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CANCER DE LA LANGUE ET DES RÉGIONS MUQUEUSES D'ORIGINE ECTODERM1QUE

Nous avons déjà parlé des insuccès qui semblent suivre régulièrement les applications radiothérapiques sur les épithéliomes de la lèvre inférieure, nous n*y reviendrons pas*

Cancer de la langue. — Le cancer de la langue a été également soumis à cette méthode.

Engmann et Ascher Silva ont cité, chacun, une guérison. Il est vrai que l'examen histologique n'avait pas été fait*

Dikson a obtenu une amélioration notable ; mais les résultats sont, en général, bien inférieurs à ceux obtenus sur répïthélîunia cutané, James Startin a signalé la cicatrisation et la régression d'un épithélioma ulcéré de la langue.

Fertiles, de Leipzig» n'a pas obtenu de Jxms résultats sur des cancers de la langue et du plancher de la bouche.

J'22 ACTION RÉSOLUTIVE SUR LES NÊOFOU MATIONS ÉPITRÊIJ

Il est probable que les résultats varient avec la forme des tumeurs. Le fait cité par Leredde est intéressant. 11 eut i soigner un malade atteint (Tépithélioma végétant de la langue. Go trouvait sur cet organe trois foyers morbides.

L'un était papillomatcux, ne présentant aucun revêtement ; les deux autres , au contraire étaient couverts d'une carapace cornée épaisse ; il s'agissait d'épithéliome d'origine leueoplasique. Le traitement fut fait sur tous les points à la fois. Or, en 2 ou 3 séances de 20 minutes, on vit le premier foyer se vider, le tissu épithélial entrer en désintégration ; à cette période, les autres tumeurs avaient résisté complètement à l'action de la radiothérapie et, pendant plusieurs séances, résistèrent encore*

Bisserié a communiqué à l'Académie de médecine, en juin H)04, deux observations de cancer de la langue guéri par U radiothérapie.

Les malades avaient été vus par MM. Sabouraud, Brocq et Tillaux; le diagnostic était donc nettement établi.

L'un présentait sur la langue une tumeur du volume d'un haricot, reposant sur une base indurée; il existait concurremment une leucoplasie avec induration ligneuse de tout le dos de la langue, un ganglion sous-maxillaire dur et tuméfié, le tout accompagné de vives douleurs,

Quatre séances de radiothérapie ont fait disparaître la tumeur et la leucoplasie ; la langue a repris sa souplesse normale,

Le second malade possédait une tumeur de la grosseur d'une pièce de cinquante centimes, avec induration de toute la langue et douleurs terribles au niveau delà lésion ainsi que dans l'oreille. Trois séances de radiothérapie ont» en deux mois, rendu à la langue son aspect normal.

Sans affirmer que la guérison sera définitive, l'auteur s'estime heureux du résultat obtenu, à cause de la malignité habituelle de ces sortes de lésions. On peut cependant reprocher à ces observations l'absence d'examen histologique.

htTHJLtQMA CUTANÉ

Au Congrès de Grenoble, Reboul a fait connaître les résultats qu'il a obtenus chez une femme de cinquante-cinq ans, atteinte d'un épithélioma du bord droit de la langue, ayant envahi le pilier correspondant et la base de la langue. Le traitement radiothérapique ne fut pas suivi de succès. Les douleurs furent calmées par la première application, mais la tumeur parut augmenter de volume après la troisième séance ; le traitement fut cessé.

M* le docteur Béclère a montré au Congrès de Berlin le moulage d'une langue atteinte d 'épithélioma végétant, qui avait été guérie par la radiothérapie. Le moulage, après guérison, laissait voir un organe absolument intact. L'examen histologique, pratiqué au début du traitement, avait été confirmatif.

Nous avons soigné plusieurs malades atteints de cancer de la langue, et les résultats que nous avons obtenus sont loin d'être constants. Il est vrai que la plupart des cas que nous avons soumis à la radiothéraphie étaient très graves, avec envahissement d'une grande partie de la langue et prise des ganglions.

Nous avons pu constater cependant une diminution très nette des phénomènes douloureux ; dans quelques cas même, la leucoplasie a disparu par place ; la langue est devenue plus souple, mais la tumeur elle-même n'a pas sensiblement diminué de volume.

Un malade présentant, sur le bord gauche et sur la face inférieure de la langue, une tumeur néoplasique assez volumineuse a été quelque peu amélioré ; l'épithélioma a sensiblement diminué de volume» Puis, au bout de quelque temps, la langue tout entière est devenue dure, s'est recouverte de placards blanchâtres, avec érosion par places, hypertrophie des papilles ailleurs, de sorte qu'il faut se demander si la radiothérapie a produit chez lui un effet favorable. 11 s'agissait là d'un cas inopérable.

Nous avons, par contre, soigné un autre malade dont l'histoire est intéressante au point de vue du choix d'une méthode.

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