‹ Traite de radiotherapieChapitre 30 sur 128 · RADIODERMITE DES OPÉRATEURS IO · texte numérisé non relu

RADIODERMITE DES OPÉRATEURS IO

certains points, le plus souvent sur les deuxième et troisième phalanges, plus accentue, souvent même un peu saillant, Je façon à simuler des engelures»

Kienbôck décrit, comme premier degré de la derruatite dite chronique, un état de la peau» caractérisé seulement par l' atrophie des papilles pilaires. L'alopécie est complète, les poils repoussent d'abord rares, puis finissent par ne plus repousser, Les glandes cutanées sont atrophiées* Cette modification peut être durable et représente, pour ainsi dire, le résultat idéal du traitement contre Thypertrichose. Il y a quelquefois un peu d'atrophie cutanée, mais le phénomène important semble être, pour cet auteur, la chute des poils. Oudînf par contre, cite son observation personnelle, La peau de ses mains était infiltrée, érytbémateuse, elle avait perdu sa souplesse, et cependant les poils n'étaient pas tombes. Eu réalité, ces deux auteurs ont raison; tout dépend de la sensibilité du sujet, de la quantité de rayons X absorbée et de la façon dont elle a été absorbée. Il faut faire entrer en ligne de compte la distance de l'ampoule à la peau, le temps des séances, la qualité des rayons différents r i i m /, le radiographe et le radiothérapeute, la quantité et lacumu- L&tion.*., facteurs multiples dont les variations peuvent modifier considérablement l'aspect et la marche de la réaction.

Puis la peau des mains s'amincit, elle se ride et devient atropbique. Dans d'autres cas, au contraire, le derme s'épaissit, il deil moins souple, plus dur. Les plis normaux s'accentuent, la pigmentation s'aeeroiL Ces modifications, dit Kienbùck, s'observent habituellement chez les professionnels, sur la face dorsale de la main. Non seulement la peau du dos de la main est i l'iùssïe et colorée en rouge brun, mais les poils follets sont atrophiés et deviennent rares.

Ce qui est le plus pénible à cette période d'acromegalie cutanée, c'est répaississement, le fendillement des rebords épidermiques unguèaux, qui sont à chaque instant déchires et saignants.

La peau elle-même devient rugueuse, se desquame par place et est le siège d'une exfoliation épidermique active et d'une télangiectasie accentuée. La face palmaire peut aussi être intéressée et présenter des modifications analogues ; mais elles sont généralement moins prononcées.

M. le docteur Brocq a bien voulu nous communiquer deux cas d'épithéliomas cutanés survenus chez des médecins s'occupant de radiologie.

On remarquera que les rayons X, absorbés par petites doses souvent répétées, peuvent en somme reproduire le tableau du Xeroderma pigmentosum: éry thème, taches pigmentaires, desquamation, exfoliation, angiomes, productions verruqueuses, et enfin épithélioma. Nous n'avons pas eu, pour notre compte, l'occasion de trouver tous ces accidents réunis sur un même sujet, mais il nous a paru intéressant de faire ressortir ce fait.

Les ongles sont très souvent altérés. Ils prennent une coloration brunâtre ; ils s'aplatissent, deviennent cannelés et se crevassent. Leur extrémité prend un caractère griphoîde, ainsi que l'a dit Hahn. La rainure de l'ongle est cornée, remplie en avant, sous le bord de l'ongle, latéralement et en arrière, au-dessus de l'ongle, de masses épidermiques détachées. Ils deviennent cassants et peuvent tomber en partie ou complètement, laissant à nu un épiderme épaissi et écailleux.

Enfin, Oudin ajoute : « Les troubles de nutrition de la radiodermite chronique ne restent pas limités à la peau. Tous les observateurs ont constaté, si l'action des rayons a été suffisamment prolongée, un épaississement notable des phalanges, qui est du surtout au périoste. La radioscopie des mains montre en effet que les os n'ont pas augmenté de volume. Les articulations aussi sont plus grosses, et je me rendais très bien compte, quand mes mains étaient dans cet état, que mes tissus périarticulaires étaient hypertrophiés, ce qui augmentait encore la gêne produite par l'épaississement de la peau dans les mouve-

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E&enta de flexion. Il y avait aussi du tremblement des doigts, t

Hallopeau et Gadaud ont décrit des lésions analogues survenues chez des professionnels.

Dans la plupart dos cas, tout s'arrête là» car l'opérateur, gêné par ces lésions, cesse d'employer les rayons X, et tout rentre lentement dans Tordre. Si Ton vient à passer outre, les phéfionèftee morbides empirent et peuvent arriver k simuler l'eczéma aigu. Kienboek cite môme un cas d'ulcère torpide delà main, avec destruction des tendons et des ligaments articulaires, qui s'achemina vers la gueriaon avec une lenteur désespérante.

Il Tant, pour comprendre ces accidents graves, se souvenir de la moindre résistance des tissus déjà irradiés, fait mis en lumière par les travaux de Kienboek et les expériences d'Elilju Thompson.

Pour arriver à constituer cet état pathologique, il faut de nombreuses séances de radiographie ou de radiothérapie. Souvent, par contre, les lésions restent stationnâmes. Ainsi, nous oui naissons un médecin, qui fait beaucoup de radioscopie et de radiographié, donl IVpideHM est depuis longtemps sec* feudillé, rugueux, squameux, sans tendance à une derm alite plus grave. Tout au plus, l'hiver, les mains sont-elles un peu plus sensibles que l'été*

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