DE LOT
45o ACTION SUR LES NÊOFOUMÀTIONS DU TISSU LYMPHATIQUE
et dans le tissu conjonctif voisin ; elles étaient parcouru* leur surface par des télangiectasies étendues.
Voici l'examen histologique qui fut pratique par M. Gnstou, tel qu'il est rapporté dans l'observation originale : « A un faible grossissement , l'examen des coupes montre qu'il s'agit d'un tissu formé de bandes conjonctives et élastiques épaisses, contenant, disséminées dans leurs interstices, des masses cellulaires, demi le siège est surtout dans la profondeur et au voi* Binage drs glandes sudoripares.
<■ L'épîderme est aminci, les digitations épidermiques ont en partie disparu, mais il n'y a pas d'altérations spéciale* niveau. Les vaisseaux sont peu dilatés. A un grossissement fort, ou voit sous l'épidémie un tissu réticulé, contenant :
i tû De grosses cellules du type plasmatique, c'est-à-dire à gros noyaux et protoplasma abondant ;
« 2° De nombreuses niastzellen, qui forment des traînées parallèles à l'épidémie.
« Les ri-links plasmatiques sont surtout périvasculaires, mais on ne peut dire qu'il existe là une véritable infiltration*
« Tout autre est l'aspect en certains points des amas formés par des cellules d'un genre spécial. En effet, autour de gros vaisseaux dont on ne voit pas les parois, autour des glandes, sont groupées des cellules, encadrées par une bordure conj< tive et rassemblées en nodules très nets, très limités, émettant des prolongements. Ces cellules sont très volumineuses. Leur noyau est fortement coloré par les couleurs basiques, protoplasma clair et abondant. Pressées les unes contre les autres, toutes égales, ces cellules sont polygonales ou irrégulièrene tri arrondies. On y décèle, à l'aide des différentes colorations ihématM\yline~éosine,picrocarmiti, van Gieson), un réticulum très lin.
« Il n'y a pas d'autres altérations appréciables,
« A quel groupe peut-on rattacher ces amas cellulahv
N Les cellules ont de l'analogie avec les plasmazellens ; mais
r.\MPU05ARCOME
elles en différent par leur conformité, la présence d'un noyau toujours central, la réaction peu intense et différente a,ux colorations de leur protoplasma.
« Le groupement de ces cellules n'est du reste pas celui de la syphilis,
« Il ne peut s'agir non plus ni de la tuberculose, ni d'infections.
« La netteté des groupements vasculaires et péri glandulaires, l'isolement des amas, l'absence des cellules d'infiltrations de genres différents, sont contraires, malgré la présence du réticulum, à l'existence du mycosis, que fait rejeter également l'absence des lésions épîdermiques d'infiltration papillaire.
« L'existence du réticulum semble être en rapport avec une altération lymphatique ; la localisation périvalvulaire et périglandulaire des amas semble également correspondre à l'existence des lacunes lymphatiques et périglandulaires ; de ce fait naît lidée d'une néoplasie lymphatique, et si on tient compte de la forme et du groupement des cellules d'aspect sarcomateux, on en conclut à 1 existence d'un Igmphosarcome, »
M, Darier examina les pièces et confirma le diagnostic de lynv phosarcome.
De novembre 1902 à mars 1904* les lésions empirèrent ; des phénomènes de compressions apparurent, l'état général se modifia, etc., et les auteurs résolurent d'entreprendre le traitement radio t hé ra pique.
Il fut fait par doses fractionnées, avec trois applications environ par semaine. Le traitement dura deux mois, La dose absorbée le premier mois fut de 24 unités IL 6t de 17 le second,
Sous rinlluence de la radiothérapie faite par II. Albert YVeil* le malade a vu rétrocéder ses tumeurs, son cou diminuer, son thorax reprendre une apparence normale, son état général s'amélïorer. Il est actuellement objectivement guéri.
MM. Bizard et Albert Weil ont remarqué que, pendant la cours du traitement, le malade a présenté des signes mani Testes de toxémie : étourdissements, frissons, etc., en un mot des phénomènes analogues à ceux observés par Skinner au cours du traitement des uéoplasies cancéreuses. Aussi les auteurs sont-ils partisans de fractionner les doses, de façon à éviter toute action intense, toute résorption trop rapide des masses néoplasiques,
Il faut bien remarquer, pour justifier les autres méthodes, qve la résorption des masses néoplasiques a l*état de cellules pathologiques n'est pas démontrée et que, bien plus, les phénomènes oie toxémie sont tellement inconstants et fugaces, qu'on a le droit de se demander s'ils ont vraiment avec le traitement radiothérapique une relation de cause à effet.
Au Congres de Grenoble, le professeur J, Bergonié a comme* nique une observation de lymphosareomatose généralisée rapidement améliorée par les rayons X.
Le malade cachectisé, portait d'énormes masses ganglionnaires des deux côtés du cou» dans les deux creux axillaires, au ni\ de la partie gauche du thorax, avec hypersplénomégalie. La dyspnée était intense, et l'examen radioseopique montrait que le poumon était rempli d'une masse ganglionnaire ayant envahi i peu près tout le thorax.
L'ensemble de ces altérations correspond plutôt, eliniquement, au type leucémie, ainsi que le fit du reste remarq M* le docteur Béclêre, au moment de la communication. Mais un examen du sang» pratiqué par le docteur Sabrasés, donna les résultats suivants :
Hémoglobine . • . . . 58 p. 100
Globules rouges 4.030.000 par mm* c.
