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MARS EG

4. Le temps de l'excitation latente varie chez l’homme de 0,004 à 0,04, en moins sous l'influence de l'intensité de l'excitation et de la chaleur, d en plus sous l'influence de la fatigue et du froid. 1%

lant ainsi, on veut signifier que dans les fibres musculaires £e déroule un seul et unique processus de contraction. Cette contraction est ordinairement double dans les museles striés aussi bien que dans les muscles lisses, c’est-à-dire se eompose de deux contractions élémentaires : une primaire, rapide ou clonique, accomplie probablement par les myofbrilles, autre secondaire, lente ou tonique, accomplie probablement par le sarcoplasme.

C’est la théorie de la dualité du fonctionnement musculaire dont nous avons déjà parlé à propos du tonus. Chaque fonetion tendrait à prédominer sur l’autre, suivant que l’excitation atteint les myofibrilles ou le protoplasma et suivant ia siructure des muscles, plus ou moins riches en éléments de chaque espèce, les myofbrilles prédominant dans les muscles striés et le sarcoplasme dans les muscles lisses.

La première fonction prédomine done dans les muscles Striés, mais, si les excitations électriques sont de très courte durée chacune et suffisamment rapprochées, les secousses cloniques tendent à se fusionner dans une contraction unique qui Constitue le tétanos physiologique. Quand une secousse commence

avant que l’autre soit finie, le muscle ne se relâche plus qu’im-

parfaitement; enfin, quand les intervalles diminuent encore, il n'y à plus de relâchement apparent et le muscle reste unifor-

mément contracté pendant tout le temps que les excitations

lui arrivent. Le tétanos est dit complet ou incomplet suivant

Que la fusion des secousses est plus ou moins parfaite ; pour

obtenir une fusion complète chez Phomme, il faut, au moins, 40 excitations par seconde.

La seconde fonction prédomine dans les muscles lisses et la contraction tonique qui la caractérise serait, Comme nous l’avons vu, la contraction propre du tonus.

La contraction musculaire, telle qu’elle se produit dans les muscles striés à la suite d’excitations physiologiques volontaires ou réflexes, est considérée comme un tétanos, ear elle se

. compose d’une série de secousses isolées qui se succèdent rapi-

dement ; ce tétanos reste toujours incomplet ; il y à, en eftet, de 8 à 12 secousses dans les contractions lentes et de 18 à 20 dans les plus rapides. ji

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Qu'il s’agisse de réflexes ou de mouvements volontaires, le . tétanos s'accompagne d’une oscillation tonique du muscle qui se contracte, probablement par association de l’influx tonique cérébelleux avec l’influx moteur cortical. « Lorsque le cervelet, dit PrÉRON, n’apporte plus sa collaboration normale et que les variations toniques ne suivent plus le jeu des impulsions motrices volontaires, on à du tremblement parce que manque le support d’un hypertonus momentané, favorisant la fusion des secousses pour les raccourcissements accentués. »

D’ordinaire, plusieurs muscles agissent en même temps pour produire un mouvement : on les dit synergiques. Ces muscles n’agissent pas seuls dans la plupart des mouvements volontaires; les muscles antagonistes, qui produisent les mouvements opposés, agissent également; ils ont pour fonction de modérer et de régler le mouvement volontaire. C’est la loi de l’harmonie des antagonistes formulée en 1867 par Duchenne de Boulogne, mais à laquelle nous pouvons apporter quelques précisions et quelques réserves (GLEY, 1170).

Lorsqu'on fait porter une excitation électrique sur un point de la zone motrice corticale où elle détermine un mouvement de flexion du coude, elle détermine en même temps la contraction des fléchisseurs et le relâchement des extenseurs, ainsi que l’ont établi Hering et Sherrington en 1897. (Cf. GLEY, 1171.) |

L’excitation dite volontaire se comporte parfois de la même manière, en ce sens qu’elle provoque en même temps que l’action motrice des muscles synergiques l’inhibition des antagonistes, et il va de soi que la contraction des uns est alors facilitée par l’inhibition des autres; mais les faits ne se passent pas toujours d’une façon aussi simple.

