‹ Traité de psychologie 1923Chapitre 70 sur 237 · AL LE · texte numérisé non relu

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üuites avec une technique plus sûre, notamment celles de GRÜNBAUM et SHERRINGTON, de KRAUSE, de C. et O. Vocr, de LEWANDOWSKI et SIMONS, d’A. S. K. LEyTon et SHER- RINGTON, de MINKOWSKI.

On sait par ailleurs, depuis longtemps, par les expériences célèbres de Ch. Bell, de Magendie, de C1. Bernard, de Mott et Sherrington, que la section des racines sensitives d’un nerf entraine la perte de la motilité volontaire dans la région motrice correspondante. Par exemple, Claude Bernard constate que la section des racines postérieures correspondant aux membres inférieurs de la grenouille, amène l’incoordination motrice et même la perte des mouvements volontaires. Mott et Sherrington, en opérant chez le singe, obtiennent des résultats analogues et ils concluent que Pimpotence motrice ainsi obtenue ressemble de très près aux troubles de la motilité consécutifs à l’ablation du territoire cortical qui commande les mouvements du membre considéré (GLEY, 1047).

De pareilles expériences mettent très bien en lumière, ainsi que le pense Gley, le rôle des sensations périphériques dans la détermination des mouvements volontaires, et les variations introduites par C1. Bernard dans ses expériences permettent de conclure que les sensations kinésiques (articulaires et musculaires) jouent, dans la détermination en question, un rôle beaucoup plus important que les sensations cutanées.

On peut concevoir alors que les mouvements volontaires soient conditionnés par les excitations sensibles qui viennent de la région sensitive correspondante aux centres psychomoteurs par l'intermédiaire des centres sensitifs. « Évoquées, écrit GLEY, les sensations cutanées et surtout kinésiques déterminent l’activité de ces centres qui sont en rapport direct avec les centres proprement moteurs (bulbo-médullaires). On comprend que si la perception de ces impressions tactiles et musculaires est abolie, l'exécution des mouvements &Gevienne impossible, Ce n’est pas que l'animal soit devenu incapable de se mouvoir ; mais, par suite du défaut d’impressions périphériques, les stimulations corticales cessent de se produire qui mettent en jeu les centres moteurs vrais (bulbo-médullaires). Toute motilité dépend en ce sens

d’impressions sensibles. À ce point de vue, le mou a

volontaire, l’action motrice corticale se rapproche singuliè- »: rement de l’action réflexe. » (1047.) C’est en vertu de co

dérations analogues qu’Arthus propose d’appeler les centres

psycho-moteurs, centres psycho-sensitivo-moteurs, dénomi- à à

nation qui correspond à une réalité physiologique, encore qu’elle ne fasse pas de distinction anatomique entre les cen-.

tres psycho-moteurs et les centres sensitifs.

Mais, s’il est établi que l’innervation volontaire dépend de la sensibilité périphérique, nous sommes trop mal fixés sur le caractère de cette dépendance pour parler de causalité et de détermination au sens intégral des termes. De ce que les

sensations cutanées et kinésiques agissent comme excitants |

et de ce qu’elles permettent le contrôle des mouvements accomplis, on n’en saurait conclure qu elles sont la cause unique et sufñsante du mouvement. Il ne parait pas, d'autre part, que la simple évocation de sensations cutanées, articulaires, musculaires suffise pour déclencher le mouvement. En dépit du rôle qu’il fait jouer aux sensations cutanées et kinésiques, GLEY pense bien, comme nous, qu’elles ne suffisent pas pour expliquer l’origine des mouvements volontaires, puisque, dans l’énumération des causes du mouvement volontaire, il fait place à la représentation de Peffet à accomplir, « localisée, dit-il, dans les centres rolandiques d'où sort le courant nerveux efférent » (1046). SOURY écrit d’ailleurs dans le même sens, en termes précis, qu’il entend par motilité volontaire « tout mouvement précédé d’une représentation préalable de l’effet à accomplir » (1018).

| Si nous comprenons bien, la représentation de l'effet à ““jecomplir devrait s'ajouter aux excitations périphériques évoquées pour les coordonner, et elle agirait alors sur les centres rolandiques d’où sortent les incitations efférentes dont elle serait à la fois l’excitant physiologique Li le modèle.

Et nous voilà conduits par les physiologistes eux-mêmes | à faire la psychologie du mouvement volontaire,

Conditions psychologiques des mouvements volontaires.

