APERÇU HISTORIQUE DE LA RADIOTHÉRAPIE J
d'accident produit, un beau jour, une terrible radiodermite, dont l'apparition se fait trop tard pour qu'on puisse chercher à se rendre compte de sa cause. Une ampoule n'avait jusque-là donné aucun accident ; elle se crève ; la nouvelle ampoule employée signale son apparition par une dermatite grave. On flïsrute sur la grandeur des ampoules, sur la nature de l'anticathode, sur les moyens à employer pour être en sécurité ; et on en préconise un grand nombre, tous plus illusoires les uns que les autres.
Quant aux indications techniques,, elles se résument au type i bobine, à l'intensité et à la tension du courant primaire. Les temps de pose varient d'une façon incroyable ; les uns parlent de minutes, les autres n'obtiennent aucun résultat appréciable après des expositions d'une heure. Des expérimentateurs placent le tube très près de la surface à traiter, d'autres réloigueiit considérablement. On applique les rayons X en aveugle ; on ne sait ce que l'on fait, parce qu'on ne connaît pas ragent actif, parce qu'on ne sait pas sur quoi il agit, ni comment il agit '
1 ta redoute la radiodermite sans qu'elle se produise, et elle survient alors qu'on croyait l'éviter. C'est l'époque des graves accidents dus aux rayons X. L'empirisme règne en maître ; les mesures n'existent pas ; la radiothérapie n'est pas encore une science.
En 1S99, Levv-Dorn et Albers-SchÔnberg essayèrent d'élucider les points obscurs de la méthode, Ils prirent l'initiative d'une étude générale sur les rayons X et demandèrent la collaboration de tous ceux qui disposaient de quelque expérience, dans : Fortsckriile auf de m Gebiete der fîônttjènsirahlen. Mais au docteur Robert Kienbock que revient l'honneur d'avoir çpgttgé 11 radiothérapie dans une voie scientifique. Dans une ' de travaux remarquables, il montra que l'effet thérapeutique était dû surtout aux rayons de Rontgen eux-mêmes,
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les effluves électriques n'ayant qu'une influence secondaire.
Il étudia l'ampoule et son mode de fonctionnement. Le premier il reconnut que les rayons produits étaient différents suivant le degré de vacuité du tube. 11 décrit l'ampoule molle, l'ampoule demi-molle, l'ampoule dure, etc. Au mois d'août 1900, à la suite d'expériences nombreuses, il conclut avec Strâter : « Les ampoules molles sont actives, les ampoules dures ne le sont que très peu. »
Il établit une méthode radiothérapique rationnelle, basée sur les résultats de ses essais. Enfin, il consacre un long chapitre aux modifications produites par les rayons X sur la peau et sur les organes profonds.
De son côté, M. Oudin faisait des recherches sur la nature de l'agent actif. Partisan de l'action prépondérante des effluves électriques, il en vint à douter de cette hypothèse.
A la suite d'expériences concluantes, il déclara que les rayons X étaient le seul agent actif en radiothérapie, ou du moins le principal. Il étudia le mécanisme des radiodermites et indiqua une technique, qu'il a, du reste, un peu modifiée depuis.
Enfin Scholtz publia, en 1902, un travail important sur la radiothérapie. Toutes les questions en litige furent abordées et le plus souvent magistralement traitées.
Pendant ce temps, l'instrumentation s'était perfectionnée. Les ampoules étaient devenues réglables ; grâce au radiochromomètre de Benoist, on pouvait mesurer le degré de pénétration des rayons X.
Le docteur Béclère avait créé le spintermètre, et il fut possible de se rendre compte désormais de la résistance de l'ampoule.
Les bobines furent mieux construites, le rendement devint meilleur. Des appareils nouveaux permirent d'utiliser les courants industriels, et la puissance des radiations fut augmentée. Les machines statiques, mieux établies, devinrent d'un usage courant ; l'installation fut plus simple, l'éclairage plus stable.
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Enfin le docteur Guido Holzknecht découvrît son chromoradiomètre, et Ton put savoir à peu près la quantité de rayons X qui était absorbée par la peau.
Aussi la radiothérapie prit-elle une extension considérable* De tous côtés, on publia des résultats. Les accidents devinrent rares, les cures plus nombreuses. On soupçonna le mécanisme de l'action des rayons X, on étudia les modifications histologiques qu'ils produisent dans les tissus. Par suite, on les appliqua avec méthode aux affections qu'ils étaient susceptibles de modifier théoriquement. Des techniques diverses furent indiquées, comparables entre elles, grAee aux précieux instruments de mesure dont on disposait.
I iG praticien, en se mettant dans les mêmes conditions, put obtenir des effets analogues.
La radiothérapie était sortie du domaine de l'empirisme ; elle était dotée de mesures exactes.
Aujourd'hui elle est devenue une méthode thérapeutique à Tordre du jour. En Allemagne, à Vienne, en Suisse, en Angleterre, en Suède, en Amérique, etc., elle est appliquée par beaucoup de médecins. Les uns la réservent aux affections cutanées, les autres, plus hardis, l'appliquent aux maladies les plus diverses» Des observateurs dignes de foi vont même jusqu'à affirmer la ri son du cancer profond par cette nouvelle méthode* Il nous semble, pour notre part, a la suite des expériences que nous avons t. que c'est surtout au dermatologiste que tes
rayons X peuvent, pour le moment, rendre de précieux services* Là où les autres méthodes échouent parfois complètement, la
radiorapie semble donner des résultats satisfaisants. us sommes encore mal renseignés sur ses effets, et l'ave ni r nous réserve bien des surprises, peut-être même des décep-
nS.