‹ Traite de radiotherapieChapitre 12 sur 128 · I : cette mesure étant basée uniquement sur la résistance · texte numérisé non relu

I : cette mesure étant basée uniquement sur la résistance

trique de cette ampoule. Une preuve de la vérité de celte

rtion se trouve dans une observation de miss Margaret

M. Scharpe, Miss Margaret employait deux ampoules qui avaient

la même étincelle équivalente et qui étaient montées sur le même

rateur électrique. Elles étaient placées à la même distance

intenta, si une seule détermina une réaction cutanée, La

différence ne pouvait donc provenir que de l'ampoule elle-même.

Ce phénomène trouve son explication dans ce fait que les deux

ampoules étaient de fabrication différente.

Dès tors, il pouvait exister une inégalité dans leur volume;

les électrodes pouvaient être plus ou moins rapprochées Tune de l'autre, les formes différentes; les matériaux employés pour la construction pouvaient ne pas être identiques, etc. En résumé, sur la résistance totale indiquée par l'étincelle, la part présentée par l'ampoule elle-même suffisait pour faire varier la qualité des rayons.

Comment arriver à évaluer exactement la différence qui peut exister entre deux ampoules, quant à la nature ou qualité des rayons qu'elles produisent ?

Les travaux de M. Benoist ont permis d'arriver à cette solution.

On peut aujourd'hui classer les divers rayons de Rôntgen d'après leur inégal pouvoir de pénétration, comme on classe les diverses radiations du spectre solaire d'après leur inégal pouvoir de réfraction. On arrive facilement à déterminer, avec précision et rapidité, pendant tout le cours du fonctionnement d'une ampoule quelconque, la classe à laquelle appartiennent les rayons qu'elle produit au moyen du radiochromomètre .

Ce petit instrument de mesure est le fruit d'études sur les lois de transparence de la matière aux rayons X et réalise (comme le dit M. Benoist) une application précise et pratique de la méthode générale de classification des rayons X et radiations similaires que ces lois lui ont fournie.

On sait qu'il existe différentes sortes ou qualités de rayons X, se distinguant les unes des autres par leur aptitude très inégale à traverser tels ou tels corps, par exemple les os ou les chairs, absolument comme les différentes sortes de rayons colorés, qui composent la lumière ordinaire, traversent inégalement un verre rouge ou un verre bleu. Cette propriété des rayons X constitue le radiochroïsme (L. Benoist).

Le photographe doit savoir si la lumière dont il éclaire son laboratoire est bien rouge et non bleue ; de même il est indispensable à ceux qui utilisent les rayons X de savoir quels sont les rayons dont ils font usage.

hadiochhomomltiu: 71

Jusi|ii'it si, »lit M. Benoist, l'aspect des ampoules radiogèrns, leur degré de résistance éleelfiqae, mesurée par l'étincelle équivalente au moyen d'un spintermctre, enfin l'opposition plus on moins marquée entre les os et les chairs sur l'écran fluorés* cent ou sur la plaque radiographique, sont les moyens indin ls employés pour atteindre ce but. A ces procédés correspondent lesignatious toujours un peu vagues de rayons mous ou peu itratltfi, ■ I ■ - rayons durs ou très pénétrante.

Le radiochromoniètre permet d'obtenir pour chaque espèce de rayons une désignation numérique précise, toujours idenà elle-même, et indépendante de toute appréciation personnelle et arbitrai)

M *\st fondé sur le principe suivant : étant donnés deux corps de poids atomiques différente et par suite inégalement transparents aux rayons X, tels que l'argent et l'aluminium par exemple, le rapport de transparence de ces deux corps varie avec la qualité ou plus exactement avec le pouvoir de pénétration des rayons qui les traversent ; en prenant pour la commodité de la démonstration des chiffres tout à fait arbitraires, si l'aluminium est seulement 5 fois plus transparent que l'argent pour une certaine qualité de rayons, il devient pour des rayons déplus eu plus pénétrants 10 fois, 20 fois, 30 fois, 40 fois, (dus transparent que l'argent.

Pour la construction de son appareil, M. Benoist a choisi

■ 'fil et l'aluminium, parce que les variations de transparence

du premier corps sont très faibles, nulles pour ainsi dire, tandis

tfQt l'aluminium présente, an contraire, de grandes variations.

Voici, d'après la communication de M, Benoist, la description de Mf instrument :

Le radiochromuini tu est formé d'un disque d'aluminium divisé en douze secteurs, dont les épaisseurs vont en croissant de 1 h 12 millimètres. Le centre de ce secteur évidé est occupé par un disque d'argent de 0 mm. 11 d'épaisseur. Les secteurs d'alu-

minium sont distribuas comme les heures d'une montre, ce qui dispense de les numéroter, car on reconnaît immédiatement leur rang par leur place même : l'épaisseur n* 1 correspond à une heure, etc., jusqu'à l'épaisseur u° \'l qui correspond à douze heures»

L'appareil se place soit au-dessus d'une plaque radiogra-

Fig. ao.— Radiorhrnmoïiièlre de BcnoïsL

pliique, soît contre un écran fluorescent. Sur limage obtenue dans l'un ou l'autre cas, l'un des secteurs d'aluminium présente la même intensité de teinte que le disque central d'argent» C'est le numéro d'épaisseur, ou rang de ce secteur, qui constitue le degré radiochromométrique des rayons X employés et les définit complète meut .

Par exemple, on trouvera, comme sur la ligure 21, que le septième secteur d'aluminium présente la même teinte, la même inteusité d'ombre que le disque enilral d'argent. Les rayons X

RADIOCHROMOMKTfti:

qui donnent ce résultat se trouveront définis en disant qu'ils marquent 7° au radiochromomètre, ou qu'ils sont du degré 7.

Ainsi se trouve constituée une échelle de 12°, qui comprend

toutes les qualités île rayons X obtenues et utilisées jusqu'ici.

Par exemple, les rayons de dureté moyenne marquent 5* ou G°,

es rayons très durs 9* ou 10% les rayons très mous 2° ou 3°,

2 en

tl. — Aspect d'une radiographie ilu rnilioehromoinetre, vue du côté gélatine. Sur l'écran fluorescent, l'aspect fcera Inverse, ceat-ô-« il te que tes thiJTres et les secteurs correspondants seront vus dans le même sen* ♦jm*

heures dune montre.

belle comprend également les rayons émis par le radium, qui marquent eu moyenne 0",ô-

11 est aisé de repondre, au besoin, du demi-degré et même du quart de degré. Par exemple, si le disque central d'argent est plus clair que le deuxième secteur d'aluminium, mais plus foncé que le troisième, on verra aisément si sa teinte est à peu près équidis tante des deux autres, auquel cas les rayons con-

sidérés marqueront 2°, 5 ; mais si cette teinte est plus voisine de 2 que de 3, les rayons seront du degré 2 un quart ou 2,25.

