LES MOUVEMENTS AUTOCHTONES
On distingue en général des mouvements réflexes, dont le | tonus variable fait encore partie, une catégorie de mouvements qu’on étudiait autrefois sous le nom impropre d’automatisme des centres. Ces mouvements s'accomplissent sans avoir été provoqués par des excitations périphériques, etils prennent naissance dans les centres eux-mêmes à la suite d’une excitation qui atteint directement ces centres, Sans intermédiaire. On à proposé d'appeler ces mouvements 4 autochtones, au lieu de les appeler automatiques, pour les distinguer ainsi des mouvements qui deviennent automa- D tiques après avoir été volontaires, et le terme autochtone 4 correspond bien, en effet, à l'idée qu'il s’agit d'exprimer. , Parmi ces mouvements autochtones, les plus connus etles mieux étudiés sont ceux qui prennent naissance dans le. centre respiratoire bulbaire, si l’on veut bien appeler de ce nom l’ensemble des neurones constituant le mécanisme moteur et coordinateur de la musculature respiratoire. 1
Pour savoir si ce centre est réflexe ou autochtone, on sec- * tionne toutes les voies capables de transmettre au bulbe les impressions périphériques ; on sectionne la moelle au-dessous | des origines du phrénique, on sectionne les racines postérieures : des nerfs cervicaux, on sectionne les nerfs vagues et closso- | pharyngiens ; l'animal continue à respirer et survit à l’opéra- ci tion pendant une demi-heure environ. On a prétendu qu’il ne s'agissait plus alors de contractions respiratoires vraies, mais de convulsions des muscles respirateurs. « Nous ne pou- | vons, dit ARTHUS (343), accepter cette opinion, parce que les inspirations et les expirations se succèdent en un rythme assez régulier ; parce que Îles contractions des divers musct es qui entrent en jeu sont coordonnées et'harmonisées pour €on-.
courir à l'entretien de la respiration. Sans doute la survie | t
courte, mais rien ne prouve que la mort soit la conséquen
de l'insuffisance de la respiration ; la gravité d’une K
'vivisection est sufñsante pour expliquer la mort. Nous con-
clurons done que le centre respiratoire peut fonctionner autochtoniquement. » |
Toutefois, comme la respiration autochtone ne présente plus les caractères de la respiration normale, comme le nombre des inspirations est diminué tandis que leur amplitude est accrue, on 2 le droit de penser qu’à l’état normal, des éléments réflexes se surajoutent aux éléments autochtones de la respiration et que la fonction s’exerce par le concours de la périphérie et du centre. L’expérimentation établit, en effes, que des excitations toniques, prenant leur source Sur la surface sensible pulmonaire, sont transmises aux centres respiratoires par les nerfs vagues qui exercent, de ce chef, une influence réculatrice et constante sur la respiration. De nombreuses observations démontrent, par ailleurs, que les centres respiratoires réagissent encore, par mode réflexe et d’une façon variable, suivant le nerf excité et l'intensité de lexcitation, aux impressions sensitives qui leur viennent du trijumeau, du glosso-pharyngien, du splanchnique, du laryngé et de tous les nerfs centripètes. |
Enfin, si nous ajoutons que les tubercules quadrijumeaux passent pour avoir un tonus respiratoire autochtone qui se surajoute au tonus des centres et au tonus périphérique, on se fera une idée de la complexité des conditions réflexes et des conditions centrales, pour une même catégorie de mouvements fonctionnels.
De l'avis de tous les physiologistes, c’est la surveinosité du sang qui provoque la suractivité respiratoire constatée dans la dyspnée, et le fait paraît établi. Quelques physiologistes en ont tiré un peu vite cette conclusion que la veinosité normale du sang suffit à provoquer l’activité normale | du centre respiratoire. « Le sang veineux excite le centre ; une
et diminue la proportion d’acide carbonique de l'air alvéolaire, et par suite diminue la veinosité du sang qui sort du
centre respiratoire : l'inspiration cesse, l'expiration Ccommence. » |
poumon. Ce sang, moins veineux, n’est plus un excitant du
: inspiration se produit qui augmente la proportion d'oxygène
230 LES ÉLÉMENTS DE LA VIE MENTALE x
ARTHUS, qui résume ainsi (345) cette mécanique un peu
simple, ne croit pas pouvoir l’accepter parce que la composition de l’air alvéolaire ne varie pas considérablement au cours d’une révolution pulmonaire et que les faibles variations que
l’on constate lui paraissent insuffisantes pour modifier du tout
au tout l’action du sang circulant sur le centre respiratoire. IL admet, d’après ses recherches, qu’une certaine veinosité du
sang est une condition d’excitabilité du centre respiratoire, mais il n’estime pas que ce soit la condition suffisante et il conclut que nous ne connaissons pas l’excitant propre du centre respiratoire (347).