Des explications « idéo-motrices » de la volonté ont été présentées par bien des psychologues et notamment par Alexandre BAIN, dans son étude magistrale et trop oubliée sur Les Émotions et la Volonté.

Alexandre Bain y analyse, avec beaucoup de pénétration, le mécanisme du mouvement volontaire chez les adultes, c'est-à-dire le fonctionnement des différents mécanismes moteurs indépendants qui entrent en jeu sous l'influence de la volonté et qui constituent son domaine.

EL azrive à cette conclusion qu'après avoir fonetionné sous linfluence du dressage et finalement du simple commandement verbal, puis sous l’influence de limitation, par exemple dans l'acquisition de là parole, les méeanismes moteurs indépendants finissent par fonctionner sous l'influence de représentations qui tiennent lieu à la fois decommandementset de modèles.

« Une faculté plus importante de la volonté, c’est, dit-il (34), d'agir en réponse à notre désir de voir un organe parti-

<ulier se mouvoir d’une façon particulière. Lorsque nous voulons lever là main, nous tenir debout, ouvrir k bouche,

nous accomplissons des actes qui nous font atteindre le plus

haut point de puissance volontaire, bien qu’on puisse dire qu'ils ne sont que d’un degré en avant des précédents.

Pour nous guider, nous avons ici, au lieu d’un mouvement actuel en vue, un mouvement conçu ou idéal. L’assoéiation est alors entre ces notions idéales de nos actions diverses et les actions elles-mêmes. » | Nous sommes persuadés que beaucoup: de nos mouvements,

classés ordinairement comme volontaires, s’exécutent par le mécanisme idéo-moteur indiqué par Bain ; et nous pen-

sons même que les « notions idéales de nos actions» n’ont pas toujours besoin de se formuler avec: précision pour exercer

. leur influence sur des mécanismes, et qu'elles peuvent: se » réduire à un simple signal, à une formule verbale (allons ! levons-nous ! travaillons ! marchons!).

Dans tous les cas de ce genre, les plus simples comme les plus complexes, il est manifeste que notre expérience passée a associé, sous forme d’impulsions motrices et souvent avec le concours d'états affectifs qui ne sont plus nécessaires aujourd’hui, un certain nombre d’éléments moteurs à telle représentation ou à telle formule, et que la représentation ou la formule tendent, par là même, aujourd’hui, vers la réalisation.

Mais, tout en faisant à cette explication la part très large qui lui revient dans le domaine de notre activité motrice, on est bien obligé de reconnaître qu’elle est par trop simple et qu’un grand nombre de faits lui échappent. :

Une représentation de mouvement, un signal, un mot, E réduits à eux-mêmes et aux éléments moteurs qui leur sont associés, ne peuvent passer à l’acte que s'ils sont favorisés par une sorte de passivité mentale, et la réalisation parfaite des mécanismes moteurs est si exceptionnelle, sirare, quepour en trouver.des exemples purs, on serait obligé de les chercher dans les cas de distraction ou mieux encore dans les cas d’impulsion épileptique ou démentielle. T’objection n’a pas échappé à Bain puisqu'il à écrit : « Quelque bien formée que soit la connexion entre la conception et l’action, le lien intellectuel n’est pas suffisant pour que l’action naïisse sur un signe de l’idée, excepté dans les cas de l’idée fixe. »

Bain serait donc le premier à penser que, pour ouvrir volontairement la main, nous tenir volontairement debout, ouvrir volontairement la bouche, nous avons besoin de quelque chose de plus que de la « notion idéale de ces mouvements », et, de fait, il a proposé une explication de la motricité volontaire qui, sans aller contre la part de vérité que contient là théorie idéo-motrice, fait appel à un élément nouveau, l'élément affectif.

* Pour lui, toute volition motrice suppose non seulement . une représentation préalable du mouvement, mais aussi la représentation préalable d’un état de plaisir ou de peine sans lequel la volonté motrice ne peut être stimulée. Quard je vais d’un point à un autre dans une ville, j’asso- | cie avec la représentation d’un but à atteindre celle des À

mouvements nécessaires pour me déplacer, maïs ce qui me donne le pouvoir de vouloir effectivement me déplacer c’est la transposition en plaisir ou en peine, et par suite en impulsions motrices, de tous les motifs de mon déplacement. « J’ai un motif pour dessiner un cercle ; après une éducation qui m’a fait passer par les différents degrés, je trouve que la concep-

tion mentale du cercle désiré est associée en moi à une

série de mouvements de la maïn et du bras. Voilà ce qui fait

que je suis capable de tracer la figure quand j'y suis engagé

en même temps par un motif de plaisir et de peine. » (343).

