‹ Traité de Raja YogaChapitre 20 sur 36 · Samyama doit être effectué par degrés · texte numérisé non relu

Samyama doit être effectué par degrés

On ne peut pas réaliser entièrement cette faculté

du premier coup ; il faut s’y prendre à diverses fois. Les objets de la connaissance étant en effet innombrables, on les divise généralement en objets gr.os, moyens et ténus, et la faculté susdite doit être d’abord appliquée aux objets les plus gros qu on s’efforce de considérer successivement de plus en plus départis de leurs assortiments matériels jusqu’à ce qu’on arrive à leur intériorité même. Cet aspect des choses a déjà été considéré au chapitre I, 25, et au chapitre II, 27.

7. Les trois dernières parties de la Yoga sont plus radicales que les précédentes.

Les cinq premières parties ne sont en quelque sorte que préparatoires à la \oga proprement dite, car elles ne'font que mettre, en l’état qui convient, l’instrument même de la réalisation qui est l’Ego.

En effet, Yama et Nyama suppriment les Samskaras (impressions) nocives et augmentent les bénéficientes ; Asana et Pralyahara écartent de même les Samskaras physiques, et Pranayama tend à vitaliser davantage l’instrument du même ordre. Quand cela est bien réalisé le mental est purifié, calme et comme une eau claire et tranquille qui laisse percevoir et réciproquement agir le rayonnement du Soi qui l’imprègne et qui est la connaissance même. C’est alors que Dliarana, Dhyâna et

SamâJhi , les trois dernières parties de la Yoga, que leur ensemble surtout, Samyama , peut pleinement agir et réalise ainsi l’objet meme de la Yoga.

8. Ces trois parties en question sont cependant extérieures encore au Samâdhi final et sans racine.

C’est que le Samâdhi qui intervient dans les trois parties précitées ou dans Samyama n’est au vrai que le début meme de Samâdhi , c’est, si l’on veut, un Samâdhi mineur qui, lorsque le Samâdhi final, le majeur, le véritable, est réalisé, et qu’on est devenu entèirement inconscient à tout ce qui n'est pas le Soi ou l’Un, peut être tenu comme n’étant nullement advenu. En fait, l’entière réalisation de Samadhi, ce qu’on appelle Asumprajnata - Samâdhi , est distincte de toute autre chose, et, aussi, toute autre chose extérieure est distincte et relativement étrangère à lui, ce qu’il fallait démontrer. ,

9. Par la suppression ou au moins l’interruption des modifications dans le mental troublé, et en y substituant des modifications dans son contrôle, le mental acquiert le contrôle même des modifications apr,ès celui des pouvoirs du mental.

Dans le Samâdhi mineur ou première partie du

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SamdJhi intégral, les modifications du menta peuvent être considérées comme étant aussi en partie seulement contrôlées, puisqu’il reste encore plus ou moins de modifications. En augmentant ce contrôle on réalise une faculté nouvelle dite Vrodha qui fait atteindre le Samddhi conscient, Samprajnata-Samddhi, et approcher de l’intégral Asumprajnata-Samddhi. Aussi bien, les auteurs Orientaux actuels conviennent que ces points-là sont très abstrus et peuvent à peine être exprimés dans la langue de l’Occident. Enfin, ils ne s’accordent même pas toujours eux-mêmes sur ces subtilités. Nous ne pouvons donc que les ébaucher actuellement.

10. L’augmentation de ce contrôle devient constant par l’habitude.

L’interruption susdite des impressions subies, des Samskaras, doit être assez répétée pour tendre à se reproduire automatiquement elle-même; c’est dans ces conditions qu’elle devient une habitude et que le contrôle mental devenant lui-même constant, on approche de plus en plus du haut Sarnadhi. En fait, lorsqu’il n’y a plus de transformations dans le mental, celui-ci est comme s’il était annihilé, ce qui est une des conditions nécessaires de Samadhi.

Si,

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