On peut présenter des explications analogues, c’est-à- ‘aire à
la fois périphériques et centrales, pour l’activité des centres
sudoripares, des centres vasomoteurs, des centres cardioaccélérateurs et cardio-modérateurs. Les centres sudoripares
de la moelle peuvent être excités autochtoniquement par
l'élévation de la température du sang ou par l’action de la chaleur sur les nerfs périphériques; les centres vaso-moteurs du bulbe peuvent être excités autochtoniquement par l’excès d'acide carbonique et le déficit d'oxygène ou par voie réflexe à la suite des excitations apportées par la plupart des nerfs centripètes du corps ; les centres accélérateurs du cœur peuvent de même être excités par les variations qualitatives ou quantitatives du sang et par voie réflexe, à la suite d’excitations sensitives par exemple.
Comme les réilexes, les mouvements autochtones sont soumis aux lois de la dynamogénie et de l’inhibition ; c’est ainsi que le cerveau, quand il est en état d'activité fonctionnelle, exerce une action dynamogène sur le centre respiratoire (v. I, 643) et que l’excitation intense des nerfs glossopharyngiens, des nerfs splanchniques, des nerfs laryngés supérieurs et l'excitation intense des nerfs pneumogastriques provoquent, sur le même centre, des actions d'arrêt plus ou moins marquées.
Le mouvement autochtone représente, en fait, une réponse du centre nerveux à une excitation qui ne lui est pas apportée par voie nerveuse; mais l’organe de réaction périphérique peut aussi répondre à une excitation non nerveuse; une
telle réponse, due à une influence momentanée s’exerçant à distance par production en un point d’une substance que le sang véhicule jusqu’au niveau de l’appareil qui doit réagir,
d’une « hormone », à été parfois désignée aussi du nom de « réflexe humoral ». C’est ainsi que la sécrétion pancréatique peut être provoquée soit par un réflexe nerveux, soit par un réflexe humoral (action à distance de la « sécrétine » que produit l’intestin sous l'influence d’un contenu acide et qui est portée par le sang au niveau du pancréas).
LES MOUVEMENTS VOLONTAIRES Description et analyse.
Au-dessus des simples réflexes, des réflexes sus-élémentaires, du tonus, des mouvements autochtones, la psychologie distingue, avec raison, plusieurs catégories de mouvements que nous retrouverons au Cours des chapitres suivants e6 dont il convient de dire quelques mots, ne fût-ce que pour les caractériser : Il y à, dans beaucoup d'états affectifs, notamment dans la colère et la joie, des mouvements qui n’ont pas d’autre objet que de dépenser l’énergie accumulée dans les centres nerveux. Des mouvements de même nature se produisent souvent chez l'enfant, par suite du besoin qu'il
éprouve de dépenser le potentiel de ses centres.
On ne peut dire, avec précision, par quel mécanisme $e produit l’excès d'énergie nerveuse qui se dépense de la sorte mais on peut, avec certitude, mettre en cause les variations en plus de la circulation, de la composition chimique du sang … et de l’oxydation des tissus.
“ Ilse pout que l’on soit ici en présence de mouvements très - analogues, de par leur origine, aux mouvements autochtones S … dans tous les cas, si l’excitation extérieure joue un rôle, la réaction motrice la dépasse singulièrement en intensité et en
282 LES ÉLÉMENTS DE LA VIE MENT durée: Nous avons déjà signalé et expliqué des disproport de ce genre dans les formes les plus élémentaires de lirrit: bilité. Les mouvements ainsi produits s’appellent en généra spontanés et nous ne voyons aucun inconvénient à le garder ce nom, à condition qu’il n'implique pas une sponta néité véritable et impossible. |
Au-dessus de ces mouvements spontanés, nous placerons les mouvements plus complexes, particulièrement adaptés, à qu’on appelle d'ordinaire instinctifs eb qui seront étudiés à propos de la psychologie animale (v. Traité, II, 635).
