‹ Traité de pyrotechnieChapitre 52 sur 69 · U. PROJECTILES ET ARTIFICES · texte numérisé non relu

U. PROJECTILES ET ARTIFICES

a. Fusées pour projectiles creux.

L’expérience a montre que les projectiles creux, lorsqu'on tombant ils pénètrent même peu dans le terrain , perdent une grande partie de leur effet explosif, et qu’en éclatant au contraire dans l’air, môme à petite distance devant le but, ils n’atteignent ce dernier que rarement et par peu d’éclats. De là résulte qu’on y attache depuis quelques temps moins d’importance comme arme contre des troupes, et il pourrait en résulter que l’obus à balles les remplaçât peu à peu entièrement dans cette destination. L’effet réel du projectille creux comme boulet, et l’impression morale qu’il produit par le Jet de flamme menaçant de sa fusée, impression qui d’ailleurs est singulièrement diminuée chez les vieux soldats qui ont vu plusieurs fois l’effet produit fie peuvent être considérés comme des motifs suffisants pour le comprendre S| inultanément avec l’obus à balles dans les approvisionnements à conduire en campagne. Toutefois aussi longtemps qu’on voudra encore l’employer , il faudra qu’on porte beaucoup plus d’attention qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, s ur la fusée, sous le rapport de l’uniformité de la combustion, de la résistance au choc de la charge, et à ceux du projectile dans les ricochets, ainsi que s ur les moyens d’empêcher le projectile d’éclater au sortir de la bouche à feu» 011 au milieu de son trajet. Quant aux fusées qui mettent le feu à la charge, ^°rsque le projectile tombe ou ricoche, elles ne peuvent servir que dans le c as où le projectile doit atteindre du premier bond, et frapper des corps durs arrivant.

Les fusées des projectiles creux qu’on transporte ou qu’on conserve longlc mps, qu’on lire à fortes charges, ou qui doivent faire leur effet môme n pFès plusieurs ricochets, doivent jouir d’une grande solidité, afin de ne pas ^ lre rompues par le choc de la charge, ou parle ricochet; de plus, le (rans-

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port et la conservation de ces fusées ne doivent pas en altérer la composition sous le rapport de la vitesse de combustion. Ces conditions ne peuvent être satisfaites qu’à l’aide de tubes métalliques ; car les fusées en bois varient trop facilement de volume, se fendillent, se rompent dans l’œil, et laissent passer le feu entre la colonne de composition et le bois ; elles cèdent de l’eau à la composition, et troublent la combustion en y participant. Les fusées métalliques deviennent encore plus indispensables pour les obus à balles, parceque ceux-ci exigent la plus grande précision dans la proportionnalité des temps de combustion avec la longueur des colonnes de composition , et surtout parceque il faut en outre qu’on puisse régler le temps de la combustion quoique le projectile soit déjà armé de sa fusée. On peut conserver la fusee en bois pour les bombes, tirées à faibles charges et sous des angles considérables, pour lesquelles on emploie la fusée peu de temps après sa fabrication. Elles suffisent aussi pour les projectiles incendiaires ou éclairants.

La construction des fusées doit, lorsque le projectile n’est pas pourvu d’un œil de chargement, être telle qu’on puisse les retirerfacilement, afin d’éviter le danger inhérent à l’extraction de celles employées actuellement. La fusee en bois doit donc recevoir une tête formant saillie, laquelle pourra , si elle ne doit plus servir à contenir la mèche de communication, être beaucoup plus solide que celles des anciennes qui s’écrasaient souvent sous les mordaches du tire-fusée. Avant de procéder au déchargement, on placera le projectile creux pendant plusieurs jours dans un local sec: alors la fusée, en se contractant par la sécheresse, sera beaucoup plus facile à retirer.

