CANCER DO SEIN
Février, ~ Il n'y a plus de lésion en activité ; seule, la séborrhée est encore un peu marquée.
Murs. — Les parties jadis lésées sont toujours saines; l'ensemble est excellent, la séborrhée existe, mais est très atténuée,
La malade a été présentée a la Société de dermatologie.
CAXCER DU SEL\
Si Ton parcourt la littérature radiologique, on voit que le nombre des travaux parus sur le traitement radiothérapique du cancer du sein est très élevé.
Presque tous les auteurs qui se sont occupés de radiothérapie ont publié des résultats plus ou moins favorables, et il est assez difficile de se faire une opinion exacte. Les uns ont obtenu des guérisnns complètes, d'autres une notable amélioration, quelquesuns n'ont pu constater aucune modification.
Il faut probablement cbercher la cause de ce fait dans des différences de technique, et surtout dans les formes très diverses que revêt le cancer du sein, au point de vue objectif et évolutif.
Sans parler des travaux américains, qui sont trop nombreux pour qu'il soit possible de les résumer, on peut citer, parmi les publications européennes, celles de Vigouroux, de Mondain, de Biraud, de Mi kuliez, de SehifF, de Reboul, de Perthesp de Béclère, de Ilaret, etc.
Mais nous n'entrerons pas de nouveau dans les détails d'un historique ennuyeux ; nous ne croyons pas que Ton puisse en tirer quelques indications utiles, à cause de là complexité des faits que nous serions obligé de grouper ensemble.
Le cancer du si-in prut >Hre primitif, c'est-à-dire n'avoir subi aucune intervention chirurgicale. Celle-ci a pu étn* pratiquée, et la néoplasie, en récidivant, a constitué une nouvelle lésion.
Nous diviserons donc cette étude en deux parties : le cancer du sein proprement dît et la récidive post-opératoire.
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CANCER PRIMITIF DU SEIN
L'efficacité de la radiothérapie appliquée au traitement du cancer du sein est vivement contestée par une grande partie du public médical.
Malgré des cas absolument probants, publiés par des observateurs consciencieux, comme Skinner, Williams, Morton, Stelwagon en Amérique, Schiff a Vienne, Mondain en France, on est porté à douter de la réalité des guérisons.
Ainsi, en 1903, M- Labbé, sans nier 1rs résultats thérapeutiques obtenus par les rayons de FUmtgeu sur Les plaies résultant de cancers ulcérés, estime que, à l'heure actuelle, il n'existe aucune observation qui puisse faire admettre la guérîson d'un cancer- Plus récemment, M. le professeur Tuilier affirmait au Gonade chirurgie (1901) que tout ce qui est cancer profond ne retirait aucun profit de la radiothérapie.
Il y a quelques jours, le professeur Poirier condamnait également cette méthode et l'accusait même d'être un procédé dangereux, par ce fait qu'elle retardait l'opération et permettait ainsi au néoplasme d'évoluer. L'intervention chirurgicale, pratiquée trop tard, ne pouvait plus donner un résultat favorable. Ce* appréciations, quoique un peu sévères, ont été motïv par plusieurs raisons. Et, d'abord, il est certain que le nombre de néoplasmes du sein guéris par la méthode de Rôntgen est bien peu élevé comparativement à celui des malades soumis à ce traitement. La radiothérapie compte peu de succès, elle en compte d'autant moins que la majorité des cas qui lui échouent sont très grayes, généralisés, inopérables; ce sont ■ des laissés pour compte des grands tailleurs », comme Ta dit si humoi îsliquement le docteur Béclere au Congrès de Grenoble*
CANCER PRIMITIF OU SEIN 5^9
En plus, il Tant reconnaître que le procédé présente dans son application une réelle difficulté. Sans parler delà formule thérapeutique a employer, la succession des applications, la dose qui doit être absorbée* la réaction qu'il faut obtenir et ne pas dépasser, constituent un ensemble de faits qui nécessitent de la part du technicien une grande connaissance de la méthode, une parfaite conduite des appareils et un dosage rigoureux. Malheureusement, comme pour tous les procédés nouveaux, la radiot In rapie est vite tombée entre les mains d'opérateurs peu consciencieux qui prétendent en obtenir ce qu'elle est incapable de donner, lis jettent ainsi un discrédit immérité sur cette nouvelle méthode et justifient, jusqu'à un certain point, les critiques qu'on lui adresse.