Dans une troisième catégorie, nous mettrons tous les mouvements passionnels qui s’exécutent avec un but déterminé, ce qui les distingue des mouvements de décharge, etavee | des variations d'exécution qui les distinguent des mouvements instinctifs. Les mouvements d'agression qui $e produisent dans la colère sont particulièrement représentatifs de ce groupe (v. Traité, I, 623). Gi.
Dans une dernière catégorie nous placerons les mouve- ci ments volontaires qui nous arrêteront plus longtemps à cause de leur importance et de leur complexité.
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Nous consacrons ailleurs (II, 333) à la volonté tout un \ chapitre où nous l’étudions dans ses conditions biologiques et sociales. Nous ne parlerons ici que de: la psycho-physio- | logsie des mouvements volontaires, sans nous dissimuler | combien cette psycho-physiologie est encore hypothétique et incomplète.
Nous ouvrons et nous fermons la main ; nous fléchissons M un doigt, nous replions notre avant-bras sur notre bras, et, , . dans certaines circonstances qu’il reste à déterminer, nous disons que ces mouvements ont été volontaires. Quel est le : . mécanisme propre de ces mouvements, lorsque nous les qua- . lifions ainsi ? 4 Le sens commun ne s’embarrasse pas, sur ce point, d’expli-. cations compliquées. Il estime qu’un mouvement esi volontaire lorsqu'il est la conséquence d’un acte de volition. « Je,
| L’EXCITATION ET LE MOUVEMENT 283 t rémue mon bras parce que je veux le remuer. » Mais il est à peine besoin de signaler que cebte explication revient d’une part à une simple tautologie et que, dans la mesure où elle implique un commencement absolu, elle est tout simplement absurde ; il ne peut y avoir, dans l'organisme, une fonction qui fasse exception aux lois générales du déterminisme et du mécanisme. De plus, quand on se prend au piège grossier de cette explication, on est fatalement amené à poser des questions insolubles et à se demander, après Hume et bien d’autres, comment un «je veux » peut faire mouvoir un membre. Essayons de poser le problème empiriquement et de ne considérer que des faits. | Et tout d’abord, défaisons-nous de ce préjugé répandu que nous pouvons vouloir les contractions de tel ou tel muscle. Nous n’avons jamais la conscience des muscles qui entrent en jeu pour produire un mouvement et, à plus forte raison, sommes-nous incapables de vouloir contracter ces museles. « La plupart des gens, écrivent FRéDERICQ et NUEL, ionorent qu’ils ont un triceps brachial.…. Quand on dit qu’on innerve volontairement un muscle, cela doit être entendu cum grano salis. » (402).
Défaisons-nous également d’un autre préjugé qui consiste à croire que l’innervation volontaire peut se porter sur tel ou tel nerf déterminé, le cubital ou le sciatique. Comme le remarque GLey (1045), la volonté est impuissante à provoquer les contractions d’un groupe de muscles ionervés par un même nerf. La volonté fait exécuter des mouvements tels que la flexion d’un membre sur un autre dans lesquels agissent des muscles innervés par différents nerfs et même seulement des parties de muscles, d’autres parties des mêmes .muscles pouvant, par leur extension, produire des mouve- .ments inverses.
| Les réactions motrices que nous appelons volontaires sont donc des réactions synthétiques qui éhevauchent, en général, sur des divisions anatomiques, comme la plupart des réflexes eux-mêmes, et nous voulons ces réactions dans leur résultat final et non dans leur mécanisme neuro-musculaire dont nous D’avons même pas conscience.