Globules blancs 37.8SÛ —
Leucocytes polynucléaires 78 p. 1U0
Luiiphocyles Jt —
Grands lymphocytes L S —
lympiiosàrcome 4^
Grands mononucléaires 4 p. 100
Éosîoopliïles n|n —
Formas de transition . . 1,8 —
Noyaux libres 0r10 —
Myélocytes neutrophiles 0,10 —
Plaquettes sanguines 794.220 par mm. c.
'( Temps de coagulation un peu accéléré.
tf Le caillot ne se rétracte pas très bieiu
*< Inégalité de volume et de coloration des hématies. Présence de polychromatiques et d'hématies à granulations basophiles, Pas de globules rouges nucléés. Très légère réaction iodophile de quelques leucocytes,
« En résumé, dit le docteur Sabrazès, anémie et leucocytose d'un haut degré. L'examen clinique (ganglions bosselés, adhérents, déterminant de l'œdème et une circulation collatérale très développée) cadre avec l'idée de li/mphosareomaiose* L'examen du sang est en faveur de ce diagnostic» La formule letlGO rytaire permet d'éliminer la leucémie à proprement parler. Le pronostic de ce cas de lymphosarcomatose généralisée est fatal à brève échéance*, »
Les applications radiothérapiques furent faites avec des rayons n° 7, et ta quantité absorbée a chaque séauce fut de | ;« 6 unités H. Les séances furent faites tous les jours; mais comme il y avait sept régions différentes à traiter, chaque région a subi au plus quatre séances par mois.
Vingt jouis après le début du traitement, un nouvel examen du sang, fait par le docteur Sabrazès, donnait :
Hémoglobine . , . 60 p. 100
Globules rouges 4.947.000 par mm. c
Globules blancs. ........ 18.600 —
Plaquettes sanguines. ...... 698.828 —
Leucocytes polynucléaires . - . * * 69, 3 p. i 00
Lymphocytes 19 —
Grands mononucléaires- . • . 4 —
454 ACTION SUR LES NÉQFORMÀTIONS DU TISSU LYMPlUTIo
Lnsinophïies 0t 76 p. i
Formes de transi Uoo 1, 75 —
Myélocyles noutrophiles 0, 20 —
« Inégalité de volume et de coloration des hématies, Nombreux polychroraatiques, Rares hématies à granulations basophiles. Pas de globules rouges mêlés.
« Pas de leucocytes iodophiles. Quelques grands lymphocytes. Quelques points d'irritation. Coagulation accélérée avec rôti tion précoce du caillot*
« Par rapport à la première analyse, dit M, Sabrasses, on constate : Augmentation des globules rouges. Diminution considérable du nombre des globules blancs. Tendance de la formule leucocytaire à redevenir normale. »
L'amélioration du malade était considérable, la dyspnée avait presque disparu, les ganglions avaient diminué, l'état général était meilleur.
Le traitement fut poursuivi, le patient subit en tout 35 applications, soit 5 par région malade. Les résultats furent les suivants : Diminution à peu près complète des masses ganglionnaires, diminution considérable du volume de la rate, dégagement de tout le poumon droit et d'une partie du poumon gauche, augmentation considérable du poids du malade et de ses forces, augmentation très sensible du taux de l'hémoglobine, diminution de plus de moitié des globules blancs.
Quoique le diagnostic de lymphosarcome soit très discutable, le résultat est très intéressant, et alors même qu'il s'agirait là d'une lymphadénie ou d'une leucémie, Faction favorable des rayons X sur l'état général, sur les masses ganglionnaires et sur la composition du sang est indiscutable.
Nous avons traité, à Broca, par la nouvelle méthode, une femme atteinte d'une énorme tumeur de la région cervicale, sur laquelle M- Brocq porta le diagnostic clinique de lymphosarcome. La tumeur était dure, adhérente aux plans profonds,
LVMPIIADÉN1E ÂLEUCJÊMIQUE £55
et ne s'accompagnait pas de généralisation ganglionnaire- Au début, les applications radiotlierapiques ont certainement déterminé une petite diminution dans le volume de la tumeur; mais l'état général ne s'est pas modifié. Au bout de quelque temps, il est survenu du cornage, et la malade a dû être dirigée su*un service de chirurgie. C'est dire que le résultat n'a pas été brillant, (1 est vrai que notre malade ne répondait pas du tout au type leucémique.
A notre avis, il faut procéder pour le traitement du iytnpbosarcome comme pour le sarcome proprement dit, si la lésimi est localisée, ce qui est la règle habituelle* On surveillera le malade et on arrêtera les irradiations aux premiers signes de I mie s'ils se produisent. Lorsque le lyrnphosarcome est généralisé et se rapproche (comme le cas du professeur Bergoniê) du type clinique leucémie, la méthode sera la même que celle qaà nous indiquerons pour le traitement de la leucémie proprement dite.
Disons simplement, en terminant, que les rayons X semblent donner dans les cas de lymphosareome des résultats favorables, mais que de nouvelles expériences s'imposent, à cause de Tincertitude du diagnostic de la plupart des observations publiées*
Williams, dans la deuxième édition de son ouvrage, cite un cas de maladie de Hodgkin amélioré par les rayons X, tl s'agissait d'un homme de 21 ans, atteint de cette affection depuis une année* Le traitement dura 7 mois ; on fit 3 expositions par semaine, de 10 minutes de durée chacune. Chaque foyer fut traité séparément.