11 ne faudrait pas croire que cette manière de faire soit spéciale à notre pays ; il en est de même partout. Ainsi, dans un intéressant rapport de Skinner, on peut lire : « Quelques cliniciens universellement réputés ont adopté l'usage des rayons X comme moyen thérapeutique. Mais au lieu de se familiariser, era-m^mrs, avec cette pratique, ou de recourir à un spécialiste expérimenté, ils en ont confié l'application à un radiographe, qui n'est pas du tout nécessairement un bon radiothérapeute, ou même, dans quelques cas, à une infirmière ; et ils ont rapporté, sous leurs propres signatures, les résultats cliniques obtenus dans ces conditions tout à fait impropres. Leurs noms ont donné à ces rapports un poids auquel ils n'avaient aucun droit par leur valeur intrinsèque, et c'est ainsi qu'est apparu dans le problème un élément considérable de confusion. »
Enfin, les résultats eux-mêmes étaient surprenants, et comme il était impossible d'en indiquer le mécanisme, on était porté à douter de leur authenticité. La malignité des lésions que Ton prétendait guéries, s'accordait mal avec un agent thérapeutique invisible, agissant â distance, et dont Faction ne se manifestait par aucune sensation au moment du traitement. Il y avait là
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quelque chose de mystérieux, qui paraissait aller à rencontre des idées généralement admises*
Pour se faire une idée exacte de la valeur thérapeutique des rayons X dans le traitement du cancer du soin, il faudrait avoir une expérience de très longue durée et des statistiques bien faites datant de plusieurs années, La méthode est trop jeune pour que nous puissions être affirma tifs.
Néanmoins il est possible actuellement d'indiquer la ligne de conduite qui semble être la meilleure; mais pour cela il estindispensahlr <l établir des distinctions entre les diverses affections classées sous le nom de cancer du sein. En effet, tes résultats sont différents suivant les formes; les indications devront* elles aussi, être différentes.
Parmi les femmes atteintes de cancer du sein qui viennent trouver le radiothérapeule, le plus grand nombre présente des" lésions très avancées. Le sein est dur, volumineux; le manu est rétracté, la peau présente l'aspect si caractéristique de la peau d'orange, La tumeur est adhérente aux plans profonds ; les muscles sont envahis. Dans Faisselle, à la région sus-clavieiilaire, existent des ganglions volumineux. Le bras du côté malade présente un œdème dur avec vascularisation anormale, impotence fonctionnelle et douleurs plus ou moins violentes* Le sein lui-même est l'objet de vives douleurs. La malade est amaigrie, déjà &achectiflée, elle accuse de la gène respiratoire; elle atf dyspnéique.
L "examen radioscopique révèle la présence de ganglions profonds : la généralisation néoplasique est certaine. L'évolution a ete rapide : le cas est jugé inopérable ,
La radiothérapie est incapable de déterminer la régression du néoplasme : elle ne peut être, dans ces cas, qu'une méthode palliative.
Le plus souvent, elle calmera les douleurs et permettra ainsi
CANCER PRIMITIF DL
;>ol
aux malheureuses néoplasiquos de terminer lear existence dans \uw accalmie relative*
Parfois cependant raction sédative sur la douleur est infidèle* Nous nous souvenons de deux cas de cancer du sein, Fun largement ulcéré, l'autre à peine ouvert, chez lesquels chaque irradiation a été suivie d'une recrudescence des phénomènes douloureux. Chez une des malades en question, atteinte d'une forme curable, ou aurait pu mettre ces phénomènes sur le compte dune névralgie intercurrente; mais un examen attentif semblait bien démontrer qu'outre la douleur d'ordre névralgique, la malade éprouvait une douleur plus vive dans la tumeur elle-même.
