LICHEN PI-AN — LICHEN CORNÉ
Sur d'autres éléments, où la dose fut moins élevée, il fallut faire une seconde séance au bout de 15 à 20 jours, pour complétera guéri son.
Il semble donc que la radiothérapie agisse favorablement sur le lichen ruber planus et sur le lichen corné. Mais loin de nous Pidée d en faire la méthode habituelle de traitement de cette affection.
Dans certains cas de lichen plan, les médications les plus simples, les douches, par exemple, conduisent rapidement à la guërïgon ; mais parfois aussi celte affection est rebelle à toute thérapeutique ; dans ce cas, on a le droit d'essayer la radiothérapie, à condition que les éléments soient suffisamment groupés pour rendra le traitement praticable,
Dans le lichen corné, aucune autre méthode ne nous semble donner de résultats aussi complets et aussi rapides que la radiothérapie.
ObSp I, — Mme C.,., 35 ans, — La malade présente un certain nombre d'éléments de lichen pian, disséminés sur le corps. Les démangeai Bon s sont très vives. On traite certains éléments par la pommade, d'autres par les rayons X. Ces rayons correspondent au n° 4 ou 3.
Du 7 au 19 mars 1904, elle a subi 5 applications sur des points différents, avec dose moyenne de i H par irradiation.
L2:>. — Les éléments traités Le 7 sont modifiés ; le prurit s'est calmé, l'aspect objectif n'est plus le même; on fait une séance sur quelques papules très prurigineuses situées sur la face externe de la cuisse droite. a H.
5 avriL — Tous les éléments traités ont disparus; mais ceux soignés par les pommades sont aussi en régression.
c27. — La malade revient nous voir, avec une légère radiodermite sur la région traitée le 5 avril. Les éléments traités par les rayons X( et guéris, n'ont pas récidivé. La radiodermite est traitée par la pâte épaisse de zinc.
S7 mai, — Tout est rentré dans l'ordre ; mais quelques éléments guéris ont récidivé.
Obs* IL — Mme R. T.... — Lichen plan confinent, très infiltré et très rouge, bile a reçu 5 applications (rayons n* 5)» avec dose moyenne de
38^ DERMATOSES PRURIGINEUSES
5 H par séance et par région. Le prurit a cessé, les éléments traités sont en régression, et quelques-uns ont totalement disparu.
Comme la lésion était très étendue, la malade est toujours en traitement.
Obs. III. — Mme G..., 40 ans. — Lichen corné. La lésion a débuté il y a 0 ou 7 ans. Aujourd'hui, la malade présente sur la jambe gauche un certain nombre de gros éléments papillornateux, cornés et de volume variable. Ils sont groupés en deux endroits. Trois sont situés sur le tiers inférieur de la jambe; 4 ou 5, sur le tiers supérieur. Le tout s'accompagne de violentes démangeaisons.
On traite chaque groupe séparément, en prenant soin de ne laisser agir les rayons que sur les papillomes eux-mêmes.
15 et 16 mars. — Une séance chaque jour (en tout 2 séances) sur les lésions du bas de la jambe. Dose totale, 10 H avec des rayons n° 6.
31. — Disparition complète du prurit. Quelques légères sensations douloureuses.
Dose de 10 II sur les éléments du tiers supérieur de la jambe.
v20 avril. — 11 n'y a plus de prurit nulle part. Les lésions du bas de la jambe sont modiûées; on y voit de grosses croûtes cornées, de couleur grisâtre, d'aspect stratifié, qui semblent prêtes à se détacher. Celles du tiers supérieur sont également recouvertes de squames dures, mais moins épaisses.
La peau avoisinante est pigmentée.
On fait une séance avec dose de 4 H sur les éléments de la région inférieure de la jambe.
5 mai. — Les croùtelles et squames des éléments du bas de la jambe commencent à tomber.
14. — Les éléments de la région inférieure sont tombés ; ils ont laissé à leur place une peau cicatricielle rosée, présentant de fines ponctuations. Les éléments de la région supérieure sont en régression. On fait sur eux une séance avec dose de 3 H.
30. — Tous les éléments paraissent guéris. On reconnaît la place qu'ils occupaient jadis par l'aspect cicatriciel de la peau.
On fait néanmoins une petite séance idose de 4 H) pour prévenir la récidive.
ectéma
On pourra sYlonner do trouver cotte affection à la suite des nevrodermiles. dos lichens et des prurigos, mais Faction vrai-
ECZEMA
semblablement analogue des rayons de Rôntgen dans toute* ces affections nous autorise à adopter ce classement.
Hahn et Àlbers-Schônberg semblent avoir été les premier» qui eurent ridée de traiter, par les rayons X, l'eczéma dans ses différentes formes.
Après un petit nombre de séances, ils constatèrent la cessa* tion du suintement et du prurit, la desquamation et la dessiccation de la peau. Après avoir traité, ensemble, 14 cas d'eczéma aigu ou chronique, ils ont formulé les conclusions suivantes :
« Dans l'eczéma accompagné d'exsudation, ce phénomène morbide disparaît après 1 à k séances et ne reparaît pas, .
« Dans l'eczéma prurigineux, les démangeaisons cessent souvent après une seule application.
u Sur l'eczéma sec, l'influence des rayons X est remarquable.
