‹ Traité de puéricultureChapitre 10 sur 14 · HYGIÈNE DES IMPRESSIONS ET DES PASSIONS · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES IMPRESSIONS ET DES PASSIONS

Il est difficile d’établir des préceptes hygiéniques sur les impressions et sur les passions des enfants depuis le jour de leur naissance jusqu’au sevrage ; à part quelques petits accès de colère, d’impatience, l’enfant dans la première période de la vie a peu de connaissance.

Néanmoins, il faut que les mères apportent beaucoup d’attention à cet égard, car la moindre secousse, la moindre émotion, le plus petit mouvement de frayeur peuvent avoir des influences funestes*

Ainsi donc, en présence de l’enfant, pas de démonstrations brutales. Les mères et les nourrices, dontle caractère s’émeut, s’impressionne si facilement, doivent se contenir, parce que le contre-coup de leur émotion, de leurs cris d’épouvante, peuvent presque toujours trouver un écho dans le cœur de leur nourrisson, frêle et délicate organisation, se pliant facilement aux actions d’autrui, et souvent les causes les plus futiles en apparence ont dans la suite des conséquences très-difficiles à effacer.

Afin de préserver les enfants des accidents qui menacent le premier âge, il ne faut pas non plus les habituer à une trop grande sensibilité de cœur, ni les rendre trop craintifs. Céder à leurs caprices, se plier à leurs moindres désirs, ce serait pour l’avenir leur créer une position malheureuse, en les ren-

clant insupportables à tous. On doit leur résister lorsqu’on sait qu’ils ont tout ce qui leur faut et qu’ils ne souffrent pas. A cet égard, nous sommes de l’avis du docteur Donné : « que toute mère qui ne sait pas supporter les cris de son enfant n’est pas digne de l’élever. »

Du reste, dans certaines mesures, les cris

de l’enfant sont nécessaires au jeu de ses pou-

mons ; donc, toute femme qui voudra nourrir devra faire provision de volonté, de calme et de patience.

==ooOQOQOOo<=»

HYGIÈYE DE LA LlllATIOA DES MAL VIMES

L’hygiène de la curation des maladies étant du domaine exclusif de la médecine, nous glisserons rapidement sur ce sujet.

La stricte observation de tous les principes hygiéniques est la meilleure médecine de l’enfance. Moins on fera prendre de médicaments à l’enfant, mieux on réussira à lui faire une santé parfaite, une solide constitution.

Cependant l’hygiène de la curation des maladies porte sur un point qu’il est important de ne pas négliger : l’époque de la dentition.

Nous ne saurions trop engager les mères et les nourrices à bien en surveiller les différentes phases. Quelques enfants passent ces moments critiques sans trop de douleurs, tandis que d’autres soutirent horriblement et succombent.

Pendant la dentition, le sang est sujet à monter à la tête et peut provoquer des convulsions.

Pour les prévenir, il serait bon, aussitôt qu’on s’apercevrait de certains indices, tels que les rougeurs aux joues, le gonflement des gencives, de prendre conseil d’un médecin.

A l’époque de la dentition, les hochets sont très-utiles et pour ainsi dire indispensables.

Les racinesde guimauve séchéeset épluchées sont les meilleurs hochets, quoique les plus

vulgaires et de prix modique: l’on peut aussi employer avec avantage des croûtes de pain très-dures. En mâchant ces substances, les enfants exercent une pression sur les gencives, et cette opération aide le percement des dents.

Il arrive aussi très-souvent que l’enfant a des sueurs : sa tête, son corps, ses mains et ses pieds sont brûlants ; ce sont autant de symptômes d’indisposition qu’il faut surveiller.

oo O 00 O OC oc :ss™>»=

Page 1