Y a-t— il eu simple coïncidence, ou relation de cause a effet? C'est une question que nous n'osons résoudre.
L'autre patiente présentait une large ulcération, avec adhérence du carcinome aux plans profonds, et seul le contact de l'air au moment du traitement pourrait peut-être expliquer la recrudescence des douleurs.
Ces exceptions, dtgnes d'être signalées, ne diminuent en rien la valeur de la méthode* L'action atialgésiante est indiscutable, et dans presque tous les cas que nous avons soignés, ce fut, le premier, sinon le principal effet du traitement. Tel est aussi l'avis de tous les médecins qui se sont occupés de la question,
n Très souvent, dit Skinner, les douleurs du cancer sont sujettes à l'amélioration parles rayons X, depuis la légère diminution jusqu'à disparition complète, ce qui permet au patient de dépenser ce qui lui reste à vivre dans la quiétude et d'être libéré des effets pernicieux résultant de l'emploi continuel de la morphine, le seul agent thérapeutique qui soit capable d'amener, jusqu'à présent, une simple apparence de mort calme. »
Outre raction sédative sur la douleur, il faut considérer l'effet moral que produira le traitement.
Voila, de malheureuses femmes qui ont suivi médecins et
ACTION RÉSOLUTIVE SUR LES Nl'lOFORM ATlONS ÉPITHLLIM.I-S
chirurgiens, qui ont essayé, sans aucun résultat, les médicaments les plus divers; elles se voient abandonnées à leur malheureux Sort et condamnées à une mort atroce, dans un avenir prochain.
Elle» ont entendu parler de l'effet des rayons X, et sur ce point la grande presse s'est chargée de les renseigner. Elles viennent, pleines d'espoir en la nouvelle méthode, demander l'avis du spécialiste. Sans leur promettre laguérison, il doit leur laisser espérer une amélioration relative, une accalmie des douleurs, et il doit pratiquer le traitement. Ce sera le plus souvent un traitement moral, mais ou ne pourra lui reprocher de laisser évoluer le mal, puisqu'il a été jugé inopérable. Par contre, le médecin fera acte d'humanité, et les cancéreuses s'éteindront en espérant guérir.
Parfois, surtout si le cancer n'a pas encore atteint le terme de son évolution, les rayons X pourront avoir un effet plus marqué.
Il existe des cas de néoplasmes malins graAres et étendus guéris par les rayons X, a dit Skinner.
Sans risquer une opinion aussi optimiste, on peut dire que» dans certains cas, l'état général s'améliore, la tumeur peut même régresser légèrement, La vie est parfois quelque peu prolongée. Comme Ta dit Kienbôck, cette méthode retarde souvent révolution de la maladie. « Il semble, dit Williams, que le premier effet des rayons X, dans certains cas, soit de mettre fin à la production de substances toxiques pour Tétat général et entraînées par la circulation, »
Mais, malgré tout, le cancer continue à croître (plus lentement, il est vrai) et à se compliquer d'infiltrations des ganglions lymphatiques et de métastases proches et lointaines.
On a signalé la diminution des œdèmes ; mais le plus souvent les résultats sont négatifs.
Le néoplasme peut cire moins grave. La tumeur est peu vo-
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lumineuse; la peau adhérente* épaissie, présente déjà un peu r aspect caractéristique. L'adhérence aux plans profonds exist-, maïs les ganglions lymphatiques ne sont pas très infiltrés. La cachexie est peu prononcée* L'évolution est rapide; le cas est grave, mais il est opérable.