Nous pourrions, conclut Bain, poursuivre et multiplier les exemples, mais dans tous nous retrouverions les mêmes principes. Nous devrons toujours tenir compte des plaisirs ou des souffrances idéales ou actuelles, nous rappeler que, grâce à une propriété de notre nature intellectuelle, le souvenir, Pidée, l’anticipation peuvent, dans tous les projets d’action, opérer essentiellement de la même manière que la présence réelle, |

Et c’est finalement à une conception affective de la motricité volontaire que Bain aboutit, le terme affeetif eomportant par ailleurs tous les degrés d’abstraction qui vont du concret le plus immédiat à la notion la plus abstraite du plaisir et de la douleur.

Charles RENOUVIER, qui connaissait les travaux de Bain, a rejeté cette conception de la motricité volontaire, mais il a commencé par l’exposer avec sa précision et sa profondeur habituelles et son exposition diffère assez sensiblement de celle de Baïin pour que nous la résumions.

On peut concevoir, pense-t-il, une forme de l'activité motrice où l’idée de l’acte à accomplir n’est pas seulement représentée dans notre conscience mais est représentée

comme possible, en même temps qu’une passion, érainte, désir, espérance produira le mouvement par le fait que le

mouvement sera attendu ou même redouté. Charles Renouvier formule ainsi cette loi : « Toutes les fois qu’un mouvement est donné par l’imagination et prévu comme possible,

ou encore qu’une certaine fin est représentée eomme pou-

vant se trouver atteinte à la suite de certains mouvements et qu’en même temps une passion plus ou moins vive, dé j crainte, ou seulement attente anxieuse et troublante, occupe la conscience, fl se manifeste dans les organes une disposition à réaliser le mouvement imaginé, en tant que leur spontanéité le comporte. » (383). peer Lt Renouvier parle, à propos de cette loi, des mouvements par lesquels se réalisent les faits bien connus des tables il tournantes, du pendule divinateur et autres faits analogues. La loi lui paraît éclater dans tous les cas de vertige, et d'autant plus qu’ils sont plus extraordinaires et plus anormaux. « J’applique ce nom de vertige, dit-il, aux cas où, contre les fins naturelles de l’individu et à son dommage, un mouvement physique se produit en suite de la représentation de ce même mouvement dont la possibilité est imaginée avec un grand trouble passionnel. Le vertige le plus vulgairement caractérisé est celui qui conduit un homme à se jeter dans un précipice, même bordé d’un parapet... Cet effet terrible de l’imagination est l'obstacle qui nous rend impraticables certains exercices dont le danger serait nul s’il n’était imaginé, non que la crainte ne suffse pour jeter dans les organes ur trouble dangereux, mais on a remarqué, et c’est là le point capital, que le mouvement redouté est précisément celui qui a le plus de chance de se produire. » (389). | A côté de ces faits pour lesquels le mécanisme invoqué par Renouvier n’est pas douteux, il en cite d’autres où le mécanisme lui paraît identique, encore que moins apparent, |. et ce sont tous les faits de locomotion quand ils dépendent, ? \ ce qui est la règle, de Pimagination et du désir, c’est-à-dire de la prénotion de l’acte et de la tendance affective qui le réa- lise. Tels sont les mouvements multiples que nous accomplissons au cours d’une journée pour nous nourrir, NOUS habiller, nous promener, écrire. Dans tous ces actes, il y a toujours représentation d’un aete considéré comme possible et réali- ;, sation de cet acte pour des raisons affectives. Dans la presque totalité des cas, pense-t-il, les choses se passent de la sorte, | aussi bien chez l’animal que chez l’homme. : 4 Mais, en dépit de la place qu’il lui fait parmi les réactions ‘4