plus facile d'accomplir un ensemble de mouvements que de faire agir un membre pendant que tout le reste du corps esb
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De plus, comme l’a déjà remarqué Alexandre BAIN, ces réactions synthétiques ont, vis-à-vis de l’ensemble, c’est-àdire vis-à-vis des réactions générales de l'organisme, une indépendance et une autonomie relatives, sans lesquelles ilny aurait pas à proprement parler de mouvements volontaires
adaptés à des fins particulières et distinctes. « Il est d’abord
immobile. Mais, si le principe d'union était absolu, jamais
une action isolée ne pourrait se produire. Il faut qu'il existe aussi un certain degré d'indépendance qui permette à un flux
d'énergie d’affecter un muscle ou ur petit nombre de muscles |
sans se répandre ailleurs. L’index est un exemple de haute indépendance ; il en est un peu de même, à moindre degré pourtant, pour le pouce. Les orteils agissent avec les autres doigts ; cependant nous avons pu rencontrer des exemples d'hommes ayant perdu les mains et ayant appris à écrire et à prendre avec leurs orteils. La voix est si indépendante qu’elle est l’objet d’une impulsion exclusive. On peut en dire autant de la langue, de la bouche, de la mâchoire. La langue est un organe doué d’une activité naturelle très grande, parce qu’elle est douée d’un grand nombre de muscles et que son champ action est des plus étendus. L'indépendance de ses
mouvements primitivement spontanés correspond à l'empire
volontaire acquis à la longue. » (297-298). En d’autres termes, la volonté motrice, pour être effective, suppose, dans notre organisme, l’existence de mécanismes moteurs susceptibles de fonctionner avec une certaine indépendance. | Parmi ces mécanismes les uns sont héréditaires, puisque, suivant la remarque de BAIN, nous pouvons déjà voir, dans les
gestes imparfaits de l’enfant, que l’index recoit des centres
wm «À
nerveux une impulsion indépendante, tandis que les autres doigts agissent généralement ensemble (297). D’autres mécanismes plus compliqués sont acquis : patiner, danser, etc. L'éducation se fait en général suivant la loi de Spencer ; elle va de l’homogène à l’hétérogène, du général au parti-
- Culier ; elle fait sortir des mécanismes moteurs de plus en
plus spécialisés et adaptés des mécanismes globaux donnés
le 4
primitivement. « Il est curieux, dit BAIN, que la faculté de tourner la tête précède celle de tourner les yeux, que la première soit assez précoce pour paraître instinctive et que nn
*seconde prenne tout le temps de se développer. C’est comme si notre éducation était réglée par une loi de parcimonie. N ous commençons par un mouvement incommode de toute la tête, puis nous découvrons, à la longue, qu’ un petit mouve-. ment des yeux suffirait pour chercher les objets. » (326).
Et cette indépendance des mécanismes moteurs permet, à Certains égards, des groupements nouveau puisque les éléinents d’un mécanisme peuvent s’associer aux éléments d’un autre, de façon à constituer une synthèse nouveille,
* L’étendue du domaine de la volonté dépend ainsi de l’indépendance, de la spécialisation et des associations possibles des mécanismes moteurs.
Avons-nous quelques notions objectives sur les conditions neurologiques des mouvements volontaires qui se réalisent, suivant ces multiples schémas ?
Conditions neurologiques des mouvements volontaires.
Nous savons que l'influx nerveux moteur volontaire naît dans l’écorce grise du cerveau, dans les régions qu’on appelle psycho-motrices (lobule paracentral et frontale ascendante).
. FRITSCE et H1Tz16, en 1870, et plus tard David FERRIER ont montré qu’en portant des excitations électriques, sous forme de courants induits, sur l'écorce cérébrale d’un chien, on voit se produire dans le côté opposé des mouvements localisés des muscles du corps et de la face. Les mêmes résultats ont été obtenus, depuis lors, sur plusieurs mammifères, notamment chez le singe, et c’est surtout par des expériences de ce genre qu’on est arrivé à localiser, avec une certaine précision, les centres psycho-moteurs.
D'autre part, la destruction expérimentale des régions psycho-motrices chez l’animal entraîne la suppression de
mouvements qui paraissent relever de la motricité volontaire.
