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L’application ou la pratique de Samyama

sur les trois sortes de changements donne la connaissance du passé et de l’avenir,

Samyama, synthèse des trois dernières parties de la Yoga, est, en somme, la réalisation personnelle de 1 état d’identification avec limpression intérieure, l'intériorité même de l’objet sur lequel on médite, l'expression extérieure étant perdue ; c’est aussi le fait d'être parvenu, après une pratique plus ou moins longue, à se mettre instantanément dans celte condition. Lorsqu’un Yogui dans cet état désire connaître le passé et l’avenir, il n’a qu’à faire Samijama sur les changements d’impression ayant trait à l’objet — matériel ou moral — considéré ; comme certaines de ces impressions ont été élaborées dans le passé et que les autres ont encore à l’être, comme Samyama fait connaître tout ce qui a trait à elles, il s’ensuit bien que l’on a ainsi notion du passé et de l’avenir.

17. La pratique de Samyama sur une parole, sur sa signification et sur la connaissance à laquelle elle attient, éléments d’ordinaire confondus, donne l’entière compréhension de la signification de toute parole et même de tout son entendus.

Tout mot proféré représente l'agent extérieur de l’impression perçue ; la signification est la vibration intérieure qui va au cerveau au moyen des

Indry as , organes cle perception, pour porter l’impression extérieure au mental, et la connaissance représente la réaction du mental qui produit la perception. C'est la confusion ordinairement faite de ces trois éléments qui réalise les objets pour nos sens. Une parole notamment est donc 1 association d’une vibration, d’une sensation et d’une réaction. La pratique de Samyama sur une parole sépare les trois éléments précités et fait ainsi comprendre la signilication même qu’elle est censée exprimer. La même pratique faite sur un son quelconque, sur un cri d’animal fait parvenir au moins au même résultat. On peut arriver aux mêmes conclusions en analysant philologiquement les effets phonétiques, cérébraux et mentaux des mots proférés ; l’explication précédente est plus simple et suffisante pour le début. Ajoutons que la pratique de Samyama sur les sons de la nature en général peut faire percevoir les harmonies qui s’y trouvent et entendre ainsi une partie au moins de la musique des sphères dont témoignent les mystiques avancés.

18. La pratique de Samyama sur les impressions mentales qui se présentent peut donner la connaissance des vies antérieures.

Les impressions mentales, Samskaras , qui se présentent à nous ne sont pas exclusivement émanées

du présent, il en est qui viennent du passé, attenant si peu que ce soit à l’atome mental permanent et plus ou moins mêlées (inaperçues d’ordinaire) aux impressions présentes ou du moins aux vagues qui existent actuellement dans Chitla. La pratique de Samyama sépare et rend distinctes les diverses parties de Cliilla , ce qui permet de les percevoir distinctement, et, comme, ainsi qu’il a été dit, certaines d’entre elles attiennent au passé, cela réalise bien une certaine notion des vies antérieures.

19. En faisant Samyama sur une perception quelconque, voire même sur une manifestation d’une autre personne, on acquiert la connaissance de l’état mental de cette personne.

C’est-à-dire qu’en voyant simplement quelqu’un ou en l’entendant parler, il suffit de s’abstraire un instant, sur cela, en Samyama, pour être au courant de l’état d’âme de ce quelqu’un parce que l’opération susdite a mis les mentais de l'observateur et du sujet en communication et ainsi avec l’ensemble des éléments qui existent dans celui considéré et dont celui perçu, l’apparence extérieure ou la voix, n’était qu’une partie.

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