« En généra!, après la quatrième séance, il se produit un changement notable. Les placards, qui étaient secs, perdent cette apparence. Leur surface devient unie ; elle rougit un peu, mais les squames et croùtelles tombent et ne se reforment pas, ■»
Sjôgren et Sederholm ont eu de bons résultats dans les affections siiintïmtrs et lichénifiées. Le succès fut surtout frappant dans les cas où existaient de l'infiltration et des épaississements partiels du derme.
Sur 20 cas traités par Gron, 11 peuvent être considéré* comme guéris.
Souvent, dit Scholtz, l'eczéma est favorablement influence par la radiothérapie. Il a constaté la disparition du prurit» après quelques séances, chez tous les malades soumis à ce traitement. Dans 3 cas d'eczéma très tenace, ayant déjà récidivé plusieurs fois, l'état objectif s'est amélioré d'une façon frappante. Le suintement a diminué, ainsi que la desquamation ; la rougeur elle-même a rétrocédé.
Pour s'assurer de l'action réelle des rayons X sur cette dermatose, ses essais ont porté sur des cas d'eczéma symétrique.
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Un des côtés était irradié et ne recevait aucune médication; sur l'autre* côté, on appliquait les topiques habituels. La gué- '' rison fut beaucoup plus rapide sur le côté irradié. Aussi recommande-t-il là radiothérapie dans les cas d'eczéma tenace, sans pouvoir cependant se prononcer sur la sûreté de la méthode et sur Tabsence des Técidives.
Williams a obtenu quelques succès. Il fait des expositions de *5 minutes, tous les deux jours et parfois tous les jours.
Les expériences de Freund lui permettent de confirmer les idées de Uahn et d'Albers-Schônberg.
Grùnmach, V. Ziemssen, Jutassy, Sharpe, Payne, Schiff, Bowen, Pusey, William L. Heeve, Gamlen ont obtenu des résultats analogues.
11 est probable, ainsi que Va dit Pusey, que les rayons X agissent sur cette dermatose, en stimulant la bio-activité de la peau. En plus, l'irritation locale que produit cet agent peut être 'comparée à celle que Ton obtient par lés procédés médicaux, el Fon sait que, dans certains cas, l'amélioration ne survient qu'en irritant et en calmant successivement la peau malade.
Nous avons obtenu quelques guérisons locales complètes par ce procédé. La plupart de nos malades sont encore en traitement, mais les éléments guéris n'ont pas récidivé. Il s'agissait surtout de placards d'eczéma suintant, peu enflammé: Il est certain que des irradiations modérées ont fait disparaître le prurit. Le suintement diminue également assez vite ; l'infiltration devient moins profonde et finit même par disparaître. Puis, "peu à peu, la peau reprend son aspect normal et présente toutes les apparences de la guérison.
En général, nous avons fait absorber, à chaque placard, une 'quantité égale à 3 ou 4 unités H ; mais il est évident que cette dose doit être modifiée suivant Pétat de la lésion.
Quand la dermatose est récente et facilement irritable, il ne faut pas dépasser 3 H ; mais si, au bout de 8 à 10 jours, il ne sur-
vient aucune amélioration, une nouvelle irradiation identique a la précédente peut être faite sans inconvénient.
S'il s'agit d'un placard d'eczéma ancien, avec infiltration et épaisstssement de la peau, on pourra faire absorber 4 à 5 II.
Une seule application est le plus souvent suffisant*.
Certains auteurs ont dit <jtm ces résultats ne signifiaient rien. Pour eux, cVst l'état général qu'il Tant modifier, et tant que ce résultat n'aura pas été obtenu, les poussées locales se reproduiront* Nous sommes tout à Tait de cet avis ; nuit s rien n'empêche d'agir en même temps sur l'état général. La radiothérapie n'a pas la prétention de remplacer le régime et l'hygiène ! Elle agit comme les topiques locaux, et nier son utilité, c'est nier en même temps Futilité des pommades, des emplâtres cl des colles !
Ce qui en t$lA an agent précieux, c'est que cette méthode donne des résultats dans certaines formes rebelles à toute autre médication locale.
C'est dans ces cas chroniques, rebellée, récidivants, que, judicieusement employée, elle permettra d'obtenir de bons résultats.
Enlin, nous ne croyons pas que son OftftgC soit légitime dans les eczémas aigus en poussée, facilement irritables. H faudra d'abord calmer l'irritation et essayer les autres méthûdi
La radiothérapie n'est donc qu'un procédé d'exception.
Obs. t. — Mme //,*., 51 ans. —La malade présente un certain nombre de placards d'eczéma huilant avec infiltrât ton du tienne, Les testons sont tfêa prurigineuses. On y voit de petites eruûlelles. consécutives au grattage. La plupart des éléments existent depuis 5 ou <> ans.
Du il février 1904 au 17 mut. — J,a malade a reçu 8 séances sur des points différents, avec doses moyennes de 4 à 6 IL suivant rôtit de Ja peau et l'épaisseur de l'infiltration (rayons n* 5). Les démangeaisons ont disparu rapidement; les croûtelles sont tombées; le suintement, d abord exagéré, s'est lari ; H ri Mit ration a tint par disparaître, et aujourd'hui la plupart des points Iraités sont objectivement guéris.
Trois autres malades sont très améliorés; ruais ils sont encore en traitement.
Oilubrc. — Les malades traités sont localement guéris,