Ur à L’EXCITATION ET LE MOUVEMENT 295 pe humaines, “Charles Renouvier se refuse à considérer cette activité motrice comme volontaire, x Pour lui, I volonté n’est ni un fait biologique ni un fait … directement lié à des faits biologiques. « Elle produit la loco- | motion dans certains cas, en ce sens qu’elle appelle ox cesse de suspendre une représentation, laquelle, en possession exclusive de Ïa conscience, est immédiatement suivie du mouvement, ceci en räison des lois qui rattachent les fonetions organiques à celles de la sensibilité, de l’entendement et de la passion. » Elle n’agit pas, à proprement parler, sur le COFPS « comme par une sorte de ressort mystique », elle n’agit que sur la représentation, et l’effort volitionnel, dans Pacception rationnelle du mot, rest le rapport de la représentation avec elle-même comme objet, et, en tant qu’appelée et soutenue par soi, de la manière et dans le temps voulu pour que des effets organiques et physiques se produisent et amè-

nent les sensations qui leur correspondent. » (399). Renouvier est ainsi amené à exclure la volonté des causes dela locomotion ou du moins il ne l’admet pas comme une cause prochaine ; la représentation imaginative et affective d’une fin reste là cause immédiate, et la volonté n’intervient | comme cause éminente que dans la mesure où la représentation devient volontaire et se prend elle-même pour objet en

sa qualité de cause.

D'autre part, la volonté se confondant, en somme, avec la

réflexion, Renouvier est conduit par la logique de sa pensée |

à la refuser à l'animal et il écrit : « Les animaux se passent de

volonté pour accomplir les faits les plus amples et les plus

développés de la locomotion; … la locomotion animale, en son | origine expresse et dans son caractère fondamental quant à __ l’ensemble de l'organisme humain, est un fait qui n’a nul raDport direct avec ce qu’on appelle volonté dans lesprit de l’homme. » (396).

3 William JAMES, dans sa monographie célèbre sur le senti- - ment de l'effort, s’est rallié à cette conception de Renouvier . au point de mettre en épigraphe, au début de son étude, la | plupart des citations précédentes, et il à fini par donner lui-

même de l’acte volitionnel une définition qui le sépare complètement de l'effort musculaire pour le rapprocher de la croyance (226-227). « Les idées, en tant que purement représentatives de possibilités, semblent placées entre le monde interne et le monde externe et forment une sorte d’atmosphère dans laquelle la réalité flotte et se joue. L’esprit peut prendre une de ces idées et en faire sa réalité, la soutenir, s’y adapter, s’y attacher. Maïs l’acte de l'esprit sera l'erreur si la réalité externe ne prend pas à son compte la même idée ; si elle la prend à son compte l’esprit connaît la vérité ; Pacte par lequel lesprit épouse l’idée est appelé croyance. La force externe ne semble nullement contrainte de prendre à son compte les adoptions de l’esprit sauf en un seul cas, savoir quand l’idée est celle du mouvement corporel. Ici la force externe (avec certaines réserves) obéit et se met sous la conduite de l’esprit, consentant à adopter, pour ainsi dire, les enfants de cette espèce que l’esprit peut concevoir. Et l’acte par lequel l'esprit prend la direction est appelé volition... Mais n'est-il pas évident, d’après cela, qu’il n’y à pas de différence intrinsèque entre la croyance et la volition. Ce que l’esprit fait dans les deux cas est la même chose. Il prend une image et dit : « En ce qui dépend de moi, que ceci soit; que ceci soit réel pour moi ». » :

Nous ne nous attarderons pas à discuter la possibilité de l'initiative, du consentement, que les deux auteurs paraissent accorder à l'esprit dans leur explication ; il va de soi que cette initiative, ce consentement pourraient s'exprimer facilement en un langage associationniste et mécaniste qui réduirait à rien le fiat et lui substituerait des interprétations moins verbales, encore que peu précises ; mais l’intérêt de la thèse est ailleurs. On y peut voir, croyons-nous, avec une grande évidence, combien la philosophie spiritualiste du siècle dernier compliquait les faits sous prétexte de les analyser et y introduisait arbitrairement des éléments réflexifs et représentatifs, à la seule fin de se donner la satisfaction philosophique de les y retrouver.

En fait, il n’est pas un mouvement volontaire, pas un seul parmi ceux que l’on considère avec raison comme les plus

caractéristiques, où l’on puisse constater, à moins de les y associæ par surcroît, les faits de réflexion et de croyance dont parlent Renouvier et James.

Nous remuons volontairement notre index, nous fermons

ou nous ouvrons volontairement la main et nous demandons qu’on nous montre, avant notre mouvement, le processus réflexif de Renouvier, la fonction de la représentation qui se prend elle-même pour objet, ou l’acte de foi de W. James, . D'autre part, nous n’admettons pas qu’il puisse y avoir, comme le voudrait Renouvier et comme le voudrait James, deux sortes d'activité superposées et distinctes dont la première servirait en quelque sorte d’instrument à l’autre, l’activité fondée sur des représentations et des états affectifs et l’activité volontaire proprement dite, fondée sur l'appel ou la suspension des représentations motrices.

