‹ Traité de pyrotechnieChapitre 51 sur 69 · I. CHARGES · texte numérisé non relu

I. CHARGES

a) Sabots pour boulets et obus.

Les sabots sont des disques en bois déformé cylindrique ou troncconique, qui sont placés dans les bouches à feu entre la poudre et le projectile; ce dernier y entre pour une certaine partie de son diamètre, et y est assujetti; ils ont Futilité suivante:

1) Us garantissent l’âme de la pièce contre la formation du logement, et en partie aussi contre les battements.

2) Ils modèrent l’action de la charge sur le projectile.

3) Us maintiennent dans la position voulue le projectile qu’on glisse le long de l’âme.

Leurs inconvénients sont:

1) D’occuper beaucoup déplacé, ce qui gène surtout dans le transport

des munitions pour bouches à feu de campagne.,

2) Us se brisent par l’effet de la charge, et blessent les troupes amies en

avant de la batterie.

3) Les fentes qui se forment durant leur dessiccation augmentent parfois

tellement leur diamètre, qu’ils empêchent l’introduction du projectile dans la pièce.

•4) Si on les attache au bout ou dans l’intérieur des sachets, ils usent ces derniers par le frottement durant le transport.

L’avantage que possèdent les sabots de garantir l’âme des bouches à feu s efface quand ces dernières sont en fonte de fer; on peut donc s’en passer

TRAITÉ

entièrement dans ce cas. ainsi que dans les bouches «à feu à chambre qui ne sont que très-rarement dégradées par leurs projectiles. Ils sont nécessaires dans les bouches à feu longues à chambre , ou dans celles qui demandent une position déterminée de la fusée, et même dans les bouches à feu courtes quand le projectile est fragile. Dans ce dernier cas, le sabot ne peut remplir sa destination que pour autant que le projectile est en même temps léger et cède par conséquent facilement à l’action de la charge ; si au contraire le projectile est lourd, le sabot est brisé avant que le mouvement soit communiqué au projectile, qui est ensuite exposé directement à l’action de la charge et ne peut plus être garanti par le sabot. — Dans les canons de petit calibre, par exemple ceux de campagne , les avantages et les inconvénients des sabots se compensent à peu près. Dans les forts calibres, au contraire, l’avantage est prépondérant.

Le bois, même quand il est bien sec, présente l’inconvénient de se fendre beaucoup, d’être hygroscopique, d’augmenter et de diminuer alternativement en poids et en volume, et de céder de l’humidité à la poudre; les morceaux peuvent devenir dangereux pour les troupes amies en avant; aux endroits où les fibres sont coupées transversalement, ces dernières forment des angles vifs qui usent les sachets durant le transport. Il est donc plus avantageux de presser les sabots d’une masse semblable au papier mâché, formée d’étoupes foulées ou de sciure de bois reliée à la colle. Ces sabots ne sont pas beaucoup plus chers que ceux en bois. Dans les places, où ils sont consommés promptement, rien n’empêche de conserver ceux en bois.

Les rainures qui entourent le sabot, et qui servent à fixer le sachet, ne doivent jamais présenter d’angles vifs, mais il faut au contraire les arrondir et enlever les aspérités. Si les sabots sont en bois, on leur donnera une couche de vernis à l’huile de lin afin de les rendre moins hygroscopiqucs. Cette précaution dfct surtout nécessaire quand les sabots doivent rester longtemps en contact immédiat avec les charges, car ils absorbent sans cela des quantités considérables d’eau qu’ils transmettent à la poudre.

La forme la plus convenable est extérieurement un peu conique, et intérieurement elle présente le logement du projectile un peu plus qu’hc® 1 ' sphérique. II résulte de cette forme du creux que le sabot se meut avant I e déplacement du projectile, de sorte que ses bords annulent le vent et m® 11 ' tiennent le projectile dans l’axe de l’âme, ce qui empêche le logement de sc former. De cette manière ils peuvent exercer une action très-préservatrice surtout dans les bouches à feu longues de gros calibre. Un sabot en b® 5

de cette forme ne se fendille ni se voile facilement, étant déjà fixé snr le projectile.

b) Charges.