Pour faciliter cette comparaison de teintes, il convient de poser sur la plaque radiographique, que Ton observe après développement, un disque de papier noir présentant une échancrure en forme de secteur, qui permet d'isoler successivement chaque secteur d'aluminium, en même temps que la portion contiguë du disque central d'argent. On opérera de même en observant l'écran fluorescent, mais en remplaçant le disque de papier noir par un disque de plomb échancré.

La lunette radiochromométrique contient le dispositif complet tel qu'il est nécessaire pour l'observation directe des ampoules productrices de rayons X, leur réglage, leur emploi méthodique. Elle se compose d'un corps de lunette, en cuivre épais, dont une extrémité porte une bonnette s'appliquant exactement contre l'œil et le mettant à l'abri de toute lumière étrangère. L'autre extrémité porte un écran fluorescent contre lequel le radiochromomètre se place extérieurement, grâce à un mouvement à baïonnette. Un disque de plomb échancré, placé comme un bouchon d'objectif, recouvre le radiochromomètre, dont il démasque successivement, quand on le fait tourner, les différents secteurs. Il suffit de diriger la lunette vers l'anticathode d'une ampoule radiogène, et Ton voit rapidement quel est le secteur d'aluminium qui donne la même teinte que le disque central d'argent. On obtient ainsi le degré radiochromométrique des rayons fournis par cette ampoule.

Avec un peu d'habitude, on arrive vite à ce résultat : pour les débutants, nous conseillons l'usage intermédiaire de la plaque photographique.

L'emploi du radiochromomètre permet de donner à la technique des rayons X une précision comparable à celle que le réglage des températures retire de l'usage du thermomètre.

Grâce à cet instrument, il est possible de fixer, pour chaque

RADIOCHROMOMÈTRE

ampoule radiogéne, les conditions de réglage électrique lui per- \ni de donner des rayons X d'un depré radiochromométriqne déterminé. Telle ampoule, alimentée par une bobine et un interrupteur donnés, avec tant de volts et tant d'ampères» donnera, par exemple, des rayons de degré 2 lorsque l'étincelle équivalente, mesurée au spin terme tre, aura une longueur de ftlîaètoe, des rayons de degré <î pour ttH« étincelle équivalente de iÛ centimètres, etc.

On constate ftinei que le même réglage électrique ne donne ssnirement la même qualité de rayons d'une ampoule à une autre.

Il y 4, entre les ampoules, de grandes différences, ce qui est du reste conforme aux lois générales de transparence, d'absorpi\ d'émission, établies par M. Benoist. Ainsi, une anticalliode d'aluminium a donné des rayons de degré ^Ji dans h-s méint s conditions de réglage électrique où une anticathode de platine donnait des rayoDâ cl** degré 6.

l'ar contre, on est à peu près certain que, pour une ampoule donnée, accouplée au même spinter mètre, avec un courant dont h- voltage et rampèrage restent Constants et les interruptions identiques, on obtient toujours, nu h peu préa toujours, !,■ même degré ou radiochromomètre, que l'expérience soit renouvel deuXj quatre, huit, quinze jours d'intervalle*

On comprendra tout [Intérêt de cette mesure, quand on saura qu'en radiothérapie i] lautemployor des rayons X de pouvoir de pétition connu et constant, autrement dit de qualité déterminée. Le radiochromomètre devra donc faire partie de toute installation radio théra pique.

Il faut eependenl remarquer que le degré de pénétration donm* >■* -t j n si ruinent s'applique aux rayons les plus pénétrants. En effet, les radiations émises par une ampoule sont multiples et u\>itt pas nécessairement toutes la même nature ni la mém^ qualité. Le radiochromomètre indique le degré des rayons les plus

*fè DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

pénétrants, il ne dit pas du tout s'il y en a ou non de moins pénétrants ; il indique le maximum et non le minimum. Cette considération est toute théorique, bien entendu, car la différence de pénétration des multiples rayons produits par une ampoule, à un moment quelconque de son fonctionnement, doit être relativement peu élevée. Cette remarque ne diminue en rien l'utilité de cet appareil.

Enfin, dernièrement, M. Benoist a construit un nouveau modèle de radiochromomètre marquant les demi-degrés. Les lames d'aluminium n'ont alors qu'un demi-millimètre d'épaisseur.

Différents modèles ont été fabriqués à l'étranger d'après ce principe.

§4- — Chromoradiomètre.

Possesseur des instruments que nous venons d'énumérer, nous pouvons à volonté faire varier le degré de vide de l'ampoule et savoir exactement si les rayons émis appartiennent aux rayons pénétrants ou aux rayons peu pénétrants.

Mais un facteur que nous ignorons totalement, c'est la quantité de rayons X qui peut arriver au contact de la surface éclairée et par suite être absorbée par celle-ci.

Ce facteur a cependant, en radiothérapie, une importance capitale, puisque, comme nous le verrons plus loin, la réaction de la surface traitée dépend essentiellement de la quantité de rayons qui frappe la peau et qui est absorbée par elle.

C'est en 1902 seulement que cette lacune a été comblée. C'est en effet à cette époque que le docteur Guido Holzknecht présenta au II6 Congrès international d'électrologie et de radiologie médicales un petit instrument de son invention, qu'il appela le chromoradiomètre .

L'inventeur s'est basé, pour la recherche de son instrument, sur cette loi établie par Robert Kienbôck que « le degré de réac-

CHHOMORABIOMèTHE 77

tion dépend essentiellement de la quantité de rayons absorbée par la peau ». Il a cherché un moyen de mesurer directement cette quantité, ou du moins la quantité de rayons X qui vient frapper la peau.

Le photographe, désireux, dans le tirage de ses épreun dat teindre et de ne pas dépasser un degré d'exposition déterminé, emploie un papier témoin, capable de noircir ù la lumière; il arrête l'opération quand ce papier, comparé à une échelle de teintes servant d'étalon, est précisément parvenu à la teint ► choisie. A son exemple, le docteur Holzknecht a cherché une substance capable de se colorer sous l'influence des rayons de R&ntgeo, pour la placer sur la peau au voisinage de la région à traiter, pour mesurer, d'après son degré de coloration, la quantité de rayons absorbée et pour arrêter l'opération aussitôt que la quantité choisie est obtenue.

Avant d'entrer dans le détail de cet appareil, il est intéressant de voir comment l'inventeur a été conduit à sa découverte.

