErT, 289, BERNSTEIN, 271).
Tous les mouvements amiboïdes, vibratiles ou contractiles de la Cellule dériveraient ainsi d’une seule et même eause, qui n’est autre que la’ variation de la tension superficielle, sous l'influence des divers agents physico-chimiques qui viennent d’être indiqués.
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