Ôn renferme les charges dans des sachets pour faciliter le chargement. Cette distribution de la poudre en petites quantités en augmente l’action hygroscopique et occasionne la formation d’une plus grande quantité de poussier par l’augmentation des surfaces frottantes. Par conséquent, la poudre, longtemps conservée et transportée en cartouches, perd beaucoup plus de ses qualités que si elle l’avait été en masses plus considérables. Lorsque les sachets sont en outre sujets à s’élargir ou à laisser tamiser le poussier, ou sont eux-mêmes hygroscopiques, la poudre soufFre encore davantage, son poids diminue considérablement, les cartouches ne peuvent souvent plus entrer dans l’àme. De là vient que l’effet des coups de canon tirés avec des munitions longtemps transportées,estloin d’être aussi favorable que dans les expériences de paix, où l’on emploie des munitions fraîches. Pour les obusiers ces effets se sont réduits jusqu’au tiers. Le tamisage du poussier à travers l’étoffe des sachets rehausse les dangers du transport; la combustibilité toujours insuffisante de ces enveloppes, et les débris en ignilion qu’elles laissent, augmentent le danger pour les servants. D’après cela, les conditions que doit remplir un bon sachet, sont de renfermer la poudre aussi hermétiquement que possible, et de laisser le moins possible de débris incandescents dans la touche à feu.

Les tissus en matière animale sont les plus convenables, parce que le charton azoté et globuleux qu’ils donnent est d’une combustion difficile, d’où résulte qu’il ne reste pas en ignition dès que la flamme produite par la poudre R disparu. Les étoffes de laine sont donc les meilleures. Lorsque le tir doit être lent, on peut faire usage aussi de la fibre de lin qui laisse un charbon plus inflammable et plus sujet à conserver le feu. — Il ne conviendrait pas de chercher à rehausser la combustibilité de l’étoffe, parce que cette comtustibilité ne pouvant jamais égaler celle de la poudre, on n’en rendrait que Plus certaine la conservation du feu dans les débris qui restent inévitablement dans la pièce; il est plus avantageux de diminuer la combustibilité du Sa chet, mais seulement lorsque le tir ne doit pas être précipité, car l’extracll °ndes grands lambeaux, qui obstruent facilement la lumière, fait perdre du te oips. D’un autre côté, l’utilité de ce préservatif disparaît en grande partie dans un tir lent.

6’étoffe du sachet doit être très-tenace et peu extensible; en employant la fibre animale on ne peut remplir celte condition qu’au moyen de tissus dont

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les éléments sont des fils, toute autre liaison présentant trop peu de résistance. Si le feutrage seul devait former la liaison , l’étoffe devrait être trèsépaisse.— Dans les tissus les interstices sont inévitables ; il s’agit donc de rendre ces derniers aussi petits que possibles. Pour voir si l’étoffe est entièrement en laine, on en trempe un échantillon dans l’eau de chlore qui blanchit le lin et le coton et fait jaunir la laine (1).

Plus les fils dont l’étoffe est tissée sont fins, plus celle-ci sera tenace, moins elle sera extensible, plus les interstices seront petits et plus sa combustion sera complète. Les fils formant la chaîne sont toujours moins extensibles que ceux de la trame, et cela parce que les premiers sont tendus durant le tissage, tandis que les seconds ne peuvent pas l’être fortement. Or, comme l’extensibilité du sachet dans le sens de la circonférence est la plus nuisible, il convient de couper l’étoffe de manière à ce que dans lés sachets la chaîne soit dirigée transversalement et la trame longitudinalement. La colle de farine employée dans le lissage diminue la combustibilité; il convient donc d’éloigner cette matière par le lavage. Pour examiner la qualité du tissu on en extrait des fils isolés dont la rupture doit produire un son audible; sans cela ils n’ont pas la ténacité convenable. Tout blanchissage ou teinlurage affaiblit la ténacité; c’est pourquoi la laine doit être employée avec sa nuance naturelle. Le foulage bouche les mailles avec certitude. La couche laineuse dans les étoffes velues d’un seul côté rend le même office, lorsque ce côté est tourné vers l’intérieur. Parmi les étoffes lisses les tissus croisés sont plus serrés que ceux ordinaires. L’étoffe doit être uniformément tissée dans toute la longueur de la pièce. Les tissus aplatis sont cassants. Plus les charges sont petites, plu s le choix du tissu exige de soins. Les tissus épais participent visiblement à la combustion des charges très-faibles. Pour les fortes charges on peut, afin de boucher les mailles, tremper l’étoffe dans l’eau d’amidon.