Dans une série de travaux, publiés à l'Académie des sciences de Berlin, Goldstein a montré que certains sels se coloraient sous l'action des rayons cathodiques. Ces couleurs consécutives prennent naissance, soit dans des sels à la température habituelle, soit à la suite d'un chauffage préalable de ceux-ci. Ainsi, le chlorure de sodium se colore en brun jaune et le chlorure de potassium eu violet.

D autres substances s'échauffent fortement pendant Tirradialion et prennent des colorations diverses, comme le chlorure de lithium, qui se colore en jaune vert, et le carbonate de potasse en héliotrope.

Mais toutes cee colorations disparaissent dès que les substances qui les ont prises sont exposées à la lumière du jour nu 1 une tampérature élevée- Ce changement de couleur tent-il d'une modification chimique du produit ou d'une allô* île physique ? La question est discutée.

Plus tard, Goltlatein montra que les rayons cathodiques w possèdent pas seuls cette propriété, mais que les rayons ultraviolets pouvaient aussi produire ces colorations.

En plus, il soutint l'hypothèse que les rayons cathodiques, aussi bien que les rayons de Rôntgen et les rayons de Becquerel, ont, avec des différences de propriété très importantes, cette propriété commune qu'aux points où ils tombent et sont absorbés, ils se transforment en rayons ultra-viole ts, et qu'à cette propriété sont dus tous les effets consécutifs à leur absorption par les différents corps. Il appuya cette manière do voir sur le Tait que tes nombreuses actions déterminées par l'absorption de ces quatre espèces de rayons ne diffèrent pas d'une espèce à l'autre.

Si rhypotlièse était exacte, si du moins elle n'était pas stérile, les colorations secondaires de Goldstein devaient, dit Holzknecht, pouvoir être produites non seulement par les rayons cathodiques, mais aussi par 1rs rayons d<- Hôut^en. .Millier et Butiner dans leur manuel (Knapp, Halle) avaient, il est vrai, soutenu le contraire*

L'expérience confirma l'hypothèse d'Holzknecht; il constata, en effet, que les rayons de Rôntgen produisent les mêmes effets colorants que les rayons cathodiques, fait qu'avait déjà montré Villard, en France, La principale différence, c'est que les rayons cathodiques, ne pénétrant pas les cristaux à plus de quelques centièmes de millimètre de profondeur, en colorent seulement la surface, tandis que les rayons de Rontgen, qui les traversent dans toute leur étendue, en colorent la masse tout entière* L'intensité de la coloration, pour une épaisseur déterminée de ces sels, est proportionnelle à la quantité de rayons absorbés.

Poursuivant ses études sur le pouvoir de coloration des rayons de Rûntgen, Holzknccht a découvert que certains sels, après fusion» dissolution mutuelle et refroidissement, se colorent autrement qu'à l'état de mélange pulvérulent*

Enfin, il arriva à trouver une solution saline qui prit une

CHRuMOB\DtOMKTUfc;

coloration d'une intensité proportionnelle a la quantité de rayons Uuntgen absorbée et qui conserva cette coloration à la lumière du jour. Il ne donne pas la formule de ce produit.

Il en a Fait U principe de son chromoradiomètre.

M. le docteur Béclère, qui est allé a Vienne en étudier de visu le mode d'emploi sur les malades, le montra le 6 novembre 1902

Fir., 2*jl — Chromo radiomètre dlIolzknechL

a la Société de dermatologie et de sypiuligraphie, en donnant quelque! détails sar sa construction et la manière de s'en servir.

i Le chromoradiomètre dHolzkneeht, que je vous présente, se compose de deux parties : 1° une série de réactifs isolé* ; 2° une échelle graduée qui sert d'étalon.

« Chaque réactif consiste en sels colorables par les rayons de Itùntgen, incorporés dans une substance transparente et contenus dans un petit godet. C'est ce godet qu'on place, au ocwfl opérations radiothérapiques, sur la peau du patient, tout u\\ mage de la région à traiter, de manière à ce qu'il reçoive

Su DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

et absorbe la même quantité de rayons que celle-ci. Aussi, pour chaque nouveau cas à traiter, on fait usage d'un nouveau réactif ; le carton sur lequel est fixé le godet de sels colorables est destiné à recevoir les notes concernant le malade.

« L'échelle graduée est formée de douze godets du même genre enfermés dans une boite, qui les préserve de la lumière, et ils présentent une coloration bleu verdâtre dont l'intensité s'accentue graduellement d'un bout à l'autre de la série. A chaque degré de l'échelle se trouve un chiffre qui indique la quantité de rayons absorbée, d'après une unité que l'inventeur a choisie, et que, sans la définir, il désigne par la lettre H.

« L'échelle s'étend de 3 H à 24 H.

« La règle générale pour l'emploi de cet instrument est de placer, dans chaque cas, un réactif tout au voisinage de la région à traiter et d'interrompre de temps en temps l'irradiation, dans le but de comparer la coloration du réactif à l'échelle qui sert d'étalon, jusqu'à ce qu'il ait atteint précisément le degré de coloration désiré. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de l'obtenir en une seule séance ; mais, en attendant une séance nouvelle, il faut conserver dans l'obscurité le réactif qui vient d'être employé. On doit savoir que, si la première et la dernière séance sont éloignées de plus de cinq jours, il convient d'atteindre une coloration un peu plus intense, parce que dans l'intervalle la peau a eu le temps de se remettre en partie des impressions encore invisibles qu'elle a reçues des rayons de Rôntgen. »

Quant à la quantité de rayons qui doit être absorbée dans chaque cas particulier, elle est essentiellement variable. Elle varie, en effet, suivant l'âge du sujet, suivant la région de la peau, suivant que cette région présente ou ne présente pas de phénomènes inflammatoires, suivant la nature du processus pathologique dont elle est le siège et suivant qu'on se propose de l'irriter très légèrement, de la dépiler, ou de détruire les productions morbides qu'elle contient.

en novon\r>JOM être

« Les avantages de cette nouvelle méthode de dosage, disait M, Béclère, sont si évidents qu'il suffit de les brièvement énumérer. Par sa sûreté, lu facilita do son apprentissage et de son mouvement, elle met la radiothérapie à la portée de tous les médecins qui s'occupent des affections cutanées et «U- leur traitement. Par la possibilité qu'elle donne d'atteindre rapidement et de ne pas dépasser la dose thérapeutique, elle abroge la durée des cures a l'aide des rayons de Rôntgen et réduit au minimum les risques de divers genres que ces cures entraînaient pour les malades et les médecins à la fois. Enfin, grâce à la comparaison qu'elle permet entre les observations de toutes ' -minces et à la commune mesure qu'elle leur fournit, on peut prédire que la radiothérapie lui devra ses futurs perfection* nements. C'est seulement avec son concours qu'on pourra détermiin-r exactement le degré de réaction cutanée qui convient le mieux au traitement de chaque processus pathologique, la quantité de rayons que réclament dans ce but les différentes régions de lt peau, les différents âges, les différents étale morbides, enfin le mode d'absorption, à dose massive ou â doses Fractionnées et diversement exposées, capable de donner dans chaque affection les résultats les plus favorables, n

