CHAPITRE II L'AGENT ACTIF EN RADIOTHÉRAPIE
On a beaucoup discuté et on discute encore sur l'agent actif en radiothérapie. Si le tube de Crookes produisait seulement et directement des rayons X, la question serait facile à résoudre. En réalité, il se passe autour d'une ampoule en activité des phé" nomènes multiples. Comme il paraissait invraisemblable qu'un agent invisible pût produire des accidents aussi graves que les radiodermites aiguës, on chercha la cause de ces phénomènes en dehors de lui. Successivement, on attribua aux facteurs les plus divers, les modifications qui se produisaient dans les tissus, $ la suite d'une exposition plus ou moins prolongée à une ampoule en activité.
Il nous paraît utile d'élucider cette question en premier lieu. Pour cela nous exposerons les différentes hypothèses qui ont été émises et quelques-unes des expériences qui ont été faites pour les soutenir ou les anéantir.
La détermination d'une telle notion a une importance capitale; tout dépend, en effet, de l'agent actif. S'il faut attribuer aux rayons X eux-mêmes l'action thérapeutique, on devra naturellement se servir d'une ampoule capable de les produire en grande quantité; si, au contraire, il faut accorder à d'autres agents une action prépondérante, l'instrumentation devra être réglée de façon à les produire de préiérence.
I IGSHT \CTIV EN RADIOTHERAPIE
Léopold Freund, dans son ouvrage sur la radiothérapie, paru en 1903, énumére ainsi les agents qui peuvent être responsables des radiodcrmites et, par suite, des résultats thérapeutiques ; c'est la liste complète des différents phénomènes qui se passent, ou peuvent se passer, autourd'une ampoule en activité;
Chaleur.
Ozone.
Rayons cathodiques.
Lumière ultra-violette,
Emission de particules matérielles.
Rayons de Rontgen.
Décharges ou effluves électriques produites par l'ampoule.
Ondes électriques ou éh-ctn 'dynamiques.
Rayonnements de caractère inconnu.
11 suffit de placer un thermomètre dans le voisinage de Tampoule pour voir que la température y est a peu prés la même que dans l'air a minant. Du reste, les sujets en traitement n'accusent le plus souvent aucune sensation de chaleur, et l'élévation de température qui peut se produire est trop faible pour ce facteur puisse être incriminé. En lin, les brûlures produite* par un corps en ignition ne ressemblent en rien aux radio* dermites, soit comme aspect, soit surtout comme évolution.
Mentionnons l'explication donnée par M. Tesla et rapport- m par le docteur Gi [christ, en 1807, M. Tesla admettait que l'action nuisible viendrait, non des rayons X, mais de l'ozone formé eous l'influence de ces derniers ; il agirait avec d'autant plus d'activité que la chaleur et la moiteur de la peau seraient plus prononcées*
Cette hypothèse, dit Freund, n'explique pas les altéra tiun> produites sur le dos d'un patient dont la poitrine seule avait été exposée à une ampoule. Eli accorde pas aveo deux pro-
priétés fondamentales des rayons X: leur action cumulative et la période de latence. En outre, ajoute Freund, les tissus sous-