Quelle que soit la forme extérieure de la fusée, on observera en la chargeant , outre ce qui a été dit dans la section condensation , les règle 5 suivantes :

1) Il est inutile d’amorcer la fusée avec de la mèche de communication (coton trempé dans une pâle de pulvérin). Cette mèche a l’inconvénient do détruire la dureté de la partie supérieure de la colonne de composition , d’on résulte quelquefois que cette partie est chassée par suite du choc exerc® parla charge sur le projectile, et que celui-ci n’éclate pas. Il ne faut p aS davantage une amorce de pulvérin humecté d’alcool. Pour être utile elle n 0 devrait pas être composée de p. n. pur (K'Sr-f- S -f- 3C), (§§ 201 et 203)’ mais d’un mélange de p. n. et de 10 pour cent de la mixture s. n. (K?f -f-2S)* qui, ne brûlant pas si rapidement, enflamme plus sûrement.

2) Plus le diamètre de la colonne de composition est grand plus elle s’efl* flamme facilement, et moins elle est sujette à l’extinction.

3) Plus la proportion de p. n. est grande relativement à celle delà mi*'

lures. n. pins l'inflammation et la combustion continue sont certaines, niais aussi plus la condensation est difficile.

4) Une composition vive , qui contient par conséquent beaucoup de p. n. , possède encore cet avantage pour les projectiles qui doivent ricocher , que bientôt la section en combustion de la colonne de composition se trouve pré. cédée d’une partie vide du canal de la fusée, qui la garantit, et fait que même dans un ricochet prématuré sdr la terre ou dans l’eau , ces matières arrivent moins facilement en contact avec la section de la colonne qui est en combustion. De plus l’intensité de la chaleur qui est supérieure dans la composition plus riche en p. n., s’oppose mieux à l’extinction par refroidissement qu’opèrent la terre et l’eau.

5) De 2, 3 et -4 résulte que les fusées répondront d’autant mieux à leur destination qu’on disposera d’une plus grande force condensatrice.

A) Fusées métalliques servant à régler l’explosion des obus à balles munis d'un œil de chargement.

La fusée entièrement en laiton se compose de deux parties, dont l’une est fixée dans le projectile, et l’autre mobile dans la première. La première consiste en une vis métallique, percée suivant son axe, et qu’on visse dans l’œil du projectile taraudé à cet effet. Dans celte vis est fixée la douille exactement allésée de la fusée, et qui porte intérieurement une rainure de la largeur de 0 m ,0021 parallèle à J’axe. Lorsque la vis est fixée dans l’œil, on trace sur la surface du projectile, à partir de l’œil, une portion de la circonférence du méridien passant par le milieu de la rainure, et qui par conséquent indique exactement la position de celle-ci.

La seconde partie, qui est mobile dans la douille, consiste en un tube tourné, pouvant être introduit dans la douille et laissant fort peu de jeu. A une extrémité de ce tube est soudé un tenon extérieur pouvant glisser dans la rainure de la douille. L’autre extrémité porte un disque en fer blanc de0 ,n ,05 de diamètre faisant ressort. La longueur du tube est réglée d’après le temps maximum de combustion nécessaire; et la vitesse de combustion due au diamètre, au dosage et à la densité de la colonne de composition, se r ègle de manière que la hauteur de la colonne dont la combustion correspond u la plus courte distance, c’est-à-dire au temps minimum , soit égale aux * de l’épaisseur du métal à l’œil. La douille est un peu plus courte que le tube Mobile , afin que ce dernier y étant introduit et tourné autour de son axe de Manière que le tenon se trouve contre le bord inférieur de la douille, le disque s’applique fortement contre la surface du projectile autour de l’œil ,

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et que par son élasticité il maintienne le tenon en le pressant contre le bord inférieur de la douille.

Le tube est divisé sur toute la longueur destinée à sa charge en autant do parties égales qu’il y a de centaines de pas dans le maximum de la distanc® que le projectile doit franchir avant d’éclater. Ces points de division sont marqués, et on perce le tube de lumières d’un millimètre de diamètre depuis le point qui correspond à la distance minimum jusqu’à celui qui correspond à celle maximum. On ne perce pas de lumières aux points de division qui se trouvent en deçà de celle correspondant à la distance minimum. Les lumières ne sont pas disposées suivant une seule génératrice rectiligne du cylindre, mais chacune sur une génératrice différente, et cela de manière à former une hélice autour du tube. Aucune des lumières ne doit correspondre à la génératrice rectiligne passant par le tenon. Pour charger ce tube on l’introduit dans un chandelier composé de deux parties, et qui sert en même temps à obturer les lumières du tube au moyen de goujons (1) correspondants.