Moins on emploie d’étoffe pour renfermer une charge , moins les inconVC' nients s’en font sentir. De même la couture doit avoir aussi peu de dévelop' pement que possible , parce qu’elle exige le doublement de l’étoffe et qu’eP e se relâche facilement, ce qui donne lieu à des jours. Le sachet sans culot est donc sous un double point de vue préférable à celui avec culot circulaire. l jC fond du sachet se forme le plus avantageusement de deux moitiés taifi eeS d’une pièce avec la partie qui doit former le cylindre.

(i) Yoyez la note 4 du capitaine Hoffman à la fin du volume.

La couture mérite beaucoup de soins, afin qu’elle ne cède pas et ne produise ainsi des interstices plus grands que ceux que présente le tissu. Afin de produire une couture bien unie, on commence par faufiler l’une sur l’autre les deux parties à coudre. Comme le fil employé pour la couture doit être également de nature animale, pour ne pas conserver des étincelles ou s’altérer par le contact du salpêtre, que d’ailleurs le fil de laine cède trop facilement, il convient d’employer de la soie, qui de plus ne doit avoir été ni blanchie ni teinte. Parmi les diverses coutures, celle rabattue est la plus hermétique et la plus solide. Le cousage doit être exécuté par des personnes qui s’y entendent bien. Quand le sachet est cousu , on le chausse sur un mandrin juste, afin de s’assurer qu’il ne présente pas des solutions de continuité , des déchirures, etc.

Les mesures à poudre qui ont été en usage jusqu’à présent conviennent peu ; elles donnent des charges de poids différents avec des poudres de densités relatives différentes; elles sont facilement bosselées, et doivent être nombreuses. Lorsqu’on a le temps, il convient de peser les charges ; quand il faut recourir au mesurage, il est bon d’employer une mesure d’une dimension telle qu’elle puisse contenir la plus grande charge qui se présente dans les munitions de campagne. Cette mesure cylindrique est ouverte aux deux bouts; à une extrémité elle est munie d’une bride transversale traversée par une tige qu’on peut fixer au moyen d’une vis ; cette tige est fixée au centre d’un disque formant le fond mobile de la mesure. Chaque fois qu’on emploie une nouvelle espèce de poudre, on en pèse exactement une charge qu’on verse dans la mesure, puis on remonte le fond mobile jusqu’à ce que la charge affleure. On fixe alors le fond au moyen de la vis de pression, et l’on continue à mesurer les charges avec l’instrument ainsi réglé. Les très-grandes charges destinées aux pièces de gros calibre peuvent être mesurées en deux fois.

Avant d’être introduite dans les sachets, la poudre doit être époussetée , quand même elle ne contiendrait que peu de poussier. On peut exécuter cette opération en la secouant dans des sacs en toile, ou à l’aide d’un soufflet.

La poudre doit être tassée autant que possible dans les cartouches ; mais 11 faut éviter avec soin la formation du poussier qui aurait lieu si l’on secouait, frappait ou comprimait avec violence la cartouche. On introduit la charge en trois fois, saisissant chaque fois le sachet par le bord supérieur et le laissant tomber 40 à 50 fois de quelques centimètres de hauteur, par son

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fond, sur un corps mou. Ensuite on place sur la poudre un lourd disque en plomb, qu’on enlève avec précaution; puis, sans déranger la cartouche de sa position verticale, on introduit le sabot avec le boulet et on les pousse à fond. Le boulet doit être couvert d’un enduit oxifuge ; s’il rouille par suite d’un long transport, il use facilement le sachet par le frottement, parce que la rouille est rude, et qu’en pénétrant dans l’étoffe elle en altère la souplesse. On reconnaît au son d’un coup de marteau donné sur le sabot, si le boulet pose à fond dans ce dernier. Le sachet ne recouvre pas entièrement le boulet ; il est bordé d’un ourlet traversé d’une forte ficelle au moyen de laquelle on rapproche fortement les bords sur le boulet, et on le fixe par un nœud. Le sachet étant ainsi fortement tendu, est encore étranglé dans les deux rainures du sabot au moyen de ficelles: pour tendre fortement la ficelle, on fait cette ligature à l’aide de bâtons à ligature en bois. On enduit ensuite les ficelles de bonne colle forte, ce qui les empêche de garder le feu, les préserve de l’humidité et les fixe sur le sachet, qui par là ne peut pas glisser.

