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C. Fusées en bois pour siège

Ces fusées ont la même forme que celles ci-dessus , excepté qu’elles sont renforcées coniquement à la tête. On les règle en y vrillant latéralement un trou traversant le bois et la composition. Elles doivent être construites de manière à dépasser l’œil d’environ 0,013 et qu’en meme temps la partie inférieure ne vienne pas toucher au fond du projectile. On les chasse dans 1 œil au moyen d’une forte presse à vis»

Pour retirer la fusée on se sert des machines connues; au lieu des vis qur servaient à la saisir, on emploie deux mordachesformant un anneau en deux parties portant intérieurement des pointes ; au moyen de vis on peut les rapprocher de manière que les pointes entrent dans le bois et que les denuanneaux s’appliquent fortement autour du bois. Ensuite l’anneau est soulève à l’aide de la vis.

La condensation de la composition ne se fait pas par le battage, afin qu il ne se forme pas des fentes fines dans le bois, mais par la pression, la fusée étant bien serrée dans un chandelier. La fusée, d’abord trop longue, reçoit sur sa dernière dose de composition une couche d’argile; après cela elle est coupée à fleur de la composition.

D. Chargement des projectiles creux.

L’effet des projectiles creux de campagne est beaucoup moindre à la guerre que les expériences faites en temps de paix ne pourraient le faire croire. Cet effet est également beaucoup moindre que celui produit dans l’attaque et l a défense des places. On trouve sur les champs de bataille un grand nombre de projectiles creux dont la fusée n’a pas pris feu ou s’est éteinte, et un pl uS grand nombre dont la fusée, ayant brûlé, a été chassée hors de l’œil par charge sans que l’explosion du projectile en soit résultée (1). Si l’on décharge

(i) Sous ce rapport les fusées métalliques, lorsqu’elles seront assez solidement fixées dan» l’œil, par exemple au moyen d’une partie fortement filetée, auront un avantage considérai® sur celles en bois ; car elles ne pourront pas être expulsées de l’œil et éventer la charge coinn 16 ces dernières, lorsque la poudre, convertie en pulverin par le transport, fusera et produ* ra par conséquent dans l’intérieur du projectile une pression augmentant progressivement c * non un effort brusque très grand comme la poudre grainée. Elles ne livreront passage gaz que pur le canal qui contenait la composition fusante, et la section de celui-ci étant boa 11

tics projectiles de campagne qui ont beaucoup voyagé, on découvre la raison de l'affaiblissement de l’effet de la charge explosive. La poudre est convertie en poussier, soit par suite de son mouvement dans l’intérieur du projectile qui n’est qu’à moitié rempli, soit par le Frottement des morceaux de roche à Feu. Le poussier mélangé avec les parties détachées par le Frottement des morceaux de roche à Feu Forme une masse dont le mélange est altéré , le salpêtre s’étant porté vers les couches inFérieures à raison de son poids spécifique plus grand que celui du charbon, lequel domine dans les couches supérieures. Une partie de ce poussier se masse avec la poix dont on a enduit la paroi intérieure du projectile. La charge ainsi détériorée brûle comme une composition impulsive lente.

Des essais faits concernant l’utilité d’enduire la surface intérieure des projectiles d’une couche résineuse pour garantir de l’humidité la charge de poudre de ceux destinés à être conservés longtemps, ont démontré l’efficacité de cette précaution, qui doit par conséquent être employée, quoique le but primitif, qui était d’empêcber la poudre de se mêler avec la terre provenant du noyau de moulage, n’existe plus depuis l’adoption de la nouvelle méthode de moulage. Mais il faut employer pour cet enduit une résine qui ne se ramollit pas aux plus hautes températures qui se présentent en été. Parmi les résines du pin la colophane seule répond à celte condition, et il est avantageux d’ajouter encore un peu de laque en écailles (shell-lac) lorsqu’on la fond , afin qu’elle résiste encore mieux à la chaleur. La poix noire employée jusqu’à présent à cet usage se ramollit déjà lorsque les projectiles acquièrent la température de la main.

La charge explosive doit avoir aussi peu que possible la liberté de se mouvoir, afin qu’elle ne se convertisse en poussier ; il convient donc de charger le projectile complètement plein de poudre, tassée autant que possible. Un œil de chargement est avantageux pour cela, cependant on peut s’en passer. Lorsque le projectile sera chargé de manière à ce qu’on ail encore précisément la facilité de placer la fusée, le frottement de la poudre sur elle-même s e réduira au point de n’être plus nuisible.

II ne convient pas d’introduire dans la charge, quand même elle n’a que

Co «l> moindre que celle do l’œil, il est très probable qu’aucune charge même complètement Pulvérisée ne pourra plus être éventée, et que même les projectiles, d’ailleurs en mauvais par suite d’un long transport, éclateront dès que le feu sera transmis à leur charge e *l'losivc.

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peu de liberté pour se mouvoir, des eorps durs ni des matières d’une combustion lente , par conséquent pas de roche à feu. Parmi les projectiles creux de campagne il n’y en a peut-être que cinq p. 0/0 tirés dans le but d'incendier. De bons projectiles incendiaires à longue portée altein Iront mieux ce but, et il n’est pas rationnel de nuire à l’objet principal du projectile creux en cherchant à obtenir l'effet accessoire.

