PATÏICMÏLNIE. RÉSULTATS H 1STO LOGIQUE
de tumeur. Aussi conseil le-t-il le grattage préalable de la Lésion.
Bntten a pratiqué l'examen histologique d'un sein, qu'il avait traité par lt>s rayons X pour une récidive d'un squirrhe opéré par llutcliinson.
Le traitement tut commencé au mois de novembre 1902.
Trois mois après, la tumeur et toute trace de douleur avaient disparu entièrement, et la malade se maintint en bonne saute pendant quatre mois ; elle mourut alors d'une septicémie causée par une piqûre d'insecte. Un fragment de la peau et des tissus hypodermiques fut découpe â l'endroit où s'était trouvée la tumeur, et l'examen microscopique, fait par le docteur James <ial- Inwiiy, révéla les très importants détails que voici :
I. — Ëpithélium fin, bien que les différentes couches se distinguent facilement,
La couche muqueuse comprend deux ou trois couches, la dernière disposée sur l'hypoderme en palissade irrégulière, pins îrrégulière que sur la peau normale. Les cellules de la couche muqueuse sont presque normales. La couche granuleuse n'est \)i\> bienvenue: ses cellules, rares, sont dispersées sur répithétium sous-jacent. Quelquefois, de grands intervalles séparent les cellules, vues en coupe; mais cette couche semble néanmoins suffisante pour permettre la formation d'une couche cornée complète. Les cellules de la couche cornée sont entièrement eorui- -, et. bien que tes cellules soient moins rapprochées que dans la peau normale, [elles forment pourtant une vraie surface cornée.
Les développements interpapillaires de l'épîthélium n'existent. plus, les papilles elles-mêmes ayant presque entièrement disparu,
IL — La peau présente des bandes de tissu conjonctif très serrées, avec relativement peu de noyaux cellulaires, ce qui donne l'aspect d'un tissu cicatriciel, Les papilles ouf presque
complètement disparu, la couche extérieure de la peau étant seulement ondulée; on constate des foyers d'infiltration leucocytique vers la surface, attestant une réaction inflammatoire ; mais ils sont petits et rares. Pas d'élargissement notable des vaisseaux épidermiques.
Aucun signe de tumeur épithéliale maligne n'apparaît dans toute la section.
L'aspect général de ce fragment est celui d une peau ayant subi une altération atrophiante à la suite d'une inflammation légère.
Cette observation est curieuse, car c'est le seul cas connu où, après la guérison d'une tumeur maligne, l'autopsie a permis de constater les modifications produites et de voir si, malgré le traitement, des noyaux persistent.
Skinner a discuté longuement les hypothèses faites pour expliquer comment les rayons X peuvent assurer la guérison des tumeurs malignes.
Quatre hypothèses, dit-il, ont été faites.
« La première est que le processus curatif est amené par la stimulation des fonctions réparatrices, produite par une réaction inflammatoire, par une dermatite. Mais cette hypothèse n'est pas bonne; car, quoique dans certains cas le processus curatif soit indubitablement hâté par la production d'une dermatite, quoique dans quelques autres l'amélioration ne se produise pas avant qu'une dermatite ait été provoquée, il est indubitable que la guérison du cancer n'est pas essentiellement le fait d'une action cautérisante, au sens propre du mot ; la preuve en est faite par la grande proportion de cas guéris sans qu'il y ait jamais eu la moindre dermatite. D'ailleurs, les croûtes ne s'observent que dans une petite minorité de cas, ce qui ne serait si la cautérisation était nécessaire. Et cette explication est encore rendue insoutenable par le fait que l'influence bienfaisante des rayons X est démontrable sur des cancers profonds, séparés de
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la source de» rayons par une grande épaisseur de tissu sain.
« La seconda théorie, plus attrayante, suppose que les phènu mènes Bout produits par une action destructive directe, exercée d'une façon élertive sur tics tissus à type aberrant et d*? moindre vitalité.
« 11 est indubitablement vrai que cette destruction des tissus malades se produit fréquemment, accompagnée parfois, comme L'ont dit nombre d'observateurs, par une toxémie de degré variable; mais si cela était l'élément essentiel dans la production do l'amélioration, cela constituerait un phénomène d'une production uniforme et constante; et, dans la majorité des cas, il n'en est pas ainsi.
« La troisième explication implique que le cancer est une maladie parasitaire et que les rayons X empêchent le développement des parasites en les détruisant.
h Le fait le plus important qui milite contre cette théorie est que, -i le cancer était causé par un organisme pathogène de cette nature et si cet organisme était susceptible d'arrêt ou de destruction par les rayons X, tous les cas de cancer seraient guérissables par cet agent. LVxpérioncc clinique prouve qu'il n'en est pas ainsi. Il est concevable cependant que les rayons X, quoique n'étant pas essentiellement et directement nuisibles au parasite» puissent être capables d'impressionner les tissus formant son terrain de culture, de manière à les rendre impropres à son développement; et jusqu'à présent, il nPy a rien, dans l'histoire clinique du traitement du cancer par les rayons X, qui soit absolument incompatible avec cette modification de la théorie parasitaire.
« La quatrième hypothèse admet que la dégénérescence maligne est simplement un abandon de l'activité protoplasmique de développement normal, résultant delà régression de la structure cellulaire normale vers un type plus primitif et dépendant d'une idiosyncrasie constitutionnelle profonde et d'une irritation
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locale. Le caractère de la période vibratoire, la longueur d'onde et l'amplitude de la manifestation de l'énergie qui ooostitaeni la lumière X auraient le pouvoir d'influencer le mouvetn moléculaire, au point de vaincre la tendance aberrante du d« loppemcnt cellulaire et de rétablir les caractères normaux de la fonction formatrice,
h Dans cette hypothèse, on verrait ce qui suit comme résultats cliniques du traitement :
« Toute invasion du processus malin sur des terrains sains serait immédiatement arrêtée par Faction corrective exercée sur les cellules périphériques commençant à être atteintes par la tendance à la dégénérescence. Le foyer de dégénérescence lui* même serait encapsulé par un tissu d'où les tendances à la d nérescenee auraient été enrayées et où le développement normal des fonctions aurait été accru ; ce foyer de dégénérescence pourrait être assimilé à un corps étranger que les tissus s'efforcent d'absorber ou de rejeter; cet effort des tissus pour se débarrasser de la masse pathologique se traduirait consécutivement, soit par une atrophie, soit par une disparition totale, soit même par une énucléatiou de la tumeur; la terminaison obtenue dépendrait de V équation individuelle du patient, i qui regarde sa susceptibilité à l'agent curatif. » Et Skinner ajoute que la clinique montre que, généralement, les réactions organiques sous l'influence des rayons X se présentent ainsi : c'est pourquoi il penche vers cette dernière hypothèse.
Les rayons X semblent exercer une action élective sur les cellules épithéliales,
Les recherches histologïqnes de Scholtz ont montré qu'elles subissent, dans ces conditions, des phénomènes de dcgéii cence lente et progressive. Ceux-ci s'accompagnent généralement de phénomènes inflammatoires réactionnels, avec migration en masse de leucocytes, qui se chargent de la destruction totale et complète des cellules dégénérées.
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< Jii comprend, par là, l'action des rayons X sur les épitbèlinmas cutanés et autres, puisqu'ils sont précisément composés de cellules sur lesquelles cet agent physique possède une électivité. Mais pourquoi l'effet se looiilïse-t*il, pour ainsi dire, aux productions morbides, en respectant le stroma sain, composé Dépendant parfois de cellules de même nature ?
Ou a dit que les cellules jeunes étaient particulièrement sensibles aux rayons X, Cette explication n'est pas invraisemblable, mais n'en pourra it*ou pas fournir une autre, ainsi que le croit le professeur von Hruns, de Tubingue, Dans le travail qu'il a publié dans la Thérapie der Gegentvarl^ il cite cette phrase de Virchow :
*f Par lui-même, écrit Virchow^ le carcinome n'est pas une tumeur durable. Ses cellules ont plutôt des caractères caduques, fragiles, ce qui fait que leur vitalité a une durée limitée et que, de bonne heure, elles subissent une série de métamorphoses régressives* Si Ton pouvait arriver à étendre d'emblée ces métamorphoses à toutes les (parties du cancer et à empêcher la formation de nodules accessoires, on serait sûr d'obtenir la guérison définitive du cancer. »
Aussi Bruns estime-t-H que les effets cura tifs des rayons X dans le carcinome sont dus simplement à ce lait, qu'ils favorisent et activent la tendance spontanée à la dégénérescence qui existe normalement dans la cellule cancéreuse.
« Pour M. Ribbert, de Gôttingue,dit M. Romme dans ta Presse médira te , la cellule cancéreuse est toujours, et de par les conditions mêmes de sa nutrition, plus faible, moins résistante, moins vitale qu'une cellule normale, et c'est par cette infériorité même qu'il explique le mode d'action ou plutôt Vaclion élective des agents thérapeutiques, quelle qu'en soit la nature. Qu'une otrconstance quelconque aggrave encore davantage les mauvaises conditions de la circulation, ou que la composition du sang soil modifiée par le passage d'un médicament (quinine, arsenic), et
la cellule cancéreuse, peu résistante, s'en ressentira davantage qu'une cellule normale dont la nutrition ne laisse rien à désirer. Celle-ci réagira contre le trouble apporté dans son fonctionnement et s'adaptera aux nouvelles conditions d'existence, tandis que, dans les mêmes conditions, la cellule cancéreuse pourra fort bien succomber h l'atteinte et être définitivement détruite. Et c'est de cette façon encore que M . Ribbert explique l'action élective de la bactériothérapie et de la radiothérapie, agents chimiques ou physiques qui, convenablement dosés, exercent leur action destructive sur les cellules affaiblies du cancer et laissent intacts, ou atteignent peu profondément les éléments normaux dont la vitalité est plus grande. »
Exner a étudié l'action du radium sur les métastases cancéreuses. Il a enlevé des fragments de ces dernières, qu'il a comparés à des fragments de métastases non soumises au traitement. 11 a pu constater que la néoplasie soumise aux radiations était transformée en tissu conjonctif au bout d une semaine. Cette hyperplasie conjonctive s'accentue avec la durée du traitement.
Les modifications produites sur les cellules cancéreuses ne sont apparentes qu'au bout de quinze jours. Le nodule cancéreux apparaît alors comme fragmenté en petits groupes cellulaires par le tissu conjonctif qui prolifère rapidement, finissant par faire succomber les cellules par les progrès de la prolifération.
Si Ton considère, dit cet auteur, qu'après la première semaine de traitement il n'y a encore aucune modification des cellules cancéreuses et que le tissu conjonctif est déjà nettement en voie de formation, on peut supposer que la guérison se produit par l'étoufiement mécanique des cellules par le tissu conjonctif.
M. Schwartz a entrepris, dans le laboratoire du docteur Holzknecht, à Vienne, une série de recherches sur les conditions qui déterminent les différences de sensibilité à l'action des