Quel que soit le mouvement volontaire qu’on nous désignera, nous y retrouverons toujours plus ou moins marquées mais présentes deux conditions nécessaires et suffisantes de ce mouvement, la représentation de l’acte à accomplir et un élément affectif, désir ou tendance, qui, s’ajoutant à la représentation, en favorise la réalisation.

Quand nous exécutons des mouvements volontaires comme remuer un doigt, faire tourner une crécelle, d’où toute tendance nous semble exclue et où il nous semble que notre

volonté se marque particulièrement en se voulant comme

telle, en insistant sur la représentation du mouvement à accomplir, nous avons, en réalité, dans l’esprit.une représentation et le désir de nous démontrer à nous-mêmes notre propre motilité volontaire ou même un simple désir de jeu.

Bain ne pensait pas autre chose lorsqu'il écrivait qu’à travers tous les déguisements que prennent ce que nous appelons nos motifs, nous retrouvons toujours le plaisir et la douleur ; seulement il exprimait en termes différents ce que nous Dons les tendances.

Ces tendances ont un côté psychique et un côté moteur comme toutes les tendances (v. Traité, I, 428), et elles peuvent se manifester tantôt sous une forme confuse qui se précise sur

. un point déterminé en évoquant des représentait nté sous une forme immédiatement précise parce. qu’elles 80 évoquées elles-mêmes par une représentation. Nous pouvon éprouver le désir de faire de la bicyclette paree qu'un désir indéterminé d’exercice a provoqué la représentation de celui là, et nous pouvons également sentir naître en nous un désir d'exercice ou de jeu à la vue ou à la simple per

d’ane bicyclette, d’un jeu de pelote ou de tennis. He

L'essentiel pour que nous exécutions des motte n À volontaires, c'est, comme nous lavons dit en commençant, Ne que des mécanismes neuro-musculaires, doués d’une indé pendanee relative, soient donnés.

C’est ensuite que 1à représentation d’un acte. à accomplir, associée par lexpérience à un mécanisme neuro-musculaire correspondant, soit présente à notre esprit avec quelquesuns des éléments moteurs initiaux des mécanismes en ques tion. C’est enfin qu’une tendance motrice, un désir, fasse passer la représentation à l’acte en actionnant le mécanisme. \

Il est à remarquer, par ailleurs, que, lorsque nous sérions plusieurs mouvements en vue d’une fin, c’est surtoutsurle mouvement terminal que se fixent la représentation et la tendance et que les mouvements intermédiaires se produisent sous une forme à peine consciente, à peine volontaire et presque machinale, où nos habitudes et nos associations or motrices antérieures ont le principal rôle. Par exemple, nous éprouvons, tout en écrivant, la sensation dela soif, etlareprésentation de Pacte de boire, associée au désir correspondant, "14 entraîne toute une série de mouvements (se lever, ouvrir ‘ une armoire, prendre un verre et une carafe), parmi lesquels l’aete de boire seulement nous apparaît comme pleinement volontaire. Pour qu’un autre mouvement de la série nous apparaisse comme tel, il faut que la représentation et la tendance se fixent sur lui et c’est ainsi que le caractère de volonté, bien que naturellement attaché à l’acte final, pes se porter sur tous les mouvements antérieurs et s’en détacher . avec une extrême facilité. Ce qui favorise le détachement c’est l’habitude acquise des mouvements en question, ce qui fait apparaître la volonté c’est la part de nouveauté et d’expé- |

LA

4 j { rience nouvelle, partant de représentation et de tendance consciente qu'ils impliquent. Et c’est aussi l'attention, dans la

mesure Où, en se portant sur un mouvement, elle rend cons-

cientes tendance et représentation.

Mais l'explication reste encore insuffisante du fait que, dans les mouvements appelés volontaires, les tendances sont

- très faibles, beaucoup plus faibles en tout cas que dans

n'importe lequel des mouvements passionnels ; que les représentations préalables peuvent être schématiques, réduites à

leurs éléments essentiels et aussi pen motrices que les ten-

dances, alors que le mouvement se réalise d’autre part très complètement et trs vite. Il semble que l’on trouve dans l'effet produit plus d'énergie dépensée qe les causes invoquées n’en contiennent, et le mystère de la votonté tient dans cette disproportion apparente.