Enfin, il faut remarquer que la méthode d'HoIzkfiecbt peut l'appliquer aussi aux radiations complexes émises par les substances nulio-aetives. On sait combien est inégale et difficile à lurer l activité des divers échantillons de ces substances. Pour mesurer la quantité de rayons qu'une substance radio-acimuiédiatement uu médintement appliquée SUT la peau pendant un certain temps, pourra lui faire absorber, il suffire de rrir, dans les mêmes conditions que la peau, un godet de cette substance jusqu'à ce que Ton ait obtenu le degré de coloration correspondant à l'unité IL Un calcul très simple donnera le nombre d'unités qui serait absorbé en une heure, et ce nombre pourra désigner, au point de vue thérapeu-

IIKLOT- £

tique, le degré d'activité de cette substance. On dira par exemple qu'elle peut en une heure faire absorber à la peau une quantité déterminée de radiations, exprimée en unité H, comme on dit d'un accumulateur qu'il est capable de fournir en une heure un nombre déterminé d'ampères.

Il n'est pas indispensable en radiothérapie de se servir à chaque application d'une nouvelle pastille d'Holzknecht. La même peut servir jusqu'à ce qu'elle ait atteint la coloration maxima correspondant au degré maximum de l'échelle. La pastille peut alors être régénérée en l'exposant pendant un temps convenable à la lumière, mais reprend rarement une teinte identique à celle qu'elle avait étant neuve.

Comme l'appareil d'Holzknecht est cher (puisqu'on ne livre avec l'échelle que douze pastilles témoins), difficile à se procurer, nous avons adopté pour son usage un procédé analogue à celui dont nous nous servons pour le radiochromomètre de Benoist.

Pour cela on détermine, en un temps donné et avec une intensité donnée, la quantité d'H absorbée par la peau, et on produira toujours à peu près la même qualité en se plaçant dans des conditions identiques.

Ainsi, par exemple, on déterminera (pour une distance donnée) la quantité d'H que l'on peut faire absorber en 15, 20, 25, 30 minutes, et on saura qu'en se plaçant dans les mêmes conditions on fera toujours, ou à peu près toujours, absorber la même quantité.

Ces déterminations pourront être faites également pour les différentes distances séparant la peau de l'anticathode, et on établira ainsi une sorte de table, qui indiquera, pour l installation dont on dispose, le temps pendant lequel il faudra exposer un malade aux rayons X pour lui faire prendre la dose active désirée. 11 sera toutefois prudent, à cause de la variation (possible) du rendement des appareils (machine statique), et surtout des altérations que peuvent subir les ampoules, de vérifier de temps en

CUROMORÀDIOMÊTBE 83

temps l'exactitude des chiffres établis. De cette façon, on évitera toute cause d'erreur*

llolzknecht et d'autres auteurs ont indiqué sommairement s qui conviennent aux divers cas.,, mais ces indications seront étudiées dans une autre partie de cet ouvrage.

Cette méthode, parfaite au point de vue théorique, est d'une réalisation souvent difficile ; elleesl loin, en pratique, de répondre espérances que Ton aurait pu fonder sur elle. Il Tautavouer, comme le fait justement remarquer M. Huguier - sa thèse sur les mesures exactes en radiothérapie, que l'appréciation des teintes présente une réelle difficulté. Les difie- . s de tnns entre chaque godet de l'échelle étalon ne sont pâl très accentuées, et on est souvent bien embarrassé pour 1er exactement le godet en expérience. Il faut un bon éclairage pour arrive* h un résultat satisfaisant, procéder par cornusons respectives, et souvent aussi, nous nous sommes bien trouve de regarder les godets à comparer à la pleine lumière du jour et sous une certaine incidence»

Ru outre, lorsque, comme M. Ûudiu, on emploie en thérapeutique des rayons très peu pénétrants, et par suit»' 1res actifs» pendant un temps très court, il faudra arrêter a chaque instant L'expérience pour vérifier la teinte du godet témoin, trop heureux si, en un temps aussi court, le godet s'est coloré de la teint i correepondante*

D'autre part, il faut se demander si un godet qui a subi une exposition prend immédiatement la teinte équivalente i laquande radiations absorbée ; eu un mot, la réaction colorante se produit-elle instantané me ni

Noua avons observé quelquefois que le changement de coloii n'était pas immédiat- Une pastille montée à 5 II est examinée le lendemain ; elle s'est élevée à 7 H ; elle avait été con- "v. dans l'obscurité.

même, deux pastilles exposées à la fois devant la môme am-

DES MESURES EXACTES El* RADIOTHÉRAP

poule ne prennent pas toujours exactement la même teinte. On constate parfois une petite différence, mais il faut bien dire que ces variations sont exceptionnelles*

Huguier, dans sa thèse inaugurale, relate quelques variations analogues.

Maigre ces imperfections, il faut reconnaître que tel quel le chrornoradiomèlre rend en radiothérapie de très grands services, Grâce à lui, on peut désormais avoir un moyen de contrôle et un terme de comparaison pour les applications radiolhérapiques et pour les publications. Nous devons savoir, en effet, que toutes les autres indications techniques n'ont de valeur scientifique qu'autant que Ton peut fixer la quantité de rayons X absorbée; seule la méthode d'Halzkneeht indique cette quantité d'une façon le plus souvent sufiisamment approximative.

11 faut espérer, en outre, qu'on arrivera à perfectionner l'instrument, et, le jour où nous aurons entre les mains le témoin fidèle et commode que nous souhaitons, il faudra remercier Holzknecht d'avoir découvert cette ingénieuse méthode : le chromoradiomètre est en radiothérapie ce qu'est le photomètre en photographie.

Des tentatives ont été faîtes dans cette voie par plusieurs expérimentateurs ; on a essayé d'utiliser le changement de coloration du platino-cyanure de baryum, mais la difficulté réside dans la fabrication de l'échelle. Il faut en effet trouver une substance qui conserve relativement fixe la coloration qu elle a prise; sinon rétalon devra être fuit à l'aquarelle, ce qui complique la situation.

