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CHAPITRE VI LES FACTEURS RADIOTHÉRAPIQUES

Les brûlures et les accidents qui surviennent parfois à la suite d'expositions répétées aux rayons X sont souvent graves et toujours ennuyeux. S'il était impossible d'être à peu près sûr de les éviter, la radiothérapie serait une science empirique et dangereuse. Elle serait restée dans le domaine des curiosités de laboratoire et ne mériterait pas l'enthousiasme qu'elle suscite aujourd'hui. Heureusement, grâce aux découvertes récentes des physiciens, aux instruments de mesure qui en sont nés, et aux méthodes scientifiques qui doivent présider à l'application de ce nouvel agent, on peut être à peu près certain de ne pas trop dépasser l'effet désiré. Il se pourra que, cherchant à produire l'épilation d'un cuir chevelu, on voit se produire de la rougeur et même un peu de légère vésiculation, mais l'ulcération ou l'eschare ne seront plus à redouter si l'on emploie des mesures exactes, en un mot, si l'on sait ce que l'on fait.

Qu'on ne nous fasse pas dire que nous prétendons, sans danger, l'emploi des rayons X ? Il est bien évident que tout agent thérapeutique puissant est susceptible, même lorsqu'il est employé avec méthode et prudence, de produire parfois des effets différents de ceux que Ton désire obtenir. Il faut attribuer cette variation, soit à un état spécial du sujet en expérience, soit à des conditions particulières, souvent difficiles à déterminer. Ces cas

FACTEURS RELATIFS AU SUJET LUI-MÊME

constituent l'exception, mais peuvent exister en radiothérapie.

Nous devons cependant dire que, depuis que nous pratiquons te traitement d'un certain nombre de dermatoses par les rayons X» nous n'avons jamais eu d^accidents graves* Parfois les réactions ont été un peu plus vives que nous le décrions, HUU* jtmftis nous n'avons eu à déplorer de ces terribles radiodermitrs, qui ont fait le désespoir de tant de malades et ont été le hemarde tant de médecins.

Nous étudierons, dans ce chapitre, les facteurs dont il faut tenir compte dans tonte application radiothérapique, Tous n'ont pas la même importance, mais presque tous doivent être pris en considération par le praticien, pour qu'il soit à peu près sur d'agir utilement et surtout de ne pas nuire*

Le traitement radiothérapique comprend forcément deux choses : l'agent actif et le sujet auquel on l'applique.

Aussi diviserons-nous les facteurs en deux classes : dans la première, nous rangerons ceux qui ont rapport à l'individu luimême, à sa sensibilité, à la lésion dont il est atteint et à la i tîon que Ton désire obtenir.

La seconde classe comprendra les facteurs propres aux rayons Xt à l'agent thérapeutique : ces derniers comportent des mesures exactes et sont de beaucoup les plus importants.

g 1« — Facteurs relatifs au sujet lui-même.

La réaction est proportionnelle à la quantité absorbée- —

Kienlmck, après avoir étudié l'action des rayons X sur la peau, conclut ainsi : » Le degré do la réaction dépend essentiellement de la quantité de rayons qui frappe la peau. » Autrement ditj les modifications subies par la région éclairée sont proportionnelles à la quantité de rayons absorbée. Cette loi établie pour la peau doit être étendue à tous les organes, comme Ta dit Béclère.

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Elle n'est exacte que si les rayons ont toujours une qualité égale, c'est-à-dire une activité identique, Il est bien évident qu'une quantité considérable de rayons très pénétrants produira une réaction plus accusée qu'une faible [quantité de rayons peu pénétrante.

La durée de la période d'incubation est d'autant plus considérable que la dose totale est plus faible.

Kienbôck a démontré expérimentalement l'exactitude de ces lois. Eu irradiant une surface cutanée à petite distance, la i tion a débuté au point le plus rapproché de la surface d'émission des rayons, parce qu'en cet endroit la quantité absorbée avait été plus grande. C'est aussi là, pour le même motif, que la radiodermite fat le plus marquée. Au pourtour de ce point, la réaction allait en s'atténuant, du centre à la périphérie ; la réparation se lit de la périphérie au centre. Nous donnerons l'explication mathématique de ce fait lorsque nous étudierons le facteur quantité.

On trouve la démonstration absolue de cette lot dans les expériences de M, Danlos sur les substances radîo-actives. La source de rayons X était constante, ainsi que la distance des téguments : la profondeur des lésions a été absolument proportionnelle au temps d'exposition, c'est-à-dire à la quantité de rayons reçue par la peau.

Il faudra par conséquent faire absorber aux tissus la quantité que Ton jugera nécessaire pour obtenir l'effet désire. La dose capable de produire l'alopécie sera naturellement moindre que celle susceptible de détruire un épithélioma ou d'en déterminer la régression. Il faut doser le médicament suivant l'effet désiré. Ce fait est, du reste, habituel en thérapeutique. Tel produit pharmaceutique est tonique à petite dose, vomitif à dose plus élevée, toxique à dose massive,.,; en radiothérapie, les choses sont identiques. Prenons les maladies du cuir chevelu, par exemple : d'après certains observateurs, les rayons X

FÀCTEUHS HELATIFS AU SUJET LUI-MÊME 2 H

employés à dose légère et fractionnée stimuleraient la ivpousse dans la pelade; ils produiraient un effet analogue au* lotions excitantes employées parfois avec succès. Une quantité plus considérable produit Tépilation...

La dose utile est-elle dépassée, l'épilation est suivie de vésiculatiou, et si le traitement a été intempestif» l'ulcération et t'e§* chare apparaissent.

Quelle doit être la dose thérapeutique ? Elle est variable suivant un nombre considérable de facteurs. Le plus important est la nature de la lésion; nous indiquerons plus loin les doses qui nous ont paru donner les meilleurs résultats pour les affections que nous avons traitées- Remarquons seulement que, si l'exposition nécessaire à la production de la simple alopécie est considérée comme l'unité, il faut dépasser cette quantité de beaucoup pour risquer un accident. On a dit qu'il fallait la multiplier par 5 pour avoir l'inflammation humide» et par 10 ou 20 pour craindre l'ulcération rebelle. Ces chiffres nous semblant très élevés, et le médecin qui les tiendrait pour exacts, risquerait d'avoir des ennuis. Du reste, le terme alopécie ne signilie rien, car l'épilation ne se produit pas de la même façon chez tous les individus» elle varie surtout suivant les régions. Ainsi, sur le cuir chevelu, les résultats sont favorables et rapides ; sur les joues et les lèvres, ils ne se produisent parfois qu'avec une lenteur désespérante.

Idiosyncrasie. — Puisque la réaction peut varier pour une même dose, suivant les individus, il est intéressant de voir s'il existe chez l'homme une véritable idiosyncrasie. En un mot» la dose capable de produire un érythème léger chez un sujet p^ulelle occasionner chez un autre, place dans les mêmes conditions, uneradiodermite grav<

Dés l'apparition des premiers accidents sérieux dus aux rayons X, on a fait intervenir ce facteur, pour tenter une explirih»n. De cette façon, il n'était plus nécessaire de rechercher la

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