C’est du moins ce qui ressort des expériences de Ferrier, Ce
Schif, de Tripier, de Mank, de Luciani, de Seppi | Tamburini (v. GLEY, 1045). 3 | FERRIER fait remarquer à ce sujet, que la dits gén rale de la région motrice de Pécorce affecte partieulièremen les mécanismes qui sont sous l'influence de la volonté, di moins après que le premier choc est passé. « La paralysie faciale réside surtout dans ia région faciale inférieure portant ! sur les mouvements les plus indépendants, le frontal eb les … muscles orbiculaires n'étant que légèrement atteints. Les mou- À vements de la jambe sont moins affectés que ceux du bras, ‘ceux du bras moins atteints que ceux de la maïn. » (142). Jules SOURY expose avec plus de précision encore le résultat 1) des mêmes expériences lorsqu'il écrit : « Le chien chez lequel 4 on enlève la zone psycho-mofrice peut encore marcher, éviter les obstacles, broyer et déglutir ses aliments, bref ‘à exécuter tous les mouvements automatiques ou réflexes, … tous les mouvements associés où profondément organisés A dont l'intégrité des centres bulbo-médullaires est la condition suffisante; mais il ne peut présenter volontairement la patte, 1: retirer devant une aiguille menaçante ou s’en servir avec adresse pour saisir un os. » (1018). | Chez le singe, les troubles sont encore plus marqués que chez le chier. L’animal laisse pendre inerte, le long de son corps, le bras correspondant à la lésion expérimentale, etsil | peut encore exécuter les mouvements automatiques d’ensem- 04 ble, il ne sait plus se servir isolément de sa pattepourlPaccomplissement d’un mouvement volontaire : il ne saisit plus un bâton ou des fruits avec cette patte (ARTHUS, 723). HUE Enfin, toutes les fois que, chez l’homme, l’autopsie révèle i une lésion destructive ancienne et bien délimitée (GLEy, 1044), : la clinique avait pu faire sur le vivant des constatationsana- \ logues aux précédentes sur la disparition des mouvements . volontaires délicats. 4 Rappelons que l’instabilité de l’action volontaire, Here, ne à supérieure, se montre sous une forme progressive &ans la para- * “ii | lysie générale (v. Traité, II, La Pathologie mentale). « Les prefi mières imperfections de la motilité, écrivait FOVILLE, col qui se traduisent par un défaut à peine commençant dans
va
pour des travaux qui n’exigent que des mouvements d’en-
l'harmonie des contractions musculaires, sont d’autant plus appréciables qu’elles intéressent des mouvements plus délicats, qui exigent une précision et une perfection plus grandes dans leur aceomplissement. Il n’est donc pas étonnant qu’elles se traduisent d’abord dans les opérations : muscu laires gi délicates qui concourent à la phonation. Dans les membres, les lésions de la motilité n’affectent d’abord que les mouvements qui comportent le plus de minutie et de précision. Le malade peut faire de grandes marches et se servir de ses bras
semble ; mais il ne peut plus exécuter de petites Opéra-
tions délicates des doigts, sans trembler un peu eb sans s’y reprendre à plusieurs fois : on s’en aperçoit surtout si on lui dit de ramasser une épingle à terre, de remonter sa montre, etc. » (97).
Nous savons encore que l’influx nerveux, né dans les régions psycho-motrices, chemine dans les cylindraxes des
srandes cellules pyramidales; que ces cylindraxes, qui cons- :
tituent Ile faisceau pyramidal, passent dans la capsule interne puis dans le pédoncule cérébral, puis dans la protubérance, puis dans le bulbe et enfin dans la moelle, où ils constituent les faisceaux pyramidaux directs et croisés. Ils se terminent à différents niveaux du système médullo-bulbo-protubérantiel, au voisinage des neurones moteurs des cornes antérieures.
Comment concevoir le mécanisme et la nature de l’innerva-
tion volontaire qui s'exerce par ces centres et ces voies? Ceci
est beaucoup plus obscur.
Nous n’avons décrit jusqu'ici que les éléments centrifuges du phénomène et le seul mécanisme que nous concevons clairement c’est le mécanisme centrifuge correspondant. Mais qu'est-ce qui actionne les grands neurones motevrs et qu’avons-nous gagné par notre analyse si nous nous retrou-
Do toujours devant la même difficulté ?
On a d’abord pensé (c'était notamment lopinion de Fer-