Le volume des ganglions diminua, l'état général s'améliora, et le malade revint à un état satisfaisant, Après cessation du
LYMPHADEHIE ALEUCÊMIQUE MALADIE DE HODGKIN
£56 ACTION SUR LES M£OI OftMATIONS DU TISSU LYMPHATJQl J
traitement, lu maladie récidiva, et le patient mourut au bout de 9 mois» Deux autres malades furent traite!? de ta même façon, l'amélioration fut très rapide, mais les malades ne purent être suivis.
Il croit que cette méthode donne au début des résultats étonnants ; mais il n'ose se prononcer sur la durée de la guéri son. En tout cas, il est certain que chez le premier malade l'état pal fut amélioré et l'existence prolongée.
Cet auteur cite également 2 cas rapportés par Pusey, où Tiniluence favorable des rayons X est évidente.
Le premier malade avait été vu par Ochsner, qui avait le diagnostic et opéré chirurgicalement un des côtés malade (région cervicale)» L'autre côté fut traité par les rayons X, et, au bout de deux mois de traitement, la tumeur, qui atteignait au début la grosseur d'un poing, ne présentait plus que celle d'une amande*
Le malade vient se faire traiter de temps en temps, et depuis 5 mois l'état ne s'est pas aggravé.
L'autre malade présentait une volumineuse masse ganglionnaire à l'aisselle (tête d'enfant). Les injections arsenicales ne produisirent aucune amélioration, La radiothérapie appliquée par Pusey provoqua une diminution notable du volume de la tumeur et le malade put jouer au billard ! Puis les ganglions axillains disparurent totalement, et cet état dure depuis quelque temps, sans récidive.
Chez un malade (atteint probablement de cette affection) que nous avons traité à Broca, les résultats n'ont pas été brillants. Il est vrai que le patient était très cachectique et que nous n'avons pu le suivre longtemps.
Du reste, comme il n'y avait pas eu d'examen du sang, on peut se demander si ce cas appartenait aux lymphadénies ou aux leucémies, Il en est de même des observations de Williams et de Pusey.
LYMPirVDKMK ALEUCCMlQtlE Ç*~
On ne doit en effet ranger dans cette classe que les affections dans lesquelles existe une hypertrophie des organes hématopoiétiques, sans altération sensible du sang.
On voit, à la suite des applications, les tumeurs ganglionnaires diminuer de volume, la fièvre tomber, l'état général s'améliorer ; mais ces observations n'ont pas grande valeur, car elles sont surtout caractérisées par le syndrome adénie* et, d'après certains auteurs, ce syndrome pourrait guérir spontanément.
11 est vrai que cette régression spontanée est très rare et que les expériences de Heiuecke démontrent Faction certaine des rayons X sur les organes lymphoïdes. Aussi nous semble-t-il rationnel de traiter ces affections par la nouvelle méthode ; mais il faut souhaiter qu'à l'avenir leur type morbide soit mieux défini.
On peut également rapprocher d'elles, au point de vue thérapeutique, certaines adénies (tuberculeuses?), sur la nature desquelles on est loin d'être fixé, Ces lésions seraient, elles aussi, améliorées par la radiothérapie.
11 nous semble préférable, dans ces cas, de faire le plus possible d'applications, puisqu'une petite dose serait suffisante pour déterminer la régression des éléments morbides. Il faut, par contre, éviter toute réaction grave, toute radiodermite ulcérât! ve.
Nous conseillons d'utiliser des rayons marquant 7 à 9 au radiochromomêtre de Benoist, et de faire absorber environ 3 ai U à chaque région malade, toutes les semaines.
Si la peau présentait au bout de quelque temps des phénomènes inflammatoires, il faudrait suspendre le traitement, de façon à éviter tout accident.
4&H ACTION SCH LBS M- UFOB MATIONS OU TISSU LY.UIMIATJOI l
LEUCÉMIE
Les cas de leucémie traités avec succès par les irradiations de Rontgen sont encore assez peu nombreux. Néanmoins. I<*s résultats obtenus par cette nouvelle méthode, dans une affection régulièrement fatale, sont assez démonstratifs pour qu'il soit intéressant d'étudier la question avec quelques détails.
Les premiers faits relatifs à cette maladie nous viennent d'Amérique,
S&cui a rapporté deux observations intéressantes:
La première concerne un homme de 43 ans, atteint de leucémie depuis un an- La lésion avait débuté au cou et envahi les creux axillaires, les plis inguinaux, le médiastin, les ganglions trachée-bronchiques, La rate était très grosse. L'examen du sang montra une anémie nette. Après 3/i applications, les tuméfactions glandulaires disparurent. Mais au bout de 3 mois, il se produisit une nouvelle poussée, qui céda à 10 nouvelles irradiations. Depuis 8 mois, l'état est satisfaisant.
Le second cas est celui d'un malade âgé de 53 ans. L'affection avait débuté 10 ans auparavant, Tous les traitements employés jusque-là n'avaient produit aucune amélioration. L'examen du sang donna 73 p. 100 d'hémoglobine , 3,875,000 d'érythrocytes, 208.000 de leucocytes, comprenant : 78,75 p. 100 de petits lymphocytes, 14,25 p. 100 de grands lymphocytes, 2 p, 100 de formes de transition, 5 p. 100 de leucocytes à noyaux multiformes.