Dernièrement, Frcund a fait connaître un nouveau radio mètre de son invention, auquel il attribue de grands avantages sur celui d1 Holzknecht. L'appareil est basé sur le changement de coloration que subit, sous l'influence des rayons X, une solution à 2 p. 100 d'iodoforme pur dans le chloroforme. Cette solution conserve sa coloration normale pendant A8 heures. Dès qu'elle est exposée aux rayons X, la couleur change par suite

CHROMORADIOMÈTHE 85

du dégagement d'iode. La sensibilité est telle qu'on peut constater une différence de teinte entre deux solutions identiques, dont l'une a été exposée pendant 3 minutes à une ampoule en activité et dont l'autre n'a pas été irradiée. Ce réactif* dit Freund, est bien plus sensible que celui d'HoIzlcnecht, puisqu'en 6 minutes il prend une teinte équivalente à celle prise en

10 minutes par les pastilles. Le verre du récipient n'empêche

les phénomènes de se produire.

Nous ne connaissons pas cet appareil, mais il nous semble d'un usage plus délicat que celui d'Holzknecht»

Au moment où nous mettons sous presse, M. Sabouraud veut bien, sur notre demande, nous communiquer une intéressante méthode de mesure qu'il a établie avec son intelligent collaborateur le docteur Noire.

Nous le remercions vivement de nous avoir donné les prémices de cette découverte, et nous allons reproduire textuellement la note qu'il a eu l'obligeance de nous remettre.

Procédé de MM. Sabouraud et Noire, radiomètre X. — Jusqu'ici il n'y avait qu\m moyen de mesurer la somme des rayons X ibsorbéa par la peau en une upératiuu, c'était de se servir des pastilles d'Holzkneeht.

Ces pastilles avaient beaucoup d'avantages. D'abord elles fournissaient une mesure qu'aucun autre moyen ne pouvait donner.

Leur emploi, eu outre, était des plus commodes et des plus simples. Elles avaient pourtant un grand nombre d'inconvénients.

D'abord c'était une spécialité.

Pour en obtenir, on était donc tributaire d'un seul marchand.

11 a été facile de mesurer cet inconvénient en France, où depuis G mois et plus il est quasi impossible de s'en procurer. Cette spécialité, de composiliim secrète, avait un autre ineon- \ «nient sérieux, celui d'être vendue à un prix extrêmement élevé.

Chaque pastille était vendue 2 fr. 50 pièce. Elle pouvait, il est vrai, resservir un certain nombre de fois, mais chaque fois le réactif perdait de sa valeur et de son exactitude.

Enfin un gros inconvénient peu connu des pastilles d'Holzknecht était celui-ci. Après avoir été exposées aux rayons X, lorsqu'on les soustrayait à l'action de ces rayons, leur teinte continuait de virer ou de s'accentuer davantage. Ainsi leur teinte à la fin d'une opération était inexacte. Il fallait dans chaque opération tenir compte, par à peu près, du virage après coup.

Tous ces inconvénients sont supprimés par la méthode apportée par Sabouraud et Noire. Cette méthode emploie, comme réactif mesurant la somme des rayons X reçus par la peau en un temps donné, du papier au platino-cyanure de baryum. C'est le papier dont on fait les écrans spectroscopiques (émulsion au collodion et à l'acétate d'amyle).

Ce papier vire à la lumière des rayons X. Plus il en reçoit, plus il vire ; la teinte obtenue est comparée à une série de teintes fixes aquarellées, échelle de trois teintes comprenant :

1° La teinte du papier au platino-cyanure de baryum non viré;

2° La teinte correspondant à 4 unités H d'Holzknecht, c'està-dire à la quantité des rayons X qui donne le premier effet thérapeutique appréciable ;

3° La teinte correspondant à 5 unités H 1/2 d'Holzknecht, c'est-à-dire celle qu'on ne peut dépasser sans déterminer sur la peau le premier érythème radiodermique.

Le papier au platino-cyanure de baryum, utilisé comme les pastilles d'Holzknecht, présente sur elles un grand nombre d'avantages :

1° Ce n'est pas un moyen secret. Non seulement tout le monde peut s'en servir, mais chacun est libre da chercher à l'améliorer ;

2° Son prix de revient est presque nul ; un écran vendu

CHROMORADrOMKTRE 87

îS francs peut faire raille fragments, dont chacun est suffisant pour une séance ;

3* A la rigueur on pourrait se servir plusieurs fois du moine fragment, après l'avoir exposé à la lumière jusqu'à ce que ses teintes de virage s'effacent;

4* Son virage s'arrête immédiatement quand cesse son exposition aux rayons X ;

5° Sa teinte est beaucoup plus facile à apprécier par rapport à l'échelle de Sabouraud et Noire que celle des pastilles d'Holzknecht par rapport à leur échelle correspondante.

Ce papier réactif a deux inconvénients qu'il faut reconnaître, et sur lesquels Sabouraud et Noire insistent beaucoup:

1° 11 dévire extrêmement vite lorsqu'on l'expose à la lumière* Quand donc on veut apprécier sa teinte, il faut la comparer BMi retard avec les teintes de l'échelle, car en quelques minutes le papier pâlit et sa teinte s'efface. Mais il suffit d'être averti de cet inconvénient pour savoir comment l'éviter ;

2° Un autre fait des plus importants est le suivant :

Le papier au plati no-cyanure de baryum est moins sensible aux rayons X que les pastilles tf Holzknecht. Tandis (jue celles* ci doivent être placées à une distance du centre de ll ampoule le à celle où la peau se trouve placée, il n^en est pas de même pour le papier réactif de Sabouraud et Noire, Celui-ci doit être placé à hait (S) centimètres du centre de F ampoule t tandis f/ue ta peau du patient est placée à 15 centimètres.

Ce fait est capital et ne doit pas être oublié, mais il suffit de le connaît! '*

Dans ces conditions, le papier au plati no-cyanure de baryum est d'un emploi extrêmement facile et donne à l'opérateur et à l'opéré une sécurité absolue, que rien jusqu'ici n'avait pu permettre.

Cette méthode utilise le changement de coloration du platinocyanure de baryum : fait connu depuis déjà quelque temps. MM. Sabouraud et Noire sont arrivés à établir une petite

échelle de trois teintes, dont la lecture est facile. Ils ont bien voulu nous en confier un exemplaire, et nous nous proposons d'essayer leur procédé. Il réunit de nombreux avantages, est d'un maniement très facile, peu dispendieux, et nous sommes convaincu qu'il est appelé à rendre de grands services en radiothérapie. Peut-être peut-on lui reprocher d'employer un réactif témoin dont le virage est rapidement modifié par la lumière du jour. L'échelle aquarellée est délicate à obtenir, partant les colorations quelquefois difficiles à comparer, par suite de l'aspect toujours brillant du platino-cyanure.

Mais ce sont des inconvénients qu'il suffit de connaître, et ils ne diminuent en rien la valeur de la méthode.