On introduit la cartouche dans une chemise confectionnée en papier gris trempé dans le vernis à l’huile de lin. C’est dans cet état qu’on la conserve et qu’on la transporte. Cette chemise en papier est tellement imperméable qu’on peut la mettre sans inconvénient avec le cartouche dans l’eau ; en outre elle s’oppose à l’élargissement du sachet en serge.

Il est extrêmement nuisible à la conservation de la poudre, d’empaqueter, les cartouches en plusieurs couches superposées. On doit donc chercher a les paqueter toujours debout, et ne les coucher que quand il le faut, en les mettant alors en une seule couche en cases. Les étoupes ordinaires dont on se sert pour le paquetage sont très-hygroscopiques et gâtent la poudre. Elles perdent cette propriété lorsqu’on les trempe dans le vernis à l’huile de lin et qu’on les dessèche lentement. On peut employer aussi des chiffons en laine ou de la laine brute. Il ne faut dépaqueter les munitions que dans les cas les plus urgents, enrouler les cartouches au lieu d’étouper à l’aide de la spatule, opération qui fait souffrir les sachets et qui écrase la poudre.

Pour les charges qui doivent être bientôt employées, et pour un tir lent, on emploie par économie du papier ou de la toile. Toutefois cela ne doit pas avoir lieu pour les petites charges, parce qu’elles laissent facilement des débris incandescents. Lorsqu’au contraire les charges sont très-fortes, et qu’on pourrait craindre qu’elles ne fissent crever la gargousse par leur poids, °n peut sans danger faire ces dernières en papier double. Lorsqu’on conserve pendant quelque temps les charges dans ces sachets , la fibre végétale de ccs

derniers, qui absorbe avidement l’eau et la transmet à la poudre, perd tellement sa ténacité que le papier ou le tissu tombe en lambeaux sous le moindre effort. On ne doit donc introduire la poudre dans ces deux espèces de gargousses que peu de temps avant son emploi.

La visite du papier tombe sous l’application de ce qui est dit au paragraphe 388.

Comme la fibre végétale est d’une combustioq facile, et que par conséquent plie conserve le feu, il est avantageux de rendre le papier moins hygroscopique et moins combustible en le trempant successivement dans l’alun et dans la colleforte. Relativement à l’incombustibilité, le borax et le sel ammonîac(l ) sont encore plus à conseiller. On s’assure que le papier soit suffisamment combustible en en allumant un morceau, puis en soufflant dessus pour l’éteindre, après quoi il ne doit plus rester d’étincelles.

Le collage doit se faire plutôt à la gomme ou à la colle forte qu’à l’amidon , ce dernier étant plus sujet à conserver le feu que les deux autres. La gomme à employer à cet usage doit être parfaitement pure, ce qu’on reconnaît à ce qu’elle forme une dissolution claire avec l’eau , et devient ensuite visqueuse et filante. Étant desséchée elle doit donner une masse luisante, fragile et transparente.

La gargousse en papier laisse ordinairement son culot en ignition au fond de l’âme, ou le chasse dans la lumière. C’est pour cette raison qu’on emploie v olontiers le culot en serge, qu’on coud au cylindre en papier, et dont on et npêche l’arrachement par le poids de la charge en le soutenant au moyen de deux brins de laine qui se croisent par-dessous.

Après le remplissage la gargousse reçoit une rondelle en carton, etle bord ° s t replié sur celle-ci.

On vide toutes les cartouches dans des boites en fer-blanc.

Lorsque les sachets en serge doivent être conservés vides, il faut beaucoup d e soins pour les garantir des mites. A cet effet on les trempe dans une dis-

0) Chlorhydrate ammonique.

