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mauvais état. Elle a été soumise à diverses médications; elle a Até irritée, souvent même infectée secondairement. La conséquence en a été l'apparition d'une adénopathie, si elle n'existait déjà, son augmentation, si elle était préexistante.
Le nettoyage de la surface ulcérée par des pulvérisations et des pansements aseptiques peut déjà favoriser la régression ganglionnaire. Cet effet est encore augmenté par les rayons X, Ceux-ci font disparaître la mauvaise odeur, augmenter le suintement, diminuer la suppuration, et rendent la surface moins sauteuse en favorisant le bourgeonnement* Ils produisent par eux-mêmes un nettoyage réel de la plaie, et les ganglions inflammatoires diminuent.
L'effet direct de la radiothérapie sur les cellules cancéreuses peut déterminer secondairement une régression ganglionnaire.
Nous avons, en effet, soigné, avec Bîaserié, une jeune femme atteinte d'une récidive cutanée d'un cancer du sein opéré* La surface malade ne présentait aucune altération, et la lésion s'accompagnait de deux ganglions superficiels et d'un plus profond, situés dans le creux axillaire. Les applications radiothérapiques furent exclusivement faites sur la poitrine (au début), et les deux ganglions de faisselle disparurent en même temps que les nodules cutanés. Enfin, dans certains cas, nous avons vu les ganglions carcinomateux céder rapidement à des irradiations modérées, dirigées sur eux, fait constaté aussi par Pertbes, de Leipzig*
Tout cela, pour dire que, du fait qu'un épithélioma cutané s'accompagne d'adénite, il ne relève pas nécessairement de la chirurgie. Il en relève d'autant moins que cette affection ne s'accompagne ordinairement de poussée ganglionnaire qu'au dernier stade de son évolution. Dans ce cas, Tépithélioma est souvent inopérable, ou ne peut être enlevé qu'au prix d'une perte considérable de tissu. En tout cas, si la préférence est donnée au procédé sanglant, suivi ou précédé de curettage ganglion-
naire, il sera prudent de faire suivre l'intervention d'applications radiothérapiques. Elles compléteront l'opération et préviendront la récidive.
Le cancroïde de la lèvre inférieure, souvent compliqué d'adénopathie, fait exception à la règle précédente. Cette localisation, pour des motifs qui nous échappent, semble, jusqu'à présent, rebelle à la radiothérapie. Les irradiations ne hâtent pas la cicatrisation ; l'évolution continue malgré elles. L'adénite reste stationnaire. Nous ne savons pas si des applications ont été faites par les auteurs sur les ganglions eux-mêmes, mais leur disparition n'aurait qu'un intérêt minime, puisque là lésion principale, au lieu de se modifier, continue à progresser.
Depuis quelques années, les Américains ont signalé ces faits. Pusey, Whitte, Stelwagon, Gilchrist, insistent sur ce point. Hyde et Montgomery ont constaté une amélioration passagère, suivie d'une aggravation rapide. Williams, Shepherd conseillent de traiter cette affection par le procédé chirurgical. Quelques auteurs, cependant, prétendent avoir obtenu des guérisons. Nous avons peu d'expérience personnelle ; mais nous avons vu un malade, atteint d'un cancroïde de la lèvre inférieure, qui avait été plutôt aggravé par des applications radiothérapiques bien conduites.
11 semble donc qu'il y ait, dans cette localisation, quelque chose de spécial (qui nous échappe) qui la rend souvent réfraetaire au traitement.
Peut-être, comme l'a dit Darier, faut-il attribuer ces insuccès au type même d epithélioma qui prolifère souvent sur les lèvres et les muqueuses ? Cette forme, qu'il appelle Hornkrebsy progresse rapidement et constitue un typé morbide, profond, malin, infectant, qui est rebelle à toutes les médications. Aussi conseille-t-il l'excision large et rapide. Mais alors, comment se fait-il que certains néoplasmes des muqueuses, d'aspect clinique identique, soient favorablement influencés par la nouvelle mé-
ÉPITHÉLSÛMA CUTANÉ
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thode? U est probable qu'il existe une différence histologique, mais combien sa constatation est rendue difficile par suite de la situation même du cancer!
