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L'INTENSITÉ DES SENSATIONS. LA LOI DE WEBER

Supposons-nous en présence d’un certain excitant, d’un poids, par exemple, appliqué en quelque région de la surface de notre corps. Si ce poids est très faible, il ne causera aucune sensation; si on l’augmente progressivement, à un certain moment nous éprouverons une première sensation,

de très faible intensité; nous serons alors en présence de

ce qu’on appelle le sewil de la sensation ou de lPexcitant.

D'autre part, si nous expérimentons avec des excitants dépassant Le seuil, nous pourrons constater aussi qu’un accroissement d’un excitant donné ne produit pas non plus nécessairementun accroissement de l'intensité de lasensation;on estainsi conduit à distinguer aussi un seuil différentiel, c'est-à-dire un minimum de différence perceptible entre deux excitants.

Des recherches très étendues ont été faites sur la relation qui existe entre l'intensité de la sensation et la grandeur de l’excitant ; en particulier, on s’est appliqué à déterminer de quelle quantité un excitant doit varier ou différer d’un autre pour qu’une différence se constate dans l’intensité des sensations (ou, plus généralement, dans leur grandeur : on à expé-

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rimenté, en effet, non seulement sur des intensités proprement

dites, mais encore sur des longueurs, des durées, ete.).

E.-H. WEBER, un des premiers, s’est appliqué à rechercher de quelle quantité un excitant doit être augmenté pour rs se produise un accroissement de la sensation. Les résultats

qu’il à obtenus, confirmés par ceux des recherches d’autres 1

expérimentateurs, ont conduit à la loi suivante, à laquelle on a donné son nom : |

L’accroïssement de l’excitant nécessaire pour produire un accroissement juste perceptible de la grandeur de la sensation est une fraction constante de cet emcitant. Si, par exemple, il faut augmenter de 1/20, c’est-à-dire de 5 grammes, un poids de 100 grammes qu’on soupèse pour que l'intensité de la sensation croisse, il faudra également auginenter de 1 /20, c’est-à-dire de 10 grammes, de 25 grammes, etc., et non plus seulement de 5 grammes, des poids initiaux de 200 grammes, de 500 grammes, etc., pour obtenir le même résultat.

S'appuyant sur la loi précédente et sur des considérations mathématiques, FECHNER à essayé d'établir, àson tour, une loi qui relierait d’une manière générale la grandeur de la sensation à celle de l’excitant. Si nous appelons S la sensation, Æ l’excitant, & une constante, cette loi se formule ainsi :

— klogE

La grandeur de la sensation serait donc proportionnelle au logarithme de l’excitant et la formule précédente permettrait de mesurer la sensation. |

On se borne souvent à considérer l’accroissement de ka sensation et on formule alors cette loi : La sensation croît proportionnellement au logarithme de l’excitant. On dira encore : La sensation croît en proportion arithmétique quand l’exci- tant croît en proportion géométrique. |

La loi de Fechner à été vivement critiquée. Fechner, pour Pétablir, suppose que les accroïissements de la sensation juste perceptibles sont, quelle que soit la sensation initiale, des grandeurs toujours égales ; l'exactitude de cette supposition est contestable. ;

Une autre objection est celle-ci : Fechner admet que la sensation et l’excitant sont de nature essentiellement différente. Or, tel n’est pas le cas. Supposons qu’on s'applique à discerner par le toucher une très faible différence entre deux poids ; la vérité est qu’on compare alors des poids, plutôt que des sensations de poids. Weber, avec raison, n’a pas opposé,

comme Fechner, la sensation et l’excitant ; il s’est borné à parler des plus petites différences éntre le poids, etc., que nous pouvons discerner.

La loi qu’il convient de retenir est, en somme, celle de Weber, et non celle de Fechner.

La loi de Weber ne se vérifie pas d’ailleurs d’une manière

absolue. Outre que des difficultés expérimentales se présentent lorsqu'il s’agit de la vérifier pour certaines espèces de sensations, on constate, dans les cas où les expériences sont

relativement faciles, comme lorsqu’il s’agit d’intensités lumi- .

neuses, de poids soupesés, qu’elle ne se vérifie assez exactement que pour les intensités modérées, ni très faibles, ni très grandes, de la sensation.

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