Dernièrement, MM. Sabouraud et Noire ont modifié leur appareil; ils ont supprimé les teintes intermédiaires de l'échelle, pour ne laisser que deux pastilles : l'une de teinte normale (pastille neuve) et l'autre correspondant à 5 unités H de l'échelle d'Holzknccht, quantité qu'on ne peut dépasser sans déterminer sur la peau le premier érythème radiodermique (Sabouraud). L'appareil se trouve donc réduit à sa plus simple expression. Il n'en est pas moins pratique, car il suffit de prolonger le temps de pose proportionnellement au temps nécessaire à l'absorption de 5 H, si Ton désire dépasser cette quantité.

Il est cependant loin d'égaler le chromoradiomètre d'Holzknecht. A ce propos, nous dirons que, tout dernièrement, cet auteur a, lui aussi, modifié son appareil; mais les anciennes échelles de teintes peuvent être utilisées avec les nouvelles pastilles. 11 faut espérer aussi, ainsi que nous l'a laissé espérer Holzknecht, que le prix de vente de cet appareil sera abaissé et surtout qu'il sera plus facile de se le procurer.

HILLIÀMPÊREMÈTBE DE *;\1FFE

| 5, — Milltampèreinètrc de Gaifle.

La maison G aï (Te a présenté cette année, à la Société de physique, un appareil qui permet de se rendre compte de l'intensité du courant qui traverse une ampoule. Il constitue un nouvel instrument de mesure très précieux, qui s'applique surtout bien k leur transformateur à circuit magnétique fermé, parce qu'avec cet appareil les variations qui peuvent se produire dépendent delà plus ou moins grande résistance de l'ampoule* L'interrepteor étant supprimé, le transformateur obéissant à des lois nuefl al lîxrs, 1rs facteurs électriques au secondaire seront toujours les mêmes si ceux du primaire reeteal existants.

\tici, du reste, la présentation que nous avons faite avec M. Brocq à la Société de dermatologie :

La maison G aille a trouvé le moyen de mesurer pratiquement l'intensité qui traverse une ampoule. Elle a construit un milliamiiiètre très sensible, réalisant les conditions nécessaires pour pouvoir être branché sur le circuit du tube : la lecture dr cet appareil permet, sans interrompre le traitement, de se rendre compte des variations taa plus faibles qui ont tendance a se produire dans le tube et de le maintenir à uu point rigoureusement ûxe, pendant uu temps aussi prolongé qu'il est nécessaire. Si - suppofiOQfl que la différence de potentiel au primaire du ^formateur reste lixe, ce qui est facile à obtenir grâce au rhéostat de réglage, la variation du milliampèrcmètre ne pourra Stre produite que par une variation de la résistance dans le tube. Cette variation sera due k une augmentation ou à une diminution du degré de vide : si l'intensité diminue, c'est que le tube a durci» et si au contraire elle augmente, le tube a molli. Les rayons produits n'auront donc plus la même pénétration* un vullage quelconque, mais fixe, aux bornes du primaire.

faisons produire à l'ampoule, en la durcissant ou en la ramollissant par l'osmo-régulateur, des rayons d'une pénétration donnée, que l'on déterminera avec le radiochromomètre de Benoist. A ce moment, on lira l'intensité en milliampères qui passe dans le tube (chose facile, l'aiguille n'oscillant pas) et on notera le voltage au primaire. Dès que l'état de vacuité du tube tend à changer, l'aiguille se porte à droite ou à gauche, et il suffit de la maintenir au point où elle était précédemment, en utilisant l'osmo-régulateur, pour être sûr d'avoir toujours des rayons de même pénétration.

Supposons, pour fixer les idées, qu'avec 45 volts au primaire, 2 milliampères d'intensité au tube (tube Chabaud), nous ayons des rayons n° 6. On peut enlever le tube, le mettre sur une autre installation, le durcir, le mollir... Il suffira, en le replaçant sur l'appareil, de remettre 45 volts au primaire et d'amener le tube à prendre 2 milliampères d'intensité, pour être sûr que les rayons émis seront encore du n° 6.

Du moment où, pour une même différence de potentiel et une même intensité, on a toujours (avec le même tube) même qualité de rayons, que les rayons émis sont d'autant plus pénétrants que pour une différence de potentiel l'intensité est plus faible, il devait être possible, en prenant une base admise par tout le monde, le radiochromomètre de Benoist par exemple, de créer des tables dans lesquelles on pût connaître, par simple lecture des constantes électriques, le degré de pénétration d'un tube en fonction.

Cette hypothèse est parfaitement réalisable, et la maison Gaiffe nous a montré quelques spécimens de ces tables ; elles doivent être établies pour un tube donné.

Jusqu'à présent, nous avions le spintermètre, qui nous indiquait approximativement les variations de l'ampoule, mais cet appareil obéit à des lois peu connues ; il n'indique que des variations considérables, uniquement quand le tube durcit. Il est

MJLLIAMPÈREMÈTBË HL CAlFPB

un appareil à maxima. Le milliampèremètrc, au contraire, rend compte des variations du tube en plus ou en moins. Il constitue un précieux instrument de mesure.

En plus, les expériences faites chtia Gaiffe semblent prouver qu'avec des facteurs électriques constants : volts au primaire, milliampères au secondaire, les résultats sont à peu près identiques sur différents tubes, même de constructeurs différents, a condition que leur anticathode soit de même nature et que la transparence du verre soit la même.

Cet ensemble permet également de se rendre compte de la quantité de rayons X produits, Si les constantes électriques ent les mêmes, la quantité restera la même. Si elles augmentent, la quantité augmentera ; la qualité elle-même se modifiera; mais, si en chauffant l'osmo on la rend ce quelle était auparavant, la quantité restera plus élevée qu'elle n'était, et c'est la variation de l'aiguille du milliumpèremètre qui indiquera cette augmentation.

Supposons, pour fixer les idées, que le tube reçoive, comme intensité, 2 milliampëres, que la différence de potentiel aux bornes du primaire soit de &5 volts, et qu'ainsi les rayons émis correspondent au n° (5. Si nous élevons le voltage aux bornes du primaire à 60 volts, le milliampèremètre va se déplacer de 2 vers 3.

Si en chauffant l'osmo-régulateur nous ramenons le tube à un degré de vide tel qu'il émette encore des rayons de même pénétration que précédemment (détermination que l'on fait avec le radioehromometre), nous amènerons de ce fait l'aiguille du milliampèremètre sur une nouvelle division, 2,5 par exemple, ce qui nous indiquera que la quantité de rayons X a augmenté dans apport de 2 milli à 2 milli 5*

Ce n'est peut-être pas là une mesure directe, mais c'est un terme de comparaison de la plus liante valeur, qui nous permet de nous rendre compte, pour une pénétration donnée, de la variation delà quantité de rayons produits.

Si Ton en croit les expériences poursuivies chez Gaiffe, on pourrait admettre comme exacte cette formule : Pour un même degré de pénétration, les quantités de rayons X émis sont sensiblement proportionnelles aux intensités.