Néanmoins, des essais sérieux devront être entrepris dans cette Voie, et il est possible que les insuccès soient dus a une mauvaise technique*
En attendant, il est préférable, à notre avisT d'avoir recours systématiquement à l'excision chirurgicale totale. Elle devra être suivie d'applications radioUiérapiques : celles-ci devront commencer huit à dix jours après l'intervention. Les do&ee varieront entre 3 et h H, répétées toutes les semaines, puis tous les quinze ou vingt jours,
iNous avons traité un homme atteint d'un épithélioma de la lèvre inférieure, qui présentait, à la suite d'une intervention chirurgicale faite deux mois auparavant, une induration très nette de la région opérée, Il présentait en même temps plusieurs points de leucoplasie, répartis sur la lèvre inférieure, Noua avons obtenu, par quelques séances bien conduites, la complète disparition de 1 induration : la Lèvre a repris sa souplesse, la cicatrice est à peine visible; la leucoplasie, traitée a part, a, elle aussi, complètement disparu.
La forme d'épithëlioma qui est le plus rapidement modifiée, est celle qui est caractérisée par une ulcération centrale, eroûteuse OU non. entourée d'un bourrelet dur et plus ou moins saillant. <> 'es! » elle que Leredde et Hallopeauont donné t»J nom d - pitliélioma adulte. Dans ces cas, la radiothérapie est, sans contredit, la meilleure méthode de traitement. Rapidement, les bords s'affaissent, rétendue de l'ulcération diminue, et la cicatrice consécutive est si belle que, le plus souvent, elle est à peine visible*
Lee épithêliomaa présentant une ulcération sanieusc, taillée a pic, reposant sur une base plus ou moins dure, sont, eux aussi, rapidement améliorés, quoique la cicatrisation demande plus de temps que pour le type précédent.
5l2 ACTION RÉSOLUTIVE SUR LES NÉOFORMATIONS ÉPITIIÉLIx
Lorsque la lésion est végétante, exubérante, envahissant une grande surface, la radiothérapie est encore une excellent. thode. Un a à choisir entre deux procédés : on bien faire, comim* le conseille Villiams, des irradiations intenses de façon à forcer la tumeur a se détruire : les éléments carcinomateux se comportent alors comme des corps étrangers et sont éliminés; ou bien employer la méthode mixte, préconisée par Stelwagon et d'autres » qui consiste à faire un grattage superti< iiel préalable.
Il est certain que Ton peut obtenir la guérison par la radiol rapie seule, même lorsque les lésions sont étendues ; mais le traitement est très long, surtout si Ton reul éviter toute réaction violente.
Nous avons l'habitude, dans ces formes, de pratiquer un grattage préalable, très superficiel, simplement pour aplanir la lésion, sans chercher à enlever tous les tissus malades. Puis nous appliquons les rayons X immédiatement après ; ils ont même, dans ce cas, une action hémostatique. Nous avons de cette façon obtenu d'excellents résultats dans un temps relativement court. Les cicatrices sont superbes, a peitu* visilit rétraction, et Ton peut dire que, dans beaucoup de cas, aucune autre méthode n'est capable de donner de pareils résultats.
Lorsque la tumeur est croùteuse, sèche, il est préférable d'enlever les croûtes, soit par une pulvérisation, soit avec la curette: sultat définitif est plus rapide* Seule, la radiothérapie demanda beaucoup plus de temps, Peut-être la croûte , à cause de son épaisseur, arrête-t-elle une partie des radiations actives ? Toujours est-il que des cas analogues, soignés les uns sans grattage, les autres après grattage superficiel (ablation de la croûte), nous ont donné des résultats différents comme modification et comme durée de traitement. Dans un cas, localisé au nez, nous n'avons obtenu la guérison apparente que lorsque nous nous fûmes décidé à enlever, d'un coup de curette, la grosse croûte sèche, adhérente, qui recouvrait la surface malade.