Malgré les résultats qu'a pu donner la radiothérapie T il ne faut pas hésiter : le spécialiste doit céder le pas au chirurgien* 11 faut opérer le plus vite possible, et il n'est pas permis de faire auparavant un traitement d'essai , pour voir ce que la méthode est susceptible de donner. On perdrait ainsi un mois ou deux; pendant ce temps, la maladie évoluerait et l'intervention serait pratiquée trop tard- Mais, à l'heure actuelle, la chirurgie ne doit plus agir seule. Elle doit s'allier à la radiothérapie» car, â elles deux, elles ont de plus grandes chances de succès» 11 faut faire le traitement radio-chirurgical. C'est dire que toute intervention sur un néoplasme devrait être suivie d'applications radiothérapiques. « Le traitement chirurgical, dit Léonard, n'est pas scientifique : c'est un pis-aller, les rayons de Rôntgea semblent seuls capables de dégénérer les tissus morbides, Ils arrêtent l'infection, amènent la résolution des tumeurs en dégénérescence kystique et souvent le retour à l'état normal de la région atteinte. Toutefois, la confirmation définitive de ces résultats n'est pas encore obtenue. Il y faut du temps. Jusqu'à ce qu'elle éclate, la seule voie raisonnable est l'ablation» suivie du traitement par les rayons de Rontgen.
« On ne saurait trop recommander la radiothérapie postopératoire. Elle détruit les foyers microscopiques laissés par le bistouri et agit ainsi comme prophylactique. »
On a préconisé, en Amérique, d'irradier le champ opératoire avant la fermeture de la plaie. Ce procédé est théoriquement excellent» et il faut souhaiter qu'il passe dans la pratique courante* De cette façon, le tégument n'absorbera pas la majeure
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partie des radiations : les foyers morbides profonds seront atteints et on n'aura pas à redouter la nulioiirrmitc.
Dans les cas graves, il peut être favorable de commencer les irradiations avant que la cicatrisation ne soit complète. Ces applications peuvent être faites à travers le pansement, afin d'éviter toute chance dinfection. Les doses devront être légères.
Souvent, il suffira de soumettre l'opéré à In méthode «I'1 lUVntgen lorsque la cicatrisation sera complète. Les irradiations devront porter sur toute la région opérée et particulièrement sur la ligne cicatricielle. L'aisselle, le creux sus-claviculaire u devront pas être oubliés.
Le résultat définitif dépendra de l'état du thorax au moment de l'intervention. Si les plèvres, le médiastin n'étaient pas envahis, la guérison sera la règle* l'association des deux méthodes aura été excellente. Si l'intervention a été pratiquée trop tard, la récidive cutanée ne se produira ordinairement pas, mais le patient succombera à la néoplasie profonde, sur laquelle, il faut le reconnaître, la radiothérapie semble jusqu'à présent avoir bien peu d'action ï
Dans certains néoplasmes de petit volume a évolution lente, accompagnés d'un ou deux petits ganglions axillaires, souvent même sans adénopathie nette, on a obtenu par la méthode de Rôntgen l'arrêt de l'évolution et la régression de i<< tumeur*
Nous avons traité plusieurs malades qui avaient refusé l'inUr vention, et nous avons pu constater, après un certain nombre d'irradiations* une diminution de volume du néoplasme. Les ganglions, lorsqu'ils étaient peu volumineux et peu nombreux* ont eux aussi régresses, L'état général est resté bon.
Mais jamais nous n'avons pu obtenir la fonte complète du tissu néoformé, La régression s'est arrêtée à un certain moment, et la tumeur qui restait u*a plus semblé être influencée par le traite-
CANCER PRIMITIF DU SEIN
ment ; elle est restée stationnaire, donnant l'impression d'un corps fibreux encapsulé.
Par contre, un certain nombre de cas, en apparence analogues, n'ont pas été sensiblement modifiés. Mais, môme dans ces cas, il a été rare de voir la lésion augmenter et la cachexie progresser, Si la méthode n'a pas modifié les néoplasmes auxquels nous l'appliquions, il semble, par contre, qu'elle en ait arrêté, jusqu'à un certain point, lVvidutkm.
Ce sont les squirrhes durs, anciens, presque indolores, ayant mis quatre ou cinq ans pour atteindre le volume d'une mandarine, qui nous ont paru être les néoplasmes les plus rebelles au traitement. Sur ces formes-là, la radiothérapie semble être presque complètement inefficace.