Après 15 irradiations, les glandes diminuèrent, et un nouvel examen du sang donna : hémoglobine, 85 p. 100 ; érythroev /i. 450. 000; leucocytes, 76.000 « On fit de nouvelles applications, et le nombre des leucocytes tomba à 46\500.
L*état général du patient s'améliora peu à peu pendant temps; son poids augmenta, et sa pâleur s'atténua.
Plus récemment, M\L Bryant et Crâne ont publié l'observa-
LEUCÉMIE
tion (Tune femme de 33 ans, atteinte de leucémie myélogène avec rate énorme et 176.000 globules blancs, qui fut guérie en 2 mois par des séances quotidiennes de radiothérapie. Les auteurs avaient institué, en même temps que la radiothérapie, un traitement arsenical, et ils croient que celui-ci a eu une grande part dans le résultat.
En général, ces observations sont incomplètes, car elles mentiMiment, sans grands détails, une diminution générale dunombre des myélocytes.
Le cas cité par Brown est un peu plus complet- 11 s'agissait d'un malade dont la rate descendait au-dessous de l'ombilic <t qui présentait une forte leucémie (800,000 globules blancs avec 40 p, iOfj de polynucléaires, 40 p. 100 de myélocytes, 8 p. 100 déosinophiles et 8 p. 100 de mastzellen). Les séances lurent pratiquéesau début deux fois par semaine, puistous les jours» Du mois de juillet (début) au mois de février, l'amélioration fut régulièrement progressive, ainsi que la diminution des myélocytes. On voit, d'après les pourcentages répétés a intervalles réguliers, que la diminution des myélocytes est exactement parallèle à la diminution générale du chiffre des globules blancs.
Au mois de février, la guérison fut complète ; et comme le traitement radiothérapique fut seul institué, les résultats sont probants.
MM. Guillon et Spillmann ont publié une observation à la Réunion biologique de Nancy; mais il manque la formule.leucoeytaire pour affirmer l'existence de la leucémie.
M. Bossolo a traité un cas de leucémie myélogène par les rayons X, Les leucocytes passèrent rapidement de H0 000 à 10.000, après augmentation passage iv.
HermanGradetAhrens ont obtenudes résultats encourageants.
MM. Auberlin et Beaujard ont publié, en août 1904, les résultats de leurs recherches sur les modifications déterminées dans le sang leucémique par la radiothérapie. Ces travaux sont très
£6o ACTION SUR LES NÉOFORMATIONS DU TISSU LYMPHATIQUE
intéressants, car ils montrent les modifications immédiates du sang, jour par jour, après chaque séance ; aussi croyons- n utile d'en citer une grande partir :
« Il s'agit d'au homme de 60 ans, atteint de leucémie myélogène typique, à forme splénique pure, dont les premiers syiuptomes datent de 9 mois environ. La rate remplit toute la partie gauche de l'abdomen, arrive presque au pubis et dépasse la ligne médiane. Le foie est gros, il n'y a pas de gungli. Anémie d'intensité moyenne (2.500*000 à 3*500.000)* Le nombre des globules blancs, qui était de 90.000 en février 1904, s'est élevé régulièrement et progressivement et a atteint 124-000 au début d'avril (numérations faites toutes les semaines environ)* La formule leucocytaire que nous reproduisons plus loin est la formule classique de la leucémie myélogène et n'a pas .subi de variations notables* L'arsenic et l'opothérapie splénique mit eu quelque influence sur l'état général et ont fait remonter un peu le chiffre des globules rouges, mais ont été absolument sans influence sur le nombre des globules blancs, qui a continué d'augmenter régulièrement,
<i C'est le 20 avril que fut commencé le traitement radiothérapique [séances hebdomadaires de 18 minutes sur la région splénique, eu avant et en arrière ; rayons n* 6 (radiochromomètre de Benoist) ; 5 H (chromoradiomélre d'Holzkncchi) ; distance de l'anticathode, 25 centimètres]. Le malade a donc reçu en six séances la quantité très élevée de 30 H, qui a d'ailleurs fini par provoquer une forte radiodermite* Sous l'influence de ce traitement, le nombre des globules blancs est tombé, en six semaines, de 124.000 à 52.000, en même temps que l'état général s'améliorait considérablement*
« Voyons comment s'est produite cette diminution des leucocytes :
« Quelques jours avant la première séance, le nombre des leucocytes était de 124*000. Huit jours après, c'est-à-dire imme-
LEUCÉMIE 46l
diatement avant la seconde séance, il était tombé à 102.000, Un examen, fait trois quarts d'heure après la fin Je cette dernière séance, nous donna le chiffre de 131.000, montrant ainsi une augmentation presque immédiate de 30.000 globules blancs. Huit jours plus tard, le chiffre avait baissé de nouveau et était à 108.000, Huit jours après la troisième séance, il était tombé i 79.000, Nous examinâmes alors le sang toutes les deux heures après la quatrième séance, et nous trouvâmes les chiffres suivants : avant la séance, 79,200; à midi (un quart d'heure après la fin de la séance), 74400; à 2 heures, 00.000; à A heures, 91.000 ; à 6 heures, 105.000. Le lendemain matin, le chiffre des leucocytes, vérifié plusieurs fois, avait presque doublé et s'élevait à 194.000. Le surlendemain, il était tombé à 80.300, pour continuer à baisser encore les trois jours suivants: 73.000, 64.000, 61.000.