« Les antagonistes, écrit GLEY, participent au mouvement suivant l'effet à obtenir et les conditions mécaniques. Que, dans la contraction simultanée des extenseurs et des fléchisseurs, l’action de ces derniers soit prédominante, celle des extenseurs modérera la durée, l’étendue ou la rapidité du mouvement de flexion; c’est ce qui se passe dans les mouvements qui exigent une grande précision. Au

contraire, que les extenseurs ge relâchent, pendant que se contractent les fléchisseurs, et le mouvement de flexion prend instantanément tout ce qu’il peut acquérir de rapidité et d’amplitude, mais aux dépens, à coup sûr, de la précision. Dans les mouvements statiques, dont l'effet est de vaincre une résistance qui agit dans le même sens que les antagonistes, ceux-ci se relâchent toujours; le mouvement s’en trouve donc singulièrement facilité ». (1171).

Le muscle en se contractant change de forme ; il devient plus épais et plus court et par conséquent il tend à rapprocher l’un de l’autre ses points d’attache. De là la production de ce résultat mécanique qu’on appelle le travail.

Le travail T effectué par un muscle qui se contracte est égal au produit du poids soulevé p par la hauteur h à laquelle ce poids est soulevé. T = p h. Il en résulte que, lorsque le muscle ne soulève aucun poids, quand p = 0, T — 0. A charge aulle, travail nul. De même, quand le poids est trop lourd pour . que le muscle puisse se raccourcir, quand À — 0, on peut encore écrire T = 0. Le muscle ne peut accomplir de travail effectif qu'entre ces deux limites.

La hauteur du soulèvement est proportionnelle à la longueur du muscle, c’est-à-dire au nombre de fibres placées bout à bout qu’il renferme (Jos. Bernouilli, 1721).

La force de contraction se mesure par le poids le plus fort nécessaire pour la neutraliser et dépend de l’étendue de la section transversale du muscle. Cette force de contraction est pour les muscles de homme de 7 à 8 kilogrammes par centimètre carré de section transversale.

Elle présente des différences considérables suivant l'énergie de l’excitant et l’état des muscles. Comme le dit GLEX € 154), on peut constater le rôle joué par l’énergie de l’excitant en . ayant égard seulement à l'excitation volontaire. « Que notre

. volonté atteigne immédiatement au degcré le plus intense sous » l'influence d’une passion forte, et elle pourra communiquer aux muscles une force considérable ; il est évident que cela est dû à ce que le tétanos physiologique résulte d’un plus . grand nombre de secousses. »

La force de contraction peut être appréciée à laide de

dynamomètres dont le plus connu est celui que Regnier inventa pour Buffon qui voulait connaître la force de l’homme dans les différents âges de la vie. Ce dynamomètre consiste dans un ressort d’acier en forme d’ellipse. On le prend et on

le comprime de facon à rapprocher par la pression ses deux

arcs dans le sens du petit arc. La déformation subie par le ressort estindiquée par la déviation d’une aiguille qui mesure

en kilogrammes l'effort accompli. La pression exercée par la main doit être continue et brusque. La moyenne est avec les hommes de 40 pour la maïn gauche et de 45 pour la droite ; avec les femmes de 25 et de 30.

FÉRÉ s’est beaucoup servi de ce dynamomètre pour étudier l'influence exercée sur la force de contraction musculaire par le travail intellectuel, l'excitation des divers sens,

le plaisir, l'alcool, le tabac, l'odeur du muse, les sons, 1e |

bruits, la lumière et les couleurs (A).

Il est arrivé à constater l’action dynamogène de tous ces: agents mais comme il opérait sans méthode et ne se méfiait pas assez de la suggestion, tous les résultats qu’il à obtenus sont à reprendre, encore que vraisemblables pour la. plupart.