Faut-il en conclure, comme le pensent quelques Américains, que plus les néoplasmes sont à extension rapide, plus ils sont objectivement modifiés? Nous ne le croyons pas. Il nous a semblé, au contraire, que les lésions qui étaient le plus heureusement influencées étaient celles qui avaient mis un certain temps à évoluer* Mais cette importante question a besoin d'être longuement étudiée, et nous ne pouvons nous prononcer,
Y a-t-il des différences de structure histologique entre les tumeurs malignes qui réagissent favorablement sous l'influence des applications de rayons X et celles qui ne sont pas influencées?
Jusqu'à présent le microscope s'est montré incapable de nous renseigner sur ce point ; peut-être viendra-t-il un jour où il pourra nous fournir un critérium important.
Malgré les résultats obtenus, il faut, dans ces cas, opérer d'abord et faire consécutivement le traitement radiotbérapique. Si l'opération est refusée par le malade, celui-ci pourra être amélioré par la méthode de Rùntgen, mais la guérison est rare et les insuccès sont fréquents.
Lorsque le cancer du sein est ulcéré, que cette ulcération est vaste* avec adénopathies et prise des plans profonds, l'opéra-
tion devra être pratiquée si elle est possible. Employée seule, l:i radiothérapie pourra faire diminuer le suintement (après une exagération passagère), calmer lôa douleurs, déterminer même une diminution de l'ulcération ; mais, le plus souvent, elle sera incapable de donner un résultat délinitîf, et la préférence doit encore être donnée au traitement radio-chirurgicaL
Si l'ulcération, limitée aux plans superficiels, ne s'accom* pagne pas d'adénopathies nettes, d'induration du sein et ne présente pas des bords saillants et durs, les rayons X peuvent produire parfois des résultats remarquables»
Ces lésions, qui sont considérées souvent comme les formes les plus graves du cancer, â cause de l'horreur qu'elles inspirent aux gens du monde, sont» à notre avis, celles qui sont le plus susceptibles d'être guéries par la radiothérapie. Elles sont souvent presque uniquement cutanées: les rayons X peuvent donc exercer à leur aise leur action bienfaisante.
On peut faire absorber de fortes doses ; on ne craint pas la radiodermitc puisqu'il n'y a plus de peau* L'action est plus intense, car les rayons ne sont pas arrêtés par les téguments.
Après quelques séances de radiothérapie bien conduites, la plaie change d'aspect, elle bourgeonne peu à peu, et finalement la cicatrisation devient complète. Le cas rapporté par le piseur Schiff en est un exemple remarquable. Il est certain, néanmoins, que le pronostic dépend de l'état des ganglions, et même, s ils paraissent indemnes» il y aura intérêt à les irradier en même temps que l'ulcération elle-même.
L'as âge de l'adrénaline pourra être associé aux rayons X même le bistouri et le thermo-cautère seront utiles dans certains cas, pour abraser les bords durs et épais qui circonscrivent certains cancers ulcérés du sein, La radiothérapie n'est pas une méthode capable de remplacer les autres procédés, mais elle les complète utilement.
On peut donc dire que, pour le cancer primitif du sein, il faut
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d'abord faire pratiquer l'intervention chirurgicale, môme dans les cas d'apparence bénigne, quoique tes rayons X puissent, dana certains cas peu étendus, déterminera eux seuls la régression des néoplasîes soumises à leur action. On gagnera ainsi beaucoup de temps, et le résultat définitif sera meilleur.
Technique des irradiations. — Aussitôt l'opération pratiquée, on devra commencer les applications radiothérapiques.
Au début, les rayons pourront être moyennement pénétrants, n* 6 â 7 du radiochromomètre de Benoist, de façon à agir surtout sur la peau. Mais il y aura intérêt, dans la suite, a élever leur pénétration, de façon à ce qu'ils correspondent au n*!) ou 10 de l'appareil de Benolst. De cette façon, on aura plus de chance d'agir sur les foyers profonds qu'aurait pu laisser le bistouri. Les ganglions contaminés seront, eux aussi, plus facilement atteints et par suite plus vivement influencés.