« À la suite des autres séances, les modifications immédiates ont été moins nettes sans doute, parce que moins intenses et plus tardives. C'est ainsi qu'après la sixième séance le nombre des leucocytes, de 64*000 n'est monté qu'à 76.000. Peut-être, si le malade avait été hospitalisé et si nous avions pu pratiquer des examens plus fréquents, aurions-nous trouvé a un certain moment une augmentation plus marquée.
(^es modifications ne tiennent certainement pas à une concentration et a une dilution du sang, car le nombre des globules rouges, roc lier ché eu même temps, n'a pas varié parallèlement a celui «les leucocytes et ;i même dooné, à certains moments, des résultats absolument inverses. Elles sont indépendantes de la leueocytose digestive et sont beaucoup plus marquées que les variations spontanées du chiffre des globules blancs qu'on peut rencontrer chez les leucémiques,
" Toujours est-il qu'après chaque séance de radiothérapie le chiffre des leucocytes montait, pour baisser ensuite progressivement et arriver chaque fois à un taux inférieur au taux primitif.
462 ÀCT10> M l< LUS NÉOFOHMATIONS DU TISSU LYMPHATIQUE
it Nous sommes ainsi arrivés au chiffre de 52.800.
i Voyons maintenant les modifications de la formule leucocytaire : cette augmentation, parfois énorme, des leucocytes est due, non pas aux myélocytes, mais surtout aux polynucléaire* adultes. Ainsi, le sang, qui, avant le traitement radioth jaque, comptait, sur 112,000 leucocytes, 34 p. t00 de polynuûléaifss, 65 p. 100 de myélocytes (parmi lesquels nous cooa- I unions les cellules de Turck) et 0,0 p. 100 de lymphocytes M mononucléaires dits lymphogènos, présentait, le lendemain de la troisième séance, où le chiffre total était de 192.000, une formule très différente ; 52 p, 100 de polynucléaires, £7 p* 100 de myélocvles, 0,3 p. 100 de lymphocytes. Le surlenden (73.000), la formule était revenue à peu près aux chiffres antérieurs , La leucocytose qui suit la séance de radiothérapie donc constituée surtout par une augmentation absolue des polynucléaires dans le sang circulant,
« Noue avons enfin recherché, par plusieurs techniques, s'il y avait des différences dans la structure des leucocytes avant et après la radiothérapie. Nous n'avons jusqu'ici trouve m modifications in tables du protoplasma ou des granulations, ni figures de dégénérescence du côté des noyaux, ni figures dekaryokin
« Notons qu4\ jusqu'ici, les globules rouges a noyau ne semblent pas notablement influencés par la radiothérapie. Leur nombre absolu demeure à peu près le même, et leur nombre relatif baisse notablement au moment de la leucocytose qui suit la séance.
- Quant aux globules rouges, nous avons observé, après clique séance, une augmentation de leur nombre parfois considérable (jusqu'à 1 million), suivie d'autres modifications qui ne semblent pas parallèles à celles des globules blancs, et sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement,
€ Notons enfin que, malgré ces modifications pourtant ? nettes du côté du sang, qui s'accompagnent, d'ailleurs, d'une
LEUCÉMIE
amélioration considérable de l'état général, nous ne trouvons pas encore actuellement do diminution très appréciable du volume de la rate. Mois, d'après le malade, la rata diminuerait très nettement dans les deux ou trois jours qui suivent la séance, et reprendrait son volume les jours suivants. Bien que nous n'ayons pas contrôle nous-mêmes ce fait, nous lui accordons cependant une certaine importance, parée que le malade Ta observé spontanément, et nous ne pouvons nous empêcher de le rapprocher de l'augmentation leucocytaire que nous<avons constatée dans la mémo période. »
La radiothérapie appliquée au traitement de la leucémie myélûgène provoque donc sur le sang leucémique des résultats immédiate, Il se produit une diminution du nombre dos leucor\ tes, mais elle n'est pas régulièrement progressive.
Après chaque séance, se produit une augmentation brusque et considérable des globules blancs, puis leur nombre baisse lentement et progressivement jusqu'au-dessous du chiffre primitif. Au bout d'un certain temps, l'augmentation qui suit chaque application devient à peine perceptible, et seule la diminution définitive est appréciable. La leucocytose porte, non sur les myélocytes, mais surtout sur les polynucléaires.
Enfin, il faut constater que ces modifications sanguines se produisent alors même que la rate n'a pas encore commencé à diminuer.
M. Beaujanl a bien voulu nous montrer les résultats dd travaux analogues qu'il a poursuivis sur la leucémie lymphatique. Dans ce cas, la diminution du nombre des globules blancs est plus régulièrement progressive, et on ne remarque pas d'augmentation consécutivement aux applications. De même, l'augmenta tion du nombre des globules rouges est régulièrement progressive.
Dans les deux cast l'état général est rapidement amélioré, la rate diminue souvent de volume de façon appréciable ; les gan-
glions lorsqu'ils sont intéressés, deviennent moins saillants, et quoique les malades ne soient pas complètement guéris, il est certain que la radiothérapie a produit les plus heureux effets.
Par contre, MM. Barjon, Cade et Nogier ont présenté à la Société de médecine de Lyon l'observation d'un homme de 24 ans, atteint de leucémie myélogène, et traité sans succès par les rayons X. Leur malade présentait une grosse hypertrophie de la rate et un mauvais état général.
L'examen du sang, pratiqué le 12 octobre 1903, a donné :
Globules rouges 2.790.000 par mm. c.