Lorsque la fusée est chargée, on fore la composition suivant les diamètres normaux (2) passant par les diverses lumières, et jusqu’à la paroi opposée du tube.

Le disque supérieur porte des divisions tracées suivant des rayons correspondant exactement chacun à la position de l’une des lumières, c’est-à-dire situés chacun dans le plan passant par l’axe de la fusée et par le centre de l’une des lumières. A cèté de ces divisions sont marquées les distances aux quelles correspondent les longueurs de la fusée jusqu’aux lumières qu’elles indiquent. Le disqne est percé de deux trous dans lesquels on peut introduire une clef.

La fusée mobile est frottée extérieurement d’enduit graphitique puis introduite dans la douille, le tenon glissant dans la rainure de celle-ci ; lorsq' lC

(i) Ces goujons doivent être mobiles dans le Sens de leurs axes, sans cela, comme ils sont situés sur des normales différentes, on ne pourrait pas les introduire dans les lumières correspondantes. (T.)

(a) On emploie ici le mot diamètre dans son sens général, comme désignant toute droit® passant par un point de l’axe de la surface cylindrique et s’arrêtant de part et d’autre à la surface. Par conséquent les diamètres normaux sont ceux situés dans des plans perpendiculaires à l’axe. Un diamètre normal d’une surface cylindrique est donc ce qu’on a l’habitude d° désigner simplement en disant diamètre. Si l’on forait suivant un diamètre différent du normal l’instant de l’explosion se trouverait déplacé. (T.)

DE rVROTECIINIE.

le disque est venu en contact avec la surface du projectile, on doit pousser la fusée avec une certaine force, pour amener le tenon hors de la rainure, et quand on sent à la main qu’il est dégagé, on tourne la fusée d’une fraction de tour autour de son axe, ce qui amène le tenon sous le bord de la douille, et assujettit la fusée dans cette position. On couvre ensuite avec du papier la couche supérieure de la composition.

Lorsqu’on veut régler la fusée pour une distance donnée , on tourne le disque à l’aide de la clef, de manière à en faire correspondre la division voulue avec le trait repère qui indique la position de la rainure. Alors la lumière percée pour la distance donnée correspond à la rainure de la douille, et le feu sortant par celle lumière peut par conséquent agir librement sur la charge du projectile.

■ 11. Fusées métalliques pour projectiles creux de campagne.

Régler les fusées des projectiles creux ordinaires d’après les diverses distances, serait introduire une complication tout à fait inutile, pareequemème ceux qui éclatent précisément à point ne font pas beaucoup plus d’effetque ceux qui sont à terre, et que d’ailleurs le réglage est beaucoup plus difficile lorsqu’il s’agit de différences de 40 à 50 pas, que pour des obus à balles où des déplacements assez considérables du point d’explosion ne sont pas essentiellement nuisibles. Par conséquent les fusées pour les projectiles creux de campagne peuvent être toutes de môme longueur et fixées invariablement.

La fusée est confectionnée de laiton de la meilleure qualité ; la forme extérieure en est cylindrique. Le diamètre de lame forme le tiers du diamètre extérieur, et les deux autres tiers l’épaisseur du métal. Les parois ne doivent jamais avoir moins de ^ du diamètre extérieur, parce que sans cela elles s’échauffent trop fortement et peuvent par conséquent enflammer prématurément la charge du projectile. Pour éviter une action chimique du laiton sur la charge de la fusée, il est bon de tapisser l’âme du tube en y collant du papier. La fusée n’a pas de tête, mais porte une partie taraudée au ^oyen de laquelle on la visse dans l’œil. Dans la section qui la termine par ta haut se trouvent deux trous dans lesquels on peut introduire une clef pour dévisser la fusée. On frotte la partie taraudée d’un enduit oxifnge afin qu’elle llc puisse se fixer par la rouille. L’àme est fermée par en bas afin qu’on Puisse plus facilement condenser la composition, mais elle communique à deux ouvertures latérales. En haut on coiffe la fusée par un disque en papier

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collé (V. § 408). On peut aussi tarauder, malgré sa dureté, Pœitdcs anciens projectiles.

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