Si la ligne cicatricielle mesure une certaine longueur, il pourra être avantageux de faire deux applications contiguës. De cette façon , les différents points seront plus complètement irradiés.
La dose à faire absorber devra varier, par application, entre 4 et 5 unités II. 11 est prudent de séparer chaque irradiation (sur un même point par une période de repos de douze à quinzejours,
Du reste, L'état du tégument guidera dans la suite le médecin pour la succession des applications : il faut éviter toute réaction violente, et l'éry thème ne devra pas être dépassé,
Le traitement peut être poursuivi pendant trois ou quatre mois. Si, après ce laps de temps, la cicatrice paraît saine, la peau normale, l'état du malade excellent, si, en un mot, il ify a aucune tendance à la récidive, les irradiations pourront être suspendues* Mais il faudra surveiller le malade et être prêt à recommencer au premier signe de récidive.
Lorsque le cas est inopérable, ou que le patient pusillanime a refusé l'intervention, le praticien devra se guider par cette formule, qui peut lui servir de règle :
<t Faire absorber à la tumeur la plus grande quantité de radiations compatible avec l'intégrité du tégument,
« Mettre entre chaque application le minimum de temps nécessaire à la conservation de l'intégrité du tégument. »
Nous employons des rayons pénétrants (n° 9 à 10) et nous procédons de deux façons, suivant la gravité du cas et sur le temps dont peut disposer le patient.
Le premier procédé consiste à faire absorber, tous les huit jours, une dose de 4 à 6 H aux différents points malades, I réservé aux cas très graves, très étendus.
Dans la seconde méthode, nous faisons absorber environ 0 a 7 H et nous attendons quinze jours avant de recommencer.
Souvent les deux méthodes sont combinées, c'est-à-dire les premières applications sont faites a huit jours d'intervaU*, mais bientôt l'état du tégument devient tel, qu'il est nécessaire de déparer les irradiations par un repos de plus longue durée.
On peut ainsi se rendre compte plus facilement de l'évolution des phénomènes inflammatoires et par suite éviter toute radio* déroute.
Il faut bien savoir, en effet, que la radiothérapie n'est pas une méthode caustique, comme on Ta cru longtemps.
Ce n'est pas par la radiodermite que les rayons X u\ terminent la régression des processus uéoplasiques, mais par une action spéciale sur les cellules cancéreuses elles-mêmes.
La réaction cutanée est inutile, et le jour où il sera possible de l'éviter, la radiothérapie aura fait un grand pas; mais il probable que cette époque est encore loin, car, pour arriver aux plans profonds, les rayons doivent habituellement traverser les téguments,
Tour que la tumeur reçoive uue quantité suffisante, il faut »pj la peau en reçoive autant et même plus, ou du moins qu'elle soit traversée par tout ce que pourra absorber le ncoplasm réagira -t-elle, Mais cette réaction, que l'on ne peut évitai
CANCER PRIMITIF DU SEIN
un pis-aller; il ne faut pas y voir le bat du traitement On tâchera de la rendre aussi peu marquée que possible, tout en faisant absorber aux tissus malades une dose suffisante. I/érytbèfltô ne devra ordinairement pas être dépassé.
Dans certains cas graves à évolution rapide, il pourra y avoir avantage à rapprocher les irradiations, même au risque de provoquer un peu de radiodermite. Cet accident sera léger en comparaison du mal que l'on tente d'arrêter; mais il aura l'inconvénient de retarder les nouvelles applications, jusqu'à ce que les phénomènes inflammatoires se soient calmés.
On a préconisé l'emploi d'une mince feuille d'aluminium interposée entre l'ampoule et le malade, Elle produirait sur les radialions l'effet d un filtre et permettrait ainsi d'élever la quantité absorbée par la tumeur, tout en conservant aux téguments une intégrité relative.
En pratique, les résultats ne sont pas sensiblement différents, et il semble que ce proeédé ne donne pas les résultats que Ton pouvait en espérer.
