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L'AGENT ACTIF EN RADIOTHÉRAPIE

épidermiques semblent altérés les premiers, tandis que l'épiderme conserve une apparence normale ; on ne voit pas pourquoi l'ozone léserait les couches profondes en respectant les couches superficielles.

En 1898, MM. Oudin, Barthélémy, Darier, dans un travail sur les accidents cutanés consécutifs à l'emploi des rayons X, rejettent complètement cette explication pour deux raisons :

« La première, c'est que l'un de nous, qui, depuis des années, étudie l'action thérapeutique de l'ozone et a passé de longs mois en contact journalier avec des appareils en produisant de grandes quantités, n'a jamais eu le moindre accident cutané ou autre, comparable à ceux qui se sont produits chez lui, quelques semaines après avoir commencé à s'occuper de rayons X.

« La seconde, c'est que le tube de Crookes ne produit pas d'ozone quand on ne met pas à son contact une capacité reliée à la terre ou à une des électrodes, et ces conditions ne sont jamais remplies dans les conditions ordinaires de l'opération. Nous avons laissé, pendant des heures, des papiers ozonoscopiques à quelques centimètres d'une ampoule en activité ; ils ne se teintaient pas plus que dans tout autre point de la chambre. La légère proportion d'ozone formé tient aux effluves qui s'échappent des fils conducteurs de la bobine. »

On doit écarter aussi totalement l'hypothèse de Gilchrist, Ames, Foveau de Gourmelles (1897), d'après laquelle les radiodermites seraient dues aux rayons cathodiques. On sait, en eflet, que ces rayons peuvent traverser une lame extrêmement mince d'aluminium, comme l'ont montré Hertz et Lenard. Mais ils sont arrêtés par le verre, même de faible épaisseur. Les parois de l'ampoule les arrêtent et les transforment en rayons X ; en tout cas, la quantité qui pourrait passer serait trop faible pour produire un effet quelconque.

On a cru aussi à l'influence des rayons ultra- violets. Bowles, Stenbeck, Elliot et d'autres ont soutenu cette opinion.

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Il est probable, dit F round» que la lueur phosphorescente provoquée par les rayons cathodiques contient, à un certain degré, des rayons ultra- violets. Quelques faits, démontrant uni' certaine analogie entre les effets des rayons ultra-violets et ceux d*s rayûBfl de Rôntgen, vinrent à l'appui de cette hypothèse. Plusieurs auteurs ont rapporté de curieux accidents cutanés dus k une insolation. Un des cas les plus intéressants est celui relaté par le professeur Lannelongue : u Plusieurs enfants hospitalisés aux Enfants-Malades présentèrent subitement, sur diverses parties du corps non protégées par les vêlements, des brûlures, qui, pour quelques-uns d'entre eux, eurent des conséquences très graves. Ils se trouvaient cependant habituellement à l'ombre, leur lieu de promenade étant une petite cour qui ne recevait le soleil que par le haut* Une enquête démontra qui* idanta étaient dus à la réverbération par le sable du sol. En &€ servant d'écrans de verre de strontiane, le retour de ces coups de soleil était régulièrement évité. » Ces phénomènes ut dus aux rayons ultra-violets de la lumière solaire. 11 paraiaaait naturel, en présence d'accidents analogues, eonsécu- *>sitions radiographiques, de les attribuer à la même cause.

)n avait cependant tort de conclure de l'analogie a l'identité. On devait dire simplement : les rayons X agissent a la façon des rayons ultra-violets, [ tout en remarquant que révolution^ des phénomènes était tout à fait différente.

En plus, les rayons ultra-violets prennent naissance dans l\uripoule; il faut, pour qu'ils puissent agir, qu'ils en sortent, Or, il est démontré que le verre ordinaire absorbe presque totalement ces radiations. Seuls certains verres, comme le crown, offrent une perméabilité suffisante. C'est pour ce motif que les lentilles des appareils photothérapiques sont en quartz* Du reste, les corps qui arrêtent les rayon» ultra-violets n'arrêtent pas les rayons X* observation de Moller est tout à fait probante. 11 traitait

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par la radiothérapie une malade atteinte d'un lupus vulgaire situé au visage, La poitrine présentait des signes de réaction, quoique cette partie du corps fût protégée par une camisole rouge et un corsage noir, Moller en conclut que les rayons ultra- violets ne sont pas arrêtés par les vêtements ; il eût été plus logique d'admettre que la réaction était due aux rayons X*

Tesla a incriminé la désagrégation des électrodes* Crookes a admis que, lorsque le courant de la bobine passe dans une ampoule, des particules métalliques peuvent être lancées de la cathode. La coloration que prennent les parois d'une ampoule après un usage prolongé, semblait confirmer cette hypothèse, Mais des contrôles très précis ont prouvé que, même après de longues séances, la diminution de poids des électrodes était insensible. Du reste, c'est la face interne du verre de l'ampoule qui se colore, et il est difficile d'admettre que ces particule» métalliques puissent traverser le verre pour pénétrer dans les tissus. En plus, on n'a jamais signalé la présence de ces corpuscules dans la peau; les recherches histologiques de Gilchrist ont été absolument négatives. Enfin, M. Oudin a étudié ce bombardement moléculaire métallique, dans des conditions où il se produisait avec une grande énergie, et ne lui a jamais trouvé d'action novice, malgré un tatouage métallique très prononcé, que révélait l'examen histolngique.