Globules blancs 447.000 —
La formuleMeucocytaire était :
Polynucléaires 24 p. 100
Grands monomyélocytes 70 —
Éosinophile, 2 —
Lymphocytes 0 —
Cellules à noyaux intermédiaires ... 4 —
Le patient a été soumis à 21 séances de radiothérapie d'une durée totale de 265 minutes, soit, en moyenne, 12 minutes par séance ; elles ont été réparties sur une durée de plus de trois mois.
On a noté un abaissement de la température, lelendemain de chaque application radiothérapique, et une diminution des douleurs de la région splénique.
Jamais les auteurs n'ont pu constater de diminution de la rate ni du nombre des globules blancs.
En effet, à la fin du traitement, l'examen du sang donna :
Globules rouges 3.412.400 par mm. c.
Globules blancs 309.380 —
LEUCEMIE
Soit une augmentation de plus du double du nombre des globules blancs.
Le malade est mort dans la cachexie.
En résumé, qu'il s'agisse de leucémie myélogène ou de leucémie lymphatique, les rayons X, appliqués avec méthode et mesure, déterminent ordinairement une amélioration considérable, au double point de vue organique et fonctionnel.
Malgré les résultats négatifs publiés à Lyon (où, du reste, manque la mesure exacte de la quantité absorbée), les expériences de M. Beaujard conservent toute leur valeur.
L'état général des malades traités s'est considérablement amélioré, leur hypertrophie splénique s'est atténuée et leurs masses ganglionnaires se sont en partie résorbées.
Nous soignons en ce moment, dans le laboratoire du docteur Béclëre, plusieurs malades atteints de leucémie» et, sans être guéris, ils sont certainement améliorés. On comprendra tout Tinter et que présente cette nouvelle méthode, en se rappelant l'impuissance bien connue des autres médications essayées jusqu'ici.
Comment doit-on appliquer le traitement ?
Kt d'abord, il faut dire que, dans cette affection, il semble nécessaire de faire le plus vite possible les applications et d'en faire aussi souvent que possible, puisqu'une diminution du nombre des globules blancs succède à chaque irradiation, Mais il faut éviter toute radiodermite, qui, outre la gravité locale quelle peut avoir, oblige de suspendre plus ou moins longtemps le traitement.
Les rayons employés devront être un peu pénétrants, soit du n° 7 ou 8, et l'ampoule placée à une certaine distance du tégument, 15 à 20 centimètres. Cette distance est indiquée, non seulement pour que l'éclairage soit uniforme sur une plus grande surface cutanée, mais aussi et surtout pour que la quantité absorbée par la région malade (rate, ganglions) soit mieux répar*
HE LOT, 3o
tie dans les différents plans profonds et atteigne par suite une plus grande profondeur.
Lorsque le malade est atteint de leucémie myélogène typique, que seule la rate est objectivement atteinte, nous divisons la peau qui recouvre cet organe en 4 segments, et nous faisons absorber à chacun de ces segments (en recouvrant les autres d'une lame de plomb) une dose de 4 à 5 unités H : les séances sont renouvelées environ tous les 8 jours, à moins qu'apparaisse une radiodermite, ce qui est rare.
Pendant le courant de la semaine intermédiaire, on peut, comme l'ont conseillé les auteurs américains, faire des irradiations sur les extrémités des os longs.
Il parait préférable d'irradier tous les os, car, dans la leucémie myélogène, toute la moelle de tous les os longs est atteinte et convertie en moelle rouge.
On comprend combien cette pratique sera difficile, à cause de la situation et de l'opacité relative du tissu osseux pour les rayons X. Il faudra employer des rayons très pénétrants et s'attaquer surtout aux os facilement accessibles.
Lorsqu'en même temps le malade présente des masses ganglionnaires sur différentes régions, il faut faire absorber à chaque point malade 3 k !\ unités H, tous les huit jours environ.
Nous n'avons jamais constaté chez nos malades (Je phénomènes d'intoxication générale; cette méthode nous paraît donc, pour le moment, préférable à celle des doses très fractionnées (1/2 H ou 1 H).
MTCOSIS FONGOIDE
Ou pourra être surpris de trouver le mycosis dans le groupe des tumeurs du tissu lymphatique.
Quoique cette affection n'appartienne ni aux sarcomes, ni aux
MYC0SI3 FONGOÏDE V>7
lymphadénies, nous avons placé son étude à la fin de ce chapitre parce que, d'après certains auteurs, elle se rapproche, au point dôTue liistologique, des sarcomes lymphadéniquesmyxoïdos (Vidal, Brocq, Siredey)*
Le mycosis fougoïde est une affection grave, régulièremcnl fatale, dans laquelle aucune médication ne semble agir avec efGcacité. Tous les traitements, internes ou externes, ont été essayés, sans qu'il en résulte une grande amélioration, même temporaire.
Au mois de juillet 1903, M- Brocq nous confia une femme v mie du Canada, atteinte de mycosis fongoïde, au stade eczérii;itiqm% avec nombreuses tumeurs non ulcérées, pour la traiter par les effluves de haute fréquence, afin de calmer le prurit intense dont elle souffrait. Ne connaissant pas alors les travaux de Sehollz, qui du reste ne semble pas avoir eu dans cette affection des résultat*! très satisfaisants, nous eûmes l'idée, a\< < notre excellent ami M. Civatto, d'essayer la radiothérapie.