Par contre, l'aluminium traversé par les rayons X donne naissance à des rayons secondaires, très peu pénétrants, qui vont à leur tour agir sur la peau et déterminer l'apparition de phénomènes inflammatoires. Aussi croyons-nous prudent d'intercaler une feuille de papier noir entre la peau et la lame d'aluminium, de façon à atténuer ces rayons secondaires,
Si le néoplasme est ulcéré, les doses pourront être plus éh-vées, car les tissus dépourvus de tégument peuvent supporter, sans danger, une plus grande quantité de radiations.
Au début, nous faisons absorber tous les huit jours une dose de 8 à 9 unités H, puis nous mettons entre chaque séance un intervalle de quinze jours.
L'ulcération doit être pansée tous les matins aseptiquement: le pansement humide nous semble le meilleur. On évitera de saupoudrer la surface ulcérée de médicaments à densité élevée
T*6o ACTION RESOLUTIVE SUft LES NÉOFORMATIONS ÉPITHÊLIÀl.ES
(iodoforme, etc.); ils arrêteraient une partie des rayons et nuiraient au résultat iînal en retardant la cicatrisation.
Le professeur Perthes conseille, pour le traitement des d plasmes présentant une certaine épaisseur, de placer Tarn poule a une grande distance du tégument et de prolonger la durée de l'exposition» De cette façon, la quantité absorbée par l'ensemble de la tumeur ne serait pas sensiblement différente de celle qu'absorbe le tégument et les couches superficielles.
Supposons un foyer radiogène placé à 10 centimètres d'une tumeur du sein mesurant 5 centimètres d'épaisseur, et admettons qu'à 5 centimètres du foyer, c'est-à-dire à mi-chemin entre celui-ci et le tégument, la quantité de rayons X (en un temps donné) soit représentée par 9. Dans le même temps, la quantité qui arrivera sur le tégument sera égale à 9 divisé par le carré de la distance, qui est devenue double (10 cm.).
Soit ;
A 1 5 centimètres de distance (distance triple), c*est-à dire au fond du néoplasme, dans notre hypothèse, la quantité sera donnée par
3X3801lïï = 1-
Donc, quand la peau recevra 2,2*5 la tumeur ne recevra que 1 à 5 centimètres de profondeur, en la supposant de même Jensite que l'air; pratiquement, la différence sera bien plus grand**.
Si par contre* nous supposons l'ampoule situé*1 à 1 mètn la tumeur (soit 100 centimètres) et que nous admettions que 1 « peau reçoive en un temps donné une quantité de rayons X égale à 1* un objet qui serait situé à 5 centimètres du foyer recevrait, pendant le même temps * une quantité égale à 400.
En effet, on a : 1 X 20* = 1 X 4<>0 = MO.
De même, un point situé dans la profondeur de la Un. 5 centimètres de la peau, recevra, dans le même temps, une quantité donnée par :
CANCER PRIMITIF DU SEIN
c'est-a-dire 0,900,
Donc, quand la peau recevra 1,un point situé à 5 centimètres de profondeur recevra 0,909 si la densité de la tumeur était égale à celle de l'air.
Dans ce cas, la quantité absorbée parles différents points du néoplasme sera presque équivalente, puisque théoriquement la peau n'absorberait que 0,91 de plus que la partie la plus profonde (5 centimètres) de la tumeur.
Dans la première hypothèse (ampoule a 0 nu 10), quand la peau absorba 2,25, la tumeur, à la même profondeur (5 centimètres), ne reçoit que 1 ; la peau absorbe donc 1,25 de plus que la tumeur.
On peut en conclure que plus l'ampoule sera placée loin du foyer malade, moins il y aura de différence entre la quantité absorbée par les différents plans du néoplasme.
Mais plus on éloignera l'ampoule de la peau, plus les séances devront être longues. Aussi, en pratique , sera- t-on limité par cette considération.
Enfin la sensibilisation des tissus par une injection de bichlorhydrate de quinine n'a pas encore fait suffisamment ses preuves pour qu'il soit légitime de ressayer. Des expériences faites chess notre maître M, le docteur Béclêre, il est impossible de conclure dans un sens ou dans huître ; de nouveaux essais devront être tentés*