Mosso à été un des premiers à faire la critique du dynamomètre de Regnier et des dynamographes qui n’en diffèrent que par l’appareil inscripteur qui leur est joint. Ces instruments ont, à son avis, le défaut de ne fournir aucune indication constante. «Et ceci se comprend, dit-il (B, 52), si nous pensons au nombre de muscles qui agissent quand nous serrons le poing. Les causes d'erreurs sont encore plus grandes si on veut répéter une longue série de contractions ; dans ce cas, les muscles fonctionnent alternativement, et quand Pun est fatigué, il est remplacé par un autre qui n’a pas encore épuisé sa force. »

Pandis que les nerfs présentent une résistance presque indé-

finie à la fatigue, les muscles se fatiguent, si, dans l’intervalle des excitations, ils n’ont pas le temps de récupérer leur potentie! ; il y a alors épuisement du muscle et cet épuisement est:

Pattes MI NT

accompagné d’une sensation musculaire spéciale, On voit se produire l'allongement des temps de latence, la diminution de Pamplitude et l'augmentation de la durée des secousses, ainsi que la fusion des secousses pour des excitations donnant primitivement des secousses séparées. La fatigue musculaire apparaît.

IOTEYKO, qui à écrit une série d’études sur la fatigue, donne la définition suivante de la fatigue musculaire : « C’est, dit-elle (A, 29), la diminution ou la perte de l’irritabilité par l'excitation, ce qui se traduit par ce phénomène que l’effet d’une excitation prolongée devient de plus en plus faible, bien que l’intensité de lexcitation reste constante. Pour Obtenir le même effet qu’au début, il faut augmenter l’inten- sité du stimulant, La fatigue est donc équivalente à une paralysie, maïs c’est une paralysie particulière, parce qu’elle est provoquée par un excès d’excitation. »

La cause de la fatisue musculaire est double ; elle dépend : 1° de la dépense du potentiel et en particulier des hydrates de carbone dont on sait le rôle énergétique ; 29 de l’encombrement des tissus musculaires par les résidus de désassimilation qui se forment pendant ia contraction.

La théorie chimique de la fatigue a été établie par des expériences bien connues. |

Si on fait passer dans les vaisseaux d’un muscle fatigué un

courant d’eau salée, de façon à débarrasser le muscle par un lavage des matériaux qui s’y trouvent retenus, l’excitabilité reparaît bientôt. Au contraire, si on injecte à un animal nor- mal du sang d’un animal fatigué, les phénomènes de fatigue apparaissent. De même, si on injecte dans les vaisseaux d’un . muscle normal un extrait aqueux de muscle fatigué, on pro- voque la fatigue du premier (GLEY, 1158). ; Les substances dont l’accumulation dans le musele entratne la fatigue ne sont pas connues. On sait que ce sont des substances oxydables, car l'oxygène restaure, par son-action locale, les tissus musculaires fatigués. Ainsi, un courant de sang oxygéné répare plus vite les muscles qu’un courant d’eau salée et, d'autre part, les muscles se fatiguent plus lentement “dans une atmosphère riche en oxygène (GLEY, 1158).

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On sait de plus, par les travaux de W. WEICHARDT, quelesue musculaire des animaux fatigués débarrassé des sels, de l’urée, de la créatine, de la créatinine, etc., c’est-à-dire dialysé, pro-

duit encore la fatigue quand il est injecté à des animaux non

fatigués.

Là sensation de fatigue (v. Traité, I, 338), qui apparait,

en général, d’une façon soudaine, coïnciderait, d’après LA- GRANGE et DE GRANDMAISON, avec le moment où, l’énergie

disponible étant épuisée, l'organe à besoin, pour maintenir

son fonctionnement au même degré d’activité, d'emprunter .

. un supplément de force à ses réserves et d'augmenter l’intensité des décharges nerveuses envoyées aux muscles.

Iorevxo (A, 185) estime, avec plus de précision mais

aussi avec plus d’hypothèse, qu'aux sensations de lourdeur -

et de froissement qui naissent pendant la contraction d’un muscle fatigué, viennent se joindre les altérations chi-

miques des terminaisons nerveuses sensitives et motrices intra-musculaires. L’intoxication de l’élément moteur déter-

minerait l’impotence motrice ; l’intoxication des éléments

sensitifs provoquerait une excitation qui, se portant aux .

centres sensitivo-moteurs, y déterminerait la sensation spécifique de fatigue.

Mosso, à l’aide d’un dynamographe de son invention

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