Nous avions déjà constaté que les rayons X semblaient ûvûir une action favorable sur certaines tumeurs cutanées; il était donc légitime de voir quels résultats ils pouvaient donner sur une tumeur inycosique. Du reste, nous n'avions rien à risquer, car même si nos applications devaient être suivies d'une réaction violente, d'une nécrose superficielle, nous pouvions en espérer une amélioration locale.
Dans ces conditions, nous fîmes, sur deux ou trois grosses tumeurs de la tète et de la face, quelques séances assez intenses pour déterminer une réaction vive, sans toutefois risquer la nécrose. Nous fîmes absorber environ 10 H à chaque tumeur, *-n deux séances consécutives, séparées par un jour d'intervalle, avec des rayons n° 4 ou 5. Le reste de la figure fut protégé par une lame de plomb. Un des premiers effets fut la disparition totale du prurit dans les 2 ou 3 jours qui suivirent la première application. Au bout de 6 à 8 jours, la peau qui
recouvrait les tumeurs devint légèrement érythémateuse, puis peu à peu prit une teinte brunâtre, Elle devint plus souple ; l'ensemble des tumeurs était moins dur. Au bout de 16 à 20 jours, les tumeurs avaient notablement diminué de volume ; leur consistance s'était modifiée, et là peau n'était presque plus infiltrée. Le prurit n'avait pas reparu. La réaction était en voie de disparition; il ne restait qu'un peu de pigmentation, Nous avons fait alors une ou deux nouvelles séances, et peu à peu tumeurs irradiées finirent par disparaître totalement, sans qu'il eut été nécessaire de pousser la réaction plus loin que IVrythème.
Encouragés par ces résultats, nous avons attaqué par ec procédé successivement les tumeurs de la face et celles du corps ; actuellement, toutes celles qui ont été traitées ont disparu, qu'il se soit produit de nouvelle poussée,
Les rayons employés correspondaient au n* 4 ou 5 de l'appareil de Benoist, et nous n'avons jamais dépassé 8 ou 9 H par tumeur et par série de séances* Ainsi, nous faisons absorber* en une seule fois ou en deux séances consécutives, la dose choisi nous attendons \h a 20 jours. A cette époque, si Pérythèma léger, si la malade n'éprouve aucune sensation de brûlure, en un mot, si la réaction est disparue ou atténuée, et que la tumeur soit encore dure et volumineuse, la peau infiltrée, nous faisons de nouveau absorber 7 ou 8 H environ et nous attendons*
Cette méthode est continuée jusqu'à ce que la lésion soit totalement disparue, en diminuant peu à peu la quantité absorbée.
Il est évident que la dose absorbée en une séance doit varier suivant la sensibilité spéciale de la région où se trouve la tumeur*
De même, le nombre des applications nécessaires à la disparition totale des tumeurs a été différent suivant le volume de cellesci * t suivant la région sur laquelle elles se trouvaient* < ainsi que* pour les gros nodules, du volume d'une noix* sii
MYCOSIS FONGOÏDE
sur le front, l'arcade sourcilière, la lèvre supérieure, il a fallu 8 séances, par séries de 2 séances consécutives! dans lesquelles (2 séances) on a fait absorber environ 8 a 10 H. La dose totale a donc été de 3a à 40 H répartis eu 4 séries d'applications, séparées par des intervalles de repos d'un mois environ.
Sur les joues, où les tumeurs étaient moins volumineuses, h séances, réparties en 2 séries de 2 séances, ont été suffisantes. La dose totale a donc atteint 20 à 25 H.
Une tumeur de la paupière, plus petite, fut guérie après avoir absorbé 9 ou 10 11.
Nous avons fait à la malade des applications tous les jours ou tous les 2 jours, mais en changeant les points d'application, de façon à ne revenir sur un point déjà traité que lorsque la réaction était calmée, c'est-à-dire en moyenne 25 à 30 jours après la dernière séance. De cette façon, nous avons pu traiter un grand nombre de foyers morbides, tout en restant dans des conditions techniques parfaites,
(Certaines parties du corps, où l'affection revotait l'aspect érysîpêlatoïde, furent 1res améliorées par des séances relativement moins intenses. L'ampoule fut placée plus loin de la surface cutanée, de façon à irradier avec une intensité égale tous l^s points d'une plus grande surface. Une dose de b à 7 11, absorbée en une ou deux séances, nous a paru suffisante dans beaucoup de régions.
Du reste, nous avons, avec MM, Brocq et Bisserié, présenté cette malade à la réunion de la Société de dermatologie, en février 1904 ; elle était déjà très améliorée, et voici ce que M- Brocq disait à cette époque : « Certes, nous savons que l'on peut observer des régressions spontanées des tumeurs et des arrêts également spontanés dans révolution du mycosis fongoïde ; mais ces régressions et ces arrêts n'ont jamais la marche régulière et ne revêtent jamais les allures franches d'évolution vers la guérison que Ton constate chez cette malade. Ajoutons,
4/0 ACTION SUR LES NÉOFOttMATIONS DU TISSU LYMPlIATIoi I
pour entraîner la conviction Je ceux qui conserveraient quelque scepticisme, que ces effets ont toujours été ici consécutifs aux séances de radiothérapie'.