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solution de carbonate de soude. On enferme ensuite les sachets (sans les mêler avec des vieux) dans des caisses solides dont on colle les joints hermétiquement. Il est avantageux de lier les sachets dans un sac en toile bien serrée , et de les introduire avec celui-ci dans la caisse.

c. Charges pour les armes à feu portatives..

réintroduction d’une nouvelle méthode d’inflammation de la charge des armes portatives demande aussi une modification des munitions destinées a ces armes. Il ne s’agira donc ici que des cartouches pour armes munies de platines à silex, ou de platines à percussion entièrement analogues à ces dernières.

Le papier à cartouches doit être fin ; les feuilles ouvertes contre lejourn°

doivent pas laisser voir des places épaisses, des soufflures ou des déchirures ;

de plus, elles doivent être lisses, pas filamenteuses, exemptes de grumeaux»

tenaces, ne pas sentir le moisi ni le chlore, avoir les dimensions nécessaires

et peser, réunies en un certain nombre, un poids déterminé. Si l’on emploi 0

des papiers colorés pour distinguer différentes espèces de cartouches , il f aut

vérifier avec un soin particulier la ténacité des papiers de couleur. Si le papi 01 ’

doit être longtemps conservé, il faut l’aérer souvent afin qu’il ne moisisse

pas. On doit encore confectionner une cartouche et voir si elle a les dimeO'

sions exactes à la hauteur de la balle.

Pour rendre le papier imperméable à l’humidité, on le trempe dans un ver' pis à l’huile de lin et on le laisse sécher. Ensuite on en coupe les rectangle* pour les cartouches.

Le rectangle a pour longueur 2 i fois celle de la charge de poudre ,

3 fois la circonférence de la cartouche pour largeur.

Le roulage s’exécute au moyen de mandrins en bois de même diamètre fi l,c la balle ; a lun des bouts le mandrin est creusé en portion de sphère» manière que la balle puisse y plonger de { de son diamètre. Le roulage ° sl plus facile si le mandrin est muni d’un manche.

L’amidon qu’on emploie pour coller les cartouches afin d’empêcher pertes de poudre, ne doit pas sentir le moisi; quand on le remue dans \’ eS * lh

il ne faut pas qu’il se dépose une poudre lourde (du plâtre, de la craie); il De doit pas se former d’écume à la surface, sans cela il est sujet à pourrir. Pour empêcher les souris de çlévorer l’amidon, on mêle à la farine d’amidon J de poivre pulvérisé, et on ajoute de l’absinthe pendant l’ébullition. En •"'joutant un peu d’alun on donne à la colle la propriété de se conserver plus longtemps sans se putréfier. L’amidon qu’on fait bouillir dans l’eau de colle forte, colle mieux que quand il est pur. Cette colle est composée de 16 parties de farine d’amidon sur une de colle forte.

Lorsqu’on roule, on enduit la face intérieure vers le bord externe, et la face extérieure au bord interne d’une mince couche de colle sur une largeur de ■4 à 5 millimètres, et on roule aussi fortement que possible. On place ensuite la balle dans le mandrin, qu’on retire dans l’intérieur de manière que le papier dépasse la balle d’un diamètre de celle-ci. On enduit de colle ce bout saillant du papier, on le pince par-dessus la balle, et on presse le bout ainsi fermé de la cartouche, dans un creux hémisphérique légèrement enduit d’amidon. Lorsqu’on ligature la cartouche par-dessus la balle , cette ligature se' détache souvent, ce qui fait que la balle s’échappe, et même la poudre lorsqu’il n’y a pas de ligature entre la balle et la poudre. On étrangle la cartouche au-dessus de la balle du côté où la charge de poudre doit venir. Pour cela on l’entoure d’un tour d’une ficelle mince de 0 ra ,30 de longueur fixée à un bout, et tenant la cartouche au moyen du mandrin dans la main gauche, on tend de la droite la ficelle de manière à rétrécir la cartouche au-dessus de la balle; afin que l’ctranglure soit située dans l’axe on tourne la Cartouche pendant l’opération. On ôte ensuite l’étrangloir, et on ligature avec du bon fil écru Imprégné de cire. Celte ligature empêche la poudre dé s’introduire entre le papier et la balle, ce qui rendrait la cartouche de rebut au calibre.

