‹ Traite de radiotherapieChapitre 60 sur 128 · LES RAYONS X COMME ANALGÉSIQUE · texte numérisé non relu

LES RAYONS X COMME ANALGÉSIQUE

Il est certain que les rayons X ont la propriété de calmer la douleur, lorsqu'ils sont absorbés par une région douloureuse. On sait que les cancéreux voient souvent leurs douleurs s'atténuer rapidement et même disparaître totalement, à la suite des premières applications radiothérapiques faites pour agir sur leur néoplasme. L'accord est presque unanime sur ce point, entre les différents auteurs qui se sont occupés de cette question.

En 1903, au Congrès d'Angers, Guilleminot, Weil et Bloch, etc., ont rapporté des observations concluantes. Nousmême; nous avons presque toujours vu la douleur s'atténuer, même 'dans les cas de cancers graves, étendus, inopérables, sur lesquels, du reste, la cessation de la douleur fut la seule modification que Ton put constater. Ce fait est important et constitue par lui seul une nouvelle indication de la méthode.

L'accalmie des phénomènes douloureux commence, en général, le soir même de l'application (si celle-ci a été quelque peu active) ou le lendemain. La durée de cette période de bien-être est excessivement variable suivant les sujets ; mais lorsque la douleur reprend son acuité, une nouvelle application modérée réussit, en général, à en atténuer de nouveau la violence. Nous ne pouvons pas dire pendant combien de temps le traitement sera efficace, et si, à la longue, le malade ne finira pas par ne plus

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être soulagé. Mais tout nous porte à croire que l'accoutumance ne doit pas élrc la régie, car les tissus deviennent de plu a en plus sensibles aux rayons X, à mesure qu'ils sont exposés à cet agent.

Nous pouvons citer le cas d'un homme atteint d'un épithélioma de l'oreille, avec envahissement de l'apophyse mastoïde et des plans profonds, qui fut envoyé à Broca par M. le docteur Lermoyez. Cet individu était inopérable et éprouvait des douleurs épouvantables dans l'oreille atteinte : il ne pouvait dormir et était désespéré. Sur les indications de MÉ Brocq, nous le traitâmes pour agir sur le néoplasme lui-même, et particulièrement sur une ulcération ayant envahi le pavillon de l'oreille. La dose absorbée fut d'environ 5 à 6 H, Le lendemain, le malade nous dit qu'il avait passé une meilleure nuit : nous lui faisons une nouvelle séance, pour atteindre la quantité choisie, 10 H, et durant 2 à 3 jours il ne ressentit qu'une douleur légère et très supportable ; le sommeil fut possible la nuit, Ces phénomènes se sont, du reste* reproduits de la même façon, chaque fois que nous lui avons fait de nouvelles applications, Il est probable que» dans ces cas, il serait préférable de fractionner les doses, de façon à pouvoir les répéter souvent ; car il semble qu'une quantité peu élevée, 3 à 4 H, suffit à produire une diminution de la douleur.

Une statistique récente, établie par Skinner, semble indiquer que l'action analgésiante est moins certaine sur les tumeurs profondes que sur les cancers superficiels. Elle nous a paru être la, règle pour les épi thé Homes superficiels et sur les tumeurs profondes. Skinner a obtenu :

Soulagement permanent des douleurs dans . . . . . il cas

Soulageaient temporaire . 8 —

Soulagement partiel 8 —

Ainun soulagement - < , . 44 —

Cas sans douleur . . . , 5 —

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