‹ Traite de radiotherapieChapitre 92 sur 128 · RÉCIDIVE CUTANÉE POST-OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

RÉCIDIVE CUTANÉE POST-OPÉRATOIRE

C'est certainement dans la récidive cutanée post-opératoire que la radiothérapie produit les résultats les plus concluants. Elle se montre dans quelques cas supérieur a la chirurgie, et

lès guérisons obtenues ne rendent pas chimérique l'espérance d'agir sur des lésions plus profondes, quand les techniques se seront perfectionnées.

L'avis des auteurs est presque unanime sur la valeur du procédé, et nous ne citerons que les conclusions de M. Reboul, de Nîmes, parce qu'elles sont les plus récentes et parce qu'elles émanent d'un chirurgien : « Dans les récidives cutanées ou superficielles des cancers du sein opérés, les rayons de Rôntgen ont une action très favorable; sous leur influence, les douleurs diminuent ou cessent, les tumeurs cutanées et sous-cutanées, les indurations néoplasiques, l'œdème s'affaissent et disparaissent. Dans ces cas,les rayons de Rôntgen paraissent agir localement et non sur l'infection générale cancéreuse. »

Les succès locaux donnés par la radiothérapie dans ces récidives sont subordonnés à l'état de la lésion et à l'extension du processus néoplasique.

Moins les plans profonds et les ganglions sont envahis, plus les chances de guérison sont grandes.

On peut, parmi les récidives post-opératoires, établir deux catégories : Dans la première, la peau et les plans superficiels paraissent seuls être intéressés, parce que la récidive est à son début, ou parce qu'elle s'est cantonnée aux éléments cutanés.

Lu seconde classe comprend les cas où les plans profonds sont envahis. La tumeur adhère aux muscles et aux plans osseux; les ganglions sont atteints ; on les sent nettement dans les creux axillaire et sus-claviculaire. L'examen radioscopique montre l'envahissement des plèvres ou simplement l'hypertrophie des ganglions médiastinaux. Le carcinome est déjà généralisé.

Appliquée aux récidives de la première catégorie, la radiothérapie détermine la disparition des foyers morbides, sans qu'il soit nécessaire de produire d'érosion, d'ulcération ou de mortification des tissus néoformés.

Les récidives cutanées, sous forme déboutons de guêtre, dis-

CANCER PRIMITIF DU SEIN

paraissent facilement à la suite de quelques séances. On peut faire absorber tous les 10 ou 1 5 jours une dose de 5 a 6 unîtes 1 1 T avec des rayons n° S ou 9, 11 sera prudent d'irradier les régions ganglionnaires,

Si la lésion se manifeste par des petits noyaux, durs, sonscutanés, mobiles sur les plans profonds, les résultats sont encore relativement constants. Il pourra y avoir avantage à faire absor-

■ ber tous les 8 ou 10 jours une dose de 4 à 5 unités H. -11 fiera nécessaire d'espacer un peu plus les applications au bout de quelque temps, afin d'éviter toute radioderniite grave. Nous ayons obtenu

^ ainsi la régression complète de certaines récidives. Lorsque, au lieu de nodules limités, il s'agit d'un véritable Munie cutané à peine visible, mais facilement perceptible en passant le doigt sur la peau, on peut encore améliorer te malade; Btaia ces cas sont moins favorables. A mesure que Ton traite un point, la lésion progresse ailleurs et, rapidement, arrive a la généralisation*

I Lorsque la récidive affecte surtout la ligne cicatricielle et le place des points de suture , les résultats sont favorables^ Les ulcérations avec bourgeons cutanés, consécutives à Que intervention et qui sont une forme de récidive, sont le plus souvent améliorées d'une façon nui prenante. * Ces ulcérations, d'un aspect souvent repoussant, avec fond sanieux, dégageant une odeur fétide» se modifient rapidement. La sécrétion, d'abord exagéré»*, diminue et Unit par se tarir. La mauvaise odeur cesse, l'aspect objectif change, la réparation s'effectue. Finalement, la plaie est remplacée par une cicatrice (le bonne nature. Pendant ce temps les nodules cutanés ont régressé et la guérison locale est complète.

Dans ces cas, nous commençons par prescrire des pansements humides pour faire tomber les croûtes s'il eu existe et pour faire disparai tre l'infect ion exogène surajoutée»

Puis, l'ulcération et toute la région inabule sont irradiées. Noua

faisons absorber environ 5 El avec des rayons moyennement pénétrants. Quand cette quantité a été absorbée, nous cuuvrnns la partie traitée avec une feuille de plomb. Cette feuille de métal est découpée de façon à laisser à découvert les points ulcérés et, tout autour d'eux, une bordure de peau d'un demi-centimètre de large,

Les appareils radiogènes sont alors remis eu marche, et nous nous arrangeons de façon à faire absorber à cette même région environ 2 à 3 H. De cette façon, lus téguments n'ont reçu que 5 unités 11, tandis que 1rs ulcérations en ont absorbé 7 ou 8. On active ainsi la cicatrisation, sans risquer la radiodermitc.

Les séances sont renouvelées tous les 10 ou 15 jours, suivant la façon dont se comportent les tissus.

Lorsque la lésion s'accompagne d'adénopathïes, sans que la récidive locale ne présente d'adhérences nettes aux plans profonds, on peut voir se produire, dans quelques cas, de curieux phénomènes de régression. Nous nous souvenons d'une malade que nous avons eu l'occasion de soigner avec Bisserié. Il s'agissait d'une néoplasie cutanée, consécutive à un cancer du sein opéré un an et demi auparavant. Les récidives se faisaient avec une telle rapidité que la malade avait déjà subi 8 opérations secondaires en !ê* mois. Elle présentait, quand nous la vîmes, un certain nombre de nodules cancéreux, limités apparemment à la peau. Quelques éléments étaient très volumineux et formaient de véritables placards. Les cicatrices avaient mauvais aspect, et la malade éprouvait de vives douleurs* À l'examen, on trouvait un petit ganglion sus-claviculaire, deux ganglions superficiels et un profond dans Faisselle, Au début, les irradiations lurent faites seulement sut la région mammaire, suivant notre méthode habituelle. Vu révolution rapide, la dose première fut choisie un peu forte (9 H environ), Les douleurs diminuèrent et cessèrent complètement après trois ou quatre applications. Le ganglion sus-clav et les deux ganglions superficiels de Faisselle disparurent corn-

CANCER PB1H1TIF DU SLIN

plètement. Les nodules cutanés s'affaissèrent et finirent par disparaître totalement. La cicatrice elle- nié oie devint plus souple, et la malade cessa tout traitement, se considérant comme guérie. Elle nfa pas eu de récidive cutanée depuis décembre 1903 ; mais elle présente aujourd'hui des phénomènes dyspnéiques, qui font penser à une récidive profonde.

L'observation rapportée par Biraud est analogue à la nôtre ; la récidive cutanée et les ganglions sus-clavïculaires ont disparu.

Nous avons vu également se produire une diminution considérable d'une adénopathie secondaire de Faisselle à la suite d'irradiations directes.

Si Ton veut, dans ces cas, comparer un instant la chirurgie et la radiothérapie, on voit que la première méthode a été suivie, à brève échéance, de la récidive, tandis que la seconde a conduit à une guérison apparente totale.

II est certain, néanmoins, que les insuccès sont fréquents; mais on ne peut nier que souvent on peut arriver à hure fondre des nodules cutanés récidivants, par un nombre relativement limité d'irradiations bien conduites. Quelquefois, de nouvelles poussées se font en dehors des endroits traités et obligent le médecin à continuer longtemps le traitement ; il doit alors se considérer heureux, s'il peut arrêter révolution.

Les résultats sont loin d'être aussi bons quand la récidiva est plus avancée, quand elle adhère aux plans profonds, quand les ganglions sont envahie.

La radiothérapie ne constitue plus qu'une méthode palliative. Elle calmera les douleurs , pourra faire diminuer le volume des tumeurs, mais n'arrêtera ni révolution cancéreuse, ai la cachexie finale.

On fera absorber de A à 6 H tous les huit ou dix jours, suivant les cas.

Il peut être parfois avantageux de faire précéder les applications radiothérapiques d'une intervention chirurgicale, lorsque

les masses néoformées sont très volumineuses. Mais, quoi qu'on fasse, la méthode ne sera que palliative : la terminaison futaie est presque certaine.

CANCERS PROFOM)S

Page 1