FACTEURS PROPRES AU
ta, la repousse des cheveux n'était pas encore commencée» alors qu'ailleurs elle était en pleine évolution ! Si l'irradiation avait été égale comme quantité pour chaque point traité, la réaction aurait dû être partout sensiblement identique et la réparation se serait faite partout en même temps, ou à peu prés en même temps,
Lorsqu'il s'agit de lésions de grande étendue, qui couvrent presque tout le corps (mycosis fongoïde, par exemple), on serait tenté d agir le plus près possible sur une surface aussi grando que possible. Le résultat serait détestable. On aurait au centre de l'ulcération, à la périphérie à peine de Féry thème, et en tout cas la guérison ne s'y produirait pas. Il faut savoir limiter lVtendue de la surface à traiter, de façon à assurer l'uniformité de l'éclairage, autrement dit l'égalité relative delà quantité ah* sorbée par tous les points de la suiTace en traitement»
On pourra nous objecter que cette discussion n*a qu'un intérêt théorique. En eiïet, en radiothérapie on doit toujours empiéter un peu sur le tissu sain qui entoure la lésion, et il pourrait être avantageux d'avoir en ces points périphériques une action plu a modérée. Cette objection aurait quetque valeur s'il étail démontré que le tissu en apparence sain est réellement indemne. Il est au contraire probable que des prolongements morbides se sont développés au pourtour de la lésion, et dans ce cas leur destruction réclame une plus grande quantité d'agent actif, les tissus relativement sains réagissant moins que les tissus malades*
Quelle quantité doit-on faire absorber pour obtenir le meilleur résultat thérapeutique ? Il est presque impossible de répondre à cette question d'une façon mathématique.
On peut bien indiquer approximativement hi dofia nécessaire à la guérison d'une affection, si cette dose reste inférieure à celle qui provoquerait uneradiodermite. Dans ce cas, la question est simple. On la fait absorber entièrement en une seule séance, comme le pratique Sabouraud pour les teigneux. Il ny a pas à craindre de réaction violente, et une guérison définitive suit
25*2 LES FACTEURS RADIOTHÉRAPIQUES
ordinairement une seule application. La formule est générale, car la région est toujours à peu près la même, et son peu de sensibilité fait que ce facteur subit peu de variation d'un individu à l'autre. « Mais, comme le ditBéclère, dans le traitement d'autres affections justiciables de la radiothérapie, en particulier dans le traitement des néoplasmes cutanés et sous-cutanés, la diversité des lésions, aux multiples points de vue de l'âge des sujets, de la topographie régionale, de la structure histologique, des dimensions en surface et surtout en profondeur, de l'évolution clinique et de la tendance à la propagation» à distance par les voies lymphatiques et sanguines, rend le problème du dosage beaucoup plus difficile et plus complexe. »
Ordinairement, la dose totale nécessaire à la guérison dépasse de beaucoup celle dont l'absorption en une seule fois provoquerait une radiodermite grave et même une eschare. Et cependant nous savons qu'habituellement la radiodermite n'est pas nécessaire à la guérison ; le plus souvent elle n'est qu'une complication accidentelle, quelquefois un résultat prévu, mais bien rarement désiré.
Aussi doit-on dans ce cas faire des séances multiples. Il faut en diminuer la durée et en augmenter le nombre. De cette façon, on divisera la dose. Béclère compare, ajuste titre, les rayons X au mercure. Quand on emploie ce médicament, on cherche à faire absorber au malade la dose la plus élevée possible compatible avec l'intégrité de ses fonctions organiques. « Dans le traitement de la syphilis par les sels insolubles, dit-il, on donne à chaque injection la quantité maxima compatible avec l'intégrité de la muqueuse buccale, et on met, entre les diverses injections consécutives, l'intervalle de temps minimum compatible avec cette môme intégrité. Cette formule, générale du reste, varie suivant un certain nombre de facteurs propres au tempérament du malade, à son âge, à son état physique, et surtout à la forme et à l'évolution de sa lésion.