‹ Traité de Raja YogaChapitre 23 sur 36 · En agissant comme il vient d’être dit on · texte numérisé non relu

En agissant comme il vient d’être dit on

n’acquiert toutefois pas la connaissance de ce que contient le mental de la personne observée parce que ce n’est pas sur cela qu’on a fait Samyama.

Faire Samyama sur une manifestation du corps, c’est procéder sur le corps physique et non sur le mental même ; on peut ainsi connaître l’état global du mental, mais, pour en savoir davantage, il faut refaire Samyama sur quelque chose qui attienne directement à ce mental, notamment sur l’une des pensées qui s’y trouvent. C’est dans ces conditions qu’on peut connaître ce qui se passe, ce qui est passé et même ce qui sera dans le mental considéré.

21. En faisant Samyama sur la forme de son propre corps, le pouvoir de compréhension se trouve arrêté, l’action de la lumière sur l’œil est suspendue et le corps même du pratiquant devient invisible.

Lorsque la lumière imprégnée de l’image de notre corps (1) frappe un organe visuel en activité, la perception de l’image en question se réalise sur cet organe. Mais en faisant Samyama sur la forme même de

(1) Ce verset fait état de la théorie hindoue sur la perception visuelle des choses, à savoir que celle-ci est amenée par la présentation de l’image des choses émise par ellesmêmes, et que les personnalités peuvent volontairement suspendre cefte émission.

son propre corps, c’est-à-dire sur l’élément qui n’est que ce qui rend ce corps visible, le Yogui amoindrit la connexion qui pourrait exister entre la lumière émanée de son corps et l’œil d’un observateur quelconque ; il s’ensuit naturellement dès lors la disparition de ce corps pour la vue des personnes présentes. En fait, le Yogui a ainsi concentré toute la visibilité possible sur son mental et empêche de percevoir son corps. Il en serait de même à l’endroit des autres organes des sens et l’on peut de même se rendre inaudible, insensible, etc.

22. Le Karma étant, comme l’on sait, de deux sortes, l’actuel et le latent ; en faisant Samyama sur ses signes, c’est-à-dire sur ses résultats en cours ou sur les signes précurseurs du Karma à venir, on acquiert la connaissance des résultats Karmiques ultérieurs.

Le Karma en cours d’activité, Prarabdha , est assurément aisé à discerner dans ses effets; il n’en est pas de même de celui encore latent, Samchila. En faisant Samayama sur les effets du premier et sur ce qu’on croit pouvoir induire du second, la conscience s’éclaire singulièrement à ce sujet ; on sait d’abord l’époque et les conditions dans lesquelles aura lieu le décès de la personnalité actuelle, ce qui permettra de s’y préparer mieux, de vivre notam-

ment les pensées qui pourront influencer au mieux la vie suivante. Les signes attenant au Karma latent sont difficiles à discerner dans notre état actuel peu avancé. Les auteurs les rangent en trois catégories, ceux corporels, célestes ou physiques. Les signes corporels consisteraient dans le fait de ne pas entendre, les oreilles fermées, le mouvement de Prana dans l’estomac. Les signes célestes seraient la vision de belles choses d’autres plans ; les signes physiques seraient la vision de choses terrifiantes. Ces manifestations n’auraient d’ailleurs lieu qu’à un certain degré d’avancement ; il n’y a pas lieu de les rechercher.

23. En faisant Samyama sur la Sympathie, on acquiert de la force sympathique.

La sympathie peut être représentée par l’amitié éprouvée pour telles personnes, ou simplement par la sympathie, le dévouement, la bonne volonté, etc. L’aphorisme 33 du chapitre I traite déjà de ces subdivisions. La pratique inhérente de Samayma renforce tous les sentiments de même ordre déjà existants en soi et les fait s’épandre et s’imposer au dehors de façon à permettre de compter sûrement sur les appels à autrui faits dans les sentiments précités.

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