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vérifier et de les développer, les théories récentes relatives à l'électricité et à la matière.
Bien que la Radioactivité soit surtout en relation avec la Physique et la Chimie, elle ne reste cependant pas étrangère à d'autres domaines scientifiques, et y acquiert une importance croissante. Les phénomènes radioactifs sont si variés, leurs manifestations sont si diverses et si répandues dans l'univers, qu'on doit les prendre en considération dans les études de sciences naturelles, et particulièrement de Physiologie et de Thérapie, dans la Météorologie, dans la Géologie. Plusieurs laboratoires scientifiques se consacrent actuellement à l'étude de la Radioactivité ; des instituts sont en création pour la centralisation de quantités relativement importantes de radium, instrument principal de recherches dans le nouveau domaine^ et en raison de ces efforts l'importance du sujet doit encore s'accroître.
J'ai publié en i()o3 un petit Ouvrage intitulé : Recherches sur les substances radioactives, dans lequel l'état de la question à cette époque se trouvait résumé. En 1900 parut l'excellent Traité du professeur Rutherford, qui a eu une édition plus récente et plus complète et qui a rendu de très grands services. Dans le présent Ouvrage j'ai essayé de donner un exposé aussi complet que possible des phénomènes de radioactivité dans l'état actuel de nos connaissances. Le plan de mon premier Livre a en partie été conservé, mais l'Ouvrage actuel comporte un développement beaucoup plus ample, conformément au développement subi par la
radioactivité.
La radioactivité est une propriété nouvelle de la matière qui a été observée sur certaines substances. Rien ne permet d'affirmer actuellement que ce soit une propriété générale de la matière, bien que cette opinion n'ait a priori rien d'invraisemblable et doive même paraître naturelle. Les corps radioactifs sont des sources d'énergie dont le dégagement se manifeste par des effets variés: émission de radiations, de chaleur, de lumière, d'électricité. Ce dégagement d'énergie est essentiellement lié à l'atome de la
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substance; il constitue un phénomène atomique; il est de plus spontané. Ces deux caractères sont tout à fait essentiels.
Nous connaissons actuellement des corps faiblement radioactifs : l'uranium et le thorium, et plusieurs corps fortement radioactifs : le radium, le polonium, l'actinium, le radiothorium, l'ionium. Ces corps se trouvent dans la nature à l'état de dilution extrême, et ce n'est pas là l'effet du hasard. Parmi les corps fortement radioactifs, le radium seul a été isolé à l'état de sel pur; dans les minerais les plus riches, ce corps se trouve en proportion de quelques décigrammes par tonne de minerai.
Les substances radioactives émettent des rayons qui ont la faculté d'impressionner les plaqvies sensibles, d'exciter la phosphorescence et de rendre les gaz conducteurs de l'électricité, mais qui n'éprouvent ni réflexion régulière, ni réfraction, ni polarisation. Ces rayons offrent donc des analogies avec les rayons cathodiques, les rayons positifs et les rayons Runtgen. Un examen attentif a prouvé que le rayonnement des corps radioactifs peut se diviser en trois groupes |^, a, y, respectivement analogues aux trois groupes de rayons qui viennent d'être nommés et cjui prennent naissance dans une ampoule de Crookes. Les rayons ^j sont constitués par une émission d'électrons négatifs, et les rayons a par une émission de particvdes chargées positivement, tandis que les rayons y ne sont pas chargés. L'émission de rayons a et de rayons [j correspond à un dégagement spontané d'électricité par les corps radioactifs. Les rayons de ces corps produisent de nombreux effets de diverse nature : effets chimiques, dont le plus important est la décomposition de l'eau; effets physiologiques tels que l'action sur l'épiderme et sur d'autres tissus, action qui est couramment utilisée pour des applications médicales. Certaines substances radioactives sont spontanément lumineuses.
Les corps radioactifs sont des sources de chaleur. Le radium donne lieu à un dégagement de chaleur de i 1 8' ■'' par gramme et par heure, et cela sans que l'état de la substance se modifie d'une manière appréciable pendant plusieurs années. Ce fait extrêmement remarquable établit une distinction fondamentale