Toutes les considérations précédentes'ne trouvent plus d’application lorsqu’il s’agit de projectiles qui sont tirés peu de temps après qu’ils ont été apprêtes , ainsi que cela a lieu dans la guerre des sièges.

E. Eclairage.

Les projectiles éclairants sont de peu d’utilité; comme leur enveloppe doit être percée d’ouvertures nombreuses afin de livrer passage à la flamme éclairante, celte enveloppe n’est toujours que peu résistante, d’où résulte qu’on ne peut les tirer qu’à petites charges et par conséquent ne les lancer qu’à de courtes distances : de faibles plis de terrain annulent souvent leur effet ; lorsqu’ils tombent devant l’objet à éclairer ils éblouissent, et cela d’autant plus que la flamme en est plus blanche, de sorte qu’en apparence un projectile brûlant avec une flamme moins vive éclaire mieux; mais cette impression disparaît lorsqu’on porte la main devant les yeux de manière à les garantir de l’effet direct du foyer lumineux. Ils ont encore l’inconvénient d’étre faciles à enlever, ce qu’on ne peut pas toujours empêcher en tirant à balles; les grenades placées dans leur intérieur les détruisent trop tôt. Leur effet est encore le plus avantageux quand ils se brisent en tombant et que leurs parties enflammées sont dispersées en tous sens.

Il est beaucoup plus avantageux de se procurer un éclairage d’en haut à l’aide de garnitures de fusées, d’obus à balles, etc. La balle éclairante portée par un parachute a trop peu de surface lumineuse, et lorsque le vent est défavorable, elle peut porter sa lumière de manière à éclairer pour l’ennemi. Mais plusieurs gros morceaux procurent une lumière de peu de durée, il est vrai, mais complète et très-étendue, et lorsqu’on se sert de l’obus à balles, on peu 1 porter cette lumière sur chaque point désiré et à des distances considérables* Lorsqu on a deux a trois bouches à feu de fortcalibre, ctquel’ontiresuccessive* ment et à courts intervalles un de ces projectiles de chacune d’elles, on p eU * se procurer une lumière semblable au clair de lune et qui n’éblouit p aS l’observateur.

DK PYROTECHNIE.

Lorsqu'on veut avoir un projectile éclairant pour bouches a feu de jet, on emploie une carcasse en fer forgé de forme sphérique. Les côtes de cette carcasse sont plates extérieurement et diminuent de largeur intérieurement, de sorte que leur section transversale forme un trapèze. La carcasse porte aux deux pôles des calottes en tôle, dont l’une est munie de deux à trois lumières de 6 à 8 centimètres de diamètre. On tire sur cette carcasse un sac en toile très-juste ; on l’enduit d’une forte dissolution de colle, et on le ferme par la ganse par-dessus la calotte inférieure non trouée. On charge la balle avec la composition, on ferme le sac par dessus et on l’enduit de colle forte, dont on imprègne bien l’étoffe. On place ensuite sur chaque calotte un anneau en fer de 6 centimètres de diamètre, et on ligature la balle avec du fil do laiton ou de forte ficelle, qu’on fait passer par les anneaux en descendant et remontant alternativement, et de irianière que les brins successifs soient distants de 2 à 8 centimètres sur l’éqüdteur ; ensuite on fait aussi quelques tours suivant des parallèles, en fixant la Corde ou le fil de laiton par des nœuds. On donne un nouvel enduit de colle, puis on assujettit le projectile sur un sabot ou plateau au moyen de bandes de toile. Dans l’œil on place une fusée, et on fait communiquer avec celle-ci les trous d’amorce au moyen de bouts de lance à feu qu’on introduit en perçant le sac aux endroits convenables, ainsi que cela est indiqué à propos de la confection des projectiles incendiaires.

Les projectiles éclairants de fort calibre sont loin de donner une sphère de lumière proportionnelle à leur prix plus élevé ; ils sont aussi plus sujets à se briser que les petits; il est donc plus avantageux de tirer successivement plusieurs balles de petit calibre au lieu d’une grande. Le seul avantage qu’ont les grandes c’est de brûler plus longtemps, ce qui est inutile sous le rapport militaire. Dès qu’un projectile éclairant agit pendant deux minutes, on a le temps de s’orienter et de pointer les pièces.

La sphère de lumièrè qui permet de voir distinctement les objets lorsqu’il n’y a pas de brouillard est de 20 pas de diamètre environ pour la distance de 800 pas. Lorsque le vent souffle perpendiculairement à la direction du tir, la partie éclairée du côté du vent est à peu près double de l’autre, à cause de la fumée. Le temps de combustion varie de { à \ d’heure.

Pour éclairer les brèches, etc., on fait brûler dans des coupes ou plateaux de quelque matière de la composition d’artifice (§ 244), qu’on renouvelle par Portions, Comme elle brûle tranquillement sans jeter d’étincelles, elle est sans

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danger pour les munitions; elle n’est pas facilement éteinte non plus par la pluie. Au moyen de réflecteurs peints en blanc, on peut beaucoup augmenter l'intensité de la lumière dans la direction désirée.

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