On mesure la charge de poudre; les mesures sont des cônes tronqués dont la petite base forme l’ouverture ; ces mesures donnent des charges plus uniformes que les cylindriques, parce que la surface d’affleurement est moindre. Les mesures sont plus grandes' qu’il ne faut. Chaque fois qu’on emploie une Nouvelle espèce de poudre, on pèse exactement quelques charges, on leâ v erse dans les mesures; si elles ne remplissent pas exactement celles-ci, on les vide et on place sur le fond de la mesure un ou plusieurs disques en papier, jusqu’à ce que la capacité soit réduite de manière que les charges pesées affleurent. Par ce moyen des poudres de densités gravimétriques différentes donnent toujours des charges de poids égaux (1); il est vrai qu’on n’obtient (*)

(*) Il est douteux qu’on obtienne des résultats plus uniformes dans les effets des petites

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pas encore par là exactement le môme effet de diverses especes de poudré, car des poids égaux d’espèces de poudre différentes donnent des résultats différents. Comme les effets de la poudré dans les armes portatives et dans le mortier éprouvette marchent à peu près parallèlement, on peut régler d’après les portées de ce dernier instrument, les charges correspondantes aux diverses espèces de poudre , et corriger ensuite les mesures de la manière indiquée.

La fermeture de la cartouche doit être faite de manière à empêcher tout mouvement de la part de la poudre, pour prévenir la formation du poussier, s’opposer à l’introduction de l’humidité, et procurer une forme bien cylindrique à la cartouche, ce qui consolide sa position dans les paquets. Par conséquent on doit tasser fortement la poudre, soit en secouant légèrement, ou en la pressant doucement au moyen d’une lourde baguette.

Lorsqu’on doit travailler rapidement, il faut se contenter de ligaturer la cartouche juste au-dessus de la poudre, et de replier l’excédant de papier le long de la cartouche. Mais lorsqu’on mord la cartouche fermée par une ligature il se présente facilement des pertes de poudre. La fermeture à employer à l’ordinaire, est le pli russo-suédo-saxon ; car il ferme le mieux la cartouche, et maintient le plus solidement la charge. Plus les plis sont vifs, et mieux ils sont comprimés plus la fermeture est forte. On se sert à cet effet d’une réglette en laiton, à l’aide de laquelle on commence par plier la cartouche tout contre la poudre à angle droit, on applatit sur la table la partie vide, puis on en relève les deux bords qu’on plie par-dessus sur une largeur de & millimètres, et on fixe bien les plis en les comprimant. Ensuite on replie a l’aide de la réglette le bout vide le long de la cartouche.

On calibre ces cartouches avec des bouts de canon de calibre, et on les empaquète par 10 ou 15. La feuille d’enveloppe doit également être imperméable , et la ficelle doit être cirée. Lorsque le soldat coud ses munitions dans une étoffe pour les longues marches, il vaut mieux choisir pour cela un tissu de laine que de la toile.

armes, en cherchant à égaliser lés poids plutôt que les volumes des charges. Car conim e i toutes choses égales, la combustibilité augmente à mesure que la densité diminue, h Cl1 résulte que la poudre la moins dense donnera à poids constants des effets supérieurs dans ce* armes. Si au contraire on mesure les charges de manière à en prendre des volumes constant 8 » la charge de poudre la plus combustible, qui est la moins dense, et qui par conséque |li ' occupe le plus de volume, pèsera moins, ce qui tend vers une compensation, laquelle ne P®-' avoir lieu quand on prend une charge de poids constant. (T.)

Pour les cartouches destinées aux armes rayées, on coupe les calpins en futaineau moyen d’emporte-pièces. On place le calpin sur la balle de manière que Je côté velu se trouve en dehors. On réunit les bords au moyen d’un fil sur la partie postérieure de la balle; cette ganse est ligaturée dans la partie antérieure de la cartouche; on trempe le calpin dans le suif, et on y coupe deux fentes en croix sur le devant de la balle.

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