Toutes ces hypothèses n'eurent pas une longue existeuce, puisque déjà, en 1897-98, Gilchrist rejettait tous ces facteurs, en les déclarant incapables de produire les lésions de la radîod. rmite grave. Elles sont aujourd'hui totalement abandonnées, et nous ne les avons citées que pour en montrer le peu de valeur.

Mais il en reste deux, de beaucoup les plus importantes : celle des rayons Rontgen et celle des décharges électriques : les uns attribuent toute Faction thérapeutique aux rayons de llontgen, les autivs rmx décharges .'leetriques.

Depuis 1897 jusqu'en 1902-1903, on a discuté sur cette ques-

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lion, et les travaux qu'elle a suscités sont innombrables. Les médecins allemands, viennois et français y ont pris part; quelques-uns ont émis successivement des hypothèses totalement opposées ; c'est ainsi que Freund admit, au début, la seule influence des rayons X, puis la nia, et enfin finit dernièrement par dire : « Que Faction thérapeutique était due à la fois aux rayons X et aux décharges électriques. »

On sait, en effet, qu'il existe autour d'une ampoule en activité un champ électrostatique oscillant d'autant plus énergique que celle-ci est plus résistant. Les objets placés dans cette zone (tlans un rayon assez court, car ces oscillations s'amortissent vite) doivent nécessairement être influencés. Kord a prouvé qu'il existait également, autour d'un tube de Crook.es, uu champ magnétique oscillant aUernatif,et d'après d'Arsonvalccs champs magnétiques, variables, pourraient produire des perturbations profondes dans les tissus organiques.

On comprend toute l'importance qu'il peut y avoir, au point de vue pratique, d'établir si les rayons de Bôntgen eux-mêmes sont actifs, ou si ce sont les décharges et ondulations électriques qui partent des tubes durs.

Hawkes en 1890 attribuait déjà les brûlures consécutives aux ns X aux radiations elles-mêmes. Kùmmel, Rieder, Albers- Schônberg, Cowl, Forster, Jutassy, SchilF et Freund {jusqu'en 1898 seulement), M. Rollins, ont soutenu une opinion analogue. Pour eux, les modifications cutanées ne survenaient que si Tarn* poule émettait des rayons X* Strâters fit pur ce sujet plusieurs communications.

Oudin, Barthélémy» Darier (au début), puis Foveau de Courmelles, BaUhazard, Destot, Selioll, Léonard, Tarchanoff, Bordier et Salvador furent du camp opposé ; enfin Schiff et Freund, en l899t adoptèrent celte manière de voir*

Pendant longtemps, la seconde hypothèse fut prépondérante ; en Francien 189$, Oudin, Barthélémy, Darier étaient tout à fait

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enclins à faire jouer le rôle actif au champ magnétique oscillant et au champ électrostatique qui entourent l'ampoule ; on peut même dire que cette façon d'envisager le mécanisme des accidents radiographiques fut presque officiel jusqu'en 1900. A cette époque, Kienbôck, relatant les opinions, s'exprime ainsi : « On peut dire que de nos jours l'emploi pour la radiothérapie d'ampoules dures, devenues inutilisables pour la radioscopie, est d'une pratique courante (Gocht, Gassmann et Schenkell, Schiff et Freund). Un débutant, qui s'inspirerait des publications actuelles, suivrait nécessairement cette façon d'agir. »

En 1900, Kienbôck, à la suite d'expériences remarquables, déclara que seuls les rayons X étaient actifs et que l'influence du courant électrique était nulle. Cette nouvelle souleva une violente polémique. Il est intéressant de suivre un peu les travaux de cet auteur, pour voir comment il a été conduit à faire cette démonstration, et quels arguments il offrait aux partisans de l'hypothèse adverse. Ses expériences furent entreprises à la suite d'une série d'accidents, qu'il est indispensable de rapporter ici en détail :

« J'ai, du milieu de novembre 1899 au mois de mars 1900, traité suivant la méthode usuelle 4 malades, qui souffraient de diverses affections au visage. Je me servais d'une ampoule à vide réglable (de la maison Reiniger, Gebbert et Schall), qui avait amené précédemment, après 37 séances, la chute des poils dans un cas de sycosis. Chaque malade fut traité quotidiennement, et j'avais l'intention de continuer de la sorte jusqu'à l'apparition d'une réaction. Les séances duraient en moyenne 15 minutes, et la distance du miroir de Rôntgen à la peau était de 15 à 25 centimètres. La bobine d'induction donnait 45 centimètres d'étincelle et était alimentée par courant urbain continu de 110 volts, avec un interrupteur turbine. Le courant induit produit répondait à une longueur d'étincelle de 30 centimètres au moins. L'ampoule, déjà très résistante au début, produisit

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