t< De tous les résultats que nous avons déjà obtenus avec taf rayons X, ceux-ci nous paraissent être les plus remarquables et» disons le mot, les plus consolants pour l'avenir. Certes, nous savons que ce merveilleux agent thérapeutique peut Taire disparaître les épithéliomes superficiels» beaucoup d'autres néoplasïea épithéliales (et disons à ce sujet que les résultats que nous avons présentés en novembre, se sont confirmés et multipliés à notre policlinique de Broca) ; mais enfin on pouvait, avant l'introduction des rayons X en thérapeutique, guérir les épithéliomes superficiels, par l'ablation chirurgicale ou par d'autres méthodes; le mycosis fongoïde restait au-dessus des ressources de la thérapeutique*
« Nous sommes donc tout particulièrement heureux de pouvoir vous présenter ce cas ; certes, cette femme ne peut être sidérée comme guérie, et nous aurions voulu pouvoir continuer encore le traitement pendant quelques mois\ pour vous la pré* senter complètement indemne de toute manifestation morbide, mais elle veut regagner son pays (Amérique), et nous avons eu la main fore» te,
« Il semble donc que les néoplasies de cet ordre, comme les sarcomes de la peau, soient modifiables par les rayons de Rotitgen, »
La malade s*est décidée à rester avec nous, et les séances de radiothérapie ont pu être continuées jusqu'au mois d'octobre. Au mois de juillet, la plupart des éléments étaient en régi sion ; au mois d'octobre, elle partait pour le Canada complètement guérie. Il est possible que des récidives se produisent dans la suite; m;u- à L'époque où elle nous a quitté, toutes les tumeurs avaient disparu et aucune de celles qui s'étaient résoi n'avait récidivé.
HTCOètS FQNGOÎDE
L'état général de la malade n'a pas été influencé par la quanlité énorme de rayons X quelle a ainsi totalisés. Son poids n'a pas diminué pendant le cours du traitement ; il a même augmenté a un certain moment: durant le mois de juin et de juillet il s'est accru de 8 kilogrammes,
Nous avons dû interrompre le traitement pendant quelque temps, à cause d'un adéno-phlegnion aigu de l'aisselle, qui a été ouvert chirurgicalement, et qui ne peut être mis sur le compte de la radiothérapie.
Un point sur lequel nous voulons attirer l'attention, est le degré de réaction qui nous a paru nécessaire à la guérison des lésions. Nous n'avons jamais cherché, comme Scholtz, la nécrose superficielle, L'érytuème a suffi et n'a presque jamais été dépassé. 11 faut remarquer aussi que la dose de 8 a 9 11 produit ordinairement, sur la peau saine, une réaction plus violente que celle qu'elle détermine sur les tumeurs mycosiques. Du reste, cette même quantité, appliquée aux placards eczématiques ou ïipélatoîdes, occasionne une reaction vive et parfois même une brûlure légère. Sur ces lésions, il ne faudra donc pas dépasser 5 à 7 H par séance.
La malade ne tirerait aucun profit d une réaction plus violente. Ainsi, une erreur de technique nous fit dépasser quelque peu la dose nécessaire sur un groupe de tumeurs confluentes du front. Il s'ensuivit une chute de Fépiderme, précédée de l'apparition de petites phlyctènes, avec vives sensations de brûlure. Tout se borna là : la lésion mit un mois ou deux à se cicatriser, et aujourd'hui une peau lisse et blanche recouvre la surface ulcérée; les tumeurs ont disparu presque complètement, niais pas aussi complètement que sur les régions où la réaction fut moins vive. Une légère application fit, dans la suite, disparaître tout ce qui restait de la tumeur primitive.
Une autre malade atteinte de mycosis, à la période eczématique avec placards lichénoïdes et érysipélatoïdes, a été très
améliorée par les rayons X. Les démangeaisons, qui étaient intolérables, ont rapidement disparu aux endroits irradiés. L'infiltration de la peau s'est atténuée, l'aspect lichénolde s'est effacé, et aujourd'hui, après 1, 2 ou 3 séances, la peau 8 repris son aspect et sa coloration normale. La quantité absorba' nu jamais dépassé 7 à 8 H par séance. En beaucoup d'endroits même, nous n'avons pas atteint cette dose. À cause de la grande facilité avec laquelle réagit la peau, à ce stade morbide, nous conseillons de ne pas dépasser fi à 7 H par séance et par région ; 15 à 20 jours de repos devront séparer chaque application. De cette façon» on évitera toute réaction désagréable.
Notons, cependant, la sensibilité spéciale que paraissent présenter les éminences thénar et hypothénar, ainsi que la plante du pied* Chez nos deux mycosiques, nous eûmes à traiter des lésions situées sur ces régions. Nous basant sur ce fait* généralement admis, que la paume de la main est moins sensible à l'action des rayons X que les autres régions» à cause de l'épaisseur des téguments, nous avons fait absorber une dose de 10 H* Cette quantité, qui, sur d'autres régions, ne produisit fpi'un violent érythëme, provoqua en ce point une vive réaction, accompagnée de douleurs. Chez une des malades, la lésion primitive commença par guérir presque complètement, et ce fut seulement 15 jours après la dernière application qu'apparurent les phénomènes réactionnels. L'épiderrae tomba et la cicatrisation fut assez longue à se faire. Il n'est possible d'expliquer ces faits que par une sensibilité spéciale de la région, chez les mycosiques, puisqu'ils se sont reproduits chez deux sujets différents.
La radiothérapie nous semble être une méthode excellente pour le traitement de cette affection. Seule, elle donne des résultats qu'aucune autre méthode n'est capable de fournir. Évidemment, le traitement demande beaucoup de temps et devient rapidement dispendieux, mais il a l'avantage de ne pas
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