Pour sortir de la difficulté, il convient de se rappeler que les mouvements volontaires, les plus simples comme les plus

compliqués, accomplis d’abord avec une dépense considé-'

rable d'énergie et de mouvements. inutiles, accompagnés d'efforts considérables, soutenus par des tendances puissantes (la faim, la soif, la curiosité, l’amour), n’ont pris le caractère volitionnel qu’ils ont aujourd’hui qu’en se réali- Sant par des mécanismes indépendants et quasi automa- tiques que les représentations et les tendances actuelles n’ont plus qu’à déclencher.

| Comparer, par exemple, dans l'appréntissngo de la bicyclette, là quantité d'efforts, de contractions et d'émotions superilues, au milieu desquels cet apprentissage s’est fait, avec la faiblesse des représentations et des tendances ie : lables qui déclenchent, chez le bicycliste entraîné, les méca- nismes très divers et cependant associés de la direction, de lPéquilibration et du pédalage. Il arrive à n’avoir plus dans Pesprit qu’une représentation plus ou moins vague de l’effet à réaliser soutenue par un désir d'exercice, et c’est assez pour maintenir en action les mécanismes nécessaires qui s’exécu- | . tent automatiquement sans qu’il ait connaissance et à plus forte raison conscience de leur contenu.

Les choses ne se passent pas autrement quand il s’agit de

mouvements simples comme fléchir les doigts, fermer les - mains, baisser les paupières, avec cette différence que les

‘représentations sont réduites au minimum, que les méca-

pismes nécessaires ont acquis par l'éducation et l’hérédité -une indépendance et un automatisme très grands et qu’il guffit d’une tendance motrice très faible pour que les mouvements se réalisent tout à fait.

Nous ne voulons des mouvements simples ou composés qu’en décrochant des mécanismes automatiques et inconscients par des représentations-signaux soutenues par des tendances.

C’est donc par l’automatisme des mécanismes que S’explique la disproportion apparente de la cause et de l’effet.

L’illusion de la volonté, conçue comme puissance decommencement, est vraisemblablement née du sentiment de cette disproportion. Nous avons attribué à un pouvoir spirituel, représenté en l’espèce par la formule je veux, les mouvements dont les causes provocatrices, DOS représentations et nos tendances, nous apparaissent comme insuffisantes pour les produire.

Il est très significatif à cet égard : 1° que dans les cas de pur automatisme, comme les mouvements que nous accomplissons pour marcher tout en soutenant une conversation, nous n’avons aucune illusion de volonté parce que nous n’avons ni représentation ni tendance, et que les mouvements

en question, même quand ils sont conscients, nous apparais-

sent de ce chef comme involontaires.

20 Il est encore plus significatif que nous n’ayons jamais .

la tentation de chercher des exemples et des preuves de notre volonté motrice dans les mouvements passionnels violents où il y à cependant des tendances et des représentations, mais où les tendances motrices sont assez puissantes pour nous expliqner les effets réalisés.

90 T1 est enfin très significatif que l'effort musculaire nous donne un sentiment de volonté peu précis et peu intense en

dépit des représentations et des tendances motrices présentes, |

parce que ces éléments constitutifs de la volition motrice

ont pour antagonistes, dans la conscience, de nombreuses

sénsations organiques et aussi ce sentiment de la force dépensée par lequel s’atténue, au point de disparaître, le mystère de la volonté.

En dépit de l'illusion qui l'accompagne et que nous avons essayé d’expliquer, le mouvement volontaire rentre done, comme les réïlexes spinaux, bulbaires, mésocéphaliques, corticaux et comme les mouvements autochtones, sous les

lois générales qui gouvernent les manifestations les plus

simples comme les plus élevées de l’irritabilité, Ce n’est qu’un réflexe conditionnel, plus compliqué que tous les autres,

-qui, au lieu de trouver sa seule sqnrce dans des excitations

périphériques, ou dans les processus biochimiques dont les centres sont le siège, est conditionné, aussi et surtout dans son origine, par les représentations qui agissent sur nos centres psycho-moteurs comme par les tendances qui en favorisent la réalisation.

La volition n’est par elle-même qu’une sorte de sentiment intellectuel qui accompagne ces réflexes supérieurs. « Sous le nom de volonté, écrivent FRÉDERICQ et NUEL, le physiologiste doit comprendre les innervations cérébrales qui sont accompagnées de l’état psychique appelé volonté. » (402). Nous avons essayé de compléter par la psychologie le peu que la physiologie nous enseigne de ces innervations cérébrales,

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