« J'insiste surtout sur la facilité avec laquelle on peut :

« 1° Faire émettre à un tube depuis une faible quantité de rayons X jusqu'au maximum qu'il peut produire sans être détérioré ;

« 2° Pouvoir le maintenir au même point pendant un temps très long ;

« 3° Avoir des points de repère qui permettent à un opérateur de remettre un tube, à des intervalles de temps éloignés, dans des conditions absolument semblables ;

« 4° Réaliser des mesures qui permettent à plusieurs opérateurs de se remettre exactement dans les mêmes conditions.

« Loin de supprimer les instruments de mesure connus jusqu'à présent, il les complète et en facilite la lecture. »

Cet appareil peut également être employé sur la bobine ou la machine statique ; mais, comme dans ce cas on ne sera jamais sûr de la constance des facteurs électriques, il ne donnera plus des indications aussi précises. Sur machine statique, par exemple, si l'ampoule est maintenue toujours au même degré de vide, c'est-à-dire si on lui fait émettre toujours des rayons de même pénétration (ce que l'on constatera avec le radiochromomètre), les variations de l'aiguille du milliampèremètre indiqueront une variation dans la quantité de rayons X produits.

Néanmoins, cet instrument est très précieux, et son usage s'impose dans toute installation radiothérapique.

§ 6. — Appareil porte-ampoule pour radiothérapie. Locaiisateur.

Jusqu'à ces derniers temps, en France du moins, on se contentait, pour les applications thérapeutiaues, de fixer l'ampoule

APPAREIL PORTE-AMPOCLE POUR RADIOTHÉRAPIE

sur un support quelconque f île la rapprocher le plus près possible de la surface à traiter et de protéger les parties voisines pur une lame de plomb. Ce procédé élémentaire présentait de nombreux inconvénients :

1* Difficulté pour donner à l'ampoule la position jugée utile ;

2° Risques de bris de l'ampoule par le patient ;

3* Possibilité de décharges électriques si l'ampoule et surtout les prises de courant sont trop rapprochées du patient ;

4° Poids, fatigue et difficulté d'application de la lame de plomb protectrice sur certaines régions;

5° Difficulté d'empêcher le malade de se déplacer pendant Tir* radiation, déplacement qui entraîne une mauvaise utilisation de l'éclairage \

6* Difficulté de centrage de l'ampoule, de façon à ce que le >ji normal incident arrive perpendiculairement au centre de la surface en traitement, condition nécessaire pour la bonne utilisation de la lumière;

7f Calcul de la distance de l'anticathode à la peau en fonction de la grandeur de la surface à traiter devant être établie pour chaque malade ; difficulté de la mesure exacte de ce facteur ;

8* Accidents chroniques oausésft l'opérateur par suite du voisinage île l'ampoule, nécessité pour lui de se protéger par des gants ou cuirasse de plomb, masque, etc.

En présente de ces difficultés, nous avons cherché a établir un appareil (]ui permette de les supprimer autant que poeaible, H est le résultat de nombreux essais que nous avons faits à Broca, dam le beau service d'électrothërapie du docteur Bn>n|.

I/ampoule, type Chabuud. petit ou grand modèle, est enfermée dans une boite en ebonite, épousant à peu près sa forme. Cette boite est composée de deux calottes renversées Tune par port à l'autre et réunies, suivant le plan de l'anticathode O, par des vis (a) qui en permettent l'ouverture facile. De forme raie sphérique, elle porte aux deux extrémités d'un même

Echelle *£

Fia. 33. — Localisateur BeloL

APPAREIL PORTE-AMPOULE POUR RADIOTHÉRAPIE Çp

diamètre deux appendices cylindriques, qui servent à loger les deux pôles de l'ampoule. Deux orifices, situés aux deux exhvmitée «l un diamètre perpendiculaire au précédent, laissent passage ; le supérieur, à Tosmo- régulateur (N) ; l'inférieur (BB'), aux rajOU de Hôntgen. Un dispositif spécial à double chariot {bc) permet de centrer exactement l'ampoule, de façon à ce que le foyer d'émission des rayons corresponde exactement au centre de l'orifice d'utilisation. Un double système à fils métalliques croisés, (jui se monte sur l'appareil, permet d'y arriver.

L'orifice inférieur de l'appareil, qui livre passage et [imite te Cône de lumière Rontgeit, porte une bague métallique, sur laquelle viennent se visser (gros filets) toute une série de tubes de différentes longueurs et de différente diamètres, de façon a permettre d'atteindre toutes les régions malades, même le col utérin ou la langue. Ces tubes sont calculés dv telle sorte que la surface â traiter reçoive le plus de radiations possible, tout en assurant une uniformité d'éclairage théoriquement parfaite. Leur longueur et leur diamètre ont été déterminés en se fixant sur deux lois qui régissent l'intensité des rayons lumineux et qui, déduites de leurs propriétés géométriques, s'appliquent

dément aux rayons X :

La loi du carré de la distance ;

La loi du Binas.

C'est l'application mathématique de ces lois qui fait que la longueur des différents tubes localisants n'est pas la même.

Il est évident, eu effet, que, pour assurer l'éclairage uniforme d'une surface circulaire mesurant H centimètres de diamètre, il faudra placer l'ampoule radiogènei une plu* grande distance delà peau, que si rette surface ne mesure que I centimètre de diamètre, puisque le faisceau cathodique est un faisceau conique.

Chaque tube porte à l'extrémité la plus voisine de l'ampoule un

diaphragme métallique (A A'), dont l'ouverture est calculée dételle

que L* production des rayons secondaires soit empêchée.

(j6 DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

On sait, en effet, que chaque élément de matière rencontré par les rayons X émet en tous sens des rayons, que G. Sagnac appelle secondaires. Les rayons secondaires peuvent, à leur tour, se disséminer pour donner des rayons tertiaires. Les rayons secondaires n'ont ordinairement pas la même qualité que les rayons primaires qui les produisent, d'où nécessité en radiothérapie d'en supprimer autant que possible la production.

La surface extérieure de la boite est recouverte d'une feuille de plomb dans toutes les parties frappées par les rayons X, c'est-à-dire dans la région correspondant à la demi-sphère lumineuse anticathodique. Un orifice a été ménagé pour la mise en place d'une pastille d'Holzknecht. Le tout est monté par une attache en aluminium sur un pied-support à mouvements multiples, qui permet instantanément le déplacement dans tous les sens et la lixation solide, quand la bonne position est trouvée.

Toutes les parties métalliques sont reliées entre elles, et de cette façon le pied lui-même met à la terre. Aussi, on peut toucher le localisateur sans inconvénient, et le patient peut appuyer la partie malade directement contre le tube inférieur, comme dans les appareils photo thérapiques.

Les avantages sont les suivants :

1° Possibilité d'utiliser l'appareil dans tous les sens, le sujet pouvant être assis ou couché ;

2° Protection complète de l'ampoule contre les accidents ;

3° Suppression de toute décharge électrique due au champ magnétique qui entoure l'ampoule ;

A° Suppression de la lame de plomb ; les tubes de différentes dimensions circonscrivent exactement la partie malade ;

5* Le patient, appuyé contre le tube conducteur, a moins de tendance à se déplacer, et la constatation de ce déplacement devient facile ;

6* Centrage absolu mécanique de Tanticathode par rapport à la lésion ;

rer le meilleur éclairage possible. Chaque tube porte un chiffre,

indiquant en centimètres la distance de l'anlicalhode à la peaut

8° Suppression totale de toutes les radiations inutilisées, et

• onsëquent sécurité de l'opérateur et de l'opéré. Enfin, si daus certaines affections, comme dans le prurit, on 1 irradier une grande partie du corps, il suffit de ne pas mettre de tube conducteur et d'utiliser les radiations directe-

tj8 DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

ment, en ayant sain alors d'augmenter la distance du tube à la peau et de déplacer continuellement le foyer lumineux suivant un plan parallèle à la surface éclairée. De cette façon, on obtiendra approximativement un éclairage étendu et uniforme.

Nous n'avons a dessein ménagé aucun orifice pour permettre la mise en place du radioehromomètre. La lecture de cet instrument pendant la marche est difficile sur les écrans réduits que l'on est obligé d'employer. Les déterminations de la qualité des rayons seront faites pour chaque ampoule une fois pour toutes ; et avec les mêmes constantes électriques et la même longueur d'étincelle équivalente, on aura toujours des rayons de même pénétration. Le milliampéreinètre de Gaiffe permet de se rendre compte d'une façon beaucoup plus parfaite, en plus ou en moins, de la variation du degré de vide de l'ampoule, de sa résistance, partant de la qualité des rayons.

Avec ce miltiamperemètre, en circuit la surveillance du tube pendant les applications devient rigoureusement inutile.

Ajoutons que l'appareil est lé^er, peu encombrant facile à manipuler, ce qui le rend préférable pour la radiothérapie à tous les supports anciens établis pour la radioscopie et la radiographie.

Un modèle moins réduit et permettant d'utiliser des ampoules quelconques a été construit par Drault et est employé par M. Sabouraud,

Il a l'avantage de pouvoir servir â la fois pour la radioscopie et la radiothérapie, mais ses dimensions en font plutôt un appareil d'hôpital et de clinique ; il est néanmoins très bien construit,

MM* Miehaud et Krouehkul ont fait établir récemment par M- Dan» de Londres, un appareil destiné aux mêmes usages. Il est formé de la moitié d'une coupe on erown plombique, et porte des orifices et des tubes, également en crown, pouvant pénétrer dans les cavités du corps et diriger les rayons X de toutes les manières. Il présente l'avantage non seulement de localiser La

pu; |.A VALEUR DES CONSTANTES ÉL&CT1UO.' \\\t

direction des rayons, de protéger ropérateuTj mais encore de permettra la surveillance du tube en activité à cause de la transparence du crown. On peut aussi lui reprocher d'être nécessaire lourd et Av rendre ainsi l'appareil radiogéne difficile à mobiliser et a fixer dans une position donnée ; c'est cette dernière raison qui nous a fait construire notre loealisateur en êboet plomb, notre première idée ayant été de rétablir en crown. M, le docteur Rivière, de Paris, a fait construire par J. Lacoste un support universel, qui permet de donner a l'ampoule différentes positions. Un écran en verre au plomb limite le champ d'action, et l'ampoule vient s'y fixer par deux courroies en cuir. On peut reprocher à cet appareil l'absence de centrage mathématique de l'ampoule par rapport au point d'application.

7 . — De la valeur des constantes électriques, comme fermes de comparaison entre les différente» publications*

Dans le but de donner plus de précision aux eornptes rendus de leurs travaux radiothérnpiques, un grand nombre d'auteurs publient les constantes électriques des bobines qui tour servent de source à haut potentiel.

Il en est résulte un courant d'opinion qui tend a supposer que i tel traitement il faut une certaine différence de potentiel primaire et une certaine intensité* C'est ainsi que Ton a dit jadis : i Le courant primaire devrait être réduit a 4 ampères et 15 volts ,t pour l'alimentation de la bobine utilisée en radiothérapl juin 1902, MAL Gaston et Veira, étudiant les effets

des r ÎCf concluaient devant la Société de dermatologie de

Paris « que la question d'intensité et de quantité dampérage et de voltage domine cette question ».

En realité, ces facteurs n'ont pas la valeur qu'on a voulu leur

ÎOO DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

donner ; rien autre que les résultats fournis au secondaire ne peut servir de terme de comparaison entre les différentes bobines.

Il pourra fort bien arriver que, sur une bobine avec interrupteur Wehnelt, un tube ne rougisse pas avec 220 volts, 20 ampères, alors qu'un simple changement de réglage permettra avec 220 volts et 8 ampères de le pousser au blanc.

Si de pareilles différences de fonctionnement existent pour une même bobine et un même interrupteur, il est facile de s'imaginer combien elles pourront s'exagérer lorsque les bobines n'auront pas le même interrupteur, la même vitesse d'interruption, le même enroulement de primaire ou secondaire, la même capacité en dérivation sur le rupteur. Tout intervient dans les résultats donnés parles bobines, même les choses qui paraissent le plus futiles, comme la longueur des fils qui relient le condensateur à l'interrupteur, l'isolement des fils du primaire qui en change la capacité propre, etc. Tout cela fait de la bobine un appareil qui se dérobe systématiquement au calcul, et qui ne peut être comparable à lui-même que dans une même fabrication. Les données publiées par les expérimentateurs ne peuvent être un renseignement que pour ceux qui pourraient se servir de leur bobine, de leur interrupteur, et encore faut-il que le réglage de leur interrupteur ne se soit pas modifié, et il en sera toujours ainsi tant que l'on emploiera des interrupteurs.

Quelques chiffres que nous a communiqués la maison Gaiffe le prouvent éloquemment :

En un même temps, avec une même bobine et une même disposition d'ampoule, les résultats quantitatifs seront les mêmes avec:

220 volts, 1 ampère, avec interrupteur Contremoulins-Gaiffe.

16 volts, 7 ampères, avec interrupteur Carpentier.

110 volts, 7 ampères, avec un certain diamètre de platine sur Wehnelt.

Il n'en faut pas conclure cependant que la fabrication des bo-

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