‹ Traité de Raja YogaChapitre 19 sur 36 · Dyana est l’unification du mental avec l’objet considéré · texte numérisé non relu

Dyana est l’unification du mental avec l’objet considéré

C’est l’absorption de l’objet par le mental ; la fixation du mental sur l’objet est alors si entière que le premier s’unifie au second et qu’ainsi le mental n’a alors conscience que de lui-même uni ou comme devenu ledit objet.

3. Samadhi peut être tenu pour le fait d’oublier et soi-même et l’acte que l’on peut faire pour ne vivre que la partie interne du milieu que l’on perçoit ou dont on est conscient.

C’est donc le fait d’oublier l’acte auquel on se livre et de devenir en quelque sorte la chose même à laquelle on pense. Cette définition assimilerait Samadhi à Dhyaria s’il n’y avait des différences qui ressortissent de ce qui va suivre.

La première phase de l’état Samadhi ressemble à ce que l’on appelle en Occident 1 état de trance ; le Samadhi implique en effet deux sortes distinctes d’états de conscience bien qu’unis. Le premier, la trance proprement dite, fait oublier toute idée de l’acte. H faut, en principe, se garder d’y accéder passivement sous peine de risquer de devenir la proie d’entités nocives au mental, c’est l’un des dangers de la médiumnité ordinaire dont garantit la pratique entendue de la Yoga. Le deuxième état résultant de Samadhi , de beaucoup le plus important, fait en quelque sorte devenir l’objet auquel on pense. En fait, les trois stages de la contemplation, de l’absorption et de la trance, c’est-à-dire Dliarana, Dhyana et Samadhi mineur semblent n’être que des degrés de la contemplation même ; Dharana , parce que tous les agents impliqués — l’objet, le penseur et l’instrument, ainsi que toute autre

chose extérieure — sont présents en Dharana , tandis que Dhijana ne comprend que l'objet et le penseur, et, Samadhi mineur, l’objet seulement.

4. La pratique simultanée des trois parties de la Yoga dites Dharana, Dhyana et Samadhi constitue l’état de Samyama.

C’est là une définition qu’il suffit d’enregistrer ; cela consiste donc à diriger son mental sur un objet bien déterminé extérieur ou intérieur, à l’y fixer et l’y maintenir longtemps. En application de ce qui a été dit précédemment, la forme de l’objet disparaît alors et il ne reste dans le mental que la perception de la signification interne de l’objet, perception qui, dans ces conditions, ne se distingue pas de la Soi-conscience.

5. La réalisation de Samyama fait naître la lumière de la connaissance.

Par le mot connaissance, on entend en Yoga, comme en Théosophie, bien plus que la lucidité intellectuelle, mais la perception mentale elle-meme et ainsi le commencement des pouvoirs occultes. Samyama est donc ce qui